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Alain Senderens devant son restaurant le 27 septembre 2002

© Fournis par AFP Alain Senderens devant son restaurant le 27 septembre 2002

« Un visionnaire », « l’un des plus grands »: le monde de la gastronomie rendait hommage mardi à Alain Senderens, après la disparition de ce grand nom de la Nouvelle cuisine, qui a formé plusieurs générations de chefs.

Le cuisinier est mort dimanche à l’âge de 77 ans et sera incinéré mercredi en Corrèze où il était installé, a indiqué à l’AFP sa femme, Eventhia Senderens.

De nombreux chefs ont réagi des quatre coins du globe en apprenant la disparition de ce champion des accords mets-vins, très tôt passionné par les cuisines du monde.

Paul Bocuse et sa brigade ont salué sur Twitter la mémoire de « l’un des plus grands de la gastronomie française », l’Américain Thomas Keller « un grand chef », le Danois René Redzepi une source « d’inspiration, une personne toujours élégante et classe ».

– ‘Honneur de la France’ –

« Ce cuisinier était l’honneur de la France, un visionnaire, qui a révolutionné la cuisine française avec son collègue Michel Guérard », a déclaré Paul-François Vranken, PDG du groupe Vranken-Pommery et propriétaire du Lucas Carton, qui s’est dit « très ému ».

Alain Senderens, décédé à 77 ans, aura travaillé jusqu’en juillet 2014 dans ce restaurant de la place de la Madeleine, qu’il avait repris en 1985. Il y avait obtenu trois étoiles, avant de les rendre en 2005 à la surprise générale, pour « supprimer le tralala et les chichis ».

– ‘Un compagnon qui s’en va’ –

Michel Guérard, l’un des principaux chefs de file avec Alain Senderens, Paul Bocuse, Alain Chapel et Pierre Troisgros du mouvement de la Nouvelle cuisine dans les années 1970, s’est dit « effondré » par la disparition d' »un vrai ami ».

« C’est un compagnon de plus qui s’en va. J’aurais aimé qu’il reste là un peu plus longtemps », a déclaré le chef du restaurant triplement étoilé Les Prés d’Eugénie, dans les Landes.

« Tous les deux, nous mettions un point d’honneur à ne jamais copier l’autre. A celui qui avait l’idée, on disait, bravo, je regrette de ne pas l’avoir eue avant toi, mais on se respectait d’une manière suprême, c’était un code de bonne conduite auquel on n’a jamais dérogé. »

« La Nouvelle cuisine française, c’était une armée de copains qui avaient du talent mais ne se prenaient pas au sérieux et vivaient joyeusement leur métier », a rappelé Michel Guérard, 84 ans, à propos de ce mouvement qui a révolutionné la cuisine en l’épurant et l’allégeant.

– ‘Un Monsieur’ –

« C’était un Monsieur, et on l’appelait Monsieur », a raconté Christopher Hache, 35 ans, chef des cuisines de l’Hôtel de Crillon, qui a travaillé aux côtés d’Alain Senderens de 2004 à 2006 au Lucas Carton, où il a été chef de partie rôtisseur puis sous-chef.

« C’était des moments très intenses, très durs, mais tous ceux qui ont fait l’école Senderens sont aujourd’hui de grands chefs. Il nous a transmis énormément de choses. »

« Il s’est beaucoup inspiré des cuisines du monde, que ce soit les sauces thaï, les cuissons à l’étouffée », a-t-il rappelé. « Et il avait ce regard en plus sur le vin. Au Lucas Carton il mettait toujours en avant le vin. Il nous disait: un vin, on ne peut pas le changer, par contre ce plat, il faudrait changer ceci, modifier cela. Il avait cette capacité à créer des accords assez exceptionnels. »

« Le canard Apicius était l’emblème de la maison. On le pochait dans un bouillon épicé, il était ensuite rôti entier, on le glaçait avec un miel épicé », dit M. Hache qui se « rappelle du dernier service trois étoiles comme si c’était hier. On avait fait un sacré menu! »

– ‘Un poète’ –

« On a perdu l’une des plus belles mains de la cuisine française. C’était la précision, la justesse, l’originalité, la créativité. J’avais en face de moi un peintre, un poète », a réagi Alain Passard, 60 ans, qui a travaillé à ses côtés de 1977 à 1979, rue de Varenne, à l’Archestrate. Passard rachètera ensuite le restaurant de son maître, rebaptisé l’Arpège (trois étoiles Michelin).

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figarofr: Depuis quelques années, de plus en plus de chômeurs déposent des recours en justice contre Pôle Emploi.

© PHILIPPE HUGUEN / AFP Depuis quelques années, de plus en plus de chômeurs déposent des recours en justice contre Pôle Emploi.

Deux demandeurs d’emploi déposent un recours contre Pôle Emploi. Soutenus par la CGT-Chômeurs ils dénoncent le niveau des formations financées par l’organisme.

Ils ont jugé leur formation en cuisine «bidon», et n’ont même pas pu passer les examens. Ce mardi, deux demandeurs d’emploi vont déposer un recours contre Pôle Emploi en tant qu’organisme financeur du cursus. Ils sont soutenus dans leurs démarches par la CGT-Chômeurs qui est très critique à l’égard du plan «500.000 formations» lancé en 2016 et qui ne viserait qu’à «dégonfler les chiffres du chômage» selon elle. Le syndicat a appelé à un rassemblement devant la direction générale de Pôle emploi à Paris.

Les deux plaignants qui souhaitaient suivre un cursus en cuisine avaient été envoyés en juin 2016 auprès de l’organisme ISP par Pôle emploi, «de manière très précipitée», a expliqué leur avocate, Emilie Videcoq. «Conditions matérielles ahurissantes», «locaux quasiment insalubres», intervenant «formé pour dispenser des cours à des serveurs» et non à des cuisiniers: plusieurs stagiaires avaient dénoncé publiquement à l’automne leurs conditions de stage. France Inter avait publié des photos montrant notamment des crottes de rat sous le bar, dans le local où ils devaient procéder à la phase pratique de leur formation. Un rassemblement avait alors été organisé avec d’autres stagiaires devant le Pôle Emploi de Neuilly-sur-Marne en janvier dernier, rapporte L’Humanité. À l’époque, l’un des deux plaignants a déjà été exclu de la formation, et l’autre non convoqué à l’examen.

«Il fallait faire du chiffre»

«La promesse de la formation n’a pas été tenue, c’était une escroquerie», a estimé Denis Gravouil, négociateur assurance-chômage pour la CGT, sur RTL. «En 2016, beaucoup de formations comme celle-ci ont été montées à la hâte par des centres de formation qui n’en étaient pas vraiment. Il fallait faire du chiffre sur l’injonction du gouvernement qui venait de lancer le plan «500 000 formations». Mais il n’y avait pas assez de centres de formation pour assurer cet objectif», selon lui. «On ne cherche pas à rendre service aux chômeurs mais à les sortir des statistiques.» Lorsqu’un demandeur d’emploi entre en formation, il sort en effet des catégories A, B ou C aux yeux de Pôle Emploi. Or ce sont ces catégories qui sont les plus suivies pour commenter, chaque mois, la baisse ou la hausse du chômage.

» Voir notre tableau de bord du chômage en France

«Une vraie formation qualifiante, ça se prépare et ça se contrôle», souligne encore Denis Gravouil. En tant qu’organisme financeur de ces formations, Pôle emploi a l’obligation légale de mener ces contrôles sur la qualité du contenu des formations proposées. Dans le cas des deux plaignants, «l’inspection du travail a été saisie», a réagi Pôle emploi. «Et plus aucun demandeur d’emploi n’a été envoyé au sein de cet organisme». Sur le site internet de l’organisme domicilé dans le 20e arrondissement de Paris, les fiches de formations sont estampillées des logos de la région Ile-de-France ou du Fonds social européen. Mais aucune trace en effet d’un lien avec Pôle Emploi.

Selon une enquête réalisée par Pôle Emploi en mars 2017, 87,3% des demandeurs d’emploi ayant bénéficié d’une formation par son intermédiaire ont été satisfaits ou très satisfaits. Dans le cas contraire, les demandeurs d’emploi peuvent adresser une réclamation au médiateur de Pôle Emploi. Les plaintes qui concernent les formations sont le plus souvent liées au fait que ces formations n’ont tout simplement pas lieu. Les deux plaignants demandent 50.000 euros chacun au titre du préjudice financier et moral subi. Si leur recours n’aboutit pas, l’action se poursuivra devant le tribunal administratif, a déjà prévenu leur avocate

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Ancienne sympathisante du Front national, Béatrice Huret est tombée amoureuse d’un migrant dans la Jungle de Calais et l’a aidé à passer illégalement en Angleterre en 2016.

Un an de prison avec sursis requis contre Béatrice Huret

© DENIS CHARLET / AFP Un an de prison avec sursis requis contre Béatrice Huret

Le ministère public a requis mardi au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, un an de prison avec sursis à l’encontre de Béatrice Huret, qui avait aidé un migrant iranien à rejoindre l’Angleterre sur une embarcation « par amour ». « La solidarité est louable mais pas à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions », a estimé la procureure de Boulogne Camille Gourlin au sujet de l’organisation de cette traversée en juin 2016.

Certes, Béatrice Huret, 44 ans, et Laurent C., autre prévenu qui a aussi aidé à l’achat du bateau de plaisance et qui a fait l’objet de la même réquisition, n’ont touché « aucune rémunération », mais « ils ont dérapé » et ce même « s’ils avaient des intentions humanitaires ». Les garde-côtes britanniques avaient sauvé in extremis les passagers de l’embarcation après 5 à 7 heures de dérive en mer.

Dans son réquisitoire, la procureure est longuement revenue sur la dangerosité de la traversée du détroit du Pas-de-Calais, une sorte d’autoroute maritime avec des courants très dangereux.

Pas les compétences pour naviguer en mer. Sur l’embarcation utilisée lors de la traversée, ni Mokhtar, dont se déclare amoureux la prévenue et qui vit désormais près de Sheffield, en Angleterre, ni les deux autres Iraniens n’avaient des compétences pour naviguer en mer. « En 2016, plus de 5.000 migrants sont morts en Méditerranée dans des rafiots. (…) Il est hors de question qu’on doive ramasser des cadavres sur les plages du Pas-de-Calais », a dit Camille Gourlin, qui espère que le « retentissement médiatique de cette affaire » et les condamnations dissuaderont de nouvelles tentatives.

Jugés aussi pour « mise en danger de la vie d’autrui ». La procureure a aussi tenté de minimiser l’importance du sentiment amoureux qui aurait animé Béatrice Huret, notant qu’elle ne s’était pas « contentée du passage de son propre amoureux » mais qu’elle avait aussi aidé à faire passer d’autres migrants, et ce même après l’arrivée de Mokhtar en Angleterre. Pour Mohammad G. qui faisait aussi partie des Iraniens qui s’étaient cousu la bouche pour dénoncer le démantèlement d’une partie de la Jungle début 2016, la procureure a requis trois ans de prison, dont un an de sursis et un maintien en détention. Les enquêteurs ont notamment mis la main sur 16.000 Livres provenant de deux « passages garantis » de migrants. Concernant Ghislane M., une Calaisienne qui était en couple avec Mohammad G. et qui a effectué quatre passages de migrants en voiture, le ministère a requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis sans mandat de dépôt.

Les quatre prévenus sont jugés pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en France en bande organisée » et « mise en danger de la vie d’autrui », encourant une peine de dix ans de prison. La décision du tribunal devrait être connue dans l’après-midi.

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Suite à la révélation d’un scandale concernant le temps de travail des employés du Samu social, la mairie semble vouloir remettre de l’ordre dans la gestion de ses services. L’intersyndicale FSU, CGT et Unsa doit manifester ce lundi.

figarofr: Cette prise de position de la mairie de Marseille, va dans le sens d'une reprise en main de la gestion de ses services.

© BORIS HORVAT/AFP Cette prise de position de la mairie de Marseille, va dans le sens d’une reprise en main de la gestion de ses services.

Des salariés qui doivent faire leurs heures. Jusqu’ici rien de bien exceptionnel… Sauf pour les agents de la Ville de Marseille. Ces derniers profitent d’arrangements qui leur permettent une organisation de leur temps de travail, que l’on peut qualifier de singulière. Une enquête préliminaire, ouverte par le parquet, est en cours. Elle porte sur les agents du Samu Social qui ne travaillent que 10 à 12 jours par mois, soit une semaine sur deux, toute l’année. Ce récent scandale, révélé par le Canard Enchaîné, donne l’occasion à la mairie de revenir sur certains «usages» que les fonctionnaires marseillais tenir pour acquis.

Ainsi, le 15 juin dernier, deux dossiers ont été présentés en comité technique paritaire (CTP), chargé des relations entre les salariés et la mairie. Le premier a trait aux logements de fonction et aux astreintes des concierges. Il devrait être voté ce lundi en conseil municipal. Le deuxième porte sur l’organisation du temps de travail dans plusieurs services «atypiques» (Samu, service de la mer, délégation à la sécurité…). «Les autres directions feront l’objet d’un deuxième texte, à l’automne. L’ensemble sera soumis au conseil municipal avant la fin de l’année», confie Jean-Claude Gondard, le directeur général des services de la Ville, à La Provence.

Arrangements et absentéisme

Jean-Caude Gondard estime qu’il s’agit d’expliquer aux agents de la Ville que le droit «va désormais remplacer des usages». Toutefois, même si la mairie impose à ses employés de rentrer dans le rang, ils ne devraient toutefois toujours pas travailler le nombre d’heures légalement exigées. Grâce à une dérogation prévue par un décret de 2001, validé par le contrôle de légalité, la durée de travail annuelle de chacun des fonctionnaires municipaux (et la ville en compte près de 12.000) est fixée à un maximum de 1567 heures, au lieu des 1607 fixées par la loi. Selon la Chambre régionale des comptes (CRC), citée par La Provence, en appliquant le temps de travail légal, la collectivité «ferait une économie de 10 millions d’euros par an et accroîtrait, sans dépenses supplémentaires, sa force de travail de 280 équivalents temps plein». Un «cadeau» de 40 heures de travail offert par la mairie qui n’empêche par les employés municipaux d’établir un record d’absentéisme: 36,8 jours d’absence par an et par agent en moyenne (contre 16,7 dans le privé).

Si, pour nombre de citoyens, ce recadrage semble normal, il n’en est pas de même pour certaines branches locales de syndicats. L’intersyndicale FSU, CGT et Unsa doit manifester ce lundi. «Se mettre en conformité avec la loi nous ne sommes pas contre. […] Mais cela ne peut se faire dans la précipitation, sans aucune concertation, simplement parce que l’administration s’est fait taper derrière la tête à cause du Samu social», explique Christine Donnadieu, secrétaire générale adjointe de la FSU, à La Provence. À l’opposé, les syndicats CFE-CGC et CFDT, regrettent que «la deuxième ville de France ne soit pas dotée d’une inspection générale des services digne de ce nom».

Cette prise de position de la mairie de Marseille, va dans le sens d’une reprise en main de la gestion de ses services. En septembre 2014, la ville avait déjà mis un terme au «fini-parti», une pratique qui permettait aux 500 éboueurs marseillais de quitter leur poste dès qu’ils estimaient leur service terminé… ce qui, dans les faits, aboutissait à une présence journalière de 3h30.

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Le couple de trentenaires parisiens, qui se surnomment « poussins », ne tournera pas les nouveaux épisodes de la mini-série diffusée sur M6 depuis 2009.

Audrey Lamy et Loup-Denis Elion quittent la série "Scènes de ménage"

© Capture d’écran Audrey Lamy et Loup-Denis Elion quittent la série « Scènes de ménage »

Elle incarnait Marion, lui, c’était Cédric. Audrey Lamy et Loup-Denis Elion quittent la série « Scènes de ménage », diffusée sur M6. Depuis 2009, ils incarnaient un couple de trentenaires parisiens dans la mini-série. Les deux acteurs vont se consacrer à leurs projets respectifs au cinéma ou à la télévision.

En attendant, les fans de la série pourront continuer à regarder « poussin » et « poussin » jusqu’en juin 2018 puisque de nombreux épisodes ont déjà été tournés, rappelle Le Parisien. Le quotidien ajoute d’ailleurs que Marion et Cédric étaient mariés depuis le « prime time » du 11 avril

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Ce père lazariste a construit 18 villages pour les anciens habitants d’une décharge d’Antananarivo
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/23/depuis-vingt-cinq-ans-a-madagascar-le-pere-pedro-aide-les-plus-pauvres-sans-les-assister_5053320_3212.html#H0MI0gX27t5Rg6M3.99

Le père Pedro dans la décharge d’Andralanitra (Madagascar), dans les années 1990.Le père Pedro dans la décharge d’Andralanitra (Madagascar), dans les années 1990. Crédits : DR

 

Combien sont-ils à chanter et à danser ensemble devant l’autel ? Chaque dimanche matin à partir de 8 h 30, plusieurs milliers de familles participent à la grande messe donnée sur la colline de Manantenasoa, à une dizaine de kilomètres du centre-ville d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. Dans leurs habits du dimanche, les enfants et leurs parents rient, se donnent la main ou applaudissent, comme s’ils voulaient profiter encore et encore de l’instant, du plaisir d’être ensemble. Il faut dire qu’ils reviennent de loin.

Avec à sa tête le charismatique père Pedro Opeka, l’association humanitaire Akamasoa («les bons amis », en malgache) a été créée en 1989 pour venir en aide aux plus pauvres des pauvres, ceux qui tentaient de survivre dans la décharge d’Andralanitra, un peu à l’écart de la ville. Le but de ce père lazariste né à Buenos Aires, aujourd’hui âgé de 68 ans, était de « sortir ces vivants de l’enfer »,mais pas à n’importe quel prix. « Quand j’ai vu ces milliers de personnes dans les ordures, j’ai trouvé cela tellement révoltant et inhumain que je me suis dit qu’il fallait faire immédiatement quelque chose, raconte-t-il. J’ai rassemblé quelques-uns de ces exclus parmi les plus motivés et leur ai dit : “Je ne viens pas vous assister car j’ai trop de respect pour vous et, de toute façon, je n’ai pas d’argent à partager. Mais ensemble, nous allons créer des coopératives, des lieux de travail, des petites entreprises…” En agissant ainsi, nous avons pu gagner progressivement leur confiance et faire en sorte qu’ils retrouvent leur dignité. »

Il aura fallu du courage, beaucoup de patience et une longue chaîne de solidarité internationale (une vingtaine d’associations soutiennent Akamasoa en France, en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis…) pour que des Malgaches « vaincus par la misère et vivant au fond d’une cabane faite de cartons et de plastiques se serrent les coudes et construisent près de 3 000 maisons en ciment et hébergent près de 25 000 personnes [réparties dans cinq centres en périphérie de la capitale et trois en province]. »

La violence et la criminalité

Raconter le début de cette aventure digne d’un conte de Noël revient à se poser la question de savoir où va l’urgence quand l’urgence est partout. Afin que son projet prenne vie, le père Pedro a estimé qu’avec des familles désireuses de s’en sortir, il fallait d’abord s’éloigner de la misère et quitter la décharge où des centaines de familles tentaient de survivre à chaque heure. Il a pensé que le fait de s’installer à la campagne, à une soixantaine de kilomètres au nord d’Antananarivo, allait permettre à ces personnes de fuir les promesses illusoires de la ville et ne pas sombrer dans la violence et la criminalité. Il a alors créé des communautés solidaires orientées vers le travail de la terre.

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« L’extrême pauvreté est une prison qui tue l’âme d’une personne, explique t-il. Si vous n’avez pas conscience de votre dignité et n’avez pas les choses essentielles pour vivre, vous devenez un sous-homme. L’égoïsme, l’indifférence et le chacun pour soi s’installent, dictent votre vie et progressivement vous éloigne de la communauté humaine. Dans les cas extrêmes, vous perdez votre esprit et sombrez dans une violence meurtrière dont l’origine n’est autre que l’extrême pauvreté. » Les premières maisons en bois se sont dressées, suivies par d’autres en ciment, puis des écoles… Il n’a suffi que de quelques mois pour voirapparaître un nouveau village, dans un pays alors très instable politiquement, et considéré comme l’un des plus pauvres au monde, avec ses 92 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté (1,2 euro par jour).

« Il faut aider sans assister, explique le père Pedro. Je travaille pour les pauvres mais pour qu’ils puissent eux-mêmes reconstruire leur vie et préparer l’avenir de leurs enfants. »En un quart de siècle, l’association du père Pedro, nommé à plusieurs reprises (2011, 2013 et 2015) pour le prix Nobel de la paix, a construit 18 villages et est venue en aide à plus de 500 000 Malgaches en leur donnant des soins (chaque village compte une école, un dispensaire, une structure sportive…), des vêtements ou un repas. Au cours de l’année 2014, 38 000 personnes sont ainsi passées par les différentes structures. « La nature a fait que nous n’avons pas les mêmes talents, les mêmes capacités ni les mêmes chances, rappelle le père Pedro. Le partage est un devoir humain, moral et spirituel. Sans partage, nous allons droit dans le mur parce qu’aucun humain ne peut se suffire à lui-même. »

«Tout le monde a un emploi, chacun est payé »

Chaque personne qui arrive dans un village de l’association passe d’abord par le centre d’accueil. « Pendant plusieurs jours, on va observer son attitude, voir s’il est dépendant de l’alcool ou de la drogue, étudier aussi le comportement d’un mari avec sa femme et ses enfants, explique Sarah, qui travaille avec des adolescents dont les parents sont alcooliques. On va aussi étudier sa motivation pour s’en sortir, voir quelles sont ses compétences pour travailler. Ici, tout le monde a un emploi et chacun est payé… La plupart des personnes qui repartent du centre le font de leur gré, parce qu’elles ne parviennent pas à suivre les règles. »

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En ce dimanche de novembre, il y a une dizaine d’adultes et une ribambelle de gamins dans le centre d’accueil d’Akamasoa. « J’ai grandi et passé toute ma vie dans la rue, raconte Noeline, 51 ans. Depuis quelque temps, je n’ai plus les moyens de trouver à manger, alors je suis venue. J’ai des problèmes psychiatriques et aucune autre solution que d’attendre ici pour l’instant. » Au bout de la cour, où du riz cuit sur de petits brasiers, plusieurs familles s’entassent dans une pièce. « Je suis arrivée de la campagne, à une centaine de kilomètres d’ici, avec mes quatre enfants et mon mari. Il est gravement malade et j’aimerais qu’il se fasse ausculter, explique Jacqueline, 31 ans. Je suis là depuis une semaine et je remercie le père Pedro ! Un jour peut-être, j’habiterai dans une maison… »

Dans le village d’Akamasoa, un dimanche matin après la messe, en novembre 2016.
Dans le village d’Akamasoa, un dimanche matin après la messe, en novembre 2016. Crédits : DR

Dans la rue qui serpente à travers le village, de petits groupes discutent à la sortie de la messe. « Ce peuple qui était autrefois dans les ordures vit aujourd’hui debout car il a retrouvé sa dignité, estime le père Pedro. Cette messe du dimanche est importante. Elle est joyeuse car je pense qu’on ne peut rencontrer Dieu que dans la joie… Notre vie est difficile et chaque dimanche nous prenons de la force pour continuer notre combat pour la justice et la fraternité. »Chaque maison du village a été construite par son futur propriétaire, épaulé par d’autres habitants. Il y a des enfants qui jouent dans la rue, des fleurs au balcon et de la musique entraînante qui s’échappe d’une fenêtre. Dans la rue joliment pavée, il n’y a pas un papier par terre

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VIDÉO – L’offre sélectionnée par le tribunal de commerce de Bobigny permet de sauver 1428 emplois sur les 1700 menacés, en conservant 109 des 140 magasins de la marque au vichy rose et des trois autres enseignes en difficulté d’Agora Distribution.

Les salariés de Tati savent désormais qui est leur repreneur. Le tribunal de commerce de Bobigny vient de désigner ce lundi Gifi comme repreneur de Tati et des trois autres enseignes en difficulté d’Agora Distribution (groupe Eram). Cette offre, qui était la favorite de cette bataille, permet de sauver 1428 emplois sur les 1700 menacés, en conservant 109 des 140 magasins.

«Cette offre va permettre de reprendre près de 85% de l’effectif ce qui était inespéré au moment de l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire», a déclaré à l’issue de l’audience, l’avocat des salariés, Thomas Hollande. «Aujourd’hui, il y aura 260 licenciements, c’est bien sûr trop, mais ce que nous avons obtenu grâce à la mobilisation des salariés et des représentants du personnel, c’est un PSE à un niveau très élevé, inédit pour une société en redressement judiciaire», a-t-il ajouté.

Pour rappel, depuis la mise en vente en mars puis le placement en redressement judiciaire en mai d’Agora Distribution après une terrible année 2016, plusieurs offres avaient été formulées. Et les deux candidats principaux se sont livrés un match sans merci, à coups d’améliorations successives de leurs offres et sur le terrain. Après des mois de conflit, le groupe GPG, présidé par le fondateur des magasins Gifi, Philippe Ginestet, l’emporte donc sur son principal concurrent, un consortium de cinq enseignes à bas prix.

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L’offre concurrente projettait la reprise de 1298 salariés et de 98 magasins, ainsi que 27 franchisés. Elle a été formulée par le consortium d’enseignes à bas prix composé de La Foir’Fouille, les spécialistes de la déco Centrakor et Maxi Bazar, l’enseigne de déstockage Stokomani, et Dépôt Bingo. À titre indicatif, ce dernier est déjà prestataire e-commerce de Tati.

Les choses devraient désormais aller très vite pour les salariés. Un accord sur le plan de sauvegarde de l’emploi prévoit, pour ceux qui seront licenciés, un CSP qui permettra de maintenir leur rémunération à près de 95% pendant douze mois, une somme moyenne de 10.000 euros, en fonction de l’ancienneté, au-delà de l’indemnité légale et un budget individuel d’accompagnement de 8.000 euros. Pour l’enseigne fondée en 1948 par Jules Ouaki, reprise en 2004 par Eram, c’est une page qui se tourne et une nouvelle stratégie à définir

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