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REVUE DE PRESSE – Les médias à travers le monde s’accordent sur le potentiel danger que ce scandale constitue pour le président français.

figarofr: «Le scandale Benalla est potentiellement dommageable car il remet en cause le fonctionnement de l'État et la promesse de Macron d'une république “exemplaire”», analyse le Guardian.

© Philippe Wojazer/REUTERS «Le scandale Benalla est potentiellement dommageable car il remet en cause le fonctionnement de l’État et la promesse de Macron d’une république “exemplaire”», analyse le Guardian.

Les images montrant Alexandre Benalla, collaborateur d’Emmanuel Macron, aux prises avec un manifestant lors de la dernière fête du travail ont fait le tour du monde. «La séquence est choquante», reconnaît depuis les États-Unis le Washington Post . «Les images ne laissent aucun doute, estime de l’autre côté des Alpes le quotidien La Repubblica. Nous voyons un collaborateur de confiance d’Emmanuel Macron, qui a assuré sa sécurité pendant la campagne électorale et qui a aujourd’hui un bureau à l’Élysée, donnant un coup de pied à un garçon lors d’une manifestation.»

Depuis l’étranger, tous les médias s’accordent sur le potentiel danger que constitue cette affaire pour le président de la République français. D’autant que, rappelle le New York Times, «c’est la dernière d’une série de controverses venues alimenter les accusations selon lesquelles Emmanuel Macron est un monarchique “président des riches”, déconnecté du peuple français.» Et, en Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung rappelle: «Macron lui-même avait annoncé après les violentes émeutes en marge de la manifestation que tous les délinquants violents seraient identifiés et tenus responsables.» «Le scandale Benalla est potentiellement dommageable car il remet en cause le fonctionnement de l’État et la promesse de Macron d’une république “exemplaire”», analyse aussi le Guardian. «Macron a jusqu’ici évité d’aborder le problème, mais pourrait devoir changer de stratégie. Parce qu’il n’y a aucun signe que la tempête va se calmer dans les prochains jours», estime El Pais.

Depuis la Belgique, Le Soir s’interroge de son côté sur le délai entre la publication des images et l’identification d’Alexandre Benalla: «Étrangement, la vidéo d’Alexandre Benalla avait été diffusée le 1er mai et largement partagée. Il aura fallu deux mois pour qu’elle prenne de l’ampleur. Pourquoi n’a-t-elle acquis une importance médiatique, puis politique, qu’après la découverte du fait que l’auteur des coups est un proche du président Macron? Hypothèse peu réjouissante: la France s’est habituée à la violence de la part des forces de l’ordre.»

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Affaire Benalla

Alexandre Benalla a été infiltré par Najet Vallaud Belkacem. D. R.

Par Karim B. – L’affaire du garde du corps «officieux» du président français, Emmanuel Macron, tourne au scandale d’Etat. Licencié pour avoir fait preuve de brutalité dans l’exercice de sa fonction, Alexandre Benalla est, néanmoins, l’illustration même de l’infiltration des plus hautes sphères du pouvoir français par les services des renseignements marocains.

En effet, des sources informées ont révélé à Algeriepatriotique que le déjà ex-chargé de mission auprès du chef de cabinet du président Macron est, en réalité, un agent de la DGED marocaine. Alexandre Benalla a gravi les échelons doucement mais sûrement depuis qu’il fut introduit dans les rouages du Parti socialiste par l’ancienne ministre de l’Education, Najet Vallaud Belkacem, elle-même inféodée à Rabat, aux côtés de Rachida Dati, Myriam Al-Khomri, Audrey Azoulay et bien d’autres.

L’affaire Alexandre Benalla met à nu la stratégie du Makhzen en France et révèle les dessous de l’acharnement des dirigeants français de toutes obédiences – PS, Les Républicains, La République en Marche – à soutenir la monarchie alaouite et à couvrir les frasques et les dépassements de Mohammed VI. C’est que le régime monarchique de Rabat a de tout temps eu un pied dans les plus hautes sphères du pouvoir en France et, depuis quelque temps, au sein de l’Union européenne où il compte de nombreux lobbyistes rémunérés avec l’argent du peuple marocain détourné par la famille régnante prédatrice protégée par Paris.

Les frasques du voyou bombardé «chargé de mission» à l’Elysée mettent Emmanuel Macron dans la gêne. Mais le battage médiatique autour de ce personnage sorti de l’ombre par on ne sait qui, ni pour quel dessein, est sciemment focalisé sur ses exactions et ses excès, mais aucun média français n’a cherché à connaître le secret qui se cache derrière son ascension fulgurante depuis François Hollande jusqu’à Emmanuel Macron qui l’a définitivement pris sous sa protection avant qu’éclate ce scandale.

La France est infestée d’agents secrets marocains qui ont accédé aux fonctions les plus sensibles, jusqu’à avoir accès aux secrets les mieux gardés. Et l’affaire Alexandre Benalla n’est que la partie visible de l’iceberg.

K. B.

 

 

Alexandre Benalla, Centre, à côté de Emmanuel Macron à Paris pendant la campagne présidentielle Français l’an dernier. Les médias Français ont publié un flot continu de séquences montrant M. Benalla avec M. Macron.CreditChristophe Ena/Associated Press

Par Aurélien Breeden

20 juillet 2018

 

PARIS — Après une journée d’intenses pressions, le Bureau du Président Emmanuel Macron de France, a déclaré vendredi qu’il tirait l’aide identifié cette semaine dans une vidéo qui montre lui frapper un manifestant lors d’une manifestation en mai. Mais l’annonce a peu fait pour annuler un barrage de critiques visant M. Macron.

 

L’aide, Alexandre Benalla, 26, a été identifié mercredi par le journal Le Monde dans une vidéo mai 1 qui montre lui porter un casque de police qu’il attrape, traîne et frappe un homme lors d’une manifestation de la main de œuvre.

 

La décision de M. Benalla, qui est en cause dans le cadre d’une enquête sur l’affaire, le feu est venu après fonctionnaires initialement suspendu sans solde pendant 15 jours et lui retira son rôle d’organisation de la sécurité pour les voyages présidentiels, une punition qui les critiques a dit a été trop laxiste.

 

  1. Macron n’a pas encore d’examiner l’affaire directement, mais les opposants politiques ont saisi sur elle de dépeindre le Président comme un souverain hautain qui bafoue la Loi.

 

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« C’est la première grosse tempête que traverse son équipe, » a déclaré Jérôme Fourquet, un sondeur et analyste politique à l’IFOP.

 

Réponse de tâtonner de la présidence a fourni des munitions pour les critiques de M. Macron.

 

« Le 1er mai, c’était un entrefilet mineures, » dit Olivier Faure, le chef de l’opposition du parti socialiste. « Depuis le 2 mai, c’est une question d’État, parce que les autorités savaient, couvrirent et ont menti depuis. »

 

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  1. Benalla était un collaborateur sous-chef d’état-major de M. Macron qui avait été chargé de la sécurité pendant la campagne présidentielle de 2017. M. Benalla a été sanctionné par ses supérieurs après l’épisode 1 de mai et avait été averti qu’un nouveau faux-pas conduirait à son congédiement, mais il continua à travailler pour la présidence jusqu’à ce que les révélations de cette semaine.

 

L’Élysée, le palais présidentiel de la France, a déclaré dans un communiqué vendredi que la présidence avait appris « faits nouveaux » qui justifient la décision de « ouverture de la procédure de mise à feu » contre M. Benalla, notamment qu’il était illégalement en possession de matériel de Siège de la police qu’il avait obtenue « afin de prouver son innocence ». L’Élysée ne spécifiait pas le matériel.

 

Mais dans des déclarations vendredi, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb et la préfecture de police de Paris a confirmé nouvelles rapporte que trois policiers travaillant au siège Paris avaient été suspendus au-dessus des soupçons qu’ils étaient passés illégalement sur la caméra de sécurité images de l’épisode 1 mai à M. Benalla mercredi soir, quand Le Monde a battu l’histoire à son sujet.

 

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Vendredi, le parquet de Paris a annoncé que M. Benalla avaient été prise en garde à vue pour interrogatoire, sur possibles accusations d’agression par un agent public, illégale d’emprunt d’identité d’un agent de police et de détournement des images de caméras de sécurité.

 

Un deuxième homme, Vincent Crase, un gendarme réserviste, qui avait également travaillé sur la sécurité pour l’Élysée et pour le parti de M. Macron, et qui a été sanctionnée pour des infractions semblables le 1er mai, a été également placé en détention pour interrogatoire, le Bureau du Procureur a déclaré.

 

Aucune de ces actions ne semblait calmer la tempête rythme envoûtant M. Macron.

 

Certains opposants, les rapports de presse citant que M. Collomb avait été au courant des actions de M. Benalla, dès le 2 mai, ont demandé que le ministre de l’intérieur à démissionner. L’Assemblée nationale, chambre basse de la France du Parlement, a formé une Commission d’enquête spéciale, et le travail législatif au sol à l’arrêt en tant que représentants pressé les membres du gouvernement de M. Macron sur l’affaire, demandant que le premier ministre, Édouard Philippe, adresse la question.

 

Christian Jacob, qui dirige les républicains de droite à l’Assemblée nationale, a déclaré vendredi que l’épisode a montré le Président était « s’entourant une bande de sbires » au lieu de compter exclusivement sur les détails de sécurité officielle au Parlement.

 

Depuis les révélations du Monde, reportages ont détaillé des autres instances dans lesquelles M. Benalla était agressive, dans un cas saisissant un journaliste de la télévision et l’arrachant à son badge d’accréditation pendant la campagne.

 

Suivez Aurélien Breeden sur Twitter @aurelienbrd.

source:

Image
Alexandre Benalla, center, next to Emmanuel Macron in Paris during the French presidential campaign last year. French news outlets have published a steady stream of footage showing Mr. Benalla with Mr. Macron.CreditChristophe Ena/Associated Press

PARIS — After a day of intense pressure, the office of President Emmanuel Macron of France said on Friday that it was firing the aide identified this week in a video that shows him hitting a protester during a demonstration in May. But the announcement did little to quash a barrage of criticism directed at Mr. Macron.

The aide, Alexandre Benalla, 26, was identified on Wednesday by the newspaper Le Monde in a May 1 video that shows him wearing a police helmet as he grabs, drags and hits a man during a labor protest.

The decision to fire Mr. Benalla, who is being questioned as part of an investigation into the matter, came after officials initially suspended him without pay for 15 days and stripped him of his role organizing security for presidential trips, a punishment that critics said was too lenient.

Mr. Macron has yet to address the case directly, but political opponents have seized upon it to portray the president as a haughty ruler who flouts the law.

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The presidency’s fumbling response has provided ammunition for Mr. Macron’s critics.

“On May 1, it was a minor news item,” said Olivier Faure, the head of the opposition Socialist party. “Since May 2, it is a state matter, because the authorities knew, covered up, and have been lying since.”

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Mr. Benalla was an aide to Mr. Macron’s deputy chief of staff who had been in charge of security during the president’s 2017 campaign. Mr. Benalla was disciplined by his superiors after the May 1 episode, and had been warned that a new misstep would lead to his firing, but he continued to work for the presidency until the revelations this week.

The Élysée, France’s presidential palace, said in a statement on Friday that the presidency had learned of “new facts” that justified the decision to “initiate firing proceedings” against Mr. Benalla, notably that he was illegally in possession of material from Police Headquarters that he had procured “in order to prove his innocence.” The Élysée did not specify the material.

But in statements on Friday, Interior Minister Gérard Collomb and the Paris police prefecture confirmed news reports that three police officers working at the Paris headquarters had been suspended over suspicions that they had illegally passed on security camera footage of the May 1 episode to Mr. Benalla on Wednesday evening, when Le Monde broke the story about him.

 

Une jeune femme, âgée de 24 ans, a comparu devant le Tribunal Correctionnel de Nantes (44) pour des maltraitances commises sur son bébé.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 24 au 25 mai 2017 à Nantes, en Loire-Atlantique.

La mère de famille a immergé son enfant, âgé de 16 mois, dans une baignoire remplie d’eau bouillante.

Grièvement brûlée, la victime a été transportée dans un état très critique à l’hôpital.

L’enfant, placé tout d’abord sous assistance respiratoire, a fini par s’en sortir.

La prévenue a donné plusieurs versions des faits. Élevant seule ses trois enfants, elle a rejeté la faute sur un jeune homme présent à son domicile cette nuit-là.

Elle a été condamnée cette semaine à cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Elle s’est vue également retirer son autorité parentale et devra indemniser ses trois enfants et leur père qui s’est constitué partie civile.

 

Illustration. L’homme suspecté d’agressions sexuelles et de viols sur de jeunes enfants a été déféré ce vendredi matin au palais de justice de Versailles. LP/OLIVIER BOITET.

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Ce facteur de 26 ans a été arrêté mercredi à Gargenville. Décrit comme « dangereux », il est suspecté d’avoir agressé sexuellement plusieurs jeunes garçons dans toute la France.

Une source proche du dossier le qualifie comme « un routard du sexe », qui a fait des victimes dans toute la France. Les enquêteurs du commissariat de Mantes-la-Jolie (Yvelines) ont arrêté, ce mercredi, à Gargenville, un homme de 26 ans suspecté d’avoir violé plusieurs enfants. Il a été déféré ce vendredi matin au tribunal de Versailles.

Pour l’instant, cinq victimes âgées de 8 ans à 14 ans, uniquement des jeunes garçons, ont été recensées dans le Nord et dans le sud de la France, mais il y en aurait sans doute beaucoup plus. Lors de sa garde à vue, Fabien S. a admis être « excité par les jeunes enfants » et s’est défini lui-même comme un « chasseur, un prédateur ».

Lors de la perquisition menée au domicile de son compagnon, où il vivait depuis quelques mois, les fonctionnaires ont mis la main sur 400 vidéos pédopornographiques mettant en scène des viols sur des enfants âgés de 2 ans à 10 ans, soit un volume de 65 gigas de viols et d’agressions sexuelles.

Facteur à Andrésy (Yvelines), le jeune homme avait mis au point plusieurs modes opératoires pour assouvir ses pulsions. L’été, il écumait les campings du sud de la France pour repérer les garçons laissés seuls. En 2010, à 18 ans, il a ainsi pratiqué une fellation sur un garçon de 8 ans dans un camping de Fréjus (Var) en profitant de l’absence des parents du garçon. « Il lui est également arrivé d’organiser des vacances au camping, avec un complice, dans l’unique but de violer », rapporte un proche du dossier.

Il a remercié les policiers de l’avoir arrêté

Ce pédophile présumé rôdait également sur les forums de discussion du Web comme coco.fr. Il entrait en discussion avec des ados ou des enfants et jetait son dévolu sur les plus fragiles. Après discussion, il se rendait au domicile de ses victimes ou louait des chambres d’hôtel.

C’est ainsi qu’il « entretenait » une relation avec un jeune de 13 ans au Havre (Seine-Maritime) qu’il avait rencontré virtuellement sur le forum de discussion du jeu à succès Fortnite, sur PlayStation.

Enfin, il n’hésitait pas à cibler ses victimes dans son entourage proche. Il avait notamment essayé de convaincre un copain du fils de son compagnon d’aller à la piscine avec lui. L’enfant s’était méfié et avait refusé.

L’expertise psychiatrique a mis en évidence une « dangerosité criminologique très importante » chez cet individu inconnu, jusque-là, des services de police. Lors de son audition, il a lui-même remercié les enquêteurs de l’avoir arrêté

Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police, reconnaît les responsabilités de la police, mais souligne toutefois celles de l’exécutif

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Propos recueillis par Julia Pascual

Jean-Paul Megret est secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP). Il considère que les responsabilités de la police dans l’affaire Benalla ne doivent pas occulter celles de l’Elysée.

 Nos révélations :   « Le Monde » identifie, sur une vidéo, un collaborateur de Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris

Depuis la révélation de l’affaire Benalla, trois cadres de la préfecture de police ont été suspendus à titre conservatoire. Quel est votre sentiment face à cela ?

Jean-Paul Megret : Nous avons le sentiment que d’une affaire Benalla, on est en train de faire une affaire de police. Comme si l’on cherchait des boucs émissaires. C’est M. Benalla qui s’amuse à agresser des gens sous la protection d’un casque et d’un brassard de police qu’il n’a pas lieu d’avoir et nous en serions responsables ? On nous l’a mis dans les pattes, on nous a demandé de le prendre dans des manifestations. Dans une structure hiérarchisée comme la police, compte tenu de son titre d’adjoint au chef de cabinet de l’Elysée, tout le monde a cru qu’il devait lui obéir. Or, ce n’est pas un professionnel. C’est un amateur qui s’amuse à faire la police et, pour lui, la police, c’est vraisemblablement des gens qui tapent sur d’autres gens. Ce n’est pas ça la police. Il a ruiné notre image et c’est assez insupportable.

Des cadres de la préfecture de police auraient transmis des images de vidéosurveillance à M. Benalla. Ne doivent-ils pas aussi assumer leurs responsabilités ?

Des policiers ont certainement commis des fautes et, en tout cas, l’enquête le dira. Je remarque néanmoins qu’ils étaient suspendus alors que M. Benalla n’était toujours pas licencié. Leur plus grande faute a été d’obéir aveuglément à quelqu’un qu’ils ont pris pour un représentant de l’Elysée. Ils l’ont perçu, à tort, comme une autorité légitime. Il ne faudrait pas que l’on se focalise sur ces trois policiers en oubliant que le cœur du sujet, c’est qu’un individu déguisé en policier s’est amusé à agresser des manifestants. Des responsabilités doivent être assumées. Mais nous ne sommes pas en tête de liste.

Comprendre pourquoI   trois responsables policiers ont été suspendus

A qui faites-vous allusion ?

L’Elysée a allumé un contre-feu pour essayer d’atténuer sa responsabilité d’avoir embauché cet homme et de l’avoir envoyé gérer des manifestations. Mais c’est bien l’Elysée qui emploie M. Benalla. Or, normalement, ce sont des professionnels qui assurent les prestations de sécurité à l’Elysée, qui font l’objet de sélections et de formations particulières, ce ne sont pas des barbouzes. On a le sentiment que le plus haut niveau de l’Etat considère avec méfiance les policiers et les gendarmes et n’a confiance qu’en des gens du premier cercle à qui il préfère accorder un port d’arme et une voiture équipée comme une voiture de police.

Il y a quelques mois, on nous a prévenus que le GSPR [le groupe de sécurité du président de la République] allait quitter le giron de la police nationale pour devenir une entité à part, sous l’autorité unique de l’Elysée, et qui pourrait recruter en dehors de la police et de la gendarmerie. Cette logique est dangereuse. Et on l’a vu. On est peut-être les représentants de l’ancien monde mais on pense que pour faire de la sécurité, il faut rester dans un cadre.

Comment M. Benalla était-il connu dans la maison police ?

Il était connu depuis la campagne électorale. A de multiples reprises, lors de services d’ordre ou de voyages officiels, il a créé des incidents, en exigeant que tout le monde se mette à son service. Plusieurs fois, on est passé tout près d’affrontements physiques avec des fonctionnaires. Il considérait qu’il avait portes ouvertes partout.

Pensez-vous que certains ont été séduits ou impressionnés par sa personne, au point de lui accorder des passe-droits ?

Ce n’est pas lui qui a obtenu ces passe-droits, c’est l’Elysée. Et quand l’Elysée demande, on exécute. Ce qui a pu impressionner ou séduire, c’est son positionnement hiérarchique, sa qualité d’adjoint au chef de cabinet du président de la République. C’est ça qui fait toute la différence. Tout s’est joué sur l’apparence. Et c’est là où j’en veux à ceux qui ont permis de créer cette apparence.

Quel a été le rôle du ministère de l’intérieur et de l’Elysée dans la gestion de cette affaire ?

Dans l’institution policière, nous connaissons tous l’article 40 [du code de procédure pénale, qui prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République »]. En l’espèce, des gens ont considéré que quinze jours de mise à pied suffisaient. Si on compare cette sanction à la suspension et la décision de non-titularisation du policier stagiaire qui a commis des violences au dépôt contre un détenu [les faits ont été révélés par une vidéo mise en ligne le 12 juillet], on a le sentiment qu’il y a deux poids, deux mesures.