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Les employés de la Jirama ont annoncé qu’ils vont cotiser pour l’achat des pièces des groupes en panne.

29.08.2015 | 9:09

Les coupures d’électricité font un retour en force et frappent de plein fouet les usagers. Les consom­mateurs sont confus et attendent des explications.

Le délestage continue de plus belle, du moins dans des quartiers d’Antananarivo. Les gens se plaignent de la  coupure d’électricité qui peut même persister jusqu’ à 4 heures. Un habitant d’Ampitatafika ne cache pas son inquiétude sur le délestage qui a un peu trop duré, « depuis lundi, le quartier d’Ampiatatafika vit dans le noir,  une coupure d’électricité de quatre heures tous les jours. Nous ne savons plus ce qui se passe à la  Jirama. De plus, quand nous appelons le numéro vert du service clientèle pour une explication, nous n’avons aucune réponse satisfaisante. L’agent nous raccroche  au nez », déplore-t-il. De même pour Njaka  Rakoto­son, un habitant d’Ivato , « Pendant trois jours,  le coupure d’électricité survient à partir de 19heures jusqu’à 21heures. Des heures pendant lesquelles tous les foyers suivent les journaux à la télé. Nous ne savons plus du tout ce qui se passe autour de nous,  car, nous sommes privés d’informations », rajoute-t-il.
Le problème en approvisionnement de carburant demeure la source de l’accentuation de ce délestage.

Lire aussi :  Jirama – Les clients livrés à eux mêmes

Manque de carburant
Andrianariseheno Raza­fin­dranivo, directeur commercial au sein de la Jirama explique la raison de la coupure d’ électricité. Elle ne stipule que le retard de paiement des factures de carburants auprès des fournisseurs en est la cause, « Nous avons un problème en approvisonnement de carburant car le paiement des factures auprès des fournisseurs a subi un retard ».
Les dépenses de la Jirama pour la location des groupes et l’achat de carburants, est évaluée à 40 milliards d’ariary chaque mois. « Vu la situation financière auprès de la Jirama,  nous n’avons que 29 milliards d’ariary pour l’instant. L’État paie les impayés de la Jirama, par le biais du ministère des Finances. Ce ministère ne verse pas la somme dans les caisses de la Jirama. Mais, ce ministère assure toutes les procédures de paiement. Alors, ce retard est dû, au frein de réalisation des procédures du paiement. Nous attendons juste la pièce justificative de paiement venant du ministère », souligne-t-elle.
Andrianariseheno Raza­fin­dranivo a aussi précisé que la centrale thermique de Mandroseza n’assure
plus aucune production,
« Actuellement, le gap de la Jirama est de 40 mégawatts, car les quatre groupes en panne ne produisent plus du tout. Nous vivons à la fois dans un délestage  technique et économique à cause des groupes en panne et de l’état financier précaire de la société d’eau et d’électricité ». Pourtant, le directeur commercial au sein le Jirama a précisé que la Jirama  négocie avec les sociétés privées, pour alléger la situation. « Nous avons négocié aves les gérants des entreprises privées comme la SIM, GEFP et GEM d’être moins actifs pendant l’heure de pointe c’est à dire à partie de 19heure jusqu’ à 21h00 pour diminuer le délestage car pendant ces heures, l’utilisation d’électricité est à son apogée. »

Lire aussi :  Des employés de la Jirama échappent au lynchage

DEMANDE DE DÉMISSION

Tous les employés de la Jirama ont tenu une assemblée générale à l’institution Sainte famille Mahamasiana, hier. Oliva Andrianalimanana, président du comité de grève  a mis le point sur l’indifférence des  dirigeants de la direction générale. « Cela faisait  déjà dix- huit jours que nous avons entamé la grève. Pourtant, les autorités n’ont prêté aucune attention à notre revendication. Nous demandons alors  la démission des autorités incompétentes qui ne prennent pas en compte notre revendication », déclare-t-il. Les grévistes vont assurer l’achat des pièces  pour les groupes en panne à Mandroseza et de toutes les centrales thermiques de Madagascar. « Nous avons décidé de faire des cotisations pour l’achat des pièces, afin de démarrer les  groupes en panne à Mandroseza. Les employés  de la Jirama vont participer à cette collecte de fonds. Cette initiative est prise pour interpeller les autorités à voir la situation au sein de la Jirama. », rajoute Oliva Andrianalimanana.
La suite de la  grève dépend donc des mesures prises pendant cette assemblée générale. Toutefois, la situation au sein de la Jirama demeure encore dans l’incertitude Les gens commencent à hausser le ton sur  le délestage qui s’amplifie. Les clients ne sont pas seulement victimes de délestage de longue durée, mais, ils doivent aussi assurer le service de la Jirama pour les factures et le prélèvement de l’index.

 

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par Ndimby A.         sc

L’incendie du Rova d’Ambohidratrimo dans la nuit du 26 août s’est déroulé quelques jours après la tentative d’incendie du Rova d’Ambonivohitra Ambohitrimanjaka la nuit du 18 août 2015 [1]. On ne sait si ceux qui ont échoué à Ambohitrimanjaka sont ceux qui ont réussi à Ambohidratrimo. Et on ne sait pas s’il faut voir un fil directeur, si ce n’est par les mêmes auteurs, mais du moins par les mêmes principes, entre ces évènements et des incendies antérieurs, comme ceux du Rova de Manjakamiadana ou d’Andafiavaratra. A part celle du pourquoi, la question qui revient maintenant sur toutes les lèvres (et tous les claviers) est la suivante : qui est derrière cet acte ? Les deux hypothèses que l’on entend le plus souvent privilégient la piste politique ou la piste ésoterico-ethnique. Mais même si elles paraissent évidentes pour beaucoup, sont-elles celles qui sont à privilégier ?

Hypothèse 1 : acte politique ?

Pour les tenants de la première hypothèse, il s’agirait d’un acte destiné à provoquer la colère de la population contre les dirigeants actuels, et leurs détracteurs se sont d’ailleurs précipités sur les réseaux sociaux pour mettre cet évènement au passif du pouvoir. Un des hiérarques du régime putschiste s’est même permis d’ironiser sur Facebook au sujet de cet incendie comme étant un des faits marquants des fameux 100 jours de défi du Gouvernement Ravelonarivo, avec « les inondations, le kere, les criquets, la peste, les accidents de circulation et l’insécurité ». Les marbrées de la cuvée 2009 devraient éviter de trop s’agiter pour rechercher une capitalisation politique de cet incendie, car un tel enthousiasme risquerait d’amener les gens à se poser la question habituelle : « A qui profite le crime ? ».

Il est vrai que comme tout acte visant à saper la confiance de la population dans la capacité des dirigeants à assurer leur rôle (y compris dans le domaine de la sécurité des biens et des personnes), l’argument de la déstabilisation politique peut vite s’imposer. On rappelle qu’au début de la crise de 2009, afin de démontrer à la face du monde entier que le Gouvernement Rabemananjara ne contrôlait plus la situation dans la Capitale, des pillages et destructions de centres commerciaux et de bâtiments publics avaient été organisés à Antananarivo. Sur ce sujet, inutile de se demander à qui ont profité ces crimes et qui en étaient les commanditaires.

On notera en passant que le contrôle de lieux de cultes traditionnels (doany ou autres) fait quelquefois l’objet de conflits entre différents clans ou familles pour asseoir une légitimité de leur pouvoir politique. Les travaux de l’anthropologue Marie-Pierre Ballarin [2] à partir de recherches dans la région de Mahajanga sont très explicites à ce sujet. Nos confrères d’Ino Vaovao relatent également un épisode du genre en mars 2012. Mais je doute fort que cette option ait un lien avec la tragédie d’Ambohidratrimo.

Hypothèse 2 : acte ésotérico-ethnique ?

Pour les tenants de la seconde hypothèse, il s’agirait d’un coup porté contre les Merina (« fanimbazimbana ny Merina »). Cet argument émoustille ceux qui pensent, à tort ou à raison, que les relents de l’esprit padesmique et les héritiers politiques de Galliéni ont encore la velléité de s’attaquer à certains symboles historiques et culturels Merina pour tenter de nuire à cette Nation. Cette hypothèse est peut-être de l’ordre du possible, mais je trouve que se précipiter vers elle est une solution de facilité qui n’arrange que ceux qui recherchent systématiquement des motivations ethnicistes, et s’abstiennent de réfléchir au-delà. Je me garderai donc bien de m’associer à de tels raccourcis, même si a priori ils auraient dû séduire le descendant d’Andriamasinavalona que je suis. Par ailleurs, une réflexion objective et un peu de mémoire devraient rappeler à chacun que les Merina n’ont pas le monopole de la destruction de leurs lieux de cultes traditionnels (doany , fanasinana et fanompoana) par des incendies.

Hypothèse 3 : la piste du fanatisme religieux.

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Tombe de Ralambo à Ambohitrabiby (photo : Lemurbaby, Wikimedias)

Ce qui précède m’amène donc à une troisième hypothèse, qui à mes yeux me semble plus crédible que les deux premières citées précédemment : la piste religieuse, et plus particulièrement celle de ces mouvements relevant des extrêmistes et fanatiques du christianisme. En effet, l’autodafé de lieux ou d’objet de cultes traditionnels fait partie de la mission qu’ils se donnent, au nom de « l’évangélisation » et de la lutte contre les pratiques « sataniques ». Après l’incendie du Rova d’Ambohidratrimo, plusieurs pages Facebook de mouvements ou d’individus s’affirmant chrétiens ont publié des posts rappelant que Madagascar devait se « dédier au Christ » et rompre avec toute autre orientation religieuse, y compris le culte des ancêtres. Sur la plupart des tombeaux royaux, des pratiquants font des offrandes et y prient pour demander la bénédiction des razana. La photo du tombeau de Ralambo ci-contre (un clic permet de l’agrandir) montre clairement une soublique laissée par un de ces animistes. Ces pratiques révulsent les fanatiques chrétiens qui y voient des « fanompoan-tsampy » (idolatrie) sacrilèges.

Les frictions et tensions autour de ces lieux de cultes traditionnels sont des phénomènes récurrents. En juillet 2012, selon nos confrères d’Ino Vaovao, des membres de la secte Apokalipsy ont subi la justice populaire après avoir été surpris en train de procéder à la destruction du doany d’Anorohoro (Amparafaravola). En août 2013, la même secte doit faire un démenti par voie de presse, car la rumeur publique dans la région du Boeny lui prêtait un lien avec un incendie de doany dans l’ancienne province de Mahajanga.

On constate que certains dirigeants de mouvements religieux n’hésitent pas à faire le lien entre la destruction par le feu de certains doany et leur « action apostolique ». S’alignant sur cette vision sectaire et peu tolérante, il y a bien entendu certaines de ces Eglises évangéliques, Eglises du Réveil, sectes ou autres institutions qui pullulent comme de mauvaises herbes, mais également certaines branches des Eglises traditionnelles. On pourra lire à ce sujet un excellent article de Lala Raharinjanahary et Noël J. Gueunier, qui rappellent que « Brûler les « idoles » ou les lieux consacrés à leur culte est une pratique reconnue dans le mouvement du Réveil (Fifohazana), l’une des branches de l’Église réformée de Madagascar (Fjkm) », mais que « L’usage de brûler des objets des cultes « païens » est présent aussi chez d’autres églises », donnant des exemples impliquant l’Eglise Jesosy Mamonjy, l’Eglise catholique ou l’Eglise Luthérienne [3].

Une page internet créée il y a deux ans à la gloire de celui qui se fait appeler Apostoly Tsaratsara donne cet exemple de « miracle » : « Raha ny santionan’ny asan’i Jesoa hita niaraka taminy dia : May ny doany (Andriamisara) tao Mahajanga sy tao @renirano Sambirano koa : Nisy afo avy any an-danitra tonga dia nandoro ireo toerana fanompoana » [4]. Reste à savoir si ledit Apostoly, qui organise un grand rassemblement cet après-midi à Antsonjombe, va oser se prévaloir d’un lien entre sa venue à Antananarivo et la destruction par le feu du Rova d’Ambohidratrimo, comme d’un signe divin en sa faveur.

Qu’il soit bien clair que cet éditorial n’accuse personne d’avoir fait quoi que ce soit, et se garde bien de faire une quelconque spéculation. Il n’est pas de notre ressort de faire le boulot des enquêteurs, qui, de toutes façons, le feront mal et ne trouveront rien (comme pour l’incendie du Rova, l’assassinat de Ratsimandrava, les trafics de bois de rose et tout autre sujet d’importance nationale) [5]. Par contre, il nous semble utile de saisir l’occasion de cette tragédie pour souligner que même si un tel fait en appelle à l’émotionnel des Merina, il faut faire primer le rationnel et éviter d’être tout feu tout flamme envers des réponses qui paraissent pratiques car évidentes. Les réponses faciles ne sont pas nécessairement les plus lumineuses, même à la lueur d’un incendie criminel. Et contrairement à ce que l’on aimerait croire, les fanatiques et extrêmistes religieux ne sont pas tous barbus et ne vivent pas tous dans l’Etat islamique

ILLUSTRATION. Un enseignant de CP aujourd'hui à la retraite a avoué avoir attouché sept de ses anciennes élèves. ILLUSTRATION. Un enseignant de CP aujourd’hui à la retraite a avoué avoir attouché sept de ses anciennes élèves.
LP / Frédéric Dugit

Il aura fallu plusieurs années pour que l’affaire remonte jusqu’à la justice. Un professeur aujourd’hui à la retraite fait face aux accusations de pédophilie de certaines de ces anciennes élèves.

Tout commence en 2014 quand une mère de famille dépose plainte pour le compte de sa fille de 15 ans.

La jeune fille déclare avoir subi des attouchements sexuels de la part de son enseignant de CP, à l’école primaire de La Tour-du-Crieu (Ariège), alors qu’elle était âgée de 6 ans.

Témoignages similaires 

Lors des investigations, la police de Pamiers a recueilli le témoignage de deux autres jeunes filles du même âge. A chaque fois, le récit est le même comme le rapporte, le procureur de la République, Karline Bouisset : «Leur instituteur de CP leur demandait de venir sur ses genoux pour faire des corrections et il procédait à cette occasion à des attouchements de nature sexuelle, sur ou sous les vêtements.»

Une version des faits que l’enseignant a lui-même reconnu. A la retraite depuis 2010 et inconnu des services de police, l’homme a été placé en garde à vue les 17 et 18 août dernier. Selon la procureur, il a immédiatement avoué les faits et a indiqué aux enquêteurs les noms de sept autres victimes entre 2003 et 2007.

Une information judiciaire a été ouverte le 19 août 2015. Le prévenu, en liberté, est placé sous contrôle judiciaire strict, tandis que les gendarmes poursuivent leurs investigations à la recherche d’autres éventuelles victimes.

 

Mardi soir, une famille, de retour de vacances, regagnait en voiture leur domicile situé à Roanne, dans la Loire, lorsqu’une altercation a éclaté entre les deux parents.

L’homme s’est mis à frapper sa femme avant de l’abandonner elle et leurs deux jeunes enfants, dont un bébé d’un mois, sur le bord de la route.

La mère de famille, âgée de 24 ans, a été retrouvée en pleurs avec les deux bambins en train d’errer sur la route. Elle n’avait pas ses papiers, ni son téléphone sur elle.

Ils ont été pris en charge par une automobiliste et, après quelques péripéties et un passage au commissariat, la maman et ses deux enfants sont rentrés chez eux.

Le parquet de la Loire a été saisi de l’affaire. Il pourrait engager des poursuites contre le mari.

« Je suis quelqu’un de normal ! » ne cesse-t-il de répéter. Un papa qui, comme beaucoup d’autres, s’est retrouvé confronté au caprice vestimentaire de sa fille de 7 ans, en ce matin du 8 juillet. Une gifle part et, la saisissant par le bras, il la jette sur son lit : fracture de la clavicule « c’est mal parti, c’est indirect, on en a parlé depuis, maintenant tout va bien » s’excuse le quadragénaire Bisontin.

L’enquête ne le présente pas comme un homme violent envers sa famille « il ne frappe pas ses enfants, il donne seulement des fessées quand ils ne sont pas sages. » Mais il apparaît qu’en arrêt maladie pour dépression depuis deux ans, le père de famille crie beaucoup et parfois casse beaucoup aussi.

À sa façon d’éluder les questions embarrassantes « je ne suis pas persuadé que vous ayez fait le travail nécessaire pour comprendre ce qu’il s’est passé » déplore la procureure Alexandra Chaumet. Et tout ne va pas si bien que ça. Son épouse assure qu’elle ne souhaite pas reprendre la vie commune.

« C’est la goutte qui a fait déborder le vase » explique l’avocate de cette dernière, Me Catherine Bresson « depuis deux ans, ça va crescendo. Il ne voulait certainement pas casser la clavicule de sa fille mais on a relevé aussi trois hématomes sur la joue qui correspondent aux traces de ses doigts. Il ne faut pas qu’il revienne au domicile familial en terrain conquis, comme s’il ne s’était rien passé. »

La procureure Chaumet évoque un véritable dilemme « j’aurais aimé qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait et de comment il est vu par sa famille mais au lieu de cela il essaie de nier maladroitement les faits. Il pense que c’est involontaire… » Elle requiert 6 mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis mise à l’épreuve pendant 3 ans.

« Que celui qui n’a jamais fauté jette la première pierre » intervient Me Agathe Henriet pour la défense « ses deux plus grandes filles le décrivent comme un bon père. À aucun moment, en 11 ans de mariage, il n’y a eu la moindre difficulté. Il n’a pas eu la volonté de blesser son enfant. Il faut le juger avec mesure. »

D’ailleurs, pour montrer la contrition de son client, l’avocate explique qu’il a laissé l’appartement à son épouse et aux enfants, leur a aussi payé dix jours de vacances, tandis qu’il est allé habiter chez sa sœur. »

Le tribunal tranche, avec une peine de 4 mois d’emprisonnement avec sursis mise à l’épreuve pendant deux ans.

F.J.

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