Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘HISTOIRE DE PARIS’ Category

Trésor des rois de France : les héritiers du comte de Paris récupèrent leur part

Le comte de Paris photographié en 1950.

                     Le comte de Paris photographié en 1950. | AFP

 

                    Après douze ans de procédure, les dix héritiers du comte de Paris Henri d’Orléans, mort en 1999, vont pouvoir récupérer «les biens historiques du trésor des rois de France», composés notamment de tableaux, d’une valeur de «plusieurs dizaines de millions d’euros», selon leur avocat Me Olivier Baratelli.

 

                                         

                                                               Leur aïeul les avait donnés à la Fondation Saint-Louis qu’il avait créée.   Le tribunal de grande instance de Paris a estimé dans un jugement rendu vendredi que la donation du comte de Paris faite en 1976 était entachée de «nullité absolue, faute d’autorisation administrative d’une part et d’acte passé devant un notaire d’autre part», selon Me Baratelli. Deux «omissions» qui, selon l’avocat, montraient la volonté du comte de Paris de «dissimuler les biens considérables dont il voulait priver ses enfants». Feu Henri d’Orléans, réputé très dépensier, avait des relations exécrables avec sa famille à la fin de sa vie.
Ainsi, la fondation doit restituer aux héritiers de l’ancien prétendant au trône de France les portraits de Louis XIII et de Louis XIV enfant par Philippe de Champaigne, le carnet de croquis que Louis XIV a réalisé à l’âge de sept ans, le portrait de la duchesse d’Orléans, le manuscrit des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel datant de la fin du XVe siècle.
Les héritiers vont également récupérer un «abrégé des finances de Louis XIV datant de 1682 en velours calligraphié, les aquarelles de Carmontelle et du prince de Joinville, le grand collier de l’Ordre de la jarretière, le service de porcelaine de Sèvres livré en 1840 à la reine Marie-Amélie». «Il y avait un accord général à la restitution de ces objets», a souligné Me Rouhette, l’avocat de la Fondation Saint-Louis.
La Fondation Saint-Louis garde châteaux et chapelles
Les héritiers ont en revanche été déboutés de leurs demandes concernant les châteaux d’Amboise et de Bourbon-l’Archambault, la chapelle royale de Dreux et la chapelle expiatoire de Paris. «Ce que nous voulons, c’est que ces biens de famille servent d’écrin à ces mobiliers emblématiques pour qu’ils y soient exposés aux yeux du public», avait plaidé Me Olivier Baratelli, déplorant que les dessins de Louis XIV soient «rangés dans un maroquin au fond d’un tiroir».
Selon Me Rouhette, ces objets ne pouvaient être exposés à Amboise pour des raisons de sécurité et d’intendance, mais ont été prêtés pour des expositions, notamment au château de Versailles pour les dessins de Louis XIV. Les objets restitués ont vocation à être exposés, à Versailles pour les 70 dessins de Louis XIV, ou au Louvre pour le tableau de Louis XIII, selon Me Baratelli.
Les deux parties satisfaites
Dans un communiqué, l’actuel comte de Paris – fils aîné d’Henri d’Orléans dont il porte le nom – et la fondation Saint-Louis soulignent que «si la volonté de transmettre ses biens n’était guère contestable, ce sont des questions de forme qui expliquent la remise en cause de ces donations». Tout comme le comte, la fondation se réjouit que «la justice ait confirmé la parfaite validité de sa constitution et de sa dotation originelle composée de la part la plus historique du patrimoine monumental de la famille d’Orléans».
«Grâce à sa légitimité confortée, la fondation Saint-Louis peut durablement poursuivre sa mission d’intérêt général aux côtés de Monseigneur le comte de Paris et de Sa famille», conclut le communiqué.
Me Baratelli a salué vendredi un jugement «historique» qui «voit un tribunal de la République restituer aux enfants de la Famille de France des biens qui avaient été offerts par celui qui pensait pouvoir contourner les lois de la République».

Publicités

Read Full Post »

Rafle du Vél’d’Hiv – Hollande : « Ce crime a été commis en France par la France »

Le Point.fr

En commémorant la rafle du Vél’d’Hiv, le chef de l’État reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs de France.
 
 
 

Photo datant de 1945 de prisonniers après leur libération au Vélodrome d’Hiver.©       -/       AFP

Le président François Hollande a affirmé dimanche que l’arrestation de milliers de Juifs lors de la rafle du Vél’d’Hiv, il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942 à Paris et sa banlieue, était un « crime commis en France par la France ». « Ce crime a été commis en France par la France », écrit le chef de l’État en introduction d’un livret publié par la présidence à l’occasion de la commémoration dimanche matin de cette rafle, et distribué à la presse et aux personnalités assistant à la cérémonie sur les lieux du vélodrome d’Hiver, dans le 15e arrondissement de Paris.

Le chef de l’État a aussi salué la « lucidité » et le « courage » de Jacques Chirac. « La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le président Jacques Chirac, le 16 juillet 1995 », souligne François Hollande dans cette introduction. Ce dernier – que Hollande a rencontré samedi en Corrèze – fut le premier président à reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs de France. Ce crime « fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs. Ces mêmes valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur », ajoute le chef de l’État.

Soixante-dix ans après la plus grande rafle de Juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale – 13 152 hommes, femmes et enfants arrêtés à Paris et sa banlieue les 16 et 17 juillet 1942 -, le chef de l’État devait prononcer un discours, à l’endroit même où la plupart d’entre eux furent entassés, au vélodrome d’Hiver, dans le 15e arrondissement de Paris, démoli en 1959.

Hollande se démarque de Mitterrand

François Hollande se démarque ainsi de son ancien mentor, l’ex-président François Mitterrand, qui considérait que la France ne pouvait être mise en cause dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale puisque, selon lui, il n’y avait eu, durant l’occupation allemande, qu’une seule France légitime, celle de la France libre. Le socialiste Mitterrand restait en cela fidèle à ce que pensait le Général de Gaulle. Il faudra attendre 1995 et l’élection de Jacques Chirac, pourtant gaulliste convaincu, pour qu’un président reconnaisse la responsabilité de la France. Le 16 juillet 1995, cinquante-trois ans après la rafle du Vél’d’Hiv, Jacques Chirac prononçait un discours qui a « marqué une profonde rupture », observait Serge Klarsfeld dans Le Monde daté du 11 juillet dernier. 75 500 Juifs ont été déportés vers les camps de la mort nazis sur les 320 000 qui vivaient en France au début de l’Occupation (environ 2 500 ont survécu).

« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions », affirmait ce jour-là Jacques Chirac. « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. (…) La France, patrie des lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, accomplissait l’irréparable », ajoutait-il dans un discours salué « dans le monde entier comme une courageuse et salutaire reconnaissance », selon Me Klarsfeld.

Read Full Post »

Paris occupé : ces documents que l’on n’aurait jamais dû voir
Audrey Salor
Par  Le Nouvel Obs
La mairie du 3e arrondissement de Paris expose des archives rares de la police, montrant comment l’administration a activement contribué au sort fait aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Document extrait des archives de la préfecture de police listant les Juifs recensés dans le III arrondissement de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. (Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)

Document extrait des archives de la préfecture de police listant les Juifs recensés dans le III arrondissement de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. (Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)

La note, au papier jauni sous l’effet du temps, est datée du 6 décembre 1946. Au lendemain de la Libération, le ministère de l’Intérieur ordonne aux préfets la destruction des documents « fondés sur des distinctions d’ordre racial entre Français ». Sous l’occupation, la collaboration active de l’administration française a permis l’arrestation et la déportation de milliers de Juifs. Cela, il convient alors de le passer sous silence.

Pour quelles raisons les archives raciales du commissariat de police des quartiers des Enfants-Rouges et des Arts-et-métiers, dans le 3e arrondissement de Paris, ont-elles échappé à la destruction ? Nul ne semble le savoir. C’est ici, au cœur du Marais, qu’a grandi Charles Tremil, le président de l’association « Histoire et mémoire du 3e ». Ici encore qu’une partie de sa famille a été appréhendée en juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’Hiv, qui entraîna l’arrestation de plus de 13.000 Juifs en région parisienne. L’homme est à l’origine de cette exposition, organisée à la mairie du 3e et qui exhibe des documents, témoins d’une bureaucratie complice de l’atrocité, qui n’auraient jamais du être révélés.

A la plume, une écriture soignée et légèrement penchée a inscrit sur un registre les noms et adresses des Juifs résidant dans le 3e arrondissement en 1940. Cette année-là, une ordonnance des autorités occupantes enjoint aux Israélites de faire procéder à leur recensement au commissariat le plus proche. A Paris et en banlieue, 150.000 personnes sont listées. Quelques mois plus tard, ils se voient confisquer leurs postes de TSF.

« L’opération se trouve ralentie par beaucoup de cas spéciaux »

Le pire est à venir. Neuf pages, celles de la circulaire du 13 juillet 1942, qui fixe les modalités et le déroulement de la Rafle du Vel d’Hiv, scellent le sort de milliers de Juifs. L’organisation de l' »opération » y est minutieusement décrite, les formules sont sèches. « Les équipes chargées des arrestations devront procéder avec le plus de rapidité possible, sans paroles inutiles et sans commentaires. En outre, au moment de l’arrestation, le bien-fondé ou le mal-fondé de celle-ci n’a pas à être discuté ».

Les autorités misent sur 27.000 arrestations. 13.152 ont effectivement lieu. « L’opération […] se trouve ralentie par beaucoup de cas spéciaux : beaucoup d’hommes ont quitté leur domicile hier », relève une note datée du 16 juillet 1942. C’est que certains policiers, à la veille de la tristement célèbre Rafle, ont fait le choix de prévenir les cibles de Vichy, pour leur permettre de fuir. Parmi eux, un certain Louis Huet. Son manque de coopération avec sa hiérarchie ne manque pas de lui être reproché : on lui refuse le droit de se présenter au concours d’inspecteur. Comme lui, son collègue Olivier Belbéock suit le chemin que lui indique sa conscience. Il sera fait « Juste parmi les nations » dans les années 80.

« Le tout a été transféré à Drancy »

Une partie des Juifs appréhendés est directement amenée au camp de Drancy, au nord de Paris. Un bordereau égrène leurs noms, à côté desquels les prisonniers ont apposé leurs signatures. D’autres vont au Vélodrome d’Hiver. Ils y passeront plusieurs jours, dans des conditions d’hygiène déplorables. Une note du 17 juillet relate qu’une infirmière demande à la Préfecture de Police « de mettre à sa disposition des couvertures, bassins et cuvettes dont les internés ont le plus grand besoin ». « Le Vel d’Hiv est évacué. Il restait 50 Juifs malades et des objets perdus, le tout a été transféré à Drancy », peut-on lire sur une autre, rédigée le 22 juillet.

Mendel Mendelson et son épouse, des Polonais du 3e arrondissement, ont, eux, échappé à la déportation : l’homme est fourreur de profession. Son savoir-faire est utile à l’occupant. Ils seront naturalisés français au sortir de la guerre.

Registres, notes administratives, cartes d’identité… Autant de document qui témoignent très concrètement de l’ampleur de la collaboration de l’administration et ne l’honorent pas. Pourtant, « la Préfecture de Police de Paris a mis en place une politique d’ouverture depuis 15 ans, le discours de Jacques Chirac en 1995 a beaucoup fait bouger les choses », explique le commissaire de l’exposition. Et pour cause : en 1979, une brochure de la ville de Paris, vantait les mérites d’un complexe flambant neuf, présenté comme le « Nouveau Vélodrome d’Hiver ».

Audrey Salor – Le Nouvel Observateur

Exposition « La Rafle du Vel d’hiv. Les Archives de la Police »

Marie du 3e, Paris

Entrée gratuite, jusqu’au 15 septembre

Read Full Post »

Le criminel nazi le plus recherché au monde a été retrouvé à Budapest

Le Point.fr

Selon le Centre Wiesenthal, Laszlo Csatary, accusé de complicité dans la mort de 15 700 juifs, a été identifié.
 

Capture écran du site internet du « Sun ». Le journal britannique a annoncé le 15 juillet l’identification de Laszlo Csatary.©       Capture écran /       Le Point.fr

Le criminel nazi le plus recherché au monde Laszlo Csatary, âgé de 97 ans et accusé de complicité dans la mort de 15 700 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, a été retrouvé à Budapest, a indiqué dimanche le directeur du bureau du Centre Wiesenthal en Israël. « Je confirme que Laszlo Csatary a été identifié et retrouvé à Budapest », a déclaré à l’AFP Efraïm Zuroff. « Le (quotidien britannique) Sun a pu le photographier et le filmer grâce à des informations que nous avions fournies en septembre 2011″, a-t-il ajouté. Le quotidien britannique a annoncé dimanche sur son site en ligne que le criminel de guerre nazi hongrois le plus recherché au monde « a été identifié et retrouvé » dans la capitale hongroise.

« Il y a dix mois, un informateur nous a donné des renseignements qui nous ont permis de localiser Laszlo Csatary à Budapest. Cet informateur a reçu la prime de 25 000 dollars que nous accordons contre des informations permettant de retrouver des criminels nazi », a expliqué Efraïm Zuroff dans un entretien téléphonique à l’AFP. Il a ajouté que les informations sur la localisation avaient été transmises en septembre 2011 au parquet de Budapest.

Nouvelles preuves

Le procureur adjoint de la République à Budapest, Jenö Varga, n’a pas été en mesure de confirmer l’information, se bornant à déclarer dimanche : « Une enquête est en cours. Le parquet étudie les informations reçues. » En plus des informations fournies en septembre 2011, Efraïm Zuroff a transmis la semaine dernière de nouvelles pièces à conviction au parquet de Budapest sur l’implication de Laszlo Csatary dans la déportation des juifs, a indiqué dimanche un communiqué du Centre Simon Wiesenthal, du nom du célèbre chasseur de nazis, décédé en 2005. « Ces nouvelles preuves renforcent les accusations déjà très graves contre Csatary et notre insistance pour qu’il rende compte de ses crimes. Le temps qui passe ne diminue en rien sa culpabilité et la vieillesse ne doit pas constituer une protection pour les auteurs de l’Holocauste », a déclaré le directeur du Centre Wiesenthal à Jérusalem.

En avril, le centre, dont les enquêtes dans le monde entier ont permis de retrouver des dizaines de criminels nazis, avait placé Laszlo Csatary en tête de sa liste des criminels de guerre les plus recherchés au monde.

Laszlo Csatary avait été chef de la police dans le ghetto de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand), situé aujourd’hui en Slovaquie, où 15 700 juifs avaient été, pour certains, assassinés et, pour l’immense majorité, déportés vers le camp d’extermination nazi d’Auschwitz, en Pologne, pendant l’occupation par l’Allemagne nazie de ce qui était alors la République de Tchécoslovaquie.

Condamné à mort

C’est sur la base d’informations également fournies par le Centre Simon-Wiesenthal que des reporters du Sun ont retrouvé la trace de Laszlo Csatary à son domicile à Budapest, un appartement de deux pièces. « Je n’ai rien fait, partez d’ici », a-t-il déclaré en leur claquant la porte au nez. « C’est la quatrième fois que le Sun collabore avec nous pour faire pression sur des autorités qui traînent les pieds pour retrouver des nazis », a expliqué Efraïm Zuroff. Lazlo Csatary traitait les juifs du ghetto avec cruauté, fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues, a-t-il ajouté.

Condamné à mort par contumace en 1948 par un tribunal tchécoslovaque, il avait disparu et avait réussi à se réfugier au Canada, à Montréal et à Toronto, où, sous une fausse identité, il avait exercé l’activité de marchand d’art. Il y a une quinzaine d’années, les autorités canadiennes avaient découvert sa véritable identité, ce qui l’avait amené à disparaître de nouveau et à fuir en Hongrie, a précisé Efraïm Zuroff. Le 3 septembre 2011, un autre Hongrois, Sandor Kepiro, suspecté de crimes de guerre en Serbie en 1942 mais finalement acquitté pour « manque de preuves », est décédé à Budapest à l’âge de 97 ans.

Au moins 1 246 civils, juifs et serbes, avaient péri lors d’un massacre commis entre les 21 et 23 janvier 1942 à Novi Sad, ville qui se trouve actuellement en Serbie, alors annexée par la Hongrie alliée de l’Allemagne nazie. Sandor Kepiro répondait personnellement de la mort de 36 personnes dont il aurait ordonné l’exécution, selon l’accusation. Il s’était toujours déclaré innocent et figurait, avant Laszlo Csatary, en tête de la liste des criminels de guerre nazis les plus recherchés du Centre Simon-Wiesenthal.

Read Full Post »

Une majorité de jeunes ignore ce qu’est la rafle du Vél’d’Hiv

Le Point.fr

La rafle du Vél’d’Hiv conduisit, il y a 70 ans, à la déportation de plus de 13 000 juifs arrêtés à Paris par la police française.
 

Photo prise le 16 juillet 1956, lors de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 au cours de laquelle quelque 13 000 juifs avaient été arrêtés à leur domicile par des policiers et gendarmes français et rassemblés dans l’ancien vélodrome d’Hiver avant d’être déportés.©       AFP

Une majorité (57 à 67 %) des moins de 35 ans ne sait pas ce qu’est la rafle du Vél’d’Hiv, qui conduisit il y a 70 ans à la déportation de plus de 13 000 juifs arrêtés à Paris par la police française, selon un sondage* publié lundi. La célébration des 70 ans de la rafle du Vél’d’Hiv commence lundi devant l’ancien camp d’internement de Drancy (Seine-Saint-Denis) et se poursuivra dimanche 22 juillet à Paris, sur les lieux de l’ancien vélodrome d’Hiver, détruit en 1959, en présence du président de la République François Hollande.

Selon ce sondage CSA, 67 % des 15-17 ans, 60 % des 18-24 ans et 57 % des 25-34 ans répondent « non » à la question « Avez-vous déjà entendu parler de la rafle du Vél’d’Hiv ? ». Mais 25 % des plus de 65 ans n’en ont pas non plus entendu parler, pour une moyenne tous âges confondus de 42 %.

Cette rafle tire son nom du vélodrome d’Hiver, un stade près de la Seine (15e arrondissement), où 8 160 des juifs étrangers raflés les 16 et 17 juillet 1942 furent enfermés par les autorités françaises. La quasi-totalité des 13 152 juifs étrangers arrêtés lors de cette rafle par la police française sur la demande de l’occupant allemand, qui en réclamait 24 000, furent déportés. Moins d’une centaine – aucun enfant – survécurent.

Transmission de la mémoire de la Shoah

« Moins d’un tiers des étudiants français savent que c’est la police française qui a procédé à la rafle du Vél’d’Hiv (32 %), et moins de la moitié des Français dans leur ensemble (46 %) », souligne l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a commandé ce sondage, dans un communiqué. Pour ceux qui en ont entendu parler, c’est en premier lieu par des films et documentaires (87 %), loin devant leur entourage (53 %), l’école (49 %) et Internet (21 %), selon le sondage. En revanche, 85 % des Français et 88 % des jeunes de 18 à 24 ans « considèrent que la transmission de la mémoire de la Shoah est importante ».

« Ce sondage révèle que les Français ont à coeur que soit transmise la mémoire de la Shoah. Cependant, il dévoile aussi la faible connaissance de l’histoire de la rafle du Vél’d’Hiv et de la participation des autorités françaises, alors que cet événement est crucial dans la conscience nationale et que sa transmission comporte un acte pédagogique dans la lutte contre toutes les formes de haine », fait valoir le président de l’UEJF, Jonathan Hayoun. « Face à ceux qui veulent jouer la concurrence des mémoires, il est important de rappeler que les leçons de l’histoire de la Shoah sont universelles, et prennent tout leur sens dans le climat de recrudescence de l’antisémitisme », a-t-il dit, réclamant que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » devienne « une grande cause nationale ».

Lundi, plusieurs centaines de personnes ont participé lundi à Drancy (Seine-Saint-Denis) à une cérémonie d’hommage aux victimes. Les participants se sont recueillis pendant de longues minutes devant le monument aux déportés, à l’emplacement de l’ancien camp d’internement d’où des milliers de juifs furent déportés vers les camps de la mort. Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le Wagon-Témoin, symbole de la déportation. Parmi eux figuraient d’anciens déportés, mais aussi des descendants de ceux qui périrent dans les camps et des membres de la communauté juive.

Dénonçant les « crimes inouïs du nazisme », le rabbin Moché Lewin, porte-parole du grand rabbin de France, a invité à respecter « le devoir de mémoire », pour « transmettre les valeurs humanitaires (…) de génération en génération ». « Il faut le faire pour le salut de l’humanité elle-même, pour ne pas laisser se développer à nouveau l’idéologie barbare », a-t-il insisté.

* Sondage réalisé par CSA les 4 et 5 juillet 2012 auprès de 1 056 Français selon la méthode des quotas

Read Full Post »

Il y a 70 ans, juillet 42 : la rafle du Vel’ d’Hiv ou l’infamie pétainiste

Dans Vel’ d’Hiv, 16 juillet 1942 (1), Alain Vincenot fait revivre les heures les plus sombres de la collaboration. Deux ans après la débâcle et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, la police française participe à la déportation sans retour de milliers de Juifs venus chercher en France un refuge contre la barbarie nazie. A travers des témoignages exceptionnels, ce salutaire travail de mémoire s’avère singulièrement d’actualité.

L'unique photographie de presse de la tragédie des 16 et 17 juillet 1942. On y voit des bus réquisitionnés débarquant des victimes de la rafle devant l'entrée du Vél' d'Hiv

L’unique photographie de presse de la tragédie des 16 et 17 juillet 1942. On y voit des bus réquisitionnés débarquant des victimes de la rafle devant l’entrée du Vél’ d’Hiv    DR/Couv. Vel’d’Hiv,Ed. Archipel/rue des Archives/PVDE

L’horreur tient en une date, des chiffres et peu de mots : « Le 16 juillet 1942, 12.884 Juifs dont 5.802 femmes, 4.051 enfants et 3.031 hommes sont arrêtés. Emmenés au Vélodrome d’Hiver, à Drancy, à Beaune-la-Rolande et à Pithiviers, ils seront déportés à partir du 21 juillet. » Quatre lignes dans une chronologie cauchemardesque qui va du 30 janvier 1933 (la nomination d’Adolf Hitler comme chancelier du Reich) au 15 août 1945 (la capitulation du Japon).

Dans son remarquable livre-témoignage(s), Alain Vincenot retrace avec précision ce que furent ces jours de terreur, de larmes et de mort. Il démonte, événement après événement, le terrible engrenage qui aboutira à l’assassinat de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, dont le seul tort est d’avoir été Juifs. Dans le langage odieusement dénaturé de la « solution finale » – entérinée par les dignitaires nazis à Wannsee le 20 janvier 1942 – les Allemands précisent  qu’il s’agit de Juifs « apatrides ». La préfecture de police de Paris, elle, préfère parler de « Juifs étrangers ». Le 6 juillet, dix jours avant la tragédie, un des instigateurs nazis de la rafle, le capitaine SS Theodor Dannecker note, satisfait : « il  convient de remarquer qu’afin de mettre les choses en mouvement, nous n’avons, jusqu’à présent, parlé que des Juifs apatrides ou étrangers. Dans un second temps, nous nous occuperons également des Juifs français… »

Le « calendrier de l’abomination »

En historien minutieux, Alain Vincenot (2) détaille « le calendrier de l’abomination ». Il documente l’obsession antisémitisme hitlérienne, énumère les exigences planifiées de la « bête » qui « veut du sang », pointe la responsabilité irréfutable des autorités de Vichy, rappelle le zèle abject du « service des étrangers et des affaires juives » de la préfecture de police de Paris qui va sélectionner « 25.334 noms et adresses »… Mais il n’oublie pas non plus de signaler les indignations courageuses qui fustigent l’odieuse collaboration, le malaise des autorités religieuses catholiques, les actes de résistance qui fleurirent malgré tout…

En journaliste émérite, l’auteur (ancien du Quotidien et du Matin de Paris, du Pèlerin et de France-Soir) restitue l’ambiance mortifère de ce sinistre 16 juillet 1942 où l’opération « Vent printanier » – nom de code de la rafle – défigura la France : le vacarme dans les escaliers, les coups frappés aux portes, les cris de policiers, les pleurs des femmes et des enfants, les suppliques en mauvais français matinés de yiddish, l’entassement dans les bus et le « parcage » dans la chaleur étouffante et poussiéreuse d’un Vélodrome d’hiver transformé en enfer. La comptabilité tenue par les exécuteurs serviles des SS donne la nausée. Elle dit toute l’inhumanité et l’horreur qui se sont déversées ce jour-là, dès 4 heures du matin, sur Paris, capitale des Droits de l’Homme : « 6.587 arrestations à 10 h 30 ; 7.730 à 11 heures ; 8.673 à 11 h 40 ; 10.832 à 15 heures ; 11.363 à 17 heures. »

C’est alors que l’œuvre prend une densité inédite. Jusqu’ici narrateur, Alain Vincenot s’efface pour donner la parole aux témoins directs des événements, aux victimes qui ont vécu dans leur chair et dans leur âme, ces événements tragiques. Douze témoignages d’une puissance exceptionnelle : ceux d’enfants sans défense (dont la plus jeune, Régine-Nitsa Lew avait à peine 3 ans à l’époque), d’adolescents éperdus ou de frêles adultes terrorisées (26 ans pour la plus âgée, Ryfka-Régine Wolf-Rybak). Au fil des récits simples, lucides — qui « prennent aux tripes » –, le lecteur partage l’effroi et l’infinie détresse qui s’abattirent sur  des innocents au nom de la suprématie aryenne !

« On était comme des rats« 

L’un de ces récits bouleversants est celui de Léon Fellmann. En juillet 1942, cet adolescent discret et travailleur fête ses 17 ans. Il habite avec sa mère Nessia, sa sœur et ses deux jeunes frères au 83, rue du Faubourg-Saint-Antoine (XIe arrondissement). En France depuis 1923, son père Albert, originaire de Pologne comme sa mère, a été arrêté en août 1941, lors de la rafle dite « du XIe » (4.232 hommes arrêtés dont 1.602 Français).

 

Léon Fellmann (au centre) entouré de sa mère Nessia, sa soeur Jacqueline et ses petits frères Pierre et Maurice, en 1941 (Photo DR).

Après avoir décroché son certificat d’études à 12 ans et s’être payé le luxe de sortir major de l’école de mécanique de la rue Faidherbe, le studieux Léon a intégré l’école des cadres de Citroën… Mais, il est obligé de la quitter après l’arrestation de son père. Il doit désormais subvenir aux besoins de sa famille. Vers le 10 juillet, la rumeur d’une rafle imminente se propage. « Beaucoup de nos voisins, immigrés juifs comme mes parents, n’ont pas réagi. Partir ? Où ? Ils ne connaissaient personne, n’avaient pas d’argent, s’exprimaient difficilement en français ».

Au matin du 16 juillet, la famille Fellmann échappe de peu à une arrestation matinale. Par chance, elle ne dort pas à l’étage repéré par la police. Mais, zélés et soupçonneux, les fonctionnaires de la préfecture repassent dans l’après-midi et finissent par interpeller la mère et ses quatre enfants. Léon a la possibilité de s’enfuir, mais il ne le fait pas. Il ne veut pas abandonner les siens. Les Fellmann sont alors emmenés au gymnase Japy (XIe arrondissement). Par miracle, grâce à l’astucieux subterfuge d’un agent de police qui prend brusquement fait et cause pour cette famille désemparée, les trois plus jeunes enfants sont libérés. Puis, dans la soirée, Léon et sa mère Nessia sont envoyés au Vel’ d’Hiver, rue Nelaton (XVe), près de l’actuelle station de métro Bir-Hakeim. Ils vont y croupir « deux ou trois jours », sous la grande verrière du vélodrome. L’orgueilleuse structure ne laisse plus passer la lumière. Badigeonnée de peinture bleue – celui de la fameuse Défense passive, pour prévenir les bombardements anglo-américains –, elle retient la chaleur. Les raflés macèrent dans la chaleur, sans eau, sans hygiène, sans rien à manger ou presque… « On était comme des rats ». Lorsque la police française prépare le transfert vers un autre site, Léon, la mort dans l’âme mais encouragé par sa mère, doit se résoudre à fuir. Dans la cohue, il fonce tête baissée entre deux gardes mobiles et disparaît. Il sera caché par le concierge de son immeuble, puis par un ami de son père, Gabriel Boulle, un résistant qui finit par recueillir tous les enfants Fellmann, à Bois-Colombes. Léon s’engagera alors à son tour dans la Résistance. Jusqu’en 1945, il effectuera des missions de renseignements, des « coups de main » armés et exfiltrera des aviateurs alliés vers l’Espagne.

Du « Frontstalag 122 » à Auschwitz

Ce n’est qu’à la fin de la guerre que Léon Fellmann apprendra l’horrible sort que les Allemands ont réservé à ses parents. Arrêté en août 1941, son père, Albert a d’abord été détenu à Drançy avant d’être interné au « Frontstalag 122 » de Compiègne-Royallieu (Oise). Le 5 juin 1942, il est transféré à Auschwitz dans le 2e convoi de déportation parti de France. Le 10 août, il y est assassiné avec  soixante-quatorze autres déportés tirés au sort, par une injection de phénol administrée par un médecin SS. La maman, Nessia, que Léon n’a plus revu depuis le Vel’d’Hiv, a été également déportée. Internée à Beaune-la-Rolande (Loiret), elle arrive à Auschwitz  le 7 août à bord du convoi français n°15. Elle est immédiatement gazée, mourant ainsi, sans le savoir, trois jours avant son mari.

« Comme Alain Vincenot, je crois qu’il faut sans cesse rappeler ce que j’ai appelé, il y a plus de trente ans, la page la plus noire de l’histoire de France » insiste à juste titre Serge Klarsfeld, dans la préface de  Vel’ d’Hiv’, 16 juillet 1942. Dans leur délire, les nazis croyaient que leurs crimes monstrueux resteraient dissimulés, emmurés dans l’indicible et le non-dit et que la propagande, le révisionnisme, orchestrés par leurs soins, feraient le reste. Ils étaient aussi persuadés que l’extermination achevée, nul ne pourrait témoigner des atrocités. Ainsi, il n’existe qu’une seule photo de la rafle du Vel’ d’Hiv dans les archives de la presse française. C’est celle de la couverture du livre. En redonnant vie et paroles aux martyrs anonymes du Vel’ d’Hiv, Alain Vincenot allume des feux dans la nuit de l’oubli.

 

« Cherche la vérité, tu trouveras la lumière »

Vercors, écrivain et résistant, (de son vrai nom Jean Bruller, patronyme de son père, d’origine hongroise), auteur du Silence de la mer, publiée en février 1942.

 

(1) Vel’d’Hiv, 16 juillet 1942 d’Alain Vincenot, préface Serge Klarsfeld, Ed. l’Archipel, 264 pages + 8 pages de photos, 19,95 euros

(2) Alain Vincenot est l’auteur de plusieurs livres sur l’Occupation et la Schoah: La France résistante, histoire de héros ordinaires (Syrtes, 2004), Je veux revoir maman — Des enfants juifs cachés sous l’Occupation (préface de Simone Veil, Syrtes, 2005), Les larmes de la rue des Rosiers (préface d’Elie Wiesel, Syrtes, 2010).

 

 

 

 

 

Chirac : « La France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable »

 

Après la guerre, le Vél d’Hiv « temple du sport et du malheur » est redevenu le haut-lieu du cyclisme à Paris. Il sera détruit en mai 1959. Le  20 juin 1986, le carrefour entre le quai de Grenelle, le quai Branly et le boulevard de Grenelle a été baptisé  « place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver » par arrêté du maire de Paris de l’époque, Jacques Chirac.

Le 17 juillet 1994, François Mitterrand a inauguré en bordure du quai de Grenelle, un monument commémorant le drame du Vel’ d’Hiv, signé du sculpteur Walter Spitzer et de l’architecte Mario Azagury. Et c’est devant ce monument que, le 16 juillet 1995, Jacques Chirac, devenu président de la République,  a prononcé un discours historique : « Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays (…) Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. (…) le 16 juillet 1942, quatre mille cinq cent policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblées dans les commissariats de police (…) La France, patrie des Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux…»

 

 

Par Charles Desjardins

Read Full Post »

Rafle du Vel d’Hiv : la police sort ses archives

Le Point.fr-

Pour la première fois sont exposées les archives de la police sur la rafle de juillet 1942.
 
 

En juillet 1942 à Drancy, dernière étape pour les juifs raflés par la police française avant les camps d’extermination nazis.©AFP

Listes de juifs arrêtés, comptabilité de leurs biens saisis, notes des RG sur l’état d’esprit de la population : pour la première fois, la préfecture de police de Paris (PP) expose ses archives de la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942, des documents uniques sur cette tragédie. L’exposition intitulée « La rafle du Vel d’Hiv, les archives de la police » se tiendra du 16 juillet au 15 septembre à la mairie du 3e arrondissement parisien.

Il y a 70 ans, le 13 juillet 1942, la préfecture de police, sur ordre des nazis, mobilise des milliers de policiers dans Paris et en banlieue pour « l’arrestation et le rassemblement d’un certain nombre de juifs étrangers » au Vélodrome d’Hiver. Le 16, l’état-major de la PP signale que « l’opération contre les juifs », commencée à 4 heures du matin, est « ralentie par beaucoup de cas spéciaux : beaucoup d’hommes ont quitté leur domicile hier ; des femmes restent avec un tout jeune enfant ou avec plusieurs ; d’autres refusent d’ouvrir, il faut faire appel à un serrurier (…) l’opération est lente ». Le 17 à 22 h 15, un cri d’alarme transparaît à travers la froideur administrative d’une note policière : « Mme Gautier, infirmière de service au Vélodrome d’Hiver, téléphone sur le conseil du secrétariat du préfet de la Seine pour demander à la PP de mettre à sa disposition des couvertures, bassines et cuvettes dont les internés ont le plus grand besoin ». Selon les historiens, les conditions de vie étaient épouvantables au Vel d’Hiv.

Le 21, encore une note qui détaille le bilan des « opérations de ramassage des juifs » : « Hommes 3 118, femmes 5 919, enfants 4 115, soit au total 13 152 arrestations ». Enfin, le 22 au matin, un sec télégramme signé « Lambeau » informe : « 8 h 40 – Opérations terminées définitivement au Vel d’Hiv à  8 h 30 – Vel d’Hiv évacué en totalité ».

« La base tiquait »

« Les Allemands espéraient arrêter 27 427 juifs à Paris et en petite couronne, mais finalement il n’y en a eu que 13 152. Ça fait déjà beaucoup! « , explique le commissaire de l’exposition, Olivier Accarie Pierson. Moins d’une centaine de ces raflés reviendront d’Auschwitz – aucun enfant. La famille du commissaire adjoint de l’exposition, Charles Trémil, 77 ans, figure parmi les victimes – à part un frère qui a pris la fuite, perdant ses papiers retrouvés dans les archives de la PP. « Les notes des Renseignements généraux (RG) de l’époque montrent que la rafle a été très mal perçue par la population », souligne-t-il. « C’était la première fois que tout le monde était arrêté, femmes, enfants et vieillards inclus. Du coup de nombreux policiers avaient fait fuiter l’information la veille de la rafle. Les Allemands étaient furieux », selon Olivier Accarie Pierson.

Quant à M. Trémil, il a vécu dans la clandestinité de 7 à 10 ans, caché sous un faux nom. « Le souvenir le plus marquant de cette époque, c’est la peur. » Outre les rafles, les archives qu’il a longuement parcourues – celles du 3e arrondissement uniquement, les autres étant passées au pilon à la Libération – racontent la vie sous l’Occupation : « On voit que les gens volent des couvertures, de la nourriture, des tickets de rationnement, du charbon… », détaille M. Trémil. « La France était exsangue, pillée par les Allemands (…) À Paris, les gens crevaient de faim. C’était l’obsession permanente : trouver à manger », narre le commissaire Françoise Gicquel, responsable du département patrimonial à la PP.

Les notes des RG sont les plus précises, selon M. Trémil : « Ils écrivent que les gens ont faim et froid, qu’ils veulent le retour des prisonniers de guerre, qu’ils souhaitent la victoire des Anglais. » « Je pensais que les RG allaient caresser le pouvoir dans le sens du poil, mais pas du tout ! », s’étonne-t-il. « La hiérarchie collaborait, mais la base tiquait », résume le commissaire Gicquel.

Read Full Post »

Older Posts »