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Betsy DeVos a été confirmée grâce au vote du vice-président Mike Pence.

LE MONDE | 08.02.2017 à 06h40 • Mis à jour le 09.02.2017 à 08h05 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)

 

Sous le regard de son époux, Betsy DeVos (à g.) prête serment devant le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence (à d.) comme secrétaire à l’éducation, le 7 février.

Sous le regard de son époux, Betsy DeVos (à g.) prête serment devant le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence (à d.) comme secrétaire à l’éducation, le 7 février. JONATHAN ERNST / REUTERS

Le Sénat des Etats-Unis a confirmé, mardi 7 février, la milliardaire controversée, Betsy DeVos, comme secrétaire (ministre) à l’éducation, mais par le plus étriqué des résultats. Il a fallu que le vice-président Mike Pence, par ailleurs président de la Haute Assemblée, prenne part au vote, une première historique, pour que la nominée puisse obtenir la voix de majorité qui lui manquait compte tenu de défections républicaines.

Un résultat peu flatteur pour cette héritière mariée à un milliardaire et dont le frère, Erik Prince, avait fondé, il y a vingt ans, la très lucrative société de sécurité Blackwater qui s’était illustrée par des bavures en Irak. Pendant des années, Betsy DeVos s’est pourtant investie dans l’éducation, en militant pour l’enseignement privé, autant qu’elle a investi dans le Parti républicain. Selon les observatoires chargés du financement politique, son couple aurait versé un total de 47,5 millions de dollars (44,5 millions d’euros) au « Grand Old Party » (GOP) de 2000 à 2015.

Des armes afin de protéger les élèves des oursAu cours de son audition au Sénat, elle avait jugé « possible » que sa famille tout entière ait versé à ce jour un total de 200 millions de dollars au Parti républicain. Ses largesses ont profité à nombre d’élus qui ont voté pour elle mardi. Mais elles n’ont cependant pas convaincu deux républicaines, Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska), attachées à l’enseignement public, ce qui a contraint M. Pence à intervenir pour éviter l’humiliation.

Mme DeVos s’était mise elle-même en difficulté en montrant, au cours de ses auditions par les sénateurs, qu’elle était loin de maîtriser son sujet. Elle s’était attiré en outre les sarcasmes pour avoir plaidé en faveur de l’introduction des armes à feu dans une école isolée du Wyoming afin de protéger les élèves des ours, alors que la loi de cet Etat l’interdit. Au sein d’une administration très idéologique, Mme DeVos entend militer pour le développement des établissements privés financés par des fonds publics, et pour des chèques éducation afin de favoriser « le choix ». Les premiers touchés devraient être les établissements publics qui sont sous son autorité.

La milliardaire n’est pas la seule engagée dans un combat frontal contre le département dont elle a désormais la charge. Deux autres personnes choisies par le président Trump ont campé par le passé sur une ligne tout aussi intransigeante :…
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/08/la-nouvelle-administration-republicaine-tarde-a-se-composer_5076245_3222.html#PLGIM7A4CAEh1MEQ.99

Avec un air de déjà-vu, le président Trump a fustigé la presse durant son meeting, tout en promettant de renforcer les frontières et de relancer l’emploi.

Le Monde.fr avec AFP

 

A Melbourne, Donald Trump était dans sa « seconde maison », « un Etat où nous avons vécu de belles victoires ensemble ».

A Melbourne, Donald Trump était dans sa « seconde maison », « un Etat où nous avons vécu de belles victoires ensemble ». JOE RAEDLE / AFP

Après avoir débarqué du Air Force One sur la chanson Proud to be an American de Lee Greenwood’s, Donald Trump a ravi samedi 18 février des milliers des supporteurs lors d’un grand rassemblement en Floride, aux airs de campagne électorale, assurant que sa présidence se déroulait « sans heurt ».

Sur ce terrain des meetings qu’il affectionne tant, le président, très à l’aise, portant une veste sur une chemise blanche, col ouvert, a d’abord laissé son épouse Melania dire le « Notre Père », la plus connue des prières chrétiennes. Il l’a embrassée, avant d’appeler sur scène l’un de ses fans pour l’enlacer et lui laisser dire « Monsieur le président, merci Monsieur ! »

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Fidèle à lui-même, le milliardaire au programme populiste, nationaliste et protectionniste, a donné un discours au ton combatif, voire très agressif, devant des milliers de personnes réunies dans un hangar à l’aéroport de Melbourne, en Floride. Loin de Washington, dans l’avion, Donald Trump avait lâché à la presse que « la vie est une campagne » politique.

« La Maison Blanche fonctionne tellement sans accroc, sans heurt. Croyez-moi, j’ai hérité d’un grand bazar », a lancé le successeur de Barack Obama, en écho à un tweet, sous les cris et les applaudissements de ses partisans.

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

Don’t believe the main stream (fake news) media.The White House is running VERY WELL. I inherited a MESS and am in the process of fixing it.

La Maison Blanche du 45e président des Etats-Unis est secouée depuis un mois par une série de revers politiques, comme la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, par de vives tensions avec les médias et par des fuites à répétition.

Des promesses de campagne devenues présidentielles

Dans un discours au ton et au contenu identiques à ses meetings de campagne en 2016, le président des Etats-Unis s’en est pris une nouvelle fois aux médias généralistes « malhonnêtes » qu’il accuse de propager des « mensonges », des « fausses informations ». Il a notamment cité Thomas Jefferson, le troisième président des Etats-Unis : « On ne peut plus croire ce que l’on voit dans les journaux ».

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« Nous sommes un peuple libre et indépendant, nous ferons nos propres choix. Nous sommes ici aujourd’hui pour dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité », a lancé le tribun, qui a martelé son slogan de campagne « Rendre sa grandeur à l’Amérique » et qui a encore promis de sécuriser les frontières des Etats-Unis, notamment grâce à la construction d’un mur avec le Mexique et en luttant contre « le terrorisme islamique radical ».

Passant en revue ses « premiers succès » dont ceux avec l’industrie automobile, il a promis de continuer à relancer l’emploi et de proposer une réforme du système de santé dans les semaines à venir. « Nous allons abroger et remplacer l’Obamcare », a-t-il lancé, sous les applaudissements de ses supporteurs.

 

Donald Trump a invité un de ses fans sur scène.

Donald Trump a invité un de ses fans sur scène. JOE RAEDLE / AFP

Ces derniers étaient au rendez-vous : « J’aime notre président, il nous défend, nous le peuple », s’est exclamé Gene Huber, un vendeur de voitures de West Palm Beach, venu dans les premiers faire la queue à 4 heures du matin pour ne pas rater Donald Trump.

C’est dans cet Etat très peuplé du Sud-Est des Etats-Unis, qu’il a remporté le 8 novembre, que Donald Trump passe ce week-end prolongé, dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago qu’il a surnommée « la Maison Blanche du Sud ».
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Le vice-président américain rassure ses alliés européens

Michael Pence et Angela Merkel, ce samedi à Munich.
Michael Pence et Angela Merkel, ce samedi à Munich. Crédits photo : CHRISTOF STACHE/AFP

VIDÉO – Michael Pence a assuré samedi que son pays restait «le plus grand allié» de l’Europe, un engagement «total» destiné à rassurer des Européens désorientés par le nouveau locataire de la Maison-Blanche.

De notre envoyée spéciale à Munich

Le message était convenu, attendu et préparé depuis plusieurs jours. Le vice-président américain Michael Pence a de nouveau tenté de rassurer les alliés européens sur l’engagement des Etats-Unis au sein de l’OTAN à la Conférence sur la sécurité de Munich. Il est venu de Washington avec un message, martelé avec conviction: «Les Etats-Unis soutiennent totalement l’OTAN». Depuis le début du siècle, a-t-il rappelé, les Américains se sont «sacrifiés» à plusieurs reprises pour que vivent les valeurs européennes, celles de la démocratie et de la liberté. «Personne ne peut douter de l’engagement américain en Europe… Au vu de tout ce que nous avons traversé ensemble, nous avons un futur commun… Les Etats-Unis ont toujours été, sont et resteront votre plus grand allié» a assuré Michael Pence.

Le discours, la veille, du ministre de la Défense James Mattis avait la même tonalité. «La sécurité américaine est liée à celle de l’Europe» et «l’OTAN sert à défendre nos valeurs communes» avait affirmé le chef du Pentagone devant une assemblée fébrile.

C’est exactement ce que les Européens voulaient entendre. Les commentaires de Donald Trump sur l’Alliance atlantique, qu’il considère comme une organisation «obsolète», à laquelle il préfère une alliance avec la Russie de Vladimir Poutine, ont provoqué panique et inquiétude dans les capitales du vieux continent. Les pays de l’Union sont désorientés par les contradictions de la politique étrangère américaine. Ils ne savent plus sur quel pied danser depuis que Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche.

» Une journée de Trump: «médias ennemis», Dieu et Floride

Mais les responsables américains ont aussi rappelé à leurs alliés européens qu’ils devaient partager le fardeau de la défense collective et dépenser plus pour respecter l’article 3 de l’Alliance, celui qui oblige normalement les pays membres à consacrer au moins 2% de leur budget à leur défense. «Depuis longtemps, cette promesse n’est pas tenue et cela érode les fondements de notre alliance. Le temps est venu de faire plus» a prévenu Michael Pence. Le vice-président américain a aussi exhorté l’Alliance à s’adapter aux nouvelles menaces, comme la cybersécurité. Bref, de davantage coller aux exigences d’un monde qui n’a «jamais été aussi dangereux».

Mais les mots risquent d’être insuffisants pour rassurer pleinement les alliés européens des Etats-Unis. Et pas seulement parce que les divisions au sein de l’Union sur la perception des menaces et la crise économique qui affecte la plupart des pays du continent ne jouent pas toujours en faveur d’une augmentation des budgets de la défense.

Le déplacement du vice-président et du ministre de la Défense intervient dans un contexte troublé, juste après la démission de Michael Flynn , le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Depuis la prise de fonction du nouveau président américain, ses conseillers font tout pour tenter d’arrondir les angles, de réparer les dégâts provoqués par ses tweets, de déminer un terrain diplomatique devenant chaque jour plus dangereux. Mais les Européens ne savent toujours pas comment la politique américaine de la nouvelle administration va affecter la diplomatie internationale et l’avenir des institutions communes comme l’Alliance atlantique. Le sénateur républicain John Mc Cain a reconnu vendredi que l’équipe de Trump était en plein «désarroi». «Le gouvernement n’est pas encore stable» a-t-il dit, ajoutant qu’il fallait s’attacher aux «actes» du président et non à ses «propos». Pas de quoi réassurer les alliés européens.

» John McCain, le vieux sage du Sénat qui veut tempérer Trump