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Quatre ans d’efforts n’auront pas permis à Staffan De Mistura de faire avancer le règlement politique du conflit, toujours bloqué par la question du sort de Bachar Al-Assad.

A Genève, en 2016.

© FABRICE COFFRINI / AFP A Genève, en 2016.

Fort de son expérience à la tête d’une vingtaine de missions de l’ONU dans des zones de guerre, de l’Afghanistan à l’Irak en passant par la Bosnie ou le Soudan, ce diplomate italo-suédois s’est toujours défini comme un « optimiste chronique ». Ce trait de caractère explique probablement pourquoi Staffan De Mistura, 72 ans, accepta en juillet 2014 le poste d’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie que lui offrait le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon. Sa mission : « Faire cesser les violences et les violations des droits humains et promouvoir une solution pacifique de la crise syrienne ».

Elle tenait de l’impossible. Finalement, M. De Mistura a annoncé le 17 octobre au Conseil de sécurité qu’il jetait l’éponge pour raisons personnelles, las de n’avoir pas pu permettre un véritable démarrage des négociations intersyriennes de Genève entre le régime et l’opposition. « Je crois être un bon négociateur, même si personne n’est parfait, mais les négociations les plus difficiles, à la différence de ce que prétendent les manuels, sont celles avec sa propre famille », confiait-il récemment.

Tous ou presque, à commencer par le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, auraient souhaité que ce diplomate parfaitement au fait du dossier reste en fonction. Il a préféré mettre fin à presque quatre ans d’efforts et d’inlassable navette diplomatique.

« Il ne sait pas trancher »

Il lui fallait tenter de concilier les intérêts opposés des membres permanents du Conseil de sécurité comme les rivalités entre les puissances régionales directement engagées sur le terrain, comme la Turquie et l’Iran. Il lui fallait surtout composer avec l’intransigeance d’un régime sanguinaire toujours plus convaincu de pouvoir gagner la guerre, et avec les fractures d’une opposition toujours plus affaiblie.

Son bilan reste pour le moins limité, même s’il a réussi à maintenir en vie les discussions de paix de Genève, le seul et bien fragile cadre pour trouver au conflit une solution politique que toutes les grandes puissances appellent de leurs vœux – au moins en façade –, y compris la Russie.

Maîtresse du jeu depuis son intervention militaire à l’automne 2015 qui sauva le régime et lui permit de reconquérir l’est d’Alep, bastion symbolique de la rébellion, celle-ci craint aujourd’hui l’enlisement dans une guerre sans fin. Mais rien n’avance, même si la nouvelle administration américaine, hésitante sur la stratégie au-delà de la lutte contre l’organisation Etat islamique, semble finalement comprendre que le président syrien, Bachar Al-Assad, ne peut incarner l’avenir de son pays.

« De Mistura a les défauts de ses qualités. C’est un très fin négociateur, mais il est souvent trop conciliant et il semble tétanisé à l’idée qu’une des parties claque la porte », soupire un diplomate occidental. « C’est un vrai gentilhomme et il a une grande empathie pour chacun de ses interlocuteurs, mais il ne sait pas trancher quand il le faut », renchérit un parlementaire italien, perplexe quant au bilan de M. De Mistura comme sous-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, en 2011, dans le gouvernement de techniciens de Mario Monti.

Parlant sept langues – italien, suédois, anglais, français, espagnol, allemand et arabe –, ce fils d’un marquis italien de Dalmatie qui avait fui les partisans de Tito et d’une suédoise de bonne noblesse a un style qui tranche dans la grise bureaucratie onusienne. Haute silhouette et costumes parfaitement coupés, préférant le pince-nez aux lunettes, il fait le baise-main, revendique ses origines aristocratiques et montre à l’occasion une réelle inventivité diplomatique. Il a aussi le sens de l’humour, citant Samuel Beckett pour justifier son infinie persévérance : « Toujours essayer, échouer, mais qu’importe : essayer à nouveau et échouer mieux. » 

Que pouvait-il faire pour Alep ?

En acceptant de devenir le troisième émissaire pour la Syrie, Staffan de Mistura connaissait toute la difficulté de sa mission. Deux poids lourds de la diplomatie onusienne, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, l’avaient précédé sans arriver à grand-chose. Ils l’avaient prévenu : « Si tu ne fais rien, tu seras critiqué, si tu essaies de faire quelque chose, tu seras critiqué au moins par une des parties sinon par toutes. »

Le diplomate, au début, parlait parfois trop et trop vite, évoquant par exemple la nécessité de maintenir M. Assad dans le processus politique, ce qui déchaîna la colère de l’opposition. Mais peu à peu, les représentants de celle-ci ont fini par l’apprécier pour sa constance et sa connaissance des dossiers.

Estimant un accord général irréalisable à court terme, Staffan de Mistura a d’abord voulu privilégier des cessez-le-feu locaux. Cette politique de petit pas n’apporta guère de résultats concrets et le directeur politique de son équipe, Mouin Rabbani, démissionna avec fracas en dénonçant l’« incompétence » de son patron. Staffan de Mistura misa notamment sur Alep qu’il voyait comme le principal nœud de la crise syrienne. Mais que pouvait-il faire pour empêcher la reconquête de la ville en novembre 2016, alors même que le secrétaire d’Etat américain John Kerry, comme les autres dirigeants occidentaux, étaient impuissants face à la détermination de Moscou et Damas ?

Sa position comme celle de l’ONU furent encore affaiblies par le lancement début 2017 à Astana, la capitale kazakhe, d’un processus de paix alternatif parrainé par Moscou avec Téhéran et Ankara. C’était le symbole d’un basculement du monde : ni les Américains, ni les Européens ni aucun pays arabe n’était associé à cette initiative du Kremlin, mais cette tentative de « pax poutiniana » n’a, elle non plus, rien donné jusqu’à présent.

« Je n’attends pas de miracle, ce ne sera pas facile (…), mais nous savons tous ce qui se passera si nous échouons une fois de plus », répétait-il encore il y a un an et demi à Genève en ouvrant une nouvelle session des négociations après une interruption de neuf mois, et appelant les parties à leur « responsabilité historique ».

Salles contiguës

Selon la feuille de route fixée par la résolution 2254 adoptée à l’unanimité en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU, les négociations portent sur les modalités d’une future gouvernance « inclusive et non sectaire », la rédaction d’une nouvelle Constitution et la tenue d’élections sous supervision des Nations unies.

Le point crucial reste la « transition ». Pour le régime, avec le soutien de Moscou, cela signifie que Bachar Al-Assad reste aux commandes avec quelques réformes de façade. L’opposition, avec notamment le soutien de Paris mais aussi d’autres capitales occidentales et arabes, exige son départ au moins au terme du processus. Tout reste bloqué sur ce point.

Jamais, depuis le début du processus, les délégations du régime et de l’opposition n’ont négocié face à face. C’était toujours M. De Mistura ou l’un de ses représentants qui faisait la navette pour tenter d’établir au moins quelques points de convergence. Une seule fois, le 30 novembre 2017, l’envoyé spécial a réussi par surprise, sans les avoir averties à l’avance, à faire siéger le temps d’un après-midi la délégation du régime et celle de l’opposition dans deux salles contiguës du palais des Nations à Genève.

Mais il ne put aller plus loin. Son dernier voyage, à l’invitation des autorités syriennes, sera à Damas pour évoquer la formation d’un Comité constitutionnel à même de rédiger une nouvelle constitution. Il devrait réunir des experts présentés par le régime, par l’opposition, et par l’ONU. La démission de Staffan de Mistura sera effective fin novembre.

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Wojciech Janowski a été reconnu coupable d’avoir commandité l’assassinat de sa belle-mère, Hélène Pastor, et de son chauffeur Mohamed Darwich.

Lecteur vidéo depuis : Dailymotion (Politique de confidentialité)

La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné Wojciech Janowski, le gendre d’Hélène Pastor, à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité les meurtres de la milliardaire de Monaco et de son chauffeur Mohamed Darwich, mercredi 17 octobre.

Durant les cinq semaines du procès, qui a démarré le 17 septembre, M. Janowski a toujours nié être le commanditaire des meurtres d’Hélène Pastor et de son chauffeur, tombés dans un guet-apens le 6 mai 2014 alors qu’ils quittaient, en voiture, un hôpital niçois.

Wojciech Janowski avait une première fois avoué avoir commandité l’assassinat en garde à vue, avant de le nier et de considérer ses déclarations devant les policiers comme des aveux extorqués, une position qu’il gardera tout au long du procès. La diffusion, lors du procès, d’une vidéo de son interrogatoire par la police avait mis à mal sa version.

 

Croquis de Wojciech Janowski à la cour d’assise des Bouches-du-Rhône, le 17 septembre 2018.

© BENOÎT PEYRUCQ / AFP Croquis de Wojciech Janowski à la cour d’assise des Bouches-du-Rhône, le 17 septembre 2018.

M. Janowski a présenté « ses excuses »

Lors de sa plaidoirie, mardi, l’avocat de M. Janowski, Me Dupond-Moretti, avait déclaré son client « coupable d’avoir commandité l’assassinat » de sa belle-mère, Hélène Pastor, mais avait demandé aux jurés de l’acquitter pour l’assassinat de son chauffeur, Mohamed Darwich. Wojciech Janowski a été, mercredi, reconnu coupable des deux assassinats.

Le tireur et le guetteur et recruteur du guet-apens organisé à Nice en mai 2014, Samine Said Ahmed et Al Haïr Hamadi, ont eux aussi été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Le coach sportif de Wojciech Janowski, que ce dernier avait chargé d’organiser l’exécution, a quant à lui été condamné à 30 ans de réclusion.

« C’est une condamnation exemplaire. J’ai toujours été certain de la culpabilité de Wojciech Janowski. Le jury n’a pas été dupe de son ultime manipulation, ses aveux de dernière minute, une ultime tentative pour se soustraire à ses responsabilités », a réagi auprès de l’AFP Gildo Pallanca-Pastor, le fils d’Hélène Pastor et frère de Sylvia Ratkowski, la compagne de Wojciech Janowski. Wojciech Janowski a présenté mercredi matin « ses excuses » à sa compagne et ses enfants, lors du dernier jour du procès.

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Disparition de Jamal Khashoggi : des proches du prince héritier saoudien parmi les suspects

Plusieurs des hommes suspectés par les autorités turques d’être responsables de la disparition du journaliste ont des liens avec les services de sécurité attachés au prince, selon le New York Times. De plus en plus d’éléments mettent à mal la version donnée par l’Arabie saoudite.

Un des quinze hommes suspectés par les autorités turques de figurer parmi les responsables de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre à Istanbul, appartient à l’entourage du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, selon les informations du New York Times . Le quotidien américain affirme par ailleurs avoir pu confirmer de lui-même qu’au moins neuf de ces quinze suspects ont travaillé pour les services de sécurité et militaires d’Arabie saoudite, ou pour des ministères.

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Selon le quotidien américain, qui publie plusieurs photos pour accompagner ses affirmations, l’homme qui figure dans l’entourage du roi a notamment accompagné le prince lors de certains de ses déplacements aux États-Unis en mars 2018 ainsi qu’à Madrid et à Paris en avril 2018. Il est identifié comme Maher Abdulaziz Mutreb, un diplomate en poste à l’ambassade saoudienne de Londres en 2007, selon le quotidien qui s’appuie sur un organigramme de la diplomatie britannique.

Le prince, surnommé «MBS», et son père le roi Salmane ont nié avoir connaissance du sort du journaliste saoudien, qui s’est installé aux États-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince. Jamal Khashoggi n’a plus donné signe de vie après être entré dans le consulat saoudien à Istanbul pour des démarches administratives le 2 octobre. L’Arabie saoudite a jusqu’ici affirmé que Jamal Khashoggi avait quitté la représentation diplomatique peu de temps après. Selon les autorités turques, en revanche, le journaliste a été assassiné dans ces locaux par une équipe venue d’Arabie saoudite.

» LIRE AUSSI – Disparition de Jamal Khashoggi: la Turquie peut-elle affronter l’Arabie saoudite?

Un médecin légiste parmi les suspects

Le New York Times ajoute que trois autres suspects – qu’il identifie comme Abdulaziz Mohammed al-Hawsawi, Thaar Ghaleb al-Harbi et Muhammed Saad Alzahrani – ont été liés par des témoins ou d’autres sources aux services de sécurité attachés au prince de 33 ans. Un cinquième homme, un médecin légiste identifié comme Salah al-Tubaigy, a occupé des postes à hautes responsabilités au ministère saoudien de l’Intérieur et dans le secteur médical saoudien, poursuit le journal, soulignant qu’«un personnage de cette stature ne pourrait être dirigé que par une autorité saoudienne de haut rang».

Disparition de Jamal Khashoggi : l’hypothèse d’une «équipe d’assassinat» saoudienne
Des télévisions turques ont diffusé des images de vidéosurveillance montrant notamment l’entrée au consulat saoudien d’Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi et de l’équipe soupçonnée d’être responsable de sa disparition

Disparition de Jamal Khashoggi?: l?hypothèse d?une «équipe d?assassinat» saoudienne – Regarder sur Figaro Live

Pour le New York Times, la position des suspects au sein du gouvernement saoudien et les liens de plusieurs d’entre eux avec le prince héritier «pourraient rendre beaucoup plus difficile de l’absoudre de toute responsabilité» dans la disparition de Jamal Khashoggi. «Et la présence d’un médecin légiste spécialisé dans les autopsies suggère que l’opération pourrait avoir été préparée avec un objectif fatal depuis le début», relève le journal.

» LIRE AUSSI – Barbouzes, scie à os… Le récit glaçant de l’assassinat de Jamal Khashoggi par un commando saoudien

La version officielle saoudienne de plus en plus remise en cause

À ces informations s’ajoutent celles du Washington Post , qui estime pour sa part que onze des quinze suspects ont des liens avec les services de sécurité saoudiens. D’après cet autre quotidien américain, auquel collaborait Jamal Khashoggi avant sa disparition, Ankara a indiqué aux États-Unis détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Jamal Khashoggi a été «interrogé, torturé puis tué» à l’intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

D’autres médias américains rapportaient lundi soir que l’Arabie saoudite envisageait de reconnaître la mort du journaliste de 59 ans lors d’un interrogatoire au consulat. Selon CNN, citant deux sources anonymes, Ryad préparerait un rapport tentant de minimiser son implication dans la disparition. Selon une de ces sources, le rapport conclurait que l’opération a été menée «sans autorisation ni transparence» et que «les personnes impliquées seront tenues pour responsables».

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été dépêché à Riyad par Donald Trump pour en savoir plus sur cette affaire. Il s’est entretenu avec plusieurs dirigeants saoudiens. Selon lui, ils «ont promis de demander des comptes à chacune des personnes dont leur enquête aura montré qu’elle doit rendre des comptes», a déclaré Mike Pompeo aux journalistes. À la question de savoir si cet engagement était valable même pour une personne qui serait membre de la famille royale saoudienne, le chef de la diplomatie américaine a répondu: «Ils n’ont fait aucune exception concernant ceux à qui ils demanderaient des comptes». «Ils ont été très clairs», a insisté Pompeo. «Ils comprennent l’importance de ce problème, ils sont déterminés à aller jusqu’au bout» dans leurs investigations.

Le figaro.fr
AFP, Reuters Agences

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