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Archive for the ‘Sommet du G20’ Category

Le G20 sert-il encore à quelque chose ?
 
 
 
 
 
 
 par

Benjamin Masse-Stamberger (L’Express)

A quoi  a servi le G20 de Séoul ? Et à quoi serviront les suivants ? C’est la question que tout le monde se pose à l’issue d’un rendez-vous qui, comme celui de Toronto, ne restera pas dans les mémoires. D’un côté, les promesses faites à Londres et Washington en matière de régulation financière (paradis fiscaux, bonus…) sont en partie restées lettre morte, faute d’avoir donné lieu à un suivi, qui aurait pu être confié à un organisme international, comme le FMI par exemple. Au lieu de cela, on a décidé d’ouvrir de nouveaux fronts, sur les établissements dits « systémiques » par exemple  : à Séoul, les vingt ont décidé d’établir une liste de ces établissements… en juin 2011 ! Mais qui sera là, alors, pour vérifier que cette promesse est bien tenue ?

Source : Reuters

Surtout le G20 a décidé de s’attaquer à un très gros morceau, à savoir les causes profondes de la crise : déséquilibres commerciaux, et surtout monétaires. En la matière, on était partis sur de très mauvaises bases avec la décision américaine, quelques jours plus tôt, de déverser 600 milliards de dollars sur l’économie. Quitte à créer de nouvelles bulles, et à risquer de déstabiliser les partenaires des Etats-Unis. Dans cette ambiance, personne ne pouvait guère attendre de réelles avancées.Et d’avancées, il n’y en eut d’ailleurs guère.

Nicolas Sarkozy lui-même a fait le service minimum, se permettant même de sécher le dîner de clôture. Sarkozy mise tout sur la présidence française, qui culminera avec le G20 de Cannes, en novembre 2011. Un pari osé, tant les positions sont apparues figées à Séoul. Il faudra, entre autres, convaincre les chinois de renoncer à manipuler le yuan, et surtout de rééquilibrer un développement trop fondé sur les exportations (ce qu’ils ont commencé à faire). Surtout, il faudra convaincre les américains d’arrêter de recourir aux politiques monétaires et budgétaires pour financer l’hyperconsommation et à la croissance à crédit. Autant dire de renoncer à un modèle économique qui est aussi, d’une certaine manière, un modèle de société. Contesté sur la scène nationale, le président français pourra-t-il y parvenir seul, en l’espace de moins d’un an ? Sauf catastrophe d’ici là – ce que personne ne peut souhaiter – il est permis de douter qu’une telle évolution soit possible en aussi peu de temps. Mais qui ne tente rien…

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Sarkozy hérite d’un G20 difficile

Par Charles Jaigu  (Le Figaro)

«Il y aura beaucoup d'obstacles, je mesure l'immensité du chemin», a dit plusieurs fois le chef de l'Etat vendredi à Séoul.
«Il y aura beaucoup d’obstacles, je mesure l’immensité du chemin», a dit plusieurs fois le chef de l’Etat vendredi à Séoul. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/REUTERS

Très prudent vendredi à Séoul, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la recherche inlassable du consensus.

Opération modestie. A la lumière d’un sommet du G20 sous tension, qui n’a pas éteint la «guerre des monnaies», Nicolas Sarkozy a décidé de placer sa présidence française du G20 sous le signe de l’humilité et de la prudence. «Le G20 des temps de crise a accompli un travail considérable, le G20 d’après crise doit apporter des réformes structurelles», a commencé Nicolas Sarkozy, «mais ce sont des chantiers colossaux que nous ne pouvons pas résoudre en un an, bien entendu». «Le G20 reste très nécessaire, mais ce sera très difficile», confiait, en marge du sommet, le sherpa de l’Elysée chargé de l’économie, Xavier Musca. «Il y aura beaucoup d’obstacles, je mesure l’immensité du chemin», a dit plusieurs fois le chef de l’Etat.

Face aux désaccords très lourds entre la Chine et les Etats-Unis sur la place que doivent avoir leurs monnaies respectives dans les systèmes monétaires flottant, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la recherche inlassable du consensus. «Deux stratégies sont possibles : se faire des reproches les uns aux autres, les pays excédentaires aux pays déficitaires, ou se parler pour chercher un consensus», a commenté le chef de l’Etat. «Sur quels critères serez-vous jugés ?», lui a-t-on demandé. «Sur votre bienveillance», a répondu Nicolas Sarkozy, «car il n’y a pas une seule personne censée qui peut imaginer qu’on aura résolu tous les problèmes du système monétaire international dans un an». «Je ne pense pas que techniquement, nous ayons les réponses à ces sujets. Le monde a toujours été dominé par une seule monnaie», a même concédé le président français, multipliant les clauses de prudence.

Quel rôle alors, pour la présidence française ? «Ce sera plus difficile que la présidence européenne. Les différences de cultures et d’intérêts sont exponentielles», a continué Nicolas Sarkozy, décidément précautionneux. «Ce n’est pas nous qui pouvons dicter à la Chine ou aux Etats-Unis ce qu’il faut faire», a-t-il dit en se présentant plutôt comme un facilitateur que comme un «accoucheur» des décisions de telle ou telle grande puissance – «Je n’ai pas une vocation d’obstétricien», a-t-il ironisé.

Il a aussi levé un voile sur son calendrier, et sa méthode. «Nous voulons le faire avec le sens du collectif», a-t-il expliqué, en évoquant ses rendez-vous internationaux. Il verra bientôt le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn à l’Elysée, avec qui «nous travaillons main dans la main», a commenté Nicolas Sarkozy. Il a aussi annoncé d’autres déplacements en vue de préparer le «road show» d’une présidence qui sera pour la première fois annuelle et non pas bi-annuelle. Nicolas Sarkozy ira en Inde et aux Etats-Unis en décembre, en Afrique du Sud et à Adis Adeba, pour le sommet de l’Union Africaine, en janvier. Le président a annoncé, au passage, qu’il donnerait la troisième conférence de presse de l’Elysée, au mois de janvier, pour lancer la présidence de ce G20 qui se déroulera à Cannes, en novembre 2011.

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G20 : compromis a minima sur les monnaies

Par Alexandrine Bouilhet  (Le Figaro)

Barack Obama et le président chinois Hu Jintao à Séoul.
Barack Obama et le président chinois Hu Jintao à Séoul. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/AP

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis ont empêché tout accord contraignant sur les devises. Le dossier des déséquilibres du commerce international restera à traiter par la présidence française du G20.

De notre envoyée spéciale à Séoul, Alexandrine Bouilhet

Après douze heures d’âpres négociations, le G20 de Séoul a accouché d’un compromis a minima sur les monnaies, reflet des tensions très fortes entre Américains et Chinois sur le yuan et le dollar. Le G20 appelle à «renforcer la flexibilité des taux de change», afin qu’ils «respectent mieux les fondamentaux économiques». Rien ne forcera donc Pékin à apprécier plus franchement sa monnaie, sous évaluée de 40% face au dollar, d’après certains experts.

Les principaux points de l’accord final à lire ici

Les chefs d’Etats et de gouvernements promettent, en revanche, de «s’abstenir de procéder à des dévaluations compétitives». Il s’agit là d’une pierre lancée dans le jardin des Etats-Unis, accusés par les Européens et les pays émergents de déprécier le dollar pour relancer leur économie. Sur ce sujet très sensible pour les Etats-Unis, le sommet du G20 ne va pas plus loin que les ministres des Finances qui avaient décrété une trêve sur la guerre des changes le mois dernier à Séoul.

«Atténuer le risque de volatilité»

 

Omniprésente à Séoul, la question du dollar, monnaie de réserve aux privilèges jugés parfois excessifs, est abordée tout en douceur. «Les pays développés», assure le G20, «y compris ceux qui ont des monnaies de réserve» -ndlr: c’est-à-dire les Etats-Unis-, seront vigilants à l’égard de «l’excès de volatilité» des taux de change. «Cela permettra d’atténuer le risque de volatilité excessive induit par les afflux de capitaux dans certains pays émergents » affirme le communiqué final.

Chers aux Américains, l’appel du G20 à résorber les «déséquilibres excessifs des balances courantes», reste très évasif. C’est un chantier pour la présidence française du G20 qui devra définir, au premier semestre 2011, avec l’aide du FMI, des «indicateurs» permettant de juger si un excédent ou un déficit courant est excessif ou non. «Cela ne sera pas facile, croyez-moi!» a concédé Nicolas Sarkozy. Refusant de réduire son excédent courant pour plaire au pays déficitaires du G20, l’Allemagne est déjà en embuscade sur ce dossier.

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TAUX DE CHANGE

G20 – Obama appelle Pékin à laisser le marché fixer le cours du yuan

Source AFP (Le Point)

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Le président américain Barack Obama a déclaré vendredi qu’il espérait que la Chine allait bientôt faire des progrès pour que le cours de sa monnaie « sous-évaluée » soit davantage déterminé par le marché. Le yuan « est sous-évalué » et la Chine dépense d’énormes sommes d’argent pour intervenir sur le marché afin de le maintenir sous-évalué, a déclaré Barack Obama à l’issue d’un sommet du G20 à Séoul dominé par la question des déséquilibres de l’économie mondiale. « Il est important que la Chine effectue une transition graduelle vers un système déterminé par le marché » du taux de change de sa monnaie, a encore déclaré le président américain.

Certains parlementaires américains jugent le yuan sous-évalué de 20 % à 40 %, alors que le déficit commercial américain est majoritairement dû au déséquilibre de la balance américaine avec la Chine. La Chine maintient un strict contrôle sur le cours du yuan et détient les plus importantes réserves de change de la planète, qui s’élevaient fin septembre à 2.648 milliards de dollars, soit plus de six mois de son Produit intérieur brut

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Et si la guerre des monnaies avait lieu…

Déminage. Comment éviter le pire sur les marchés des changes ? Sarkozy est à l’épreuve au G20.

Par Patrick Bonazza (Le Point)

Et si la guerre des monnaies avait lieu...

Le président américain Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao lors de l’ouverture du sommet du G20 à Séoul © AP/Sipa

La nouvelle a pris les marchés par surprise. Les Etats-Unis imposent sur toutes les importations (acier, pneus, appareils téléphoniques…) en provenance de Chine une taxe exceptionnelle de 50 % pendant une durée de six mois. Le nouveau Congrès américain, où le clan des protectionnistes s’est renforcé depuis les élections du 4 novembre, veut par ce coup de force relancer l’économie américaine en lui donnant de l’air. Et proteste surtout contre Pékin, qui refuse obstinément de réévaluer sa monnaie, le yuan, pour continuer d’inonder le monde de ses produits. Très peu de temps après l’annonce américaine, la Chine prend une terrible mesure de rétorsion : la Banque centrale fait savoir qu’elle ne prendra plus en pension les obligations du Trésor américain. Ce jour-là, la finance mondiale a basculé dans le vide : l’euro, le yen, le won, le real… ont crevé leurs plafonds, les taux d’intérêt américains se sont envolés, les Bourses ont chaviré…

Simple fiction, bien sûr. Ni les Etats-Unis ni la Chine n’ont intérêt à en arriver à ces extrêmes. Mais qui a dit que nos gouvernants suivaient toujours la voie de la raison ? Ce scénario que tout le monde veut exclure trotte pourtant en ce moment dans la tête des dirigeants du G20, à commencer par celle de Nicolas Sarkozy, qui s’apprête à prendre la présidence du club des puissants de la planète. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si c’est le ministre des Finances d’un pays membre du G20, en l’occurrence le Brésilien Guido Mantega, qui le premier, fin septembre, a parlé de « guerre des monnaies ». Sans être véritablement renvoyé dans ses buts puisque, peu de temps après le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, reprenait l’expression à son compte : « Je prends très au sérieux la menace d’une guerre des monnaies, même larvée. »

Pacte infernal

Vous avez aimé la crise des subprimes ? Vous adorerez celle des monnaies. « C’est un risque de première importance, il ne faut pas se le cacher », reconnaît Michel Cicurel, président du directoire de la Compagnie Edmond de Rothschild. Il se passe en effet des choses préoccupantes sur les marchés des changes. La Réserve fédérale américaine, pour maintenir une poussive activité économique, baisse ses taux d’intérêt jusqu’à « tangenter » le zéro. Et surtout fait tourner à fond la planche à billets en rachetant des bons du Trésor (les experts appellent cela le QE, pour quantitative easing). Cette politique entraîne mécaniquement une baisse du dollar, même si ce n’est pas le but recherché. Du coup, les capitaux se portent vers d’autres monnaies, l’euro et le yen, mais aussi le won coréen, le baht thaïlandais ou… le real brésilien (d’où la sortie de Mantega). Et pendant ce temps la monnaie chinoise ne bouge pas, ou à peine. Le yuan cède même insensiblement du terrain, car il est indexé sur un panier de devises qui fait la part belle au dollar.

Derrière le manège des monnaies se joue une énorme partie. Les Etats-Unis et la Chine sont liés depuis une quinzaine d’années par un pacte infernal. Les Etats-Unis, moteur de l’économie mondiale, importent massivement des produits made in China, creusant des déficits commerciaux gigantesques. Ces déficits, en retour, sont financés par la Chine, qui achète des obligations et des bons du Trésor américain. Aujourd’hui, la Banque centrale de Chine possède le plus épais matelas de devises de la planète (2 650 milliards de dollars). Mais attention, les chiffres mentent. Ce montant ne représente même pas le volume des capitaux échangés sur les marchés des changes en une journée. Ce qui, au passage, prouve qu’aucune banque centrale ne peut par ses interventions contrôler à long terme le cours de sa monnaie. Elle y perdrait trop de munitions. Si la Chine, elle, y parvient, ce n’est pas par ses interventions, mais parce que sa monnaie n’est pas convertible. Là aussi, elle a érigé une muraille, cette fois pour protéger le yuan des assauts de la spéculation internationale. Voilà pourquoi le yuan ne flotte pas tel un bouchon, comme l’euro. Le fait n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui, Pékin, en refusant obstinément de laisser s’apprécier sa monnaie, incommode fortement les Etats-Unis et les Européens. La crise de 2008 est passée par là.

Impasse

Les Etats-Unis et l’Europe cherchent désespérément une issue pour recouvrer la croissance économique, mais ils traînent de sérieux boulets. Les Etats-Unis n’ont toujours pas digéré une crise immobilière sans précédent. L’Europe, encore sous le coup de la crise grecque, est tout occupée, y compris l’Allemagne, à redresser ses finances publiques, ce qui n’est guère propice à la croissance.

Afin de forcer le destin, Etats-Unis et Europe se liguent pour obliger la Chine à réévaluer et donner un ballon d’oxygène à leurs exportations. Et se heurtent à un mur. « Mon pays ne peut accepter une réévaluation de sa monnaie supérieure à 3 % par an », confiait récemment à un banquier parisien un dirigeant de la Bank of China, l’un des plus grands établissements du pays. Avec mission de transmettre le message à l’Elysée, ce qui a été fait. L’ironie de l’histoire, c’est que cette confidence a été recueillie alors même que le yuan se déprécie par rapport à l’ensemble des monnaies. « Nous ne pouvons pas jouer avec notre taux de croissance, explique le banquier chinois,car il nous faut procurer des emplois à un nombre croissant de travailleurs. Or, pour nous, la manière la plus simple de faire de la croissance, c’est d’exporter. Si nous canalisons nos ressources vers la consommation intérieure, nous n’aurons pas la même efficacité. » Voilà donc pourquoi les Chinois ne veulent pas que l’on touche à leur monnaie. Ce qui met tous leurs partenaires sous pression, spécialement en Asie. Comment sortir de cette impasse ? Comment éviter le pire ?

Un G20 à haut risque

A partir du sommet de Séoul, les 11 et 12 novembre, la France prend la présidence du G20 pour un an. Nicolas Sarkozy, dès le 25 août, devant ses ambassadeurs, avait signifié qu’il mettrait en avant « le chantier de la réforme du Système monétaire international ». Pour lui, « l’instabilité des changes fait peser une lourde menace sur la croissance mondiale ». Il s’interroge sur la solidité « d’un Système monétaire international dominé par une seule monnaie ». « En s’emparant de la question, le G20 s’attaque au coeur du sujet, dit un grand banquier français.Si on ne prévient pas les risques dans ce domaine, tout le travail fait depuis la crise de 2008 sur les banques ne servira à rien. Ne parlons même pas des bonus, problème traité pour épater la galerie. » La présidence du G20 ne sera pas une promenade de santé. Trop d’enjeux, trop de malentendus. « En fait, la décision la plus utile, s’amuse le même banquier,serait d’installer un téléphone rouge entre le président américain, Barack Obama, et le Premier ministre chinois, Wen Jiabao. »

En attendant, le président français se lance dans la bataille quelque peu lesté. A court terme, le problème qui se pose à la France n’est pas celui de savoir quelles monnaies s’apprécient ou se déprécient. Il est de sauver son « triple A ». La seule note qui permet d’alléger le coût des emprunts et, mieux encore, qui permet de continuer à s’endetter. Comment faire ? Les Britanniques ont opté pour un ajustement violent de leurs finances publiques (100 milliards d’euros économisés en quatre ans). Les Français, en jouant sur les retraites, ont évité de faire trop de casse dans l’immédiat. Il n’empêche, la réforme, telle qu’elle a été approuvée au Parlement, va permettre de gagner 8 à 10 points de PIB sur la dette du pays d’ici à 2020. Cet effort n’a pas échappé aux agences, qui sans cela se seraient inquiétées de la lenteur de la France à réduire son déficit budgétaire. Pour l’instant, le « triple A » est sauvé. Mais d’autres déficits (notamment celui de la Sécurité sociale) pointent à l’horizon.

Revoir le traité de Lisbonne ?

Autre sujet d’inconfort pour le futur patron du G20, l’euro. La monnaie que le président de la République est censé défendre est en pleine convalescence après la tragédie grecque du début d’année. Le 28 octobre à Bruxelles, Nicolas Sarkozy, avec la complicité de la chancelière Merkel, a suggéré aux Vingt-Sept, qui l’ont acceptée, une révision limitée du traité de Lisbonne pour pérenniser le fonds de soutien de l’euro au-delà de 2013. Dans le même temps, un mécanisme – assoupli – de sanctions sera mis au point pour les pays contrevenant aux disciplines budgétaires. Un assouplissement qui n’a pas été du goût de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui aurait exprimé ses doutes (« j’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation »). Ce qui lui a valu une cinglante réplique du président français en plein Conseil européen. Comme quoi, même entre Européens (et entre Français), la monnaie est une question qui fâche

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DIPLOMATIE

ONU-G20 – D’un « machin » à l’autre

Par Pierre Beylau, rédacteur en chef Monde  (Le Point.fr)

Et si l’ONU cédait sa place au G20 pour la gouvernance mondiale ? © AFP

 

Le G20 a-t-il vocation à s’imposer un jour comme le principal organisme régulateur de la vie internationale ? Pour l’instant, son rôle est essentiellement économique. Mais entre l’économie et la politique, la frontière est poreuse et éminemment floue. La question monétaire, par exemple, est au coeur de la souveraineté des États. Le G20 a l’avantage de donner à certains grands pays émergents (l’Inde, le Brésil ou la Turquie notamment) un statut proportionnel à leur poids.

Le G20 apparaît donc comme beaucoup plus représentatif de la réalité du monde contemporain que l’ONU dont la clé de voûte est le Conseil de sécurité. Les cinq membres permanents de ce conseil (États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine) bénéficient d’une prérogative stratégique : le droit de veto. La composition du Conseil reflète le rapport de forces qui existait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il est en total décalage avec la situation actuelle. Résultat : l’ONU ne remplit plus guère le rôle qui lui est imparti. « Le Conseil hérite des dossiers pourris, surtout africains, et ne traite que des conflits qui ne touchent pas les intérêts fondamentaux des grands pays », avoue un diplomate qui connaît bien la question. Quant à l’assemblée générale de l’ONU, c’est souvent une enceinte qui sert de défouloir et, selon le mot d’un spécialiste, « un musée des années 1970 ». D’où un risque de marginalisation si le G20 élargit ses compétences et devient une sorte de directoire mondial.

Le statu quo convient à tous

Il existe des plans pour moderniser la représentation du Conseil de sécurité. La France soutient un projet visant à donner le statut de membre permanent à l’Inde, au Brésil, au Japon, à l’Allemagne et à un ou deux pays africains. Sur le papier tout est parfait, mais dans la réalité tout se complique. La Chine ne tient pas du tout à voir le Japon et l’Inde siéger dans le saint des saints. L’Italie grince des dents chaque fois que l’on envisage de faire entrer l’Allemagne, et pas elle, au Conseil. Le Mexique ne voit pas pourquoi le Brésil serait au Conseil et pas lui. Quant aux Africains, ils sont incapables de se mettre d’accord sur les deux pays qui représenteraient le continent. Ni la France, ni le Royaume-Uni ne sont prêts à renoncer à leur statut au profit d’un hypothétique siège européen, même si Paris et Londres ont intérêt à faire bouger les choses pour refonder la légitimité du Conseil.

En fait, le statu quo convient à tout le monde même s’il est de bon ton, comme l’a fait Barack Obama à New Delhi, de paraître ouvert. « Ce système est injuste mais il est bon pour les intérêts de la Russie », déclare caustique un diplomate de ce pays. Cet aveu pourrait être fait par chacun des quatre autres membres permanents. C’est pourquoi ce n’est pas demain que le G20, qui n’a aucune règle de fonctionnement claire, se substituera au « machin » jadis brocardé par le général de Gaulle.

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Pour le prochain G20, Sarkozy choisit Cannes et non Nice

Par Michel Colomès (Le Point.fr)

Pour le prochain G20, Sarkozy choisit Cannes et non Nice

Nicolas Sarkozy a choisi Cannes pour organiser la prochaine réunion du G20, en novembre 2011 © LYDIE/SIPA

Après beaucoup d’hésitations, et avant de rejoindre Séoul où il doit prendre la présidence du G20 pour un an, Nicolas Sarkozy a tranché : c’est la ville de Cannes et non celle de Nice qu’il a choisie pour abriter en novembre 2011 la réunion du G20 qui clôturera la présidence française de cet organisme regroupant les pays qui comptent le plus dans le monde, rassemblés dans ce qui cherche à être une sorte de directoire économique.

Si les deux villes de la Côte d’Azur ont une bonne expérience de ce genre de manifestation, qui réunira vingt chefs d’État et leur délégation, Cannes a sur sa rivale plusieurs avantages. D’abord celui de l’unité de lieu, dans un palais des Festivals qui est en train d’être restauré de fond en comble et sera donc tout neuf au moment d’accueillir Obama, Medvedev, Hu Jintao ou Dilma Rousseff, la nouvelle présidente brésilienne. Ensuite, celui de l’organisation : « Grâce au Festival, nos équipes, comme le souligne David Lisnard, le jeune adjoint au maire qui a porté le projet de Cannes, sont extrêmement bien rodées aussi bien dans le domaine de la sécurité que celui de la santé ou de l’intendance. » Enfin, élément décisif en ces temps d’économie, le projet de Cannes était moins cher que celui de Nice ou de Bordeaux, dont la candidature était également envisagée.

Il n’empêche qu’en choisissant la Croisette plutôt que la promenade des Anglais, décision très significative pour la concurrence entre les deux stations glamour du sud de la France, Sarkozy fait ce qui sera perçu comme une mauvaise manière à son ami Christian Estrosi, ministre de l’Industrie et surtout maire de Nice. Les seuls qui s’en réjouiront sont les automobilistes niçois qui, lors de la visite du président chinois la semaine dernière, ont eu un aperçu de ce qu’auraient pu être les embouteillages dans leur ville si elle avait été choisie pour le G20 !

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