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Le comédien morlaisien Julien Guiomar.

Le comédien morlaisien Julien Guiomar

Françoise Le BorgneUn peu de retenue ! from Sylvain Gille…

L’acteur Julien Guimar s’est éteint ce matin à l’âge de 82 ans. Originaire de Morlaix (Finistère), il a joué dans une centaine de films pour le cinéma et la télévision. Souffrant de problèmes cardiaques, il est décédé chez lui, à Monpazier en Dordogne.

Le fils du dentiste morlaisien n’a pas suivi les traces de son père. « Quand on était jeunes, on allait beaucoup au cinéma. Et dès que j’ai pu, je suis monté à Paris suivre les cours Simon et ceux de la Rue blanche, comme tout le monde (!) » déclarait-il dans nos colonnes en 1985. Sa carrière n’est pas passée inaperçue.

« Le grand blond avec une chaussure noire », il y était. Il a aussi joué dans « Z », « Les Ripoux », le film césarisé de Claude Zidi, « Adieu poulet », « Borsalino » Le mètre 80 bien assuré, le comédien était un sacré bavard. De lui, ses copains morlaisiens assuraient qu’il était « marrant, fort en gueule, un peu pince-sans-rire. L’interprète idéal de politicien véreux ou d’homme d’affaire crapuleux ».

Julien Guiomar était resté fidèle à son Finistère natal où il venait régulièrement rendre visite à sa famille. « C’était un homme de grande culture » raconte son neveu, Jean-Claude Faujour, artiste-peintre de Plounéour-Ménez. « il aimait visiter les chapelles, les enclos et celui de Saint-Thégonnec était son préféré ».

« Avec nos frères et soeurs, nous étions tous attachés à cet homme plein de tendresse ». Si l’acteur disait volontiers de lui-même qu’il avait « un caractère de cochon », c’est parcequ’il « masquait sa sensibilité par des airs bougons mais il était adorable et il a bercé notre enfance ».

Les obsèques de Julien Guiomar seront célébrées dans l’intimité en Dordogne.

Françoise Le Borgne

Un peu de retenue ! from Sylvain Gillet on Vimeo.

Diapositive 1 sur 20: Anna Wintour, Hillary Clinton, Annette de la Renta et Michael Bloomberg à New York, le 16 février 2017.

  • Diapositive 2 sur 20
  • Diapositive 3 sur 20: Hillary Clinton et Anna Wintour à New York, le 16 février 2017.
  • Diapositive 4 sur 20: Hillary Clinton et Anna Wintour à New York, le 16 février 2017.
    Diapositive 20 sur 20: Hillary Clinton à New York, le 16 février 2017.

Le Parisien: Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 20 janvier. François Bayrou maintient encore le suspense mais, dans sa ville, on ne doute guère de son intention d’être candidat.© BESTIMAGE/PATRICK BERNARD Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 20 janvier. François Bayrou maintient encore le suspense mais, dans sa ville, on ne doute guère de son intention d’être candidat.

François Bayrou va-t-il, une nouvelle fois, briguer l’Elysée ? Si le maire de Pau maintient encore le suspense, dans sa ville, on ne doute guère de ses intentions. « Je suis sûre que ça le gratouille de dire qu’il est candidat » sourit Raymonde, 63 ans. Cette commerçante qui tient un stand de fruits et légumes dans les halles de Pau connaît bien le président du MoDem. Comme lui, elle est née à Bordères, à quelques kilomètres de la capitale béarnaise. « Nous avons à peu près le même âge, et je me souviens avoir toujours entendu les parents de François, Emma et Calixte, dirent qu’un jour leur fils serait président, poursuit-elle. C’est un peu comme s’ils l’avaient programmé depuis tout petit. »

A côté d’elle, Jeanne, enseignante à la retraite, semble désapprouver cette perspective. « Comment pourrait-il être candidat alors qu’il n’a cessé de répéter qu’il se consacrerait uniquement à sa ville, s’interroge-t-elle. S’il le fait, c’est que les mots n’ont aucun sens. » « Stratégiquement, il n’a pas d’autre choix que celui de se présenter », affirme en revanche Stéphane Coillard, secrétaire fédéral du PS. « Aujourd’hui, s’il fait marche arrière, je ne vois pas de futur pour le parti qu’il dirige. Il est de plus en plus isolé, avec pas mal de défections dans ses rangs. Pour continuer à exister sur le plan local, le MoDem doit aussi exister sur le plan national, sinon il court vers la catastrophe. »

« Pour Bayrou, c’est le combat de sa vie, renchérit un chef d’entreprise palois, fin connaisseur de la vie politique du département. C’est quelqu’un qui ne lâche jamais l’affaire. C’est vrai qu’il s’est déjà présenté trois fois sans succès à la présidentielle mais, toutes proportions gardées, c’est pareil pour la mairie de Pau. Il a fini par l’emporter sur le tard à force d’insister. »

Il devrait annoncer sa décision dans la semaine

Depuis quelques semaines, il semble que Bayrou se fasse beaucoup plus discret dans son rôle de maire, comme l’observe ce conseiller municipal : « On le voit beaucoup moins. Quand il a été élu en 2014, il multipliait les réunions publiques. Il était omniprésent dans la vie locale. Aujourd’hui, il délègue beaucoup à ses adjoints, comme s’il préparait quelque chose. J’ai l’impression qu’il a la tête ailleurs. »

« Il n’aurait pas dû écrire un livre sur Henri IV ! plaisante un conseiller municipal d’opposition. Il doit s’imaginer un destin comme le bon roi Henri, sauf qu’aujourd’hui on a l’impression qu’il y a des Ravaillac partout en politique… ». François Bayrou devrait annoncer sa décision dans la semaine. Le 27 mars, il présidera la séance plénière du conseil municipal en tant que maire, et peut-être aussi de candidat à l’Elysée.

L’élection présidentielle veut-elle vraiment de François Bayrou ?

Paul LaubacherIl y a 3 heures
François Bayrou lors de la clôture des universités de rentrée du MoDem, le 25 septembre 2016.
© Copyright 2017, L’Obs François Bayrou lors de la clôture des universités de rentrée du MoDem, le 25 septembre 2016. François Bayrou sera-t-il candidat ? Le maire de Pau se fait désirer auprès des Français. Peut-être un peu trop.

A trop se faire désirer, on finit par se faire oublier. La proverbe va à la perfection au dernier homme que l’élection présidentielle n’attend plus. François Bayrou sera-t-il candidat ? Le maire de Pau laisse les Français dans le doute. Peut-être un peu trop. Il s’est donné un nouvel ultimatum : ce lundi 20 février, il dira s’il y va ou pas.

Jean Lassalle, député centriste non-inscrit, qui a quitté le MoDem en 2016, et candidat à l’élection présidentielle, croit avoir la réponse :

« François Bayrou sera candidat, moi je le sais depuis le premier jour. Il ne me l’a pas dit, mais on se connaît, c’est dans son ADN. Il veut être président de la République, il sera candidat et moi aussi, et c’est la grandeur qu’il reste de notre démocratie que de choisir ».

La garde rapprochée du président du Modem veut, elle aussi, y croire. « François sera candidat à la présidentielle, sauf si Juppé y va… C’est la seule chose qui peut le retenir », fait valoir un grognard du Modem dans les téléphones rouges de « l’Obs ». Le « plan B » comme Alain Juppé s’éloigne au fur et à mesure que François Fillon persiste. Mais l’élection présidentielle veut-elle de François Bayrou ?

Le poids de Bayrou

L’hypothèse d’une candidature de François Bayrou pèse aujourd’hui peu. Le président du MoDem est crédité de 6% d’intentions de vote, selon la dernière vague de sondage de la grande enquête Cevipof-Ipsos Sopra Steria pour « Le Monde », diffusée jeudi 16 février. Elle porte sur un vaste échantillon de 15.874 électeurs potentiels.

François Bayrou prend des voix un peu partout :

– 3 points à Emmanuel Macron, qui passe de 23% d’intentions de vote à 20

– 1 point à François Fillon, qui récolterait alors 17,5%

– 1 point à Marine Le Pen, qui plafonnerait à 25%, toujours en tête

– Enfin, il prendre 0,5 point à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon

Autant dire que les Français n’attendent pas particulièrement le Béarnais, qui a déjà trois candidatures à l’investiture suprême dans les pattes. En 2002, François Bayrou arrive en quatrième position du premier tour de scrutin, avec 6,84 %. En 2007, le centriste se fait une place : obtient 18,57 % des suffrages. En 2012, le président du MoDem termine avec 9,13 % des voix.

Cette année, la place est en réalité déjà prise par Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie fait dans l’hyper centrisme et occupe l’espace qu’aurait pu prendre François Bayrou.

« Vous voyez bien que c’est une évidence »

Mais depuis la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, il menace. Notamment le candidat de la droite décomplexée, fragilisé par les soupçons d’emplois fictifs qu’auraient bénéficié ses proches, qu’il critique sans merci.

Le 15 février dernier, invité de l’émission « Questions d’info » LCP/ »Le Monde »/AFP/FranceInfo, il disait encore ne pas voir « où mène le choix de l’obstination » de François Fillon.

« Cette campagne est pour François Fillon à mes yeux impossible à faire. Quand bien même il y aurait cette espèce de miracle électoral et qu’il remporterait cette élection, comment gouvernerait-il ? Cette cascade de révélations, elle porte atteinte bien sûr à ceux qui en sont frappés, à leur parti et à leur camp, mais aussi, selon moi, à la totalité de la démocratie française ».

Des mots durs que l’ancien soutien d’Alain Juppé à la primaire de la droite lance à tout bout de champ. Et cela fait un certain temps que le maire de Pau sait qu’il ne soutiendra pas François Fillon :

« Vous voyez bien que c’est une évidence depuis déjà longtemps, depuis l’annonce de son programme ».

Le président du MoDem, qui ne cesse de dénoncer le programme de François Fillon comme « brutal », réclame presque chaque jour son retrait. Parfois, il va même plus loin et accuse le champion de la droite d’être « sous l’influence des puissances d’argent ».

« Le Canard enchaîné » s’était pourtant fait l’écho, fin décembre, d’un marché que le centriste aurait passé avec Fillon lorsqu’ils se sont vus en tête-à-tête le 6 décembre dernier : l’obtention d’un certain nombre de circonscriptions contre son renoncement à briguer l’Elysée ou la promesse de son ralliement entre les deux tours, après avoir facilité l’élimination d’Emmanuel Macron. « Purement et simplement de l’intox », jurait à « l’Obs » le Béarnais.

La séduction de Macron

Alors, François Bayrou continue de parler, affirme-t-il. Mais à qui ? « Avec tout le monde », y compris avec Emmanuel Macron : « Je l’ai rencontré au mois de juillet. Je parle avec tout le monde, je parle avec tous les responsables du pays, ceux avec qui je ne parle pas, c’est soit que je suis en confrontation absolue avec eux, soit qu’ils ne le souhaitent pas ». Et de lâcher :

« J’ai dit depuis le début que j’étais pour discuter et dialoguer avec tout le monde. Et j’aurais discuté et dialogué avec le candidat de la droite s’il avait choisi un programme différent du sien ».

Et pourtant tout ne s’est pas bien passé entre le marcheur et le Béarnais. Lors d’un discret dîner en tête-à-tête, l’ex-ministre de l’Economie a déployé tout son charme face au patron du MoDem. En vain.

Ce dernier n’apprécie pas du tout l’incursion sur ses plates-bandes de cet « hologramme » qui se revendique ni de droite ni de gauche. François Bayrou a jugé qu’à 38 ans, son interlocuteur n’avait tout simplement pas l’étoffe d’un présidentiable.

Macron-Bayrou : tentative de séduction ratée

2017 sera pour François Bayrou l’année de la dernière chance. Le maire de Pau est de nouveau face à son destin. Mais, à 65 ans, la vie politique pourrait aussi être derrière lui. Il pourrait se souvenir de Jacques Delors.

Lui aussi avait hésité de long mois, avant de renoncer un soir de décembre 1994. Il confiera plus tard, dans un livre intitulé « L’homme qui ne voulait pas être roi » : « C’était franchement – même si je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement – renoncer à la politique ». Et donc, de prendre sa retraite. François Bayrou y est-il prêt ?

Paul Laubacher

"Maigret tend un piège" : le clown Mr Bean devient commissaire

© Peket Co-Production / Colin Hutton « Maigret tend un piège » : le clown Mr Bean devient commissaire

Douze ans après que le populaire Bruno Cremer a rendu l’imperméable et la pipe de Maigret, le commissaire renaît Outre-Manche sous les traits de Rowan Atkinson. L’ancien Mr Bean mène l’enquête dimanche sur France 3 avec «Maigret tend un piège».

 

Un acteur anglais pour incarner le plus français des commissaires ? «So shocking» et pourtant vrai. Et ce n’est pas la première fois. Après Michael Gambon («Harry Potter») dans les années 90, c’est au tour de Rowan Atkinson d’enfiler l’imperméable et le chapeau feutre de Jules Maigret pour une saison de deux épisodes (une seconde saison de deux épisodes suivront cette année). Le premier, «Maigret tend un piège», est diffusé dimanche sur France 3.

Que vaut cette adaptation de l’oeuvre de Georges Simenon à la sauce anglaise ? Elle est honorable, sans être renversante. Si on sent que le scénariste Stewart Harcourt («Miss Marple») a voulu rester très fidèle aux romans en mettant en scène un Maigret pensif et mesuré, l’interprétation de Rowan Atkinson le rend maussade, passif, voire terne. Il est tout aussi difficile pour lui de faire oublier les mimiques de Mr Bean, qu’il est ardu pour le téléspectateur de l’imaginer dans un autre rôle.

Une enquête qui se traîne, des décors réussis

Dans ce premier épisode, le quartier de Montmartre est terrorisé depuis cinq mois par un tueur en série qui s’attaque aux femmes brunes à la nuit tombée. Après trois prostituées, une mère de famille est poignardée. L’enquête piétine et Maigret -remis en question par sa hiérarchie, la presse et ses amis- semble dépassé par cet assassin futé qui ne laisse aucun indice derrière lui. Jusqu’à ce que le célèbre commissaire élabore un plan, ce fameux «piège» pour mettre la main sur le coupable. Si cette enquête réserve quelques surprises, elle traîne en longueur et la mise en scène manque de panache pour totalement nous agripper.

Une certaine élégance désuète appréciable se dégage de l’épisode, grâce aux décors très réalistes du Paris des années 50, recréés à Budapest, aux costumes des personnages et ses coupures de journaux qui défilent à l’écran pour figurer le temps qui passe. On ne pouvait pas en attendre moins de nos voisins Britanniques puisqu’après tout, comme un enquêteur le souligne peu subtilement, puisque le tueur portait une veste fabriquée en Angleterre, c’est qu’il s’agit «d’un homme de goût».

«Maigret tend un piège», dimanche à 20h55 sur France 3

Le tribunal de Bobigny va rendre son jugement à l’encontre d’un policier municipal, poursuivi pour violences volontaires et non pas pour viol, ce que ne comprend pas la victime

Comme Théo, Alexandre a été violé par des policiers : "Ils ont pris mon intimité"

© PASCAL GUYOT / AFP Comme Théo, Alexandre a été violé par des policiers : « Ils ont pris mon intimité »

Alors que l’affaire Théo est dans tous les esprits, le tribunal de Bobigny rend lundi son jugement à l’encontre d’un policier municipal de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Il est accusé d’avoir violenté avec sa matraque le jeune Alexandre, lors d’une arrestation mouvementée il y a un an et demi.

« Ils ont pris mon intimité ». Depuis, Alexandre, 28 ans, a toujours des séquelles. « J’ai toujours des saignements. La nuit, je fais des cauchemars. Tout le monde parle sur moi dans la rue. Je suis suivi par un psychologue, je me sens mal », confie-t-il. Le mois dernier, le procès n’a rien arrangé. Le policier municipal n’a livré aucune explication. Quant au procureur, il a évoqué une pénétration quasi-accidentelle. Un argumentaire inacceptable pour Alexandre. « Ils ont pris mon intimité. Il y en a un qui m’a dit : ‘Tu te rappelleras de la police municipale' », se remémore-t-il. « Pour moi, ce n’est pas une violence volontaire. C’est un viol », insiste le jeune homme.

Un seul policier poursuivi sur les trois présents. Dans cette affaire, Alexandre dénonce une forme de « deux poids, deux mesures ». « Pour moi, la justice est différente pour les jeunes et pour les policiers. Si c’était moi, ce serait un viol, je serais en prison avec un mandat de dépôt », estime-t-il. « Le pire, c’est qu’il [le policier] travaille. Il n’y a pas de sanctions, il n’y a rien », peste le jeune homme. Alexandre ne comprend pas non plus pourquoi un seul des trois policiers municipaux se trouve sur le banc des accusés. « Pourtant, quand il m’a rentré la matraque, ses collègues me tiraient bien les épaules, avec les menottes dans le dos et allongé sur le ventre », témoigne-t-il.

Six mois de prison avec sursis requis. Au procès, le policier municipal « a parlé comme si j’étais un chien », dénonce Alexandre. « Les juges ont même constaté qu’il me parlait comme si j’étais un animal. Il ne s’est même pas excusé, rien… », déplore-t-il. En pleine affaire Théo, Alexandre espère voir le policier lourdement condamné. Bien plus que les six mois de prison avec sursis, requis par le procureur.

Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a détaillé les coûts de son programme sur sa chaîne Youtube, le 19 février 2017.

© FRANCOIS GUILLOT / AFP Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a détaillé les coûts de son programme sur sa chaîne Youtube, le 19 février 2017.

« Choc d’investissement », « révolution fiscale », relance budgétaire : Jean-Luc Mélenchon a présenté et chiffré dimanche 19 février son plan économique pour 2017-2022 qui repose sur un ensemble « vertueux » de croissance, d’emploi.

« On nous demande toujours « combien ça coûte ? », nous allons le dire », a déclaré le candidat à la présidentielle en ouvrant une émission de plus de cinq heures retransmise sur YouTube pour chiffrer la totalité de son programme « l’Avenir en commun », mais aussi dévoiler le cadrage macro-économique de son quinquennat.

Plan de relance keynésien en lieu et place de l’austérité libérale est la philosophie de ce programme économique qui passe par un plan d’investissement de 100 milliards d’euros, financé par l’emprunt le plus rapidement possible au début du quinquennat. La répartition de ces milliards sera ciblée sur « l’urgence sociale » (45 milliards dont 18 pour le logement), « l’urgence écologique » (50 milliards dont 25 pour le développement des énergies renouvelables, très pourvoyeuses d’emplois) et 7 milliards pour les services publics.

Il s’agit « d’injecter une masse suffisante qui remette en route l’activité », a expliqué Jean-Luc Mélenchon, c’est-à-dire de choisir des projets pourvoyeurs d’activité afin d’obtenir l’effet multiplicateur de l’investissement escompté, qu’il estime entre 2 et 3. Le candidat a néanmoins reconnu que ce choc d’investissement ne se ferait pas sans obstacle : « On ne dépense pas 100 milliards en un claquement de doigts », a-t-il expliqué, rappelant que tout investissement devait nourrir un projet établi et solide. « Pour nous le plus difficile sera de gérer le délai », a-t-il précisé.

Parallèlement, son programme prévoit une augmentation de la dépense publique (+173 milliards d’euros sur le quinquennat) pour financer en particulier l’augmentation des salaires et la réduction du chômage, par le biais par exemple de la sécurité sociale intégrale en vertu de laquelle un chômeur en fin de droits pourra se retourner vers l’Etat pour que ce dernier lui fournisse un emploi.

Choix politiques

« Ce plan de relance répond à des choix politiques affirmés, il ne s’agit pas de financer des produits importés qui ont fait trois fois le tour du monde, ce n’est pas une relance à la papa », précise son équipe, évoquant notamment l’objectif de restreindre l’empreinte écologique du pays plutôt que d’augmenter sa consommation. Une « révolution fiscale » prévoit par ailleurs une baisse de l’impôt sur les sociétés à 25%, la progressivité de la CSG et un taux marginal de 90% sur la dernière tranche de l’impôt sur le revenu au-delà de 400 000 euros par an.

Grâce à la relance qui permettra, selon les calculs des experts de La France insoumise, 190 milliards de recettes supplémentaires, Jean-Luc Mélenchon annonce des taux de croissance très flatteurs pour son quinquennat (autour de 2% dès 2018), un taux de chômage réduit à 6% contre 10% aujourd’hui (plus de 3 millions d’emplois créés dont 2 millions dans le secteur marchand), et une envolée de l’inflation, au-delà de 4% à la fin du quinquennat – qui mécaniquement augmente les recettes de l’Etat.

Au-delà et « ce n’est pas son objectif essentiel », concède-t-il, cette politique économique aura un effet vertueux sur les déficits. Ainsi, le déficit public (Etat, protection sociale et collectivités territoriales) serait réduit à 2,5% du PIB à la fin du quinquennat, après une incartade à 4,8% du PIB en 2018, qui pourrait faire pâlir Bruxelles. Et la dette publique passerait à 87% du PIB en 2022. Ces prévisions ne correspondent à aucune de celles publiées par les organismes internationaux, français ou celles du gouvernement actuel. Mais, justifie l’équipe de Jean-Luc Mélenchon, elles seront possibles grâce à l’« efficacité » du programme.

(Avec AFP)