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Archive for the ‘Histoire’ Category

A partir de la fin du XVIIIe siècle, la jeune République américaine ne cesse de s’agrandir vers l’Ouest jusqu’à l’annonce de la fin de la conquête en 1890.

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Formés de treize colonies insurgées contre l’Angleterre en 1776, les États-Unis acquièrent, par la guerre ou la diplomatie, le territoire de la Louisiane – en fait, les Grandes Plaines – en 1803, la Floride en 1819, le Texas en 1845, l’Oregon en 1846, la Californie et le sud-ouest des Rocheuses en 1848, puis l’Alaska en 1867.

A l’instigation des autorités fédérales, cette expansion s’accompagne d’une vague de peuplement qui a pour effet d’abord de contenir, ensuite de refouler les tribus amérindiennes aux confins de la civilisation angloaméricaine. Les guerres, les traités de paix, l’éclosion des communautés rurales et des villes « champignons », l’exploitation des ressources naturelles (la ruée vers l’or), le tracé ferroviaire – le premier transcontinental est achevé en 1867 – et la disparition des grands troupeaux de bisons contribuent, peu à peu, à disloquer leurs terres et à affaiblir leur résistance, au même titre que l’alcool et les épidémies.

Pour préserver le mode de vie de leurs ancêtres, les Indiens se lancent dans des guérillas sanglantes. Vains espoirs. En décembre 1890, à l’heure où le gouvernement américain vient d’annoncer la fin de la conquête de l’Ouest, la résistance s’est éteinte. Les premiers habitants du continent sont confinés dans des réserves, généralement situées sur des terres ingrates et placées sous contrôle militaire.

Farid Ameur

 

Carte issue des Collections de L’Histoire n°54 « Les Indiens d’Amérique, des Micmacs au Red Power« , janvier 2012.

Bientôt en ligne : notre webdossier pour préparer le concours de l’ENS « Les Etats-Unis et le monde, de la doctrine Monroe à la création de l’ONU (1823-1945) »

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Riche en archives, ce film retrace le long combat des suffragettes au Royaume-Uni au début du XXe siècle.

LE MONDE |Par Alain Constant

Le combat des suffragettes avec Sylvia Pankhurst.
HISTOIRE, VENDREDI 5 OCTOBRE À 20 H 40, DOCUMENTAIRE

Caricaturées, violentées, méprisées. Sans oublier de véritables séances de torture avec gavages forcés pour les militantes féministes emprisonnées et en grève de la faim. Au début du XXe siècle, il ne fait pas bon être une femme en Angleterre. Et encore moins une femme militant pour obtenir le droit de voter ce qui, depuis 1865, est régulièrement refusé par les gouvernements successifs. Un droit de vote qui ne sera finalement acquis qu’en 1928, à l’issue de longues années de lutte, de manifestations violemment réprimées et de combats divers.

Ce documentaire inédit, riche d’archives filmées, de photos explicites et de témoignages d’historiennes revient en détail sur l’action menée en faveur du droit de vote des femmes par trois personnalités sortant de l’ordinaire : les sœurs Pankhurst (Christabel et Sylvia) ainsi que leur mère, Emmeline. Fortes personnalités, très différentes les unes des autres mais ayant en commun la volonté de faire avancer la cause des femmes, les Pankhurst ont marqué leur époque en étant à l’origine du Woman’s Social and Political Union, vaste mouvement de militantes rapidement surnommées « suffragettes » et dont le slogan d’origine (« Des actes, pas des mots ») donne le ton.

Un pouvoir aveugle

L’histoire familiale mouvementée des Pankhurst rejoint la grande histoire. Les divergences politiques des deux sœurs (Christabel, installée en Californie en 1921, finira conservatrice alors que Sylvia, en ménage avec un anarchiste italien dans l’East End, se rapproche des ouvrières et croit à la lutte du prolétariat) sont analysées. Mais le plus intéressant réside dans le rappel de faits marquants, comme cette gigantesque manifestation organisée à Hyde Park, en juin 1908, ces actes de rébellion face à un pouvoir édouardien aveugle et sourd aux revendications, ces effroyables séances de gavages forcés en prison pour des centaines de militantes.

Sans oublier l’accident mortel filmé par une caméra lors du derby d’Epsom en 1913, lorsque la militante Emily Davison se jette sous les sabots d’un cheval. Son décès ne fera pas fléchir le gouvernement mais le combat des Suffragettes prend à partir de ce moment-là une nouvelle dimension. Il faudra attendrejuillet 1928 pour que le droit de vote soit accordé aux femmes en Angleterre. Un mois après le décès d’Emmeline Pankhurst, militante de la première heure.

Deux sœurs, une histoire, de Cal Saville (R-U, 2018, 44 min).

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The President of the French Republic Rene Coty (Rene Jules Patric Gustave Coty) meeting the Catholic authorities during a state visit to Italy. Vatican City, 13th May 1958 *** Local Caption *** _

LES ARCHIVES DU FIGARO – Emmanuel Macron est reçu par le pape François ce 26 juin pour une visite officielle au Saint-Siège. Ce rituel diplomatique s’inscrit dans une longue tradition inaugurée par le président René Coty en mai 1957. Retour sur cet événement fondateur.

Un tournant historique. Quand René Coty rencontre le pape Pie XII en 1957, c’est la première visite officielle d’un chef d’État français au Saint-Siège depuis la venue de Charles VIII à Rome en 1495. Pour ce dernier, l’entrevue avait d’ailleurs été orageuse: ayant franchi les Alpes en janvier 1494, il souhaitait conquérir le royaume de Naples.

Bien plus tard en 1904, c’est un rendez-vous manqué. Le président Émile Loubet fait un voyage à Rome mais, en France, l’anticléricalisme bat son plein et la papauté n’est pas satisfaite de la loi dite des «garanties» de 1871: Loubet ne rencontre donc pas le pape Léon XIII.

Le 30 juillet 1904, les derniers liens avec le Saint-Siège sont rompus, préludant à la séparation de l’Église et l’État. Il faut attendre le début des années 1920 pour que le gouvernement Millerand entame des négociations avec le Vatican: ainsi le 30 novembre 1920, après une longue séance à la chambre, la reprise des Relations avec le Vatican est votée par 397 voix contre 209 voix. En 1921 une règle fixe le trajet du président de la République suivant un protocole précis: si le chef de l’État vient en visite à Rome, il doit se rendre au Vatican en partant de l’ambassade française. Le président Coty accomplit donc cette promesse.

Un cérémonial d’un faste prodigieux

Pour l’audience pontificale, René Coty porte les insignes de l’Ordre du Christ, la plus haute distinction pontificale que le pape lui a fait remettre. Tout un cérémonial règle cette visite entourée d’un faste prodigieux. Des échanges de cadeaux, en passant par le retentissement de La Marseillaise pour la première fois au sein du Vatican, jusqu’ à un entretien en tête à tête de plus de 45 minutes. «Une audience qui restera mémorable dans l’histoire» prononce le Pape lors de son allocution.

Premier chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean-de-Latran

Il est également de tradition que le président de la République se rende à Saint-Jean-de-Latran lors de sa visite au Saint-Siège pour recevoir son titre de premier et unique chanoine honoraire . Mais, ce n’est pas une obligation. Emmanuel Macron a accepté ce privilège, tout comme son prédécesseur en 1957.
René Coty achève ainsi son séjour dans la Ville Éternelle par une solennelle cérémonie à Saint-Jean-de-Latran, lieu de grande catholicité, où Léon III accueillit Charlemagne après l’avoir couronné. «Ce fut un moment d’une beauté saisissante… Quand s’élevèrent les chœurs palestiniens, un souffle de piété fervente emplit la basilique» rapporte Le Figaro. René Coty reçoit la Croix d’or du Latran ainsi qu’une médaille frappée pour commémorer le pontificat de Pie XII.

Dès son retour en France, le Président de la République adresse au souverain pontife un message de chaleureux remerciements: «Je tiens à marquer à Votre Sainteté le sentiment de reconnaissance émue pour votre accueil qu’elle a bien voulu réserver au Président de la République française. Le peuple de mon pays gardera précieusement le souvenir des paroles d’une bienveillance si profonde par lesquelles s’est exprimé son amour pour la France et des vœux qu’elle a formés pour la poursuite de sa mission séculaire».

Ainsi René Coty est le premier président à souhaiter se rendre officiellement au Vatican. C’est le début d’une durable tradition de rencontre des chefs d’États français avec le souverain pontife.


Article paru dans Le Figaro du 14 mai 1957

Le 13 mai 1957, S. S., le Pape Pie XII a reçu en visite officielle, au Palais apostolique du Vatican, le Président de la République française.
Les manuels scolaires de demain enregistreront en ces quelques lignes brèves un événement historique qui, suivi dans ses épisodes successifs, occupa près de deux heures d’horloge, mobilisant plusieurs milliers d’hommes: soldats, gardes, officiers et dignitaires de tout rang, et déroula les fastes prodigieux d’un cérémonial dont les sources se perdent dans la nuit du Moyen Âge.

René Coty en habit noir, l’Ordre du Christ scintillant sur sa poitrine.

C’est à 10 h. 35, très exactement, que les deux personnages centraux sont placés face à face. Le tableau de leur rencontre est facile à peindre dans son extrême simplicité.

Au seuil de la salle du Tronetto, le Souverain Pontife s’est avancé pour accueillir son hôte. Il porte sur sa soutane de moire blanche la mosette rouge et le rochet de dentelle. Il est chaussé de mules cramoisies. Devant lui, M. René Coty, en habit à gilet noir, l’Ordre du Christ scintillant sur sa poitrine.

Le contraste est saisissant entre ces deux figures: l’une, celle du visiteur, aux traits presque figés par la fatigue et par l’émotion; l’autre, celle du maître de ces lieux, le visage ascétique que des yeux lumineux éclairent derrière les lunettes cerclées, mélange indéfinissable de majesté et de douceur.

M. René Coty au Vatican dans Le Figaro du 14 mai 1957.

Nous sommes au deuxième étage du Palais apostolique. Les fenêtres regardent vers la place Saint-Pierre que le soleil, après avoir longtemps boudé, illumine soudain, rehaussant le ton des ocres sur les tuiles qui couvrent la colonnade du Bernin, et détaillant, avec la minutie que l’on retrouve chez les peintres de la Renaissance, l’horizon de Rome et ses collines.

Au pied du palais, la grande place est déserte. Quelques détachements des corps armés pontificaux seuls y ont pris place.

Ici, au deuxième étage, tout au bout d’une longue file de salles d’apparat, l’audience va commencer. Le maître de chambre se retire. Pie XII est assis sous le baldaquin. Le Président a pris pièce sur un fauteuil à ses côtés, ils restent seuls…

Du Quirinal au Vatican

Il est 10 h.35, avons-nous dit. Mais pour M. Coty la journée a commencé de fort bonne heure.

Le Président avait tout d’abord pris congé de M. Gronchi et des membres du gouvernement italien, et, quittant le Quirinal, il s’était rendu à la villa Bonaparte, en terre française, d’où, conformément à une règle fixée en 1921, il était reparti vers la Cité du Vatican.

La fanfare de la garde palatine joue la Marseillaise. Pour la première fois, l’hymne révolutionnaire retentit dans cette enceinte.

Parti à 10 heures de la villa Bonaparte, le cortège officiel arrivait quinze minutes plus tard, par la voie della Conciliazione, sur la place Saint-Pierre. Il se dirigeait aussitôt vers l’Arc des Cloches et, contournant la basilique, il entrait bientôt dans la cour de Saint-Damase.

La fanfare de la garde palatine joue la Marseillaise et, pour la première fois, l’hymne révolutionnaire retentit dans cette enceinte. À ce stade la visite, l’accueil est réglé par un cérémonial strictement laïque. Un chef d’État rend visite à un autre chef d’État.

La cour de Saint-Damase est un quadrilatère pavé, tout entouré de hauts murs. Des loges qui, au deuxième étage, flanquent la salle Clémentine, que le cortège traversera tout à l’heure, la vue plongeante permet de suivre commodément le premier épisode de la visite.

Le Président passe en revue les soldats palatins et un détachement de gendarmes et s’incline devant leurs drapeaux.

Nous apercevons, rangé au pied de l’escalier d’honneur, un groupe de dignitaires. Le noir des costumes de la Renaissance domine à côté de la pourpre romaine. La fanfare répète inlassable les accents de la Marseillaise tandis que le Président, escorté du Secrétaire de la Congrégation cérémonial et suivi du Fourrier Majeur et du commandant de la garde pontificale, passe en revue les soldats palatins et un détachement de gendarmes et s’incline devant leurs drapeaux. Les photographes, comme des insectes industrieux, courent en tous sens, pareils à de minuscules fourmis noires.

La visite commence, nous réservant de minute en minute les étonnements que suscite le déploiement d’un appareil aussi somptueux.

Mais ce qui est plus remarquable encore peut-être c’est que quelques instants avant son arrivée, et une fois passée la procession qui s’avance lentement, en silence, vers les appartements pontificaux, la plus aimable simplicité règne dans la salle Clémentine où l’aumônier secret de Sa Sainteté attendait le président de la République pour le conduire auprès du Souverain Pontife.

Les gardes suisses ont posé leur hallebarde contre le mur de marbre et s’assoient sur des bancs, jambes allongées.

Le cortège s’est tonné dans l’ordre suivant: un sergent de la garde suisse, six sediari-valets de chambre du Pape, en costume cramoisi; quatre bussolanti-ils sont vêtus de noir; ce sont les dignitaires qui jadis gardaient les portes des appartements. Puis vient, d’un pas d’automate, le visage tendu le Président de la République ayant à sa droite le maître de chambre, et, à sa gauche, le secrétaire de la congrégation cérémoniale. Puis les personnages de la suite, entourés des dignitaires pontificaux.

Dans la salle Clémentine, attendent l’aumônier secret, le sacriste de Sa Sainteté, et plusieurs dignitaires. Les officiers de la garde noble portent la tunique écarlate.

Par la salle du Gendarme et la pièce d’angle toute tapissée d’or, le Président de la République accède à la salle de Saint-Jean, puis dans la salle des Mosaïques. C’est là que sa suite attendra pendant que se déroulera l’entretien tête à tête qu’il aura avec Sa Sainteté Pie XII.

Le temps passe, les minutes s’ajoutent aux minutes: une demi-heure s’écoule. On évoque la durée d’autres audiences beaucoup moins longues que celle-ci bien qu’elles aient mis face au Saint-Père des personnages considérables. Enfin, le bruit nous parvient que l’audience vient de s’achever et que le Saint-Père reçoit M. Christian Pineau et M. Borde neuve, ainsi que la suite du Président. Nous sommes, admis enfin, à notre tour, dans la salle du Trône pour recevoir la bénédiction du Saint-Père.

Cependant, M. René Coty rend visite au pro-secrétaire d’État, Mgr Tardini, à l’étage inférieur. Les prélats, chefs des trois sections de la secrétairerie d’Etat, lui sont présentés. Après que Mgr Tardini a pris congé sur le seuil de la salle des audiences, le Président est conduit vers l’ascenseur privé que le Saint-Père emprunte pour se rendre dans la basilique Saint-Pierre. Cet ascenseur débouche tout près de la Porte Sainte, là où se trouve la fameuse Pieta de Michel-Ange.

Par Roger Massip et Paul Chaize.

 

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On pourrait croire qu’il s’agit de briques mais non : ces gros blocs sont bel et bien du chocolat de la marque Cadbury.

© Eddisons CJM

L’avantage des ventes aux enchères, c’est que chacun peut y trouver son compte : des culottes d’Eva Braun aux lettres de Jack l’Eventreur, en passant par les cendres de Truman Capote, il y en a pour tous les goûts. Et c’est le cas de le dire, puisqu’une boîte de chocolats datant d’il y a 103 ans sera mise en vente jeudi 5 juin.

Richard Bullimore, un soldat anglais du Leicestershire était un héros de la Première Guerre mondiale, ayant notamment servi en France. Or, les soldats britanniques ayant combattu dans notre pays durant l’hiver 1914 ont reçu pour les fêtes des chocolats provenant des colonies produites par la célèbre marque Cadbury, comme l’explique un commissaire-priseur de la maison de ventes Eddisons CJM.

Peu gourmand, Richard Bullimore n’a dégusté qu’une seule barre de chocolat de sa petite boîte, et a dû garder les 9 autres pour plus tard. « La boîte en elle-même est rare, alors trouver le chocolat à l’intérieur est surréaliste », admet Paul Cooper, le commissaire-priseur précédemment cité.

En plus des sucreries, le lot propose d’autres affaires du soldat, comme des cigarettes, des médailles, des lettres et quelques autres affaires.

 

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Les effets personnels de Richard Bullimore.Eddisons CJM

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Les médailles.Eddisons CJM

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Eddisons CJM

Estimé à 2 000 livres (2 280 euros), le lot partira jeudi 5 juin et si vous y tenez, il est possible d’enchérir via Internet. Par contre, si vous êtes l’heureux acquéreur, il est fortement déconseillé de goûter le chocolat « juste pour savoir ». Fadi Aramouni, professeur de sciences à l’Université de Kansas, précisait dans un article sur News Wise que le chocolat noir pouvait se conserver à l’ombre et dans un endroit frais pendant environ deux ans – moins pour le chocolat au lait. Un objet de collection, donc. Point.

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Par Pauline CURTET

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L’Allemagne inaugure vendredi un mémorial pour des détenus longtemps oubliés d’un camp de concentration, pour beaucoup des Juifs hongrois, qui durent « dans des conditions inhumaines » édifier un bunker-usine en pleine forêt.

Henrik Mordechai Gideon, ancien prisonnier au camp de concentration de Mühldorf, à l'inauguration du mémorial, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018

© Fournis par AFP Henrik Mordechai Gideon, ancien prisonnier au camp de concentration de Mühldorf, à l’inauguration du mémorial, dans le sud de l’Allemagne, le 27 avril 2018

« Je suis satisfait qu’enfin, après tant d’années, au milieu de la forêt, on puisse se souvenir de la souffrance de ces hommes et de leur mort”, explique à l’AFP Franz Langstein, président de l’association « Pour le souvenir », devant ce mémorial situé près de Mühldorf am Inn, en Bavière.

A partir de l’été 1944, quelque 10.000 déportés ou prisonniers de guerre ont travaillé dans cette forêt « dans des conditions inhumaines », selon M. Langstein.

Ils devaient bâtir un immense bunker en béton dans lequel des avions de chasse destinés aux combats contre les Alliés devaient être fabriqués.

– Fosse commune –

Considéré comme une annexe du camp de concentration de Dachau, près de Munich, le site a été évacué le 28 avril 1945. Après la guerre, une fosse commune contenant les restes de 2.200 personnes fut découverte.

L’emplacement de ce lieu de sépultures est aujourd’hui repérable par des arbres coupés au niveau du tronc tandis que plus loin se trouvent les ruines d’une immense voûte de béton, qui devait constituer le « toit » de ce bunker.

« A l’automne 1944, 10 à 20 personnes mourraient chaque jour », et « au coeur de l’hiver ce chiffre monta même jusqu’à 40 personnes », explique M. Langstein, devant les panneaux explicatifs qui retracent le parcours effroyable des détenus, photos et témoignages à l’appui.

Beaucoup sont morts de faim, de froid ou d’épuisement à force de porter de lourds morceaux de béton tandis que la poussière de ciment endommageait leurs poumons.

Des détenus du camp d’extermination d’Auschwitz furent régulièrement envoyés à Mühldorf, dont beaucoup de Juifs hongrois.

Des dalles de béton marquent le fosse commune du camp de concentration de Mühldorf am Inn, dans le sud de l'Allemagne, le 26 avril 2018

© Fournis par AFP Des dalles de béton marquent le fosse commune du camp de concentration de Mühldorf am Inn, dans le sud de l’Allemagne, le 26 avril 2018Depuis 2002, l’association de M. Langstein se bat pour que le souvenir du calvaire enduré dans cette forêt par les déportés fasse l’objet d’un mémorial pédagogique et informatif.

De nombreux promeneurs et joggeurs aiment traverser la forêt, tombant sur les ruines en ignorant souvent ce qui s’y est déroulé.

Les restes du bunker devront encore être aménagés avant de devenir un lieu mémoriel, mais les ruines témoignent de la gigantesque tâche impartie aux travailleurs forcés.

L’édifice devait en effet faire 400 m de long pour une largeur de 33 m, 8 étages à moitié sous terre surmontés de 12 énormes voûtes de béton, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Le camp de concentration de Dachau fut le premier ouvert, à peine deux mois après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler.

A partir de 1942 apparut un réseau de 140 « annexes » construites directement à côté des sites de production d’armement dans la région et où plus de 30.000 détenus furent employés de force, selon le Mémorial de Dachau.

– Forêt idyllique –

Pour M. Langstein, sur le site de Mühldorf « au coeur de cette forêt idyllique on voit ce que les hommes sont capables de faire à d’autres et ce sans avoir d’états d’âme et ce en disant en plus: +de toute façon, ce sont des Juifs+ ».

De courts témoignages de survivants sont également exposés sur le site.

Les ruines du bunker où les prisonniers devaient fabriquer des avions de chasse pour l'armée nazie, dans le camp de concentration de Mühldorf am Inn, dans le sud de l'Allemagne, le 26 avril 2017

© Fournis par AFP Les ruines du bunker où les prisonniers devaient fabriquer des avions de chasse pour l’armée nazie, dans le camp de concentration de Mühldorf am Inn, dans le sud de l’Allemagne, le 26 avril…Après l’évacuation du camp, des détenus ont été contraints par des SS à entamer un périple dans un convoi de bestiaux.

« Dans la brume matinale du 30 avril (1945), nous avons vu tout à coup que les armes des Allemands étaient désormais orientées vers le bas et non plus vers le haut », raconte le Hongrois Imre Rabai, sur le site internet de l’association « Pour le souvenir ».

« Nous avons regardé autour de nous et vu les troupes américaines (…). elles ont ensuite ouvert nos wagons. Nous étions libres ».

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La caravelle

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