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Le Parti socialiste espagnol (PSOE), première formation d’opposition, a déposé vendredi une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy, après la condamnation de son parti conservateur dans un spectaculaire procès pour corruption.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une conférence de presse à Madrid, le 29 décembre 2017

© afp.com/JAVIER SORIANO Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d’une conférence de presse à Madrid, le 29 décembre 2017

Une motion de censure a été déposée à la Chambre des députés, a annoncé un porte-parole du PSOE. Pour réussir, cette motion devrait recueillir une majorité absolue de 176 députés derrière le candidat que présentera le parti pour former un nouveau gouvernement, une majorité toutefois difficile à réunir dans une opposition divisée.

Le secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez a réuni dans la matinée le comité exécutif fédéral du parti pour discuter de cette motion de censure après que la justice eut conclu à un financement illicite du Parti Populaire de (PP) M. Rajoy dans un arrêt rendu public jeudi.

Selon l’arrêt de l’Audience nationale, le PP a bénéficié d’un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics dans plusieurs municipalités. Ce tribunal compétent notamment pour les affaires de corruption, a également conclu à l’existence d’une « caisse noire », pourtant niée par les dirigeants du PP.

Pour renverser M. Rajoy, le PSOE a déjà reçu le soutien du parti de gauche radical Podemos, mais pour parvenir à une majorité, il lui faudrait avoir l’appui improbable des libéraux de Ciudadanos, ou celui des petits partis nationalistes dont les séparatistes catalans qui défient ouvertement le gouvernement de Madrid et contre lesquels M. Sanchez s’est allié avec M. Rajoy.

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Merzoug Touati, un blogueur algérien arrêté en janvier 2017 pour avoir publié un entretien avec un diplomate israélien, a été condamné à 10 ans de prison ferme pour espionnage, a annoncé vendredi son avocat.

Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération en janvier 2017.

© Reporters sans frontières Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération en janvier 2017.

Merzoug Touati, 30 ans, un blogueur algérien ayant publié sur internet un entretien avec un diplomate israélien a été condamné jeudi 24 mai à 10 ans de prison ferme pour « intelligence avec une puissance étrangère », a annoncé à l’AFP un de ses avocats, Me Boubakeur Esseddik Hamaïli.

Le tribunal criminel de Béjaïa, situé à 260 kilomètres à l’est d’Alger, a déclaré le blogueur coupable d’avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de 20 ans de prison.Me Hamaïli, qui avait plaidé l’acquittement, a indiqué qu’il allait s’entretenir dimanche avec son client pour savoir si celui-ci décidait de faire appel.

Merzoug Touati est détenu depuis qu’il a été arrêté à Béjaia en janvier 2017, après avoir appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de finances et diffusé sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Merzoug Touati a mené sept grèves de la faim depuis son incarcération.

« Un procès à charge uniquement »

« Merzoug Touati est un blogueur qui n’a fait qu’exercer ses droits garantis par la Constitution. Il est libre de parler avec qui il veut et de dire ce qu’il veut », a expliqué l’avocat à l’AFP.Merzoug Touati, qui n’a obtenu que des emplois précaires depuis qu’il est diplômé de l’université, « n’a jamais occupé de poste à responsabilité lui donnant accès à des informations qu’il aurait pu communiquer » à une puissance étrangère, a-t-il souligné.

Le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), Said Salhi, qui assistait à l’audience, a dénoncé « un procès à sens unique, à charge uniquement ». »Il n’y a pas eu de témoins à décharge, les témoins cités par la défense, on ne les a pas vus », a-t-il expliqué par téléphone à l’AFP, « c’est un dossier disproportionné, avec des accusations très graves par rapport au contenu ».

Merzoug Salhi s’est, lui, dit très « déçu » par le verdict : « Dix ans, c’est une peine très lourde », au regard des faits.

Avec AFP

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Roland Gauron
En l’espace d’une semaine, l’euphorie suscitée par la perspective de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-un a cédé la place au doute avant que le président des États-Unis annule le rendez-vous.

Le 8 mars dernier, Donald Trump annonçait à la surprise générale qu’il avait accepté une invitation du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. Le président des États-Unis se montre alors très optimiste. Fraîchement nommé, son secrétaire d’État, Mike Pompeo, se retrouve en première ligne dans le dossier. Ce dernier se rend en Corée du Nord à deux reprises en l’espace de quelques semaines. À l’issue de son second déplacement, il ramène avec lui, en signe de bonne coopération, trois prisonniers américains. Dans la foulée, après plusieurs mois de négociations, Américains et Nord-Coréens conviennent d’une date et d’un lien: le 12 juin à Singapour.

figarofr: Le président américain, Donald Trump, a annulé jeudi le sommet prévu le 12 juin à Singapour avec Kim Jong-un, évoquant l'«hostilité» de Pyongyang qu'il a mis en garde contre toute action «stupide ou irresponsable».

© BEHROUZ MEHRI/AFP Le président américain, Donald Trump, a annulé jeudi le sommet prévu le 12 juin à Singapour avec Kim Jong-un, évoquant l’«hostilité» de Pyongyang qu’il a mis en garde contre toute action «stupide ou irresponsable».MERCREDI 16 MAI. – Tout bascule pourtant à moins d’un mois de l’échéance prévue, quand la Corée du Nord menace de reconsidérer la tenue du sommet. En cause: le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton. L’Américain a eu pour tort d’évoquer fin avril à la télévision le «modèle libyen» comme cadre des négociations à venir. Après des mois de pourparlers secrets avec les États-Unis et le Royaume-Uni, le colonel Kadhafi avait renoncé en 2003 à ses programmes visant à obtenir des armes chimiques, biologiques ou nucléaires (ADM). Le dirigeant libyen a été tué huit ans plus tard lors d’un soulèvement soutenu par des bombardements de l’OTAN. À Pyongyang, la référence est perçue comme une «tentative sinistre d’imposer à notre digne État le destin de la Libye et de l’Irak», selon le vice-ministre des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan.

JEUDI 17 MAI. – Le lendemain, Donald Trump affiche une certaine prudence qui contraste avec l’enthousiaste avec lequel il envisageait auparavant la rencontre. «Si la rencontre a lieu, elle aura lieu, et si elle n’a pas lieu, nous passerons à l’étape suivante», assure le président des États-Unis. «Nous verrons.» Selon lui, les préparatifs du sommet sont toujours en cours. Au passage, Donald Trump prend le soin de prendre ses distances avec son conseiller: «Le modèle libyen n’est pas du tout ce que nous avons en tête». «Si vous regardez ce qui s’est passé avec Kadhafi (…), nous sommes allés sur place pour le vaincre, poursuit-il depuis le Bureau ovale. Cela pourrait probablement avoir lieu si nous ne trouvons pas d’accord, mais si nous trouvons un accord, je pense que Kim Jong-un sera très heureux.»

LUNDI 21 MAI. – Quatre jours plus tard, dans une interview accordée à Fox News, le vice-président des États-Unis, Mike Pence, réitère la menace: «Vous savez, le président a été très clair, cela finira comme le modèle libyen a terminé si Kim Jong-un ne passe pas un accord.» De son côté, Donald Trump laisse à son tour planer le doute. «Il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin», affirme-il le jour suivant. «Si la rencontre n’a pas lieu, elle aura peut-être lieu plus tard.» Il se montre un peu plus optimiste le mercredi: «Le sommet pourrait tout à fait se tenir. Quoi qu’il en soit, nous en saurons plus la semaine prochaine sur Singapour. Et si nous y allons, je pense que ce sera une bonne chose pour la Corée du Nord.»

JEUDI 24 MAI. – Seulement, les propos de Mike Pence n’ont pas échappé à Pyongyang. La réponse intervient jeudi par la voix d’une autre vice-ministre des Affaires étrangères. «Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain», lance Cheo Son-hui. Pour Washington c’en est trop. Le soir même, Donald Trump envoie une missive d’une vingtaine de lignes à Kim Jong-un lui signifiant l’annulation du sommet. «J’étais impatient de vous retrouver là-bas, écrit-il. Malheureusement, au regard de l’énorme colère et de l’hostilité affichée dans votre dernière déclaration en date, j’estime qu’il n’est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre.»

AUSSI SUR MSN : Bertrand Badie : « Trump se croit encore à l’époque de la guerre froide »

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Selon l'UNESCO, 2.464 langues sont «ménacées» | Andrew Butler via Unsplash License by: Plus de 2.000 langues sont en train de disparaître

© Fournis par Slate Plus de 2.000 langues sont en train de disparaître

L’identité d’une communauté ou d’un pays passe aussi par sa langue.

La Société internationale de linguistique (SIL) estime qu’il y a environ 7.000 langues dans le monde –dont 141 langues officielles. Un rapport de l’UNESCO classe 2.464 langues comme «menacées» de disparition: en moyenne, tous les quinze jours une langue disparaît.

L’identité d’une communauté ou d’un pays passe notamment par une histoire, une culture et une langue commune. Dans certains cas, comme celui de la Catalogne, le langage est un moyen d’affirmer ses convictions politiques ou de manifester du patriotisme.

«Aujourd’hui il n’y a plus que le foot et la langue pour défendre son identité», souligne Mathieu Avanzi, linguiste.

Dans le monde, les mouvements séparatistes ou indépendantistes défendent des idéaux politiques mais aussi identitaires. Le langage y joue un rôle important: il réunit autant qu’il exclut. L’Espagne fait partie des pays scindés par plusieurs communautés: une schizophrénie identitaire qui cohabite à l’intérieur même des frontières.

«Pour moi, être Espagnol c’est un partage des langues et d’identités régionales. Mes parents enseignent le castillan mais à la maison on parle galicien et ma grand-mère chante en catalan. Le langage ce n’est pas simplement de la communication. Quand on parle, on partage des codes», raconte Rosalia Martinez.

Des efforts réalisés par les gouvernements pour sauver les langues locales 

De nombreux gouvernements comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas investissent dans des programmes de formations linguistiques pour encourager les migrants ou les réfugiés à «mieux s’intégrer». Jusqu’à 2020, le gouvernement allemand compte dépenser près de 5,7 milliards d’euros pour mettre ces politiques en action.

A contrario, des pays comme le Pays de Galles investissent 170 millions d’euros par an dans des politiques linguistiques: programmes de tutorat dans les écoles galloises et  subventions de médias en gallois. Ce genre d’investissement a permis d’endiguer la baisse de la pratique de la langue.

De l’autre côté du globe, les politiques mises en place dans les années 1990 par le gouvernement néo-zélandais ont permis une revitalisation de la langue maori.

«De plus en plus d’enfants apprennent cette langue. Grâce à ça, la culture et l’identité maori gagne en visibilité dans le reste du pays», rapporte Minority Rights, une organisation qui défend les droits individuels et collectifs des minorités.

Comme l’explique Collette Grinwald dans une interview pour France Info, «dans la majorité des cas, il sera difficile, voire impossible d’enrayer la disparition des langues». Alors pourquoi ne pas prendre les devants et commencer à apprendre l’espéranto: cette langue, qui se veut universelle, est déjà parlée par plus de deux millions de personnes à travers le monde.

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Trump a été sommé de débloquer ses détracteurs en vertu du premier amendement de la Constitution sur la liberté d’expression.

Les personnes bloquées par Donald Trump peuvent toujours écrire des tweets s'adressant au président mais celui-ci ne les verra pas.

© afp.com/SAUL LOEB Les personnes bloquées par Donald Trump peuvent toujours écrire des tweets s’adressant au président mais celui-ci ne les verra pas.Le président américain ne pourra plus jouir librement de son réseau social préféré. Donald Trump n’a plus le droit d’empêcher ses détracteurs de le suivre sur Twitter, a jugé mercredi une magistrate fédérale de New York.

La possibilité de réagir aux fréquents tweets présidentiels, en les commentant, s’inscrit dans l’exercice de la liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution, a estimé la juge Naomi Reice Buchwald. En d’autres mots, Donald Trump a commis une faute en bloquant certains de ses abonnés potentiels sur son compte Twitter personnel @realDonaldTrump, suivi par 52 millions d’autres comptes.

Aucune exception

« Dans cette affaire, on demande à la justice d’évaluer à l’aune du premier amendement si un responsable gouvernemental peut bloquer une personne sur son compte Twitter en réaction aux opinions politiques exprimées par cette personne. On demande parallèlement si cette analyse diffère parce que le responsable est le président des États-Unis. La réponse aux deux questions est non », a tranché la juge Buchwald.

Ce dossier est né d’une plainte déposée par le Knight Institute, une organisation de défense de la liberté d’expression dépendant de l’université de Columbia, au nom de sept personnes « bloquées » par Donald Trump.

On trouvait parmi elles un comédien new-yorkais, un professeur en sociologie du Maryland, un policier texan et une chanteuse de Seattle. Le blocage les empêchait de voir les tweets postés quasi quotidiennement par le président, et d’y répondre directement.

Plusieurs centaines d’opposants bloqués

Le Knight Institute s’est félicité du jugement, y voyant « une application méticuleuse des principes du premier amendement à une censure gouvernementale sur une nouvelle plateforme de communication ». « La pratique du président de bloquer ses détracteurs sur Twitter est pernicieuse et anticonstitutionnelle », a commenté Jameel Jaffer, directeur de l’organisation.

Les personnes bloquées par Donald Trump peuvent toujours écrire des tweets s’adressant au président mais celui-ci ne les verra pas. Leurs commentaires sont moins visibles car ils ne figurent pas sur le fil des réactions aux tweets du président, un des premiers dirigeants à avoir fait de son compte Twitter son outil de communication préféré.

On ignore combien de personnes au total Donald Trump a bloqué sur Twitter, mais certaines estimations font état de plusieurs centaines. La juge Buchwald n’a pas pris d’injonction ordonnant précisément à Donald Trump de « débloquer » ces personnes, en estimant qu’il revenait au président de le faire en interprétant son jugement.

« Nous espérons que la Maison-Blanche appliquera simplement la décision du tribunal », a indiqué à l’AFP une porte-parole du Knight Institute, Ujala Sehgal. « Si elle ne le fait pas, nous sommes prêts à poursuivre l’action en justice »

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Le missile qui a détruit le vol MH17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine, provenait d’une unité militaire russe, ont affirmé jeudi les enquêteurs.

Le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu au-dessus de l'est de l'Ukraine le 17 juillet 2014.

© Dominique Faget, AFP Le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014.

Le missile qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l’Ukraine en 2014 provenait d’une unité militaire russe, ont indiqué jeudi 24 mai les enquêteurs internationaux.

Les enquêteurs « ont conclu que le missile Bouk-Telar qui a abattu MH17 provenait de la 53e brigade anti-aérienne basée à Koursk, en Russie« , a annoncé l’enquêteur néerlandais Wilbert Paulissen. « La 53e brigade fait partie des forces armées russes », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse aux Pays-Bas.

Le vol MH17 a été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014. L’ensemble des 298 personnes présentes à son bord, en majorité des Néerlandais, ont péri. Si Moscou a toujours nié son implication dans le crash, un groupe de procureurs internationaux a affirmé, en septembre 2016, que le missile sol-air, de fabrication russe, avait été tiré depuis un village tenu par les séparatistes prorusses.

En mars 2014, la Russie a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée après une intervention militaire et un référendum sur son rattachement, qualifié d’illégal par Kiev et les Occidentaux.

Avec AFP

AUSSI SUR MSN : Crash du vol MH17 en Ukraine : «Les corps tombaient du ciel comme des pétales»

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Le très lisse juriste de 53 ans, discret et élégant, est devenu le nouvel homme fort de la scène politique italienne, dont il est pourtant un tout nouveau venu.

Giuseppe Conte, le 23 mai 2018, au palais du Quirinal, à Rome.

© VINCENZO PINTO / AFP Giuseppe Conte, le 23 mai 2018, au palais du Quirinal, à Rome.

Voilà une semaine, il n’était qu’un illustre anonyme. Même l’imagination prodigue des scénaristes de l’âge d’or de la Cinecitta n’aurait pu anticiper que ce très lisse juriste de 53 ans, discret et élégant, puisse devenir le nouvel homme fort de la scène politique italienne. Mais Giuseppe Conte a bien été nommé, mercredi 23 mai, président du conseil italien, au terme d’un feuilleton politique qui dure depuis plus de deux mois.

Enfant du sud de l’Italie, Giuseppe Conte est né le 8 août 1964 à Volturara Appula, un petit village de cinq cents âmes niché dans la campagne des Pouilles. Fils d’un fonctionnaire de la mairie et d’une institutrice, l’homme est le premier chef de gouvernement originaire du sud de l’Italie depuis près de trente ans. « C’est quelqu’un qui vient de la périphérie de ce pays (…), qui s’est fait tout seul, un dur », assure le leader du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, à son sujet.

Giuseppe Conte affiche d’ailleurs un parcours académique exemplaire. Il suit de brillantes études de droit à la Villa Nazareth, une université catholique pour étudiants défavorisés à Rome. Il est diplômé, en 1988, de la prestigieuse université romaine, La Sapienza.

Il suit ensuite un parcours international d’exception – sans doctorat toutefois –, se spécialisant dans le droit privé, qu’il a enseigné dans des facultés en Sardaigne, à Rome, à Florence. Jusqu’à récemment encore, il était d’ailleurs professeur de droit privé à l’université Luiss, à Florence, tout en exerçant dans un cabinet d’avocats dans la capitale. Ses collègues, interrogés par la presse italienne, le décrivent comme un professeur « appliqué, passionné, à l’écoute et discret ».

Un curriculum vitæ qui fait débat

De lui, on ne connaît d’ailleurs pas beaucoup plus qu’un curriculum vitæ (CV) – un document long de dix-huit pages transmis en début de semaine par la nouvelle coalition gouvernementale jaune-vert, formée par le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi Di Maio et la Ligue de Matteo Salvini. Une litanie sans fin d’universités avec lesquelles il a collaboré, ainsi que de nombreuses publications juridiques dont il est l’auteur.

On y lit que l’homme a également été membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la chambre de commerce de Rome, ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Mais même ce seul document a provoqué la polémique. Passé au crible par des journalistes avides d’en savoir plus à propos de ce candidat inattendu, le New York Times, qui décrit l’intéressé comme « porté sur les boutons de manchette et les mouchoirs blancs », affirmait que l’université de New York, dont le professeur prétendait avoir suivi des cours d’été, n’avait pas trace de lui dans ses archives. Dans les heures qui suivent parviennent d’autres démentis, de l’université Duquesne de Pittsburgh, de l’université de Malte, de l’Internationales Kulturinstitut de Vienne. Poursuivant la lecture de son CV, on apprend que l’universitaire aurait été désigné comme expert au sein d’un « Social Justice Group » de l’Union européenne, qui n’existe tout simplement pas.

Cette accumulation de mensonges serait déjà accablante en soi, mais les ennuis du professeur Conte ne s’arrêtent pas là. Plus tard dans la journée, on apprenait qu’en 2013 le juriste avait, à titre gracieux, assuré la défense des intérêts des parents de la petite Sofia, une enfant malade dont la famille voulait obtenir le droit de la faire soigner selon la prétendue « méthode Stamina », développée par le professeur Vannoni, qui s’était révélée être une vaste escroquerie scientifique. Un élément biographique troublant qui apparaît parfaitement en ligne avec les conceptions antiscientifiques du M5S, proche depuis des années des mouvements « no vax » opposés au principe de la vaccination obligatoire.

Technocrate jamais élu, proche du Vatican

Réagissant à chaud à l’accumulation de ces accusations, le chef politique du M5S, Luigi Di Maio, a pris la défense de Giuseppe Conte :« Ils ne savent plus quoi inventer », a-t-il rétorquéC’est que Giuseppe Conte, proche du leader du Mouvement 5 étoiles, semble être la seule personnalité à avoir obtenu l’assentiment de la Ligue, tout en acceptant d’occuper un poste dont la plupart des prérogatives ont été rognées, se contentant d’appliquer un programme à la conception duquel il n’a pas été associé.

Comment expliquer, dès lors, que Giuseppe Conte entre en politique par la grande porte du Palazzo Chigi ? Par le passé, l’universitaire a dit avoir eu « plutôt le cœur à gauche », mais était toujours resté loin de la politique.

Jamais élu, il est l’un de ces technocrates pourtant tant décriés par les deux formations politiques populistes. Ce n’est d’ailleurs que pour les élections du 4 mars qu’il avait fait campagne pour le M5S, s’impliquant tant qu’il avait été présenté comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » la fonction publique.

« Une force politique doit être capable d’élaborer un programme utile pour les citoyens »confiait récemment Giuseppe Conte au Fatto Quotidiano, se disant séduit par le côté pragmatique du Mouvement 5 étoiles.

« Aujourd’hui, je pense que les schémas idéologiques des années 1900 ne sont plus pertinents. Je crois qu’il est plus important d’évaluer le travail d’une force politique sur son positionnement par rapport aux droits et aux libertés fondamentales. »

Selon le quotidien britanniqueThe Guardian, Giuseppe Conte a d’ailleurs été le « cerveau » à l’origine de la proposition du parti antisystème d’abolir quatre cents lois jugées « inutiles », pour alléger une administration estimée aussi tentaculaire que sclérosante.

Nul doute, en tout cas, que le choix de cet homme, que la presse italienne dit « proche du Vatican et disciple de Padre Pio » (un moine mystique mort en 1968 et canonisé en 2002) fera débat. Parviendra-t-il à affirmer un « style Conte », malgré son profil de technocrate, ou sera-t-il « l’otage technique des partis »s’interroge La Repubblica.

« Pas peur »

« Si en effet je deviens premier ministre, ce sera un défi, une nouvelle aventure », a dit Giuseppe Conte à ses proches ces derniers jours, selon la presse italienne. « Chaque réussite commence avec la décision d’essayer », a-t-il d’ailleurs choisi comme phrase de profil sur son compte WhatsApp, paraphrasant John F. Kennedy.

Gage d’un caractère peut-être plus trempé que ce qu’on lui prête, le Corriere della Serra rapportait, lundi 21 mai, des propos tenus auprès de ses proches, affirmant qu’« il faut un certain degré d’autonomie pour conduire sérieusement un exécutif ». Ce pèred’un garçon de dix ans, avec lequel il partage sa passion pour le football, expliquait encore n’avoir « pas peur d’assumer les fonctions qu’on [lui] confierait ». Une assertion qui n’empêche pas le plus lu des quotidiens italiens de craindre, à son tour, la naissance d’une « marionnette » agitée en coulisses par les deux chefs de file populistes, façon Pulcinella et Scaramuccia.

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