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Archive for the ‘36 quai des Orfèvres’ Category

Vol de cocaïne à la PJ : Christophe Rocancourt mis en examen

Le Point –

L’escroc des stars et le policier soupçonné du vol de 52 kilos de cocaïne à la PJ auraient monté une opération pour récupérer 150 000 euros au fond d’un lac.

Christophe Rocancourt pose lors de l'avant-première du film "Mesrine" à Paris.
Christophe Rocancourt pose lors de l’avant-première du film « Mesrine » à Paris. © NIVIERE/SIPA

Par Le Point.fr

Les déboires de la PJ parisienne deviennent un mauvais feuilleton. La vénérable institution du 36, quai des Orfèvres, dont le patron vient d’être remercié après des soupçons de violation du secret de l’instruction, devra affronter un nouveau scandale lié au vol en juillet dernier de 52 kilos de cocaïne dans l’armoire à scellés. L’escroc des stars Christophe Rocancourt vient d’être mis en examen dans cette affaire. Jonathan Guyot, le policier des stups soupçonné du vol, et lui se sont rencontrés en prison et ont conclu un pacte, à l’issue duquel deux proches des deux hommes sont allés récupérer une partie du magot issu de la revente de la drogue.

L’histoire atteint des sommets dans le rocambolesque : 200 000 euros ont été cachés au fond du lac de Créteil et une opération de récupération à peine croyable a été montée par les deux suspects depuis Fleury-Mérogis. Le frère de Jonathan Guyot, policier lui aussi, selon Le Parisien, et un ami de Christophe Rocancourt se seraient retrouvés en janvier, dans l’eau « à deux degrés », raconte RTL, mais ne seraient pas parvenus à retrouver l’argent. Ils auraient tout de même récupéré un sac contenant 50 000 euros.

« 200 k » ? « Des calories journalières »…

Interrogé par la police, Christophe Rocancourt aurait été sommé de justifier « les 200 k » évoqués dans un parloir mis sur écoute. « Ce sont des calories journalières, j’avais maigri alors je voulais juste savoir si je ne prenais pas trop de calories », aurait-il répondu, selon RTL. L’homme « conteste cette histoire rocambolesque », a assuré vendredi son avocat, Me Jérôme Boursican.

Surnommé « l’escroc des stars » pour avoir abusé dans le passé des célébrités du monde entier, Christophe Rocancourt est actuellement détenu dans une affaire de corruption. Celle-là même qui a valu au directeur de la PJ parisienne, Bernard Petit, d’être mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour « révélation d’informations sur une instruction dans le but d’entraver le déroulement des investigations et la manifestation de la vérité ».

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Un peu plus d’un an après le limogeage de l’ancien directeur de la police judiciaire parisienne, c’est au tour de son successeur d’être dans la tourmente. Retour sur les nombreux scandales qui ternissent la réputation du « 36

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Quand le patron de la PJ avertit Brice Hortefeux

Le premier scandale de ces dernières années revêt un caractère politique. En novembre 2013, Christian Flaesch, le directeur de la PJ de Paris, téléphone à Brice Hortefeux pour le prévenir de sa convocation devant les juges. Seulement, Brice Hortefeux, qui devait témoigner dans l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, est sur écoute. Christian Flaesch fait d’abord l’objet d’une mise en garde du parquet général avant d’être limogé. En effet, informé de cette « faute de déontologie », Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, remplacera rapidement le « grand flic ».

©AFP

Viol collectif au « 36 »

 

A la fin du mois d’avril 2014, une autre affaire s’abat sur la police judiciaire parisienne. Cette fois, il est question de viol en réunion et des policiers de la brigade de recherche et d’intervention sont mis en cause. Rapporté par une touriste canadienne qui aurait été victime de relations sexuelles forcées directement dans les locaux du 36 Quai des Orfèvres, le drame débouchera sur la mise en examen de deux policiers. L’un d’eux admettra une fellation consentie. Au cours de l’année, l’ADN retrouvé sur les vêtements de la victime viendra conforter les accusations de viol.

©Getty Images/illustration

Disparition de cocaïne

A l’été 2014, 50 kilos de cocaïne placés sous scellés disparaissent de l’établissement. Intriguée par cette affaire, l’IGPN, plus connue sous le nom de « police des polices », mène une perquisition au « 36 ». L’enquête la conduira à un brigadier, trahi par les caméras de vidéosurveillance dont sont équipés les lieux. En vacances au même moment, il est interpellé et mis derrière les barreaux.

L’affaire de trop

©AFP/François Guillot

L’affaire de trop

Enfin, Bernard Petit, l’actuel directeur de la PJ de Paris, a été placé en garde à vue ce mercredi. L’homme qui avait succédé au patron Christian Flaesch, limogé pour « faute de déontologie », semble ne pas être en reste. En l’espèce, il fait l’objet de « suspicions de fuites dans le cadre d’une enquête judiciaire ». Il aurait averti l’ancien chef du GIGN, Christian Prouteau, avant son interpellation au mois d’octobre. Ce dernier avait été mis en examen avec Christophe Rocancourt, dit « l’escrot des stars », pour escroquerie et corruption. Du fait de cette « violation du secret de l’instruction », l’actuel patron du « 36 » risque d’être remercié à son tour.

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Bernard Petit, le patron de la PJ à Paris, en garde à vue

Le Point

Bernard Petit est entendu dans le cadre d’une affaire de violation du secret de l’instruction en lien avec l’affaire Christophe Rocancourt.

Bernard Petit a été mis en garde à vue (photo d'illustration) dans une affaire de violation du secret de l'instruction.
Bernard Petit a été mis en garde à vue (photo d’illustration) dans une affaire de violation du secret de l’instruction. © Gerard Julien / AFP

Les « bœufs-carottes » auditionnent depuis mercredi matin le patron de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit. Le policier a été mis en garde à vue, car il est soupçonné de fuites dans le cadre de l’affaire Christophe Rocancourt, surnommé l’escroc des stars. L’affaire en question est un dossier de corruption où Christophe Rocancourt a été mis en examen en octobre et écroué notamment pour escroquerie, trafic d’influence actif et blanchiment de fraude fiscale. Sa compagne, l’un de ses avocats Me Marcel Ceccaldi, le fondateur du GIGN Christian Prouteau, un notaire et l’ex-secrétaire d’État socialiste Kofi Yamgnane sont également mis en examen dans cette affaire. Dans ce dossier, les juges soupçonnent l' »escroc des stars » d’avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des sans-papiers.Bernard Petit aurait prévenu à l’automne dernier, via un policier, Christian Prouteau, qu’il allait être placé en garde à vue. L’ancien patron du GIGN avait été interpellé le 8 octobre 2014 avec l' »escroc des stars » pour « trafic d’influence et blanchiment ». Des perquisitions ont également été menées dans le bureau de Bernard Petit. En tout, quatre policiers et anciens policiers sont en garde à vue dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) : outre le patron de la PJ, son chef de cabinet, Richard Atlan, mais aussi Joaquin Masanet, responsable syndical policier en retraite proche de la gauche, actuellement président de l’Association nationale d’action sociale (Anas) du personnel de la place Beauvau, et un autre membre de l’Anas, détaché de la police nationale.

« Informations de première main »

« Les quatre gardés à vue sont soupçonnés d’avoir donné des informations de première main à Christian Prouteau avant sa garde à vue et pas seulement la date de son interpellation », a expliqué une source proche du dossier. « Lors de sa garde à vue, Christian Prouteau a dit qu’il était au courant qu’il allait être entendu. Ces propos ont poussé les deux juges d’instruction, Roger le Loire et Charlotte Bilger, chargés de cette affaire, à demander un réquisitoire supplétif pour violation du secret de l’enquête », a expliqué une source proche de l’enquête. « L’enquête montre alors qu’il y a de très nombreux contacts téléphoniques la veille de la garde à vue de Christian Prouteau et le lendemain entre l’ex-gendarme, le chef de la PJ et son chef de cabinet, ainsi qu’avec M. Masanet et un de ses proches », a-t-elle ajouté.

« Si au terme de ces gardes à vue, il apparaît que des manquements graves ont été commis par des policiers ou d’anciens policiers, je serai d’une fermeté absolue et je serai intraitable à l’égard de tous ceux qui au sein de mon administration ne se conforment pas rigoureusement aux règles qui doivent prévaloir dans une administration comme la nôtre, qui est censée faire respecter le droit en tous points du territoire national et conduire les enquêtes de façon irréprochable », a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve devant la presse.

la PJ parisienne a été secouée ces derniers mois par plusieurs scandales. En juillet, 52 kilos de cocaïne y ont été volés et jamais retrouvés, même si les soupçons se portent sur un ex-membre de la brigade des stupéfiants. Une autre affaire avait déjà entaché l’image du « 36 » en avril, lorsqu’une touriste canadienne avait porté plainte, affirmant y avoir été violée. Deux policiers de l’antigang ont été mis en examen pour viol en réunion.

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50 kilos de cocaïne disparaissent au Quai des Orfèvres

Les enquêteurs de la « police des polices » poursuivent vendredi leur enquête, qui s’avère « très délicate » et « sous tension ».

Le Point.fr

 

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Source  AFP

 

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN, « police des polices ») était de nouveau vendredi matin à la brigade des stupéfiants, au siège de la police judiciaire parisienne, afin de tenter d’élucider l’inexplicable disparition de 50 kilos de cocaïne, a-t-on appris de sources proches de l’enquête. Les enquêteurs de la « police des polices » ont passé une partie de la nuit au 36, quai des Orfèvres, siège de la PJ parisienne immortalisé par le commissaire Maigret. Ils ont entendu plusieurs policiers et, aidés de chiens spécialisés dans la détection de stupéfiants, cherché en vain la trace de la drogue disparue. Ils y sont retournés vendredi matin, ont indiqué les mêmes sources, sans plus de précision sur les suites de l’enquête qui s’avère « très délicate » et « sous tension ».

La cocaïne, estimée à la revente à deux à trois millions d’euros, avait été saisie début juillet par la brigade des stups dans le cadre d’une enquête sur un réseau de ressortissants sénégalais soupçonnés d’alimenter le nord de Paris. Plusieurs personnes avaient été arrêtées. La drogue avait été entreposée avec les scellés de l’affaire, comme il est d’usage, dans une pièce sécurisée, mais où il n’y a pas de caméra de surveillance, a constaté l’IGPN. Elle était encore là le mercredi 23 juillet, selon les tout premiers éléments de l’enquête, et elle n’y était plus jeudi 31 juillet, quand sa disparition a été constatée fortuitement.

L’affaire secoue le « 36 », surnom de ce lieu mythique et centenaire, où ont défilé les plus grands criminels et qui a été le cadre de nombreux tournages télévisés et de cinéma. Dans un communiqué diffusé jeudi soir, la préfecture de police de Paris a assuré que « des sanctions très fermes » seraient prises si les enquêtes administratives et judiciaires venaient à démontrer que « la loi a été enfreinte » et « que des manquements aux règles déontologiques ont été commis ».

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  Le Blog de  Georges Moréas  Commissaire Principal

Honoraire de la Police Nationale

« Il était 9 heures 20 lorsque, depuis ma loge, j’ai entendu des coups de feu. Je suis immédiatement sortie et j’ai aperçu un homme s’écrouler sur le trottoir. Au même instant, deux hommes, policiers m’ont-ils dit, m’ont priée de rentrer chez moi. »

imbroglio-comme-de-broglie.1211561704.jpgCe témoignage est celui de Madame Favier, concierge au 2 rue des Dardanelles, à Paris, dans le 17° arrondissement. Il a été recueilli par un journaliste et diffusé sur les ondes de RTL le 24 décembre 1976.

L’homme qui a été tué s’appelait Jean de Broglie, du moins dans la forme écrite, car vocalement cela donnait « debreuil ». Prince de son état, ce personnage roulait sa bosse dans la politique depuis 1946. Propriétaire d’un château et de milliers d’hectares de terre, décoré moult fois, cousin de la femme du président en place, Valérie Giscard d’Estaing, et ami intime du ministre de l’intérieur Michel Poniatowski. En 1976, Broglie est âgé de 55 ans. C’est un personnage important. On ne s’attend certes pas à le voir finir comme un quelconque truand avec trois balles dans la tête, étendu sur un trottoir parisien…

Madame Favier, la concierge, n’a jamais été retrouvée ni par les enquêteurs ni par le juge d’instruction, s’étonne Guy Simoné, dans son livre Imbroglio comme de Broglie (un septennat meurtrier), aux éditions Dualpha. Et toute sa défense s’écroule, car du coup il est le seul à mentionner que des policiers se trouvaient sur place et pouvaient témoigner en sa faveur. Alors, comment justifier sa présence à proximité de la scène du crime ? Comment expliquer que le meurtrier l’ait rejoint dans sa voiture ? La justice va lui reprocher d’avoir recruté (ou pour le moins « couvert ») le tueur, un certain Gérard Frèche, proxénète gagne-pain, qui pour exécuter ce contrat aurait empoché la somme de 50.000 F.

À cette époque, Simoné était inspecteur principal à la brigade des mineurs de Viroflay, dans les Yvelines. Au fil des pages, il décortique le piège qui s’est refermé sur lui. En effet, toute la hiérarchie policière était au courant des menaces qui pesaient sur Jean de Broglie, et il faisait l’objet d’une surveillance rapprochée. En cette veille de Noël, les policiers de l’antigang étaient sur place, affirme Simoné. Ses dires sont d’ailleurs corroborés par un inspecteur de la BRI, que nous appellerons J.B.V., pour respecter sa volonté, puisqu’il a choisi depuis le pseudonyme d’Éric Yung. A présent rédacteur en chef et producteur à Radio-France, Eric Yung a écrit plusieurs livres. Dans La tentation de l’ombre, récemment réédité en poche, aux éditions Gallimard, il confirme à mots prudents que ses chefs, à la brigade antigang, avaient décidé d’effacer toutes traces de leur présence (surveillances, écoutes, P-V…), et qu’en marquant son désaccord sur de tels procédés, il s’était fait bannir du 36. Ceci n’a sans doute rien à voir avec cela, mais Éric Yung (à l’époque, il était border line) a eu ensuite de sérieux ennuis, il a même fait l’objet d’un attentat à la bombe, alors qu’il se trouvait chez son ami Yves Mourousi, présentateur du journal de 20 heures sur TF1. L’immeuble du XVI° arrondissement où se trouvaient les deux hommes a été sérieusement endommagé : ils s’en sont sortis indemnes.

On peut donc raisonnablement penser que le ministre de l’intérieur, Michel Poniatowski, Jean Ducret, le directeur de la PJ parisienne, et Pierre Ottavioli, le patron de la brigade criminelle, lorsqu’ils s’adonnent à un show devant un parterre de journalistes, dans les locaux du quai des Orfèvres (une première), alors même que la garde à vue des suspects est à peine terminée, nous racontent des salades. Ils s’autofélicitent. Une enquête rapidement menée : Jean de Broglie a été tué pour une vague histoire de remboursement d’un prêt destiné à l’achat d’un restaurant, La reine Pédauque, près de la gare Saint-Lazare, à Paris.

Bien sûr, ce n’est pas impossible ! Mais lorsqu’on s’attarde sur le parcours de feu de Broglie, on ne peut s’empêcher d’être un rien dubitatif…buron-joxe-et-broglie_accirds-devian_masterwebfr.1211562065.jpg

Le prince de Broglie, nous dit Simoné, a été chargé de réunir des fonds en vue de la campagne électorale de Valéry Giscard d’Estaing. « En avril 1968, un protocole d’accord fut signé entre MM. Jean de Broglie, Raoul de Léon, Léon Grunwald et Vila Reyes. Par cette convention, Jean de Broglie s’engageait à trouver un financement de vingt millions de dollars sous la forme d’un emprunt obligataire. Le remboursement devait s’effectuer en décembre 1976, sous sa propre responsabilité. »

Vous avez dit en décembre 1976 ?…

Pour réaliser ce projet, Broglie dépose les statuts d’une dizaine de sociétés (Sodetex, Brelic international, Publifinance, etc.) en France et dans des paradis fiscaux « […] Officiellement, l’activité principale était l’import-export de métiers à tisser… », nous dit Simoné. On est en mai 1968, et tandis que CRS et étudiants s’envoient des amabilités, et que les parisiens redécouvrent les bienfaits de la marche, chez ces gens-là, mooonsieur, les affaires continuent…

Simoné nous affirme également que Jean de Broglie figurait sur les tablettes de l’Opus Dei, au côté de plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont il donne d’ailleurs les noms, et que cette mafia catholique a participé financièrement à l’élection de Giscard d’Estaing.

Le 30 décembre 1976 les portes de la prison se sont refermées sur Guy Simoné, et il n’a recouvré la liberté que le 9 mai 1983.

Dans son livre, il ne cache pas ses faiblesses, il ne nie pas ses erreurs, mais il n’a jamais, affirme-t-il, participé de près ou de loin à l’assassinat d’un homme. Je l’ai rencontré il y a quelques semaines et je dois reconnaître qu’il m’a convaincu.

photo004.1211562214.jpgAujourd’hui, il est âgé de 65 ans. Je peux vous dire qu’il est remonté à fond et bien décidé à reprendre l’enquête – de A à Z. De retrouver les protagonistes (du moins les survivants, car beaucoup sont morts), de faire parler les témoins, d’éplucher les rapports, les procès-verbaux, de détricoter les réseaux… Il a du pain sur la planche, d’autant que le dossier sur l’affaire de Broglie a été classé « secret-défense ».

Ce livre, Imbroglio comme de Broglie, n’est pas très littéraire. Guy Simoné se laisse parfois emporter par sa fougue, ou par sa rancœur, et il est alors difficile de le suivre, mais c’est un témoignage au plus près d’une affaire qui a jeté l’opprobre sur la classe politique française – et rabaissé au passage le prestige du 36, quai des Orfèvres.

Un document indispensable pour ceux qui suivent les affaires criminelles – mais une sale affaire, vraiment !

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La police nationale n’a même pas cinquante ans ! À travers des enquêtes et un retour sur le passé, deux livres de flics nous rappellent (indirectement) ces années où il existait deux services de PJ en région parisienne : préfecture de police et sûreté nationale. revolver.1293972968.JPG

La fusion entre ces deux institutions n’est finalement pas si lointaine, puisqu’elle date de 1966. Et je peux vous dire, pour l’avoir vécue, que la fusion n’a pas été évidente. Et même encore aujourd’hui…

Charles Diaz est contrôleur général de la police, mais je crois que pour écrire son livre, La nouvelle épopée des brigades du Tigre, il a plutôt endossé son uniforme d’historien. Au XIX° siècle, la préfecture de police « veille sur les rues de Paris, là où se font les révolutions, là où tanguent les régimes (…) L’oreille des ministres lui est acquise… » Mais au début du XX°, un homme, Célestin Hennion, tire les policiers du ministère de l’Intérieur de leur léthargie. Il les met sur le terrain. Et ils ont l’avantage, sur leurs collègues de la PP, d’avoir une compétence nationale. Rapidement, la tension monte entre les deux maisons. Elle arrive à son apogée aveclivre-charles-diaz.1293973099.jpg la création des fameuses brigades mobiles, et notamment la 1ère dont le ressort couvre toute la grande couronne et dont le siège se trouve au centre de Paris, rue Greffulhe. Les « mobilards » deviennent de sérieux concurrents pour leurs « cousins » parisiens. Et surtout, ils ont à coeur de faire leurs preuves. Je ne peux m’empêcher de citer ce passage : « Les deux inspecteurs, cachés dans les taillis, guettent obstinément la route (…) en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres à l’est de Paris (…) « Viendront, viendront pas ? » se demande Jules Belin. Depuis une semaine, son collègue Bronner et lui tentent de mettre la main sur des pilleurs de poulaillers et de clapiers qui sévissent dans les environs (…) « A vous de les attraper ! » a dit le commissaire. La mission est modeste, mais Belin ne s’en plaint pas. Récemment affecté à la 1ère brigade mobile de Paris, il mène là sa première véritable enquête, celle que le patron réserve d’entrée aux bleus, la chasse aux voleurs de poules ».

Cela me rappelle, moins loin de nous, ces policiers de la VP (voie publique), lorsqu’ils se laissaient aller à raconter leur nuit de planque, sous une voiture en stationnement, pour faire un flag de vol à la roulotte…

Claude Cancès, lui, a été le directeur du 36. Il avait 24 ans, lorsqu’il est « monté » à Paris, abandonnant (pour un temps ?) son village natal de Lavérune, près de Montpellier. Un parcours assez classique dans ces années soixante : la guerre d’Algérie et la recherche d’un boulot. D’abord, il sera pion. Puis, un jour, il tombe sur une affiche : « La police, un métier d’homme ». La préfecture de police recrute des officiers de police adjoints contractuels (OPAC). J’ai presque l’impression d’écrire ma bio. Il débute à la 4° BT : Pigalle. Plus tard, il rejoindra La Mondaine, le groupe de la « Galanterie ». Une époque où le nom des services de police flirtait plus avec la poésie qu’avec l’informatique. Et une amitié entre les policiers qui je l’espère existe toujours. Il donne l’exemple de ses collègues qui gentiment le déchargent d’une partie de son travail pour lui laisser le temps de préparer le concours de commissaire.

Dans son livre, Histoire du 36, c’est avec beaucoup de modestie qu’il raconte les affaires criminelles qui l’ont le plus marqué. Il y en a beaucoup. Les plus importantes de la fin du siècle dernier. Notamment la série d’enlèvements des années soixante-dix et ces attentats sanglants qui ont secoué la France, et surtout la capitale. Des affaires qui ont mis en exergue la concurrence entre services. C’est ainsi que trente ans après la fusion des polices, lors d’une émission télévisée, le président de la République, Jacques Chirac, fraîchement élu, rappelle solennellement les policiers à la raison pour que cesse la guerre des polices. Dans le même temps, Le Monde publiait un article très critique sur la police, signé d’un mystérieux « Cicéron », en fait un collectif de hauts fonctionnaires et de magistrats. « On me soupçonnait d’en faire partie, écrit Cancès. J’ai dit au ministre (Jean-Louis Debré, à l’époque) – m’a-t-il cru ou pas ? – que j’étais totalement étranger à cet article, même si j’étais d’accord avec tout ce qui y était écrit ! ».

Victime d’une cabale (c’est moi qui le dis), en 1995, Claude Cancès doit quitter son poste de directeur de la PJ parisienne pour rejoindre l’IGPN, « le cimetière des éléphants ». Tandis que le numéro 2 de la DCPJ, son ami Ange Mancini, lui, se retrouve sans affectation. Chargé de mission, comme on dit. Dans un article consacré à leur limogeage, Le Monde (édition du 21 décembre 1995) parlait alors d’une reprise en main politique de la police judiciaire.

Parmi les nombreuses affaires retentissantes dont il est livre-claude-cances.1293973254.jpgquestion dans ce livre, j’ai tiqué sur l’assassinat de Jean de Broglie. Je me souviens de ce que m’en avait raconté (pour ce blog) Guy Simoné, ancien inspecteur principal, considéré comme l’instigateur de ce meurtre, qui est resté sept ans derrière les barreaux. Pour Cancès sa culpabilité ne fait aucun doute, d’ailleurs, Simoné a reconnu les faits. Mais ce dernier crie encore aujourd’hui à son innocence. Il estime que son rôle était minime, qu’il a commis de nombreuses maladresses, mais qu’il a servi de bouc émissaire dans une affaire essentiellement politique. À tel point, m’avait-il raconté, que François Mitterrand, qui visait alors la présidence, était venu le voir en prison. Vrai ou faux, je ne sais pas. Il est toujours intéressant de comparer la vérité des uns avec celles des autres.

Claude Cancès rappelle également l’affaire Ben Barka, dans laquelle deux inspecteurs de la Mondaine sont impliqués. Comme tous ses collègues, il sera auditionné par l’IGS. À l’issue de l’enquête administrative, la moitié des effectifs fera l’objet d’une mutation. Et, plus tard, la Mondaine sera débaptisée. Elle deviendra la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme. C’est cette affaire qui entraînera le rattachement de la préfecture de police à la direction générale de la rue des Saussaies. Donc, la naissance de la police nationale sous sa forme actuelle.

Pour ceux qui s’intéressent à la police et à son histoire, ces deux livres sont une mine d’informations. De véritables documents. Ils sont chez le même éditeur, les éditions Jacob-Duvernet.

Du 36 aux brigades du Tigre

le Monde.fr

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