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Archive for the ‘Tuerie d’Oslo’ Category

Norvège : Breivik a obtenu ce qu’il voulait

Le Point.fr-

La cour a reconnu que Breivik était responsable d’actes terroristes. C’est très exactement ce qu’il souhaitait.
 
 
 

Anders Behring Breivik a effectué son salut fasciste sitôt qu’on lui a enlevé ses menottes ce matin à Oslo.©       Heiko Junge /       AFP

 

Anders Behring Breivik a été condamné vendredi peu après 10 heures à la peine de prison maximale, 21 ans, qui pourront être prolongés s’il est toujours considéré comme dangereux. Breivik, costume noir, chemine blanche et cravate noire, a accueilli la sentence du tribunal avec un large sourire. En arrivant dans la salle 250, quelques minutes plus tôt, il avait de nouveau fait son salut, bras tendu et poing fermé. Il ne fait aucun doute que l’extrémiste de droite responsable de la mort de 77 personnes le 22 juillet 2011 n’a pas faibli. Sa détermination est toujours intacte, et c’est bien un crime politique assumé qu’il a commis.

La prison, c’est ce qu’il souhaitait par-dessus tout. La cour a donc reconnu le terroriste norvégien de 33 ans sain d’esprit et responsable de ses actes. Si Breivik est soulagé, les Norvégiens le sont aussi. Les trois quarts d’entre eux souhaitaient que Breivik soit condamné à la prison à vie, et deux Norvégiens sur trois sont convaincus qu’il ne retrouvera jamais la liberté.

Breivik avait prévenu que, s’il était reconnu coupable, il ne ferait pas appel.

Propager son idéologie

Toute la journée, la cour revient maintenant sur les circonstances qui ont conduit Breivik à commettre ses attentats. Rapidement sur son enfance, sur ses affaires ratées, sur ses préparatifs de l’attentat avec les achats d’engrais pour ses explosifs, ses voyages au Libéria et à Londres en 2002, qui laissent toujours sceptique la cour. Selon la présidente, rien ne prouve que Breivik ait rencontré un nationaliste serbe au Libéria, comme il l’a prétendu, et encore moins qu’il ait rencontré à Londres d’autres « templiers » qui s’étaient promis de sauver l’Europe de l’islamisation. Mais même si ces rencontres sont fictives, même s’il s’est auto-radicalisé, cela n’enlève rien au caractère politique de l’action de Breivik et à la réalité de toutes sortes de préparatifs, notamment le processus de désensibilisation qu’il s’est imposé.

Les cinq juges vont poursuivre toute la journée la lecture du verdict, revenant sur les détails, citant une nouvelle fois les victimes une par une, afin que toute la lumière ne soit pas sur Breivik. Celui-ci, en tout cas, peut être satisfait. Il a obtenu ce qu’il souhaitait. Il va pouvoir se consacrer à ce qu’il voulait, l’écriture de livres, pour tenter de propager son idéologie de haine. Il est en contact épistolaire avec d’autres personnes qui partagent ses idées. Comme la présidente le rappelait, de très nombreuses personnes partagent les mêmes opinions extrémistes que Breivik sur l’immigration.

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Journée difficile au tribunal d'Oslo où Breivik va revenir sur les circonstances de la tuerie sur l'île d'Utoeya où 69 personnes, en majorité des adolescents, sont mortes.

Journée difficile au tribunal d’Oslo où Breivik va revenir sur les circonstances de la tuerie sur l’île d’Utoeya où 69 personnes, en majorité des adolescents, sont mortes.
| AFP

C’est une journée «difficile» qui s’annonce, comme l’avait prévenu son avocat Geir Lippestad. Dans un exposé qui risque de choquer l’assistance, Anders Behring Breivik, jugé pour le massacre de 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège revient sur les circonstances de la tuerie sur l’île d’Utoeya où 69 personnes, en majorité des adolescents, sont mortes. Au cinquième jour de son procès, le tueur décrit en détail cette fusilladequi a duré environ 75 minutes.

Sa plus jeune victime avait 14 ans.

Breivik pensait mourir après son attaque du 22 juillet, mais son opération-suicide a échoué. Se faisant passer pour un policier dont il porte l’uniforme, il fait ses premières victimes sur l’île peu après 17h. La police norvégienne, déjà secouée par une explosion de bombe dans le centre d’Oslo trois heures plus tôt est aussitôt avertie et une patrouille locale arrive sur l’île peu avant 18h. En moins d’une demi-heure, Breivik est interpellé et avoue rapidement être l’auteur de la fusillade. Dans la soirée, son avocat déclare que Breivik avait planifié ses attaques «sur une longue période». Son client est conscient de la cruauté de ses actes, explique-t-il, mais se sentait le devoir de «mener ces actions à leur terme».

«Je suis quelqu’un de très sympathique»

«Je suis antiraciste», a-t-il déclaré vendredi, interrogé par ses avocats sur ce point, tout en se disant révolté par «le racisme anti-européen» des médias. Le tueur a affirmé vendredi être quelqu’un de «très sympathique en temps normal» mais qu’il a dû refouler ses émotions à partir de 2006 afin de pouvoir perpétrer ses attaques. Pour cela, il a pratiqué la méditation, et couper ses liens sociaux en 2006. L’extrémiste de droite de 33 ans a indiqué avoir recouru à un «mécanisme de défense» et qu’il avait «déshumanisé» ses victimes en s’entraînant mentalement pendant plusieurs années.«Il faut déshumaniser l’ennemi (…) Si je ne l’avais pas fait, je n’aurais pas réussi» à perpétrer le massacre, a-t-il dit.

Vendredi, il a expliqué avoir décidé de perpétrer une «opération-suicide». Il pensait mourir le 22 juillet après avoir épuisé «toutes les voies pacifiques» pour promouvoir sa cause nationaliste. Breivik a une nouvelle fois accusé les médias européens de censurer systématiquement l’idéologie nationaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale et estimé que l’école était un «camp d’endoctrinement» oeuvrant pour le «marxisme culturel».

Jeudi, il évoquait la décapitation

Se disant en guerre contre «les élites» qui permettent «l’islamisation» de l’Europe, Breivik a reconnu les faits lundi mais refuse de plaider coupable. Pendant l’audience de jeudi il a affirmé qu’il avait prévu de tuer toutes les personnes présentes sur l’îles, les 569 d’entre elles, en les poussant à la noyade. Il a aussi avoué qu’il avait pour projet de décapiter le premier ministre norvégien dont il espérait la venue sur l’île le jour du carnage. Gro Harlem Brundtland a été premier ministre socialiste trois fois entre 1981 et 1996. Breivik l’ a décrite comme une «traitresse de catégorie A» pour avoir soutenu le multiculturalisme.

«J’avais une baïonnette au bout de mon fusil ainsi qu’un couteau. Mon plan était de la décapiter tout en filmant. La décapitation est la manière la plus traditionnelle d’appliquer la peine de mort en Europe. Elle a aussi été pratiquée en France jusque dans les années 1960 ainsi qu’en Norvège. Et d’ajouter : «Al-Qaïda ne sont pas les seuls à utiliser cette arme psychologique». Il avait aussi posé une bombe de près d’une tonne près du siège du gouvernement de centre-gauche norvégien, faisant huit autres victimes.

La question de la santé mentale de Breivik, jugé pénalement irresponsable dans une première expertise psychiatrique puis responsable par une contre-expertise, est centrale dans ce procès qui doit durer 10 semaines. Déclaré pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux.

 

LeParisien.fr

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Le Point.fr

Au deuxième jour de son procès, le tueur a tenté de s’expliquer sur ses actes devant la justice norvégienne. Glaçant.
Anders Behring Breivik à Oslo, mardi.Anders Behring Breivik à Oslo, mardi. © Hakon Mosvold Larsen / AFP

 

Des rires et des murmures dans le public, une juge passablement agacée : le long témoignage d’Anders Behring Breivik, qui a tour à tour invoqué Sitting Bull, le sushi et les écrans plats, a été accueilli mardi par l’impatience et la réprobation dans l’enceinte du tribunal d’Oslo. « Vous avez bientôt fini, Breivik ? » À quatre ou cinq reprises, la juge Wenche Elizabeth Arntzen a demandé d’un air strict à l’auteur des attaques du 22 juillet d’abréger la lecture d’un document de 13 pages qui tenait lieu de témoignage au deuxième jour de son procès.

Pour convaincre une cour sceptique à l’idée de donner à l’extrémiste de droite une tribune idéologique, la défense avait promis que la lecture de ce document n’excéderait guère 30 minutes. Les juges avaient donné leur accord. « Plus que six pages », « plus que cinq pages », « plus que trois pages »… Même si l’aplomb de ses réponses lui a valu les rires sarcastiques d’une audience jusqu’alors étonnamment disciplinée, Breivik a rejeté les rappels à l’ordre, certains abrupts. « Si je ne peux pas définir le cadre de ma défense, ça ne sert à rien que je m’explique », a-t-il dit, menaçant ainsi à mi-mot de ne pas coopérer.

Au total, il a donc lu pendant environ 75 minutes. Ironiquement, à peu près la même durée que la fusillade qu’il a perpétrée l’été dernier sur l’île d’Utoeya où ont péri 69 des 77 victimes qu’il a tuées ce jour-là. Émaillé de passages très durs – « Oui, je le ferais de nouveau », les jeunes d’Utoeya n’étaient « pas des enfants innocents », la jeunesse travailliste est « très semblable à la jeunesse hitlérienne » -, alors qu’il disait l’avoir tempéré par égard pour les victimes, le laïus était aussi par moments échevelé.

« Destruction de la société »

Parmi les deux cents membres du public composé pour moitié par des familles des victimes et leurs avocats et pour moitié par des journalistes, certains hochaient la tête. Afin d’illustrer sa lutte pour protéger « les Norvégiens de souche » contre ce qu’il perçoit comme une invasion musulmane, l’accusé a invoqué les chefs indiens Sitting Bull et Crazy Horse : « Étaient-ils des terroristes (…) ou des héros ? » a-t-il demandé, soulevant la stupéfaction d’une partie de l’assistance. Puis il a évoqué la supposée « destruction » de la société norvégienne sous l’effet du multiculturalisme : « Tout ce qui va nous rester, ce sont des sushis et des écrans plats. »

À un stade, une avocate des parties civiles, Mette Yvonne Larsen, a cru bon d’intervenir : « J’ai maintenant reçu tant de messages des proches des victimes et des survivants qui réagissent au fait que Breivik puisse parler de cette façon. Je dois lui demander plus de considération pour eux et qu’il cesse maintenant. » Mais tant la défense que l’accusation ont insisté pour que Breivik puisse finir de lire son texte. « Il est juste et important » que Breivik puisse continuer à s’expliquer, a affirmé le procureur Svein Holden.

Présidente de l’Association norvégienne des avocats, Berit Reiss-Andersen a estimé que « la juge s’en (était) bien tirée ». « Certes, elle aurait pu faire preuve de plus d’autorité, mais elle a senti venir le moment où Breivik allait refuser de parler. Lui laisser la parole était le seul moyen d’assurer que le procès continue sur la bonne voie », a-t-elle dit à l’AFP. Dans les couloirs du palais de justice, les réactions étaient contrastées parmi les survivants d’Utoeya. « Une bonne partie de ce qu’il a dit n’a rien à voir avec l’affaire et il y avait beaucoup d’inventions », s’est insurgé Tore Sinding Bekkedal. Son camarade, Ali Esbati, était d’un autre avis : « Je trouve juste qu’il puisse développer un peu ce qu’il pense », a-t-il confié.

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Breivik dit avoir agi au nom des Droits de l’Homme, influencé par Al-Qaïda

AFP (Le Point.fr)

 

Jugé pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.Jugé pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux.

Anders Behring Breivik a déclaré mardi devant le tribunal d’Oslo être un « ultra-nationaliste » ayant agi au nom des Droits de l’Homme pour sauver son peuple et avoir été influencé par Al-Qaïda lorsqu’il a massacré 77 personnes l’été dernier en Norvège.

« Ce sont les droits de l’Homme (qui m’ont donné le droit de protéger le peuple norvégien, ndlr). Ca a peut-être l’air stupide mais c’est le cas », a-t-il déclaré au deuxième jour de son procès dont l’audience a été levée à 16h00 (14h00 GMT).

Avec le plus grand calme, il a dit avoir été poussé à l’action parce que son peuple est, selon lui, « victime d’une +déconstruction systématique+ qui équivaut à une purification ethnique ».

« Les attaques du 22 juillet étaient des attaques préventives pour défendre les Norvégiens de souche », avait déclaré auparavant Breivik dans une intervention préliminaire de près d’une heure et quart au lieu des 30 minutes accordées par la cour qui voulait éviter un discours de propagande. Il avait conclu son intervention en demandant à être acquitté.

Breivik avait promis d’édulcorer la rhétorique de sa déclaration. « Je n’ai pas l’intention d’ajouter à la peine que (les familles et rescapés) ressentent déjà (…) Je ne peux même pas imaginer les souffrances que j’ai provoquées », a-t-il affirmé.

Il n’en a pas moins assuré que, pour lui, « être emprisonné le reste de sa vie ou mourir comme martyr pour son peuple était le plus grand honneur » et même « un devoir ». Il a ensuite reconnu qu’au départ il avait envisagé son opération comme « une attaque-suicide ».

« Sa vision du monde est cohérente même si elle est très particulière. Le fait qu’il ait modéré un peu ses propos les fait malheureusement ressembler davantage à beaucoup de choses qu’on trouve sur des blogs et dans des livres », a déclaré aux journalistes Ali Esbati, un Suédois d’origine iranienne survivant d’Utoeya.

Regrettant que le confort de vie des Norvégiens les empêche de défendre leur pays comme il estime l’avoir fait, Breivik a affirmé être prêt à réitérer son acte: « Oui je le ferais de nouveau ».

Son avocat Geir Lippestad avait prévenu que le témoignage de son client, prévu sur cinq jours, serait pénible à entendre.

« Si l’on prend la Déclaration universelle des droits de l’Homme comme point de départ, on peut se donner soi-même le mandat » de défendre son pays, a encore déclaré Breivik, persuadé que « (ses) frères nationalistes européens finiront par gagner » car « nous n’acceptons pas que notre pays soit colonisé contre notre gré ».

Et pour y parvenir, il affirme que les militants nationalistes européens ont « beaucoup à apprendre » d’Al-Qaïda, « l’organisation militante ayant le plus de réussite au monde ».

D’une voix posée, il a reconnu que son geste « était si extrême, même parmi les militants nationalistes », qu’il ne serait jamais compris.

« Après le 11 septembre, même les militants islamistes ont été choqués: ils trouvaient que c’était aller trop loin », a-t-il tenté d’expliquer en référence aux attentats de New York.

Mais pour lui, ces attentats revendiqués par Al-Qaïda ont marqué un tournant dans son parcours idéologique et son passage à l’acte.

Les bombardements de l’Otan sur la Serbie en 1999 « ont été la goutte qui a fait déborder le vase pour nombre de personnes » ultranationalistes et « le 11 septembre a également été un facteur, peut-être plus important pour moi que pour d’autres », a-t-il raconté.

La journée avait commencé par le renvoi d’un juge adjoint, Thomas Indreboe –l’un des trois juges issus de la société civile et qui assistent les deux magistrats professionnels– qui a reconnu avoir réclamé la peine de mort pour Breivik juste après les attaques du 22 juillet.

M. Indreboe, réceptionniste de profession, avait écrit sur l’internet: « La peine de mort est la seule solution juste dans cette affaire! ».

Même si la peine capitale ne figure pas dans l’arsenal pénal norvégien, ces propos « sont de nature à affaiblir la confiance » en son jugement, a expliqué la juge Wenche Elizabeth Arntzen qui préside le procès.

Cette séquence a amusé Breivik qui n’a pu réprimer un sourire.

Mardi, dès son arrivée dans le prétoire, Breivik avait reproduit le geste de provocation déjà effectué la veille, adressant à l’assemblée ce qu’il présente comme un salut d’extrême droite: après s’être frappé le coeur du poing droit, il a tendu le bras et ce poing en direction de la salle déjà bondée. Un geste qui, explique-t-il, représente « la force, l’honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe ».

Breivik plaide non coupable et le principal point d’interrogation du procès, qui devrait durer 10 semaines, porte sur sa santé mentale.

Jugé pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux.

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Le Point.fr

L’extrémiste de droite entend utiliser son procès non seulement pour « défendre son geste », mais aussi « pour déplorer ne pas avoir été plus loin ».

Anders Behring Breivik, qui a reconnu avoir tué 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège, s’est dit mardi « content », par la voix de son avocat, du résultat d’une contre-expertise psychiatrique qui a conclu à sa responsabilité pénale contrairement à une première évaluation officielle.

« Sa première réaction ? Il était content de la conclusion » du rapport des nouveaux experts-psychiatres, a déclaré Geir Lippestad lors d’un point de presse à la sortie de la prison d’Ila, près d’Oslo, où il venait de s’entretenir avec son client sur le contenu de la contre-expertise.

L’extrémiste de droite utilisera son procès qui s’ouvre lundi pour « déplorer de ne pas être allé plus loin » dans ses attaques, a annoncé mardi son avocat. « Cela sera extrêmement difficile, un énorme défi d’écouter ses explications », a déclaré Geir Lippestad lors d’un point de presse. « Il va non seulement défendre (son geste, ndlr) mais aussi déplorer, je crois, de ne pas être allé plus loin. »

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Le Point.fr

L’extrémiste de droite entend utiliser son procès non seulement pour « défendre son geste », mais aussi « pour déplorer ne pas avoir été plus loin ».

 

Anders Behring Breivik, qui a reconnu avoir tué 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège, s’est dit mardi « content », par la voix de son avocat, du résultat d’une contre-expertise psychiatrique qui a conclu à sa responsabilité pénale contrairement à une première évaluation officielle.

« Sa première réaction ? Il était content de la conclusion » du rapport des nouveaux experts-psychiatres, a déclaré Geir Lippestad lors d’un point de presse à la sortie de la prison d’Ila, près d’Oslo, où il venait de s’entretenir avec son client sur le contenu de la contre-expertise.

L’extrémiste de droite utilisera son procès qui s’ouvre lundi pour « déplorer de ne pas être allé plus loin » dans ses attaques, a annoncé mardi son avocat. « Cela sera extrêmement difficile, un énorme défi d’écouter ses explications », a déclaré Geir Lippestad lors d’un point de presse. « Il va non seulement défendre (son geste, ndlr) mais aussi déplorer, je crois, de ne pas être allé plus loin. »

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Le Point.fr

Un an après une décision contraire, une contre-expertise conclut que l’auteur des attaques meurtrières de 2011 ne souffre pas de psychose.
Norvège : Anders Behring Breivik est-il responsable ?© Heiko Junge / AP/Sipa

Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien auteur du double attentat du 22 juillet 2011, est responsable de ses actes et doit être jugé comme tel. Telle est la conclusion du rapport de 310 pages déposé ce mardi 10 avril au tribunal d’Oslo, six jours avant l’ouverture du procès le plus spectaculaire de Norvège, ce lundi 16 avril.

Les conclusions de la deuxième équipe de psychiatres norvégiens qui a observé Breivik 24 heures sur 24 pendant des semaines sont sans équivoque : Breivik n’était pas psychotique, inconscient ou mentalement attardé au moment des faits. Il ne souffrait pas de trouble mental grave le privant d’une évaluation réaliste de ses relations avec le monde extérieur, et il n’a pas agi en vertu d’une forte perturbation de la conscience au moment des faits. Il ne souffre pas de retard mental, n’était pas psychotique au moment des examens. Il présente un risque élevé de répétition d’action violente.

Ces conclusions vont à l’encontre de celles de la première équipe de psychiatres qui avaient déclaré Breivik irresponsable le 29 novembre dernier, car souffrant de schizophrénie paranoïaque. C’est toutefois aux juges qu’il appartiendra de trancher à l’issue du procès qui va durer jusqu’à fin juin. Mais cela ouvre à une condamnation à la prison pour Breivik. « Il est important pour nous que Breivik reçoive sa punition, explique Tonje Brenna, survivante d’Utoeya et secrétaire générale d’AUF (la Ligue des jeunes travaillistes, visée par les attentats). Beaucoup attendent maintenant que le procès éclaire ses agissements, pour pouvoir aller de l’avant. » Tonje Brenna ne veut pas s’attarder sur le cauchemar de l’île. « Je suis restée deux heures allongée à faire semblant d’être morte, comme beaucoup d’autres. » Pour cette jeune politicienne appelée à témoigner lors du procès Breivik, l’important est la reconstruction.

Breivik « content »

Cet été, rien ne se fera sur Utoeya, pas de camp d’été. Il faut d’abord rebâtir, laisser passer le souffle du procès, de l’émotion. Car la gravité du bilan des attentats du 22 juillet est indélébile pour les Norvégiens. Après l’explosion d’une voiture piégée dans le quartier des ministères à Oslo à 15 h 22, on a dénombré 8 morts et 98 blessés. Deux heures plus tard, la police reçut un appel concernant des tirs sur l’île d’Utoeya, à 40 kilomètres d’Oslo, où se tenait la traditionnelle université d’été d’AUF, les jeunesses sociales-démocrates. Une heure plus tard, à 18 h 27, la police arrête enfin Breivik, qui n’oppose aucune résistance. Bilan du massacre sur Utoeya : 69 morts et 60 blessés. Et un traumatisme immense dans ce petit pays paisible de 5,5 millions d’habitants.

Le procureur Svein Holden a déclaré que cela ne changeait rien à l’accusation. Et de fait, responsable ou pas, il ne plane aucun suspense quant à la culpabilité de Breivik. Le Norvégien aujourd’hui âgé de 33 ans a depuis le début clamé sa culpabilité. « Dans la plupart des procès, nous a expliqué l’avocat de Breivik, Geir Lippestad, vous avez un prévenu qui nie les faits ou qui dit qu’il ne pensait pas faire ce qu’il a fait, alors que là vous avez quelqu’un qui reconnait les faits, qui les revendique, et qui dit qu’il referait la même chose si l’occasion se présentait à nouveau. Il n’a pas l’intention de se dégager de sa responsabilité, au contraire, il veut être jugé comme sain d’esprit et responsable. » Mardi, en apprenant le résultat de la nouvelle contre-expertise, Breivik s’est même déclaré « content ».

Mégaprocès

Qu’il soit déclaré responsable ou pas en juillet, Breivik restera vraisemblablement enfermé la majeure partie de sa vie. L’intérêt du procès est donc ailleurs pour les Norvégiens. « Pour tous ceux qui sont touchés, souligne Tonje Brenna, il est important de sentir que ce procès est pour nous, qu’on puisse raconter ce qu’on a vécu, et que le système judiciaire est de notre côté, même si l’on sait qu’il va utiliser le procès pour exposer ses idées. » De fait, durant la première semaine du procès, c’est Breivik lui-même qui aura la parole. Après de nombreuses discussions, il a été décidé que cette partie du procès ne serait pas retransmise à la télé.

Le procès se déroulera ensuite en suivant la chronologie des faits. L’attentat d’Oslo d’abord, puis celui d’Utoeya. À chaque fois, des témoins et des experts témoigneront. L’accusation aura une centaine de témoins tandis que la défense de Breivik aura une trentaine de témoins. Parmi eux, on compte aussi bien des islamistes fondamentalistes que des extrémistes de droite, notamment le blogueur norvégien surnommé Fjordman (L’homme du fjord) dont les écrits ont très largement inspiré Breivik. Fjordman est l’un des adeptes les plus acharnés de la mouvance counterjihad, cette idéologie qui repose notamment sur une théorie de la conspiration disant qu’il existe un accord secret entre les responsables européens et les pays musulmans producteurs de pétrole.

Selon cette théorie baptisée Eurabia, l’Europe a consenti à laisser entrer massivement les immigrés musulmans contre du pétrole. En appelant de tels témoins, ainsi qu’un certain nombre de spécialistes de l’islamophobie, Breivik, par le biais de son avocat, entend démontrer qu’il mène bien une guerre avec une idéologie, des ennemis et un champ de bataille. Ces témoignages ainsi que ceux des survivants vont faire planer une atmosphère très lourde sur le pays durant les trois mois à venir. L’intérêt est énorme. Outre les centaines de journalistes accrédités, le procès sera retransmis par lien vidéo dans dix-sept salles de tribunal à travers la Norvège.

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