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Sébastien Demorand avait participé à la quatrième saison de Masterchef sur TF1.
Sébastien Demorand avait participé à la quatrième saison de Masterchef sur TF1. − TF1

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DISPARITION – Le chroniqueur gastronomique et ancien juré de « Masterchef » sur TF1 est décédé ce mardi 21 janvier à l’âge de 50 ans.

Le monde de la gastronomie est en deuil. Le chroniqueur Sébastien Demorand est mort ce mardi 21 janvier des suites d’une longue maladie à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, a rapporté « Le Point ». Une information confirmée par TF1, qui a collaboré avec le chroniqueur. « C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre la disparition de Sébastien Demorand, ancien juré de MasterChef. Toutes nos pensées vont à sa famille et ses proches », a réagi la chaîn sur son compte Twitter. 

Son diplôme de journalisme en poche, il débute sa carrière sur les ondes d’Europe 1 avant d’intégrer le célèbre guide « Gault & Millau » en 1999. Devenu critique indépendant, il collabore avec plusieurs journaux (« Le Parisien », « L’Optimum », « Fooding ») et devient le spécialiste de la gastronomie sur RTL. Il est aussi connu pour avoir inventé le terme « bistronomie » en 2004, contraction de bistrot et gastronomie, pour désigner une cuisine à la fois savoureuse et conviviale. Frère du journaliste Nicolas Demorand, c’est en 2010 qu’il se fait connaître du grand public grâce à sa participation à « Masterchef ». Il intègre le concours culinaire de TF1 aux côtés de Yves Camdebordes et Frédéric Anton. Il fera même une apparition dans la version américaine du programme pour juger les plats des quatre derniers candidats. TF1@TF1

C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre la disparition de Sébastien Demorand, ancien juré de MasterChef.
Toutes nos pensées vont à sa famille et ses proches.

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En mars 2016, il franchit le pas et ouvre son propre restaurant,  Le Bel Ordinaire dans le 10ème arrondissement de Paris, avec son associé, Cyrille Rossetto. « Je suis passé de l’autre côté de la farce, mais je n’ai pas changé de philosophie, expliquait-il à l’époque au Parisien. « Je continue mon petit bonhomme de chemin en faisant partager ce que j’ai trouvé bon. Je suis toujours le pédago du goût », s’amusait Sebastien Demorand  qui avait ouvert un autre Bel ordinaire, dans le 5e arrondissement de Paris. « Les chefs de ce début de millénaire doivent beaucoup à Sébastien Demorand, à sa justesse et à son amour véritable de la cuisine. Il ne se démentit jamais, jusqu’au bout », a commenté mardi au « Point » Luc Dubanchet, fondateur de la revue culinaire « Omnivore ».

Un an après une enquête de « Pièces à conviction », un nouveau documentaire a suscité l’émoi en révélant les défaillances de la prise en charge de mineurs dans des foyers dépendant de l’Aide sociale à l’enfance.© Fournis par Franceinfo

« Des adolescents pris en charge dans des conditions indignes, victimes de violences de la part d’adultes qui devraient prendre soin d’eux et les protéger. » C’est en ces termes qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la Protection de l’enfance, décrit les révélations de « Zone interdite ». Diffusé dimanche 19 janvier sur M6, le magazine a enquêté sur les violences et humiliations subies par certains mineurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). 

Ce n’est pas la première fois qu’un documentaire met en lumière les défaillances de cette politique sociale, gérée par les conseils départementaux depuis la suppression de la Ddass dans les années 1980. Le 16 janvier 2019, les révélations du magazine de France 3 « Pièces à conviction » avaient suscité un tollé. Le gouvernement avait réagi en nommant Adrien Taquet au gouvernement, auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé.

Pourtant, un an après cette nomination, la situation ne semble pas avoir évolué. Après la diffusion de « Zone interdite », le secrétaire d’Etat a exprimé, dans un communiqué, son « émotion » et sa « détermination à agir face à ces dysfonctionnements majeurs ». Dans un entretien au quotidien La Croix, il a demandé aux préfets de lui « transmettre, dans les trois mois, un état des lieux de la manière dont ces établissements sont contrôlés ». Franceinfo fait le point sur les carences dénoncées par le magazine de M6.

Des enfants maltraités dans des foyers

Plus de 350 000 mineurs font l’objet d’une mesure de protection de l’enfance en France. Parmi eux, la moitié sont placés dans des foyers ou des familles d’accueil. Pour enquêter sur les conditions de vie des enfants placés en foyer, les journalistes de « Zone interdite » ont adressé des demandes aux conseils départementaux, qui gèrent ces structures. Face au refus d’un grand nombre d’entre eux, les journalistes se sont infiltrés dans les établissements et ont filmé en caméra cachée.

L’enquête révèle des conditions sanitaires désastreuses, notamment dans un foyer de Seine-Saint-Denis. « Il y a de la merde dans l’eau. Ça sentait très fort. Donc on s’est dit qu’il y avait peut-être un rat mort qui a infecté l’eau. Ils avaient vu un rat, les gamins. Ils en avaient filmé un en train de courir », raconte une travailleuse sociale.

Le documentaire revient aussi sur des violences commises par des éducateurs dans un foyer situé à Jarsy (Savoie). Une éducatrice y raconte comment elle a été témoin d’humiliations et d’actes de maltraitance subis par les enfants : « Le jeune était attaché avec une corde à la barrière, assis par terre en position de chien, et il lui demandait d’aboyer », raconte-t-elle. Deux responsables de ce foyer ont été condamnés en 2018 à un an de prison ferme. Le président de l’association qui gérait le centre, devenu coach sportif depuis, s’est défendu auprès de « Zone interdite ».Zone Interdite@ZoneInterdite

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Des troubles psychiatriques mal pris en charge

Dans un foyer de Dijon (Côte-d’Or), l’enquête de M6 révèle que des éducateurs non formés administrent des neuroleptiques à une adolescente de 13 ans, « ingérable » en raison de ses problèmes psychiatriques, mais non suivie par un psychiatre. Aucune infirmière, censée contrôler la prescription, n’est présente lors de l’administration des médicaments.

En caméra caché, la journaliste suit la jeune fille dans la chambre qu’elle occupe au sein du foyer, où elle est allongée au milieu des détritus et des cafards. La nuit tombée et en pleine crise, elle erre devant le foyer, la musique à fond. Un employé finit par intervenir et la maîtrise violemment. L’adolescente hurle, l’insulte et l’accuse à plusieurs reprises d’être « pédophile ». Celui-ci répond alors : « Si je suis pédophile, ce n’est sûrement pas avec elle. C’est une gogole. »

« Beaucoup de jeunes souffrant de troubles psychiatriques liés aux maltraitances qu’ils ont subies se retrouvent face à des personnels non formés pour ce type de prise en charge, réagit Adrien Taquet dans La Croix.Vingt millions d’euros seront consacrés dès 2020 à développer les prises en charge médico-sociales des enfants de l’ASE souffrant de handicap ou de troubles de santé mentale. »

Certains enfants se sont vu par ailleurs administrer des tranquillisants sans prescription et sans qu’on leur ait diagnostiqué des troubles psychiques. Une ex-pensionnaire du foyer de Jarsy accuse l’ancienne directrice de l’établissement. « Le soir, à table, elle disait aux éducateurs : ‘Donnez-leur leurs gouttes, mettez la dose, comme ça ils ne nous feront plus chier après.’ C’était du Tercian », un neuroleptique notamment prescrit pour traiter la schizophrénie ou les troubles graves du comportement. La directrice, toujours libre malgré sa condamnation, reconnaît dans le documentaire avoir drogué certains pensionnaires « une ou deux fois, mais pas systématiquement ».

Des filles en proie à des réseaux de prostitution

Toujours dans le foyer de Dijon, l’enquête de « Zone interdite » révèle que des jeunes filles fuguent et sont laissées dans la nature pendant plusieurs jours sans être recherchées par la police. D’après le personnel, certaines d’entre elles vendraient du cannabis et se prostitueraient.Loopsider@Loopsidernews

Prostitution, violences, malversations…
«Mineurs en danger» est un documentaire sur les défaillances de l’Aide sociale à l’enfance.
Son réalisateur @doria_jc nous explique les coulisses de l’enquête choc.
A voir sur @M6 à 21h10 dans @ZoneInterdite présentée par @ophmeunier

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« Elles, c’est drogue, prostitution. Le chef de service était allé les chercher, il les avait trouvées dans une chambre d’hôtel », explique une employée, sans savoir qu’elle est filmée en caméra cachée, à propos de deux adolescentes de 13 ans. Une autre pensionnaire du foyer confirme les faits : « Elle baise pour de l’argent, une prostituée. J’ai fugué avec elle et je l’ai vu faire tout ça. » L’enquête s’intéresse aussi à un foyer situé dans le Vaucluse où « des jeunes filles placées (…) sont des proies pour les proxénètes », affirme M6.

Interrogé par La Croix, Adrien Taquet estime que « le sujet concerne, certes, des jeunes de l’ASE qui sont des proies faciles. Mais il est plus vaste. »« On estime que 8 000 enfants sont prostitués en France, un fléau qui n’épargne aucun milieu social, continue-t-il. Nous allons lancer un groupe de travail avec la police, la justice, les associations afin d’élaborer une réelle politique publique. »

Du personnel parfois non formé

Pour enquêter, les journalistes de « Zone interdite » se sont fait embaucher en tant qu’éducateurs, tout en précisant qu’ils n’avaient pas de diplôme et, parfois, sans même être reçus pour un entretien. Ils ont ainsi constaté la présence de « personnel non qualifié, recruté sans diplôme, sans contrat, et pire parfois, sans contrôle du casier judiciaire« , précise M6 dans un communiqué.

« C’est tellement difficile ce qu’on vit au quotidien que, du jour au lendemain, ton binôme ne viendra pas travailler. Il faut bien trouver quelqu’un pour le remplacer, témoigne, face caméra, une ancienne travailleuse sociale qui a depuis démissionné. Dans certains foyers, les éducateurs ne restent pas longtemps, donc on prend n’importe qui. »

Cette absence de formation de certains professionnels avait déjà été mise en lumière par le magazine « Pièces à conviction ». Pour pallier ces manques, une stratégie gouvernementale a été présentée en octobre. Si elle comporte des mesures pour améliorer la prise en charge médicale des enfants placés dès 2020, elle a été jugée « insuffisante » par les acteurs du secteur, notamment sur la formation. « La situation ne s’est guère améliorée depuis », regrette auprès de l’AFP Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance et ancien enfant placé, jugeant les images de M6 « choquantes, révoltantes »

Le Sénat à majorité républicaine examine à partir de mardi les accusations d’«abus de pouvoir» qui visent Donald Trump.

Le président républicain, Donald Trump (ici en campagne, samedi, dans le Michigan), est jugé par un Sénat à majorité républicaine, et n’a donc quasiment aucun risque de se voir condamner.

À Washington

Le procès de Donald Trump qui s’ouvre ce mardi au Sénat fédéral américain est un événement peu commun. Le président a été empêché par la Chambre le 18 décembre dernier. La majorité des représentants l’a accusé officiellement d’abus de pouvoir et d’obstruction au Congrès dans l’affaire de l’«Ukrainegate», où Trump a fait pression sur l’Ukraine pour favoriser sa propre réélection. C’est à présent au Sénat de se prononcer sur sa culpabilité. Son jugement aura toutes les apparences d’un procès judiciaire. La cour sera présidée par le juge John R. Roberts, le Chief Justice de la Cour suprême. Les sept «managers», les élus désignés par la Chambre des représentants, joueront le rôle du procureur. Les avocats chargés de représenter Trump, qui ne devrait pas comparaître en personne, celui de la défense. Les cent sénateurs constitueront le jury. Seul le vote de soixante-sept d’entre eux, soit une majorité des deux tiers, pourra démettre le président de ses fonctions.

Mais les parallèles avec un tribunal ordinaire s’arrêtent là. Le procès, aboutissement de la procédure de destitution lancée par la Chambre des représentants en septembre dernier, est avant tout une affaire politique. Le président Trump, républicain, est jugé par un Sénat à majorité républicaine, et n’a donc quasiment aucun risque de se voir condamner.

Il n’en reste pas moins un moment historique dans la vie politique américaine. Si l’on met de côté Richard Nixon, qui a démissionné en 1974 avant que sa destitution ait été votée, Trump est, après Andrew Johnson – président destitué par la chambre et acquitté par le Sénat dans les années qui suivirent la guerre de Sécession -, le troisième président de l’histoire américaine à comparaître devant le Sénat pour «crimes et délits graves».

Le temps révolu des civilités

Le précédent avait été Bill Clinton, président démocrate destitué par une Chambre à majorité républicaine, avant d’être jugé par le Sénat, lui aussi dominé par ses adversaires, et finalement acquitté.

Vingt ans plus tard, on retrouve quelques personnages de l’épisode précédent, dans des rôles différents. Jerrold Nadler, représentant démocrate et président de la commission des lois, qui fait aujourd’hui partie des accusateurs de Trump, était à l’époque parmi ceux qui défendaient Clinton. Ken Starr, l’enquêteur qui avait orchestré la mise en accusation de Bill Clinton, est aujourd’hui l’un des défenseurs du président.

Mais les paramètres sont différents. D’abord parce que la majorité du Sénat est du même bord politique que le président, faisant disparaître tout risque de condamnation. Mais aussi parce que plus personne ne semble croire à l’impartialité du jugement. Même si les relations entre les deux partis étaient tendues au moment du procès de Bill Clinton, il subsistait, au moins formellement, un certain respect mutuel entre démocrates et républicains. Les sénateurs des deux bords avaient voté ensemble les règles de procédure, sauvant les apparences d’une procédure bipartisane. Certains républicains avaient voté l’acquittement de Bill Clinton.

Ces civilités semblent appartenir à un passé révolu. Vingt ans plus tard, républicains et démocrates s’adressent à peine la parole. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, est allé discuter des modalités du procès à la Maison-Blanche avec l’accusé. Les règles de déroulement du procès devraient être votées par les seuls sénateurs républicains. Trump lui-même, qui a refusé de coopérer avec l’enquête de la Chambre, n’a pas daigné reconnaître la légitimité de la procédure. Dénonçant toute l’affaire comme une chasse aux sorcières, il s’en est pris personnellement aux principaux responsables démocrates de sa destitution, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et celui de la commission du renseignement, Adam Schiff.

Les débats devraient se terminer avant la fin janvier. Sauf si ressurgit la question des témoins. Les élus démocrates ont répété ces derniers jours vouloir citer à la barre des témoins qui n’ont pas été entendus pendant l’enquête, en particulier John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump. Mitch McConnell et la majorité des sénateurs républicains s’y opposent. Mais trois sénateurs républicains ont laissé entendre qu’ils n’étaient pas opposés à des auditions supplémentaires. Si un quatrième les rejoint, les démocrates peuvent avoir gain de cause. Sans remettre en question l’acquittement final de Trump, l’hypothèse pourrait réserver quelques rebondissements.

D’après un expert en maladies infectieuses chinois, le virus qui a déjà fait trois morts en Chine, peut se transmettre entre humains.Une Chinoise passe devant un magasin du marché de Huanan, fermé depuis le 1er janvier 2020 pour des raisons sanitaires, après la propagation d'un virus qui touche actuellement 41 personnes, et qui a fait un mort.© Noel Celis / AFP Une Chinoise passe devant un magasin du marché de Huanan, fermé depuis le 1er janvier 2020 pour des raisons sanitaires, après la propagation d’un virus qui touche actuellement 41 personnes, et qui a fait un mort.

Le mystérieux virus qui touche les grandes villes de Chine est transmissible entre humains, a confirmé ce lundi un expert gouvernemental en maladies infectieuses.

Zhong Nanshan, un scientifique renommé de la Commission nationale de la santé, qui avait aidé à évaluer l’ampleur de l’épidémie de Sras en 2003, a déclaré à la chaîne de télévision d’Etat CCTV que cette transmission par contagion était « avérée ».

De la même famille que le Sras, il a désormais franchi les frontières du pays pour gagner la Corée du Sud où un cas a été confirmé ce lundi, ainsi qu’en Thaïlande et au Japon.

Cette nouvelle épidémie a déjà entraîné la mort de trois personnes en Chine, et le pays redoute une augmentation du nombre de cas.

Carlos Ghosn à Beyrouth le 8 janvier 2020. | AFP© Fournis par Slate Carlos Ghosn à Beyrouth le 8 janvier 2020. | AFP

Au-delà des éventuelles prises illégales d’intérêt et des frasques, on peut conjecturer que trois erreurs stratégiques et une erreur de gouvernance expliquent pourquoi celui qui a contribué à développer l’alliance entre les deux groupes pendant deux décennies, Carlos Ghosn, a pu se retrouver assigné à résidence depuis de nombreux mois au Japon et avoir désormais le statut de fugitif international.

Deux perspectives sont à considérer: l’une est interne à l’alliance et aux relations entre les deux partenaires, Renault et Nissan; l’autre est externe, en lien avec les parties prenantes, au premier rang desquels se trouvent les États français et japonais.

Une alliance plutôt qu’une fusion

Lorsque le rapprochement entre Renault et Nissan a été envisagé en 1998-1999, deux options stratégiques étaient possibles: la fusion-acquisition ou l’alliance. Le choix d’une fusion-acquisition est d’autant plus défendable (apparaît d’autant plus logique et rationnel) qu’il existe de nombreux domaines dans lesquels les entreprises peuvent réaliser des économies ou des recettes additionnelles de façon durable en se rapprochant.

Inversement, si le potentiel de synergies ne concerne qu’un périmètre très réduit des activités respectives des deux entreprises, c’est l’alliance qui doit être privilégiée, sauf à ce que le projet n’ait pas une logique industrielle. Dans le cas Renault-Nissan, la fusion-acquisition semble constituer la meilleure option, compte tenu de l’étendue des synergies potentielles.

Le 27 mars 1999, les présidents des sociétés Renault et Nissan, Louis Schweitzer et Yoshikazu Hanawa, signent l’accord prévoyant l’entrée à hauteur de 36,8% du constructeur français dans le capital de la branche automobile du groupe japonais, alors très endetté. | Archives INA 

Pourtant, le fondateur de l’alliance Renault-Nissan, Louis Schweitzer, a écarté cette option. Trois raisons contextuelles permettent de justifier ce choix initial:

La première est financière. Une fusion-acquisition aurait entraîné la prise en charge de tous les passifs de Nissan qui était en très mauvaise posture en 1999: une dette estimée entre 18 et 25 milliards de dollars selon le périmètre retenu pour le keiretsu, des pertes récurrentes et une compétitivité dégradée. Renault n’avait pas les moyens d’assumer l’éventuelle faillite de Nissan dont le redressement n’était pas acquis.

La deuxième est managériale. La capacité à réellement coopérer n’était pas acquise dans un contexte franco-japonais marqué par une importante distance géographique, des différences culturelles organisationnelles et nationales, et la nécessité de travailler sous des fuseaux horaires différents et avec une langue tierce.

La troisième est politico-culturelle. La fusion-acquisition aurait été perçue comme l’absorption d’un fleuron de l’automobile japonaise par un constructeur français quasi-inconnu du Japon, perspective peu acceptable tant d’un point de vue culturel que politique.

Dans ces conditions, l’alliance était la seule option acceptable, de part et d’autre. Au cours des deux dernières décennies, celle-ci s’est développée avec une intégration croissante sur les plans industriel et organisationnel, mais les deux entreprises sont demeurées juridiquement indépendantes, ménageant ainsi les susceptibilités politico-culturelles.

«Rubicon» managérial

Quand nous avons, au fil de ces années, travaillé avec des managers en MBA sur le «cas Renault-Nissan», la question de l’évolution de l’alliance vers une fusion a été systématiquement posée par les managers d’entreprises, quels que soient leur nationalité. Il nous est toujours apparu que l’intégration de toutes les fonctions de la chaîne de valeur pouvait être développée, mais qu’il existait une ligne rouge à ne pas franchir, celles des principes fondateurs de l’alliance, à savoir le maintien de l’identité des deux entreprises et de leur indépendance juridique.

En cherchant à transformer l’alliance originelle en une fusion, Carlos Ghosn aurait franchi ce «rubicon» managérial et suscité les manœuvres de dirigeants japonais qui ont conduit à sa perte. Sauf à croire au mythe de la fusion entre égaux, l’opération aurait en effet redistribué les cartes du pouvoir, sujet éminemment épineux puisqu’il prend la forme d’un jeu à somme nulle.

La première erreur stratégique repose donc sur la croyance que la pertinence économique (renforcer les synergies grâce à une fusion) est synonyme de faisabilité et d’acceptabilité. Deux des raisons justifiant initialement l’alliance ne sont, certes, plus d’actualité: la situation très dégradée de Nissan et le doute sur la capacité des deux acteurs à coopérer et, donc, à créer de la valeur. Mais la troisième raison est demeurée bien présente: la non-acceptabilité d’une prise de contrôle de Nissan par Renault, renforcée par le redressement de Nissan, tout comme la non-acceptabilité pour Renault de voir son partenaire ragaillardi prendre le lead du nouvel ensemble.

Une deuxième erreur stratégique tient au leadership de l’alliance. Initialement nommé directeur général de Nissan (en 1999) pour redresser le constructeur japonais, Carlos Ghosn est devenu président de Nissan en 2001, puis président de Renault et président de RNBV (la structure de management de l’alliance) en 2005. La confiance conférée à Ghosn à la suite du redressement de Nissan a rendu possible ce cumul de mandats. Mais cette position hégémonique, outre qu’elle peut dépasser les limites de l’entendement, n’était pas un blanc-seing pour un leadership directif, car toute alliance appelle un leadership partagé, sauf consentement explicite du partenaire dominé.

Il ne fait guère de doute que Carlos Ghosn l’a oublié, ce que confortent ses propos tenus lors de sa conférence de presse du 8 janvier dernier, quand il déclare: «L’alliance peut réussir sans moi, mais elle doit suivre certaines règles. Elle ne fonctionnera pas sur la base de consensus, on se trompe actuellement.» Tôt ou tard, quand l’opportunité se présente, les personnes privées d’une voix au chapitre réagissent.

Une troisième erreur stratégique tient aux relations que l’ancien patron de l’alliance a noué, ou plutôt, n’a pas noué avec l’État français qui était l’un des actionnaires, et non des moindres, de Renault. Comment expliquer autrement, au moins au début de l’affaire, que l’État français se désintéresse autant de celui qui fut l’un de ces grands capitaines d’industrie à qui la France doit le développement d’une partie de son secteur automobile? Carlos Ghosn a ignoré l’État français et ses représentant·es, qui le lui rendent bien aujourd’hui.

Sans doute en a-t-il fait de même du côté japonais. L’ancien dirigeant de l’alliance Renault-Nissan avait peut-être une conception de l’industrie reposant sur le modèle initial de Porter qui fait fi des pouvoirs publics et de leur influence. Un dirigeant d’une entreprise, même mondialisée et très puissante, ne peut ignorer le rôle et le poids des pouvoirs publics nationaux. La situation actuelle de l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan et les très rares soutiens qu’il suscite illustrent cette relation entre l’entreprise et l’État, ou plutôt dans le cas actuel, entre l’entreprise et les États.

Comprendre les cinq forces de Porter. | Xerfi canal 

Une hégémonie à toute épreuve

Ces trois erreurs stratégiques, tant internes qu’externes, permettent d’éclairer d’un regard non anecdotique la descente aux enfers qu’a connu Carlos Ghosn. Elles illustrent aussi les difficultés du management d’une alliance mondiale et posent la question de la gouvernance de ce type d’organisation.

Le cas Renault-Nissan démontre qu’un leader peut ne pas être éternellement «l’homme de la situation». Louis Schweizter avait l’expérience et la sensibilité requises pour imaginer un modèle hybride à même d’éviter les écueils du rapprochement avorté Renault-Volvo. Carlos Ghosn avait l’expérience nécessaire pour accompagner le redressement de Nissan. Il était beaucoup moins évident que sa personnalité, ainsi que l’hubris et le narcissisme, suscités par le succès de la remise sur pied du constructeur nippon, soient en cohérence avec le leadership partagé requis pour assurer la consolidation de l’alliance.

Affaire Carlos Ghosn: un décryptage des erreurs de management stratégique. | Xerfi canal 

L’erreur des organes de gouvernance de Renault-Nissan aura été de ne pas dénoncer la position hégémonique de Carlos Ghosn, du moins ses dérives. Responsables aussi, donc, mais peut-être pas coupables car l’enracinement de Carlos Ghosn a pu entraver toute idée de son remplacement ou de sa mise au pas. L’«affaire Ghosn» aura été, à cet égard, salutaire.

La semaine dernière à Nice, un adolescent de 15 ans, scolarisé en 3e dans un lycée professionnel, est décédé des suites d’une méningite bactérienne foudroyante de type W135, révèle Nice matin.

Un adolescent de 15 ans est mort la semaine dernière à Nice d’une méningite après être passé aux urgences à Saint-Laurent-du-Var. Là-bas, on l’avait « soulagé » avec du « paracétamol et du Spasfon » avant de lui donner l’autorisation de rentrer chez lui. Il n’a pas passé la nuit.

Se plaignant de maux de tête et de ventre, il avait été conduit, le 7 janvier en début de soirée, aux urgences de l’institut Arnault-Tzanck à Saint-Laurent-du-Var. Il en était ressorti trois heures plus tard, « soulagé » avec du « paracétamol et du Spasfon » selon le directeur de l’institut, qui assure que le patient n’avait pas de fièvre et « présentait un examen strictement normal sans aucun signe méningé ».

Une enquête ouverte

De retour chez lui, à Nice, il n’a pas passé la nuit, victime d’une méningite foudroyante qui se serait propagée en quelques heures seulement.

Le procureur de la République de Nice a indiqué à nos confrères avoir ouvert une enquête dès l’origine du décès, alors que la cause n’était pas connue. Il a précisé qu’il n’y avait pas de plainte de la famille à ce jour. Les obsèques du jeune garçon se sont tenues mercredi.

La semaine dernière à Nice, un adolescent de 15 ans, scolarisé en 3e dans un lycée professionnel, est décédé des suites d’une méningite bactérienne foudroyante de type W135, révèle Nice matin.

Se plaignant de maux de tête et de ventre, il avait été conduit, le 7 janvier en début de soirée, aux urgences de l’institut Arnault-Tzanck à Saint-Laurent-du-Var. Il en était ressorti trois heures plus tard, « soulagé » avec du « paracétamol et du Spasfon » selon le directeur de l’institut, qui assure que le patient n’avait pas de fièvre et « présentait un examen strictement normal sans aucun signe méningé ».

Une enquête ouverte

De retour chez lui, à Nice, il n’a pas passé la nuit, victime d’une méningite foudroyante qui se serait propagée en quelques heures seulement.

Le procureur de la République de Nice a indiqué à nos confrères avoir ouvert une enquête dès l’origine du décès, alors que la cause n’était pas connue. Il a précisé qu’il n’y avait pas de plainte de la famille à ce jour. Les obsèques du jeune garçon se sont tenues mercredi.

Au 39e jour de grève, Édouard Philippe a retiré l’âge pivot à 64 ans du projet de loi sur la réforme des retraites. Ouvrant la voie à un compromis avec les syndicats réformistes. Mais pourquoi un si long psychodrame ? Tactique diabolique ou divergence entre le Premier ministre et le président ?

Ce n’est qu’une partie du chemin. La route est encore longue avant le vote de la réforme du système de retraites. Et les grèves ne vont pas s’éteindre d’un coup d’un seul. Pour la bonne raison que, contrairement à ce qui s’est passé lors d’autres conflits, comme ceux contre le contrat première embauche en 2006 ou la réforme Juppé en 1995, le gouvernement n’a pas cédé sur l’essentiel, et les syndicats contestataires, qui réclamaient le retrait pur et simple du texte, ne vont pas mettre fin aux grèves. Leurs actions risquent même de se durcir. Mais c’était un préalable indispensable.

« Il était difficile de convaincre l’opinion publique que cette réforme est équilibrée à partir du moment où les syndicats réformistes y étaient hostiles », confie la secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Amélie de Montchalin. Le retrait de l’âge pivot, par le Premier ministre, a donc été un soulagement dans les rangs de LREM. Même s’il est assorti d’un qualificatif : provisoire. Et d’une condition : que la conférence sur l’équilibre et le financement des retraites aboutisse d’ici la fin du mois d’avril 2020. Mais pour les proches du président, il s’agit bel et bien d’un abandon. « On ne va pas voir ressurgir l’âge pivot, assure un ministre. On va travailler sur l’accélération de la réforme mise en place par Marisol Touraine. » Pour assurer l’équilibre du régime, il pourrait donc être décidé d’une augmentation de la durée de cotisation d’un trimestre tous les ans (au lieu de tous les trois ans). Une idée défendue par plusieurs députés de la majorité qui estiment que, contrairement à l’âge pivot, cette disposition est plus juste. Elle ne pénalise pas ceux qui ont commencé à travailler tôt.

Mais pourquoi avoir laissé pourrir le débat ? Pourquoi s’être obstiné à maintenir ce point de la réforme qui cristallisait les mécontentements ? 66 % des personnes interrogées y étaient opposées, selon un sondage Elabe de début janvier, tandis que la suppression des régimes spéciaux et la mise en place d’un système universel de retraite par points recueillent l’assentiment d’une majorité de sondés (voir ci-contre). Pourquoi avoir braqué les syndicats réformistes ?

Pour certains, comme la présidente du RN, l’âge pivot était un simple stratagème : « Il n’existait que pour faire passer la pilule. » Le patron de la CGT, Philippe Martinez, dénonce lui aussi une manipulation : « Le débat sur l’âge pivot n’est que de l’enfumage dans le but d’obtenir l’adhésion de certains syndicats. » Ces hypothèses sont totalement farfelues. Edouard Philippe est absolument sincère et convaincu de la nécessité d’une telle mesure. D’autres expliquent que, en prenant à son compte cette idée d’âge pivot, qui figurait dans le programme d’Alain Juppé, Emmanuel Macron voulait s’attirer le soutien de l’électorat de droite. « Cela ne tient pas la route, explique Bernard Sananès, directeur de l’institut Elabe. L’électorat de droite a rejoint Emmanuel Macron. C’est lui qui l’a amené, même si Edouard Philippe y a contribué. » En revanche, il explique : « Avec cette réforme, et son combat en faveur d’un équilibre financier, Edouard Philippe a créé sa marque. Avant, il était indexé sur Emmanuel Macron. »Séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée © Christophe Morin/IP3/MaxPPP Séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée

Du bras de fer…

En réalité, loin des micros et caméras, c’est à un véritable bras de fer que se sont livrées les deux têtes de l’exécutif. Même si de nombreux ministres affirment, la main sur le cœur : « Je peux vous assurer que le président et le Premier ministre sont totalement en phase. » Un responsable LREM raconte, off, comment depuis le début le chef du gouvernement, hostile à cette réforme, a tenté de l’orienter pour garantir un équilibre budgétaire, sa priorité. Ainsi, en mars, il envoie Gérald Darmanin et Agnès Buzyn au feu pour plaider en faveur du report de l’âge légal. Les marcheurs voient rouge. Le candidat Macron s’était engagé à ne pas y toucher. Pataquès. Ensuite, le Premier ministre fait le forcing pour que Jean-Paul Delevoye – qu’il n’aime pas – introduise dans son rapport l’idée d’âge d’équilibre. Nouveau trouble dans la majorité, très attachée à la retraite par points, emblème du macronisme. Ses élus n’apprécient pas qu’elle soit détournée. Et ils sont en phase avec l’ex-haut-commissaire aux retraites. « C’est un peu notre mascotte. Il présidait la commission d’investiture ! », raconte l’un d’eux.

Mais rebelote, le 11 décembre, lors de la présentation de son projet de réforme, Edouard Philippe maintient l’idée d’un âge d’équilibre avec un bonus-malus. Avec l’accord explicite du chef de l’Etat, alors que fin août, à Biarritz, il avait affirmé publiquement qu’il préférait une mesure d’allongement de la durée de cotisation. Pourquoi un tel entêtement ? « Edouard Philippe a manifesté la même rigidité que lorsqu’il a voulu imposer unilatéralement les 80 km/h ou quand il a refusé d’adhérer à LREM ! Et il est appuyé par deux technos secs comme des triques, le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, et le directeur de cabinet du Premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas », explique cet élu.

Pourquoi le président a-t-il laissé faire ? Mystère. Certes, Edouard Philippe n’a pas tous les torts. Laurent Berger ne s’est pas montré très allant pour admettre la nécessité des mesures financières. Jean-Paul Delevoye a pondu un rapport très théorique qui laissait en suspens de nombreuses questions concrètes. Et le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), le 21 novembre, qui fait état d’un régime déficitaire à terme, a sans doute renforcé l’exécutif dans la conviction qu’il fallait aussi des mesures paramétriques. « Emmanuel Macron ne voulait pas que les mesures financières soient repoussées, et polluent la campagne de 2022 », note un ministre. Mais de là à persister aussi longtemps pour imposer cet âge pivot, totalement répulsif ! Certains, dans la majorité se demandent même si le chef de l’Etat n’a pas été otage de son Premier ministre. Si ce dernier n’a pas mis sa démission dans la balance.

A l’Elysée, un homme de l’ombre, Philippe Grangeon, macroniste de la première heure, qui a longtemps œuvré à la CFDT, constate : « Emmanuel Macron a pris acte que s’il se mettait en avant, il rendrait cette réforme insupportable. » Du coup, il a confié le pilotage de la réforme à Edouard Philippe. En tenant le mors un peu moins serré.

… à la coproduction

Le conseiller spécial poursuit :« Il peut y avoir des sensibilités, des approches divergentes. La perspective d’Edouard Philippe, juppéiste franchisé, n’est pas celle du président. Il pense peut-être à une revanche sur 1995. Mais il y a également eu le rapport du COR, qui soulignait qu’il y avait un problème de robustesse financière. On ne peut pas basculer dans un autre système sans assurer la pérennité financière. Ce qui est certain : le Premier ministre n’a pas agi sans l’accord du président. Les deux hommes étaient alignés. » La première coproduction du quinquennat ? « En quelque sorte. Après deux ans et demi on se connaît mieux ! »