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Affaire Benalla: Quand le président de la commission d’enquête du Sénat se lâche contre le président et le «macronisme»

© Fournis par http://www.challenges.fr Affaire Benalla: Quand le président de la commission d’enquête du Sénat se lâche contre le président et le «macronisme»

Philippe Bas, jusque-là si discret sénateur Les Républicains de la Manche, est devenu l’une des stars de cet été 2018. Il avoue entre les lignes dans Le Monde qu’Alexandre Benalla et ses dérapages ont été utilisés pour intenter un procès en illégitimité au président de la République.

Ex-secrétaire général de l’Elysée sous la présidence de Jacques Chirac, ex-ministre au sein du gouvernement dirigé par Dominique de Villepin, le sénateur Les Républicains de la Manche Philippe Bas, jusque-là si discret, est devenu l’une des stars de cet été 2018. Président de la commission des lois au Palais du Luxembourg, c’est en effet lui qui dirige la commission d’enquête sénatoriale chargée de faire la lumière, toute la lumière, sur les tenants et aboutissants de l’affaire dite Benalla alors que la commission de l’Assemblée nationale, elle, s’est crashée en chemin.

Après maintes auditions, la presse, et en particulier celle plutôt rangée «à gauche» (Le Monde et Libération), encense le sénateur Bas, le couvre d’éloges- «courtois, ferme, intransigeant, caustique»- souligne sa dextérité intellectuelle et juridique pour diriger les débats, pour passer sur le grill de ses questions et remarques les différents protagonistes et, par exemple, «allumer» méchamment- mais d’un ton courtois, forcément courtois- l’actuel secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. Du bel ouvrage-médiatico-politique présenté comme la «revanche» du «vieux monde»- le sénateur Bas d’ailleurs s’en revendique avec fierté- contre le «nouveau monde» macroniste accusé «d’arrogance», l’un des gimmicks politiques du moment.

Enracinement contre hors sol

Il n’est donc pas surprenant que, dans ce contexte, notre confrère Olivier Faye du Monde, par ailleurs remarquable spécialiste de l’extrême-droite française, consacre un article ultra sympathique au sénateur Bas auquel il a rendu visite sur ses terres de la Manche. Après qu’ont été rappelées les différentes étapes de la carrière dudit Bas, le discours médiatique dominant insiste tout particulièrement sur son enracinement territorial dans la Manche, en contre-exemple du macronisme qui, lui, serait par définition hors sol- l’une des récurrences de l’extrême-droite et de Laurent Wauquiez contre le chef de l’Etat.

Le sénateur Bas, sans doute emporté par sa soudaine notoriété, se laisse lui aussi aller à cette caricature ultra du macronisme, à l’envers de l’image modérée et sereine qu’il s’était construit d’une audition à l’autre. Spectateurs attentifs des séances de «sa» commission d’enquête, nous avions en effet voulu nous convaincre que ce partisan acharné de François Fillon lors de la récente campagne présidentielle ne poursuivait qu’un double objectif: obtenir la vérité dans l’affaire Benalla; établir les responsabilités de chacun sans le moindre doute possible, avec impartialité et sans aucun préjugé. En quelque sorte du bel ouvrage démocratique et républicain, une façon aussi de rehausser le prestige de «sa» maison, le Sénat. Nous nous étions égarés, et ses confidences au Monde en attestent.

Le placide sénateur Philippe Bas s’est en réalité investi d’une mission… idéologique! Laquelle? Profiter de l’affaire Benalla pour dévoiler, pour dénoncer, pour démonter, la véritable nature, par essence dangereuse selon lui, du macronisme. Ce n’est pas nous qui, soudain, frappés par les chaleurs estivales, avons mal lu ou mal compris; non, c’est le sénateur Bas qui le dit, l’affirme et le répète sans aucun complexe ni prudence -qualité pourtant sénatoriale. Attachons-nous alors à lire et relire Bas dans le texte pour mieux (le) comprendre.

« Tel qu’il est »

«Le pouvoir, affirme-t-il, se montre tel qu’il est. La fumée du macronisme va disparaître et on verra ce qu’il y a derrière: la technocratie, le narcissisme et la solitude». Au passage, La République en marche en prend aussi pour son grade, mais c’est (presque) secondaire: «le parti n’existe pas, il n’a pas de racines idéologiques, pas de racines territoriales, pas d’expérience politique». Nous sommes fort loin, constatons-le, des différents épisodes Benalla. Dans cet esprit de dénonciation, on comprend mieux pourquoi Philippe Bas a cogné si fort le plus proche collaborateur du chef de l’Etat, Alexis Kohler. Le sénateur d’ailleurs ne se démonte pas, il assume et explique: «j’ai voulu dire à Kohler vous êtes pris à votre propre jeu. Vous incarnez les élites françaises du CAC40 et de l’administration réunies et vous voulez vous faire passer pour des révolutionnaires. Ce n’est pas vrai, vous ne l’êtes pas».

Voila précisément ce que le digne sénateur Bas n’avait pas daigné nous faire savoir avant de se lâcher dans les colonnes du Monde: dans son esprit, et surtout dans sa pratique à la tête de la commission sénatoriale partout et par tous encensée, l’affaire Benalla fournissait un prétexte pour mettre en scène la dénonciation du «macronisme», «incarnation des élites». De la part de l’énarque Bas, membre éminent de la Chiraquie, successivement secrétaire général de l’Elysée, ministre, député et sénateur, c’est assez cocasse et presque ridicule, mais passons… Au moins ces confidences nous permettent-elles de ne plus être dupes: Alexandre Benalla et ses dérapages ont été utilisés pour intenter un procès en illégitimité au président de la République. C’est Philippe Bas qui en convient. C’est Philippe Bas qui l’avoue. Les choses sont claires.

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De retour de Russie, Nicolas Sarkozy s'est rendu mardi sur le Tour de France en compagnie de Laurent Wauquiez. L'occasion pour l'ex-Président de filer la métaphore sportive et de faire à nouveau la leçon à son successeur chez Les Républicains.
© Abaca De retour de Russie, Nicolas Sarkozy s’est rendu mardi sur le Tour de France en compagnie de Laurent Wauquiez. L’occasion pour l’ex-Président de filer la métaphore sportive et de faire à nouveau la leçon à son successeur chez Les Républicains.De retour de Russie, Nicolas Sarkozy s’est rendu mardi sur le Tour de France en compagnie de Laurent Wauquiez. L’occasion pour l’ex-Président de filer la métaphore sportive et de faire à nouveau la leçon à son successeur chez Les Républicains.

À force de métaphores, Nicolas Sarkozy finira bien par se faire comprendre. Présent sur le final de l’étape du Tour de France sur le plateau des Glières, en Haute-Savoie, mardi, l’ancien chef de l’État, interrogé par des journalistes dont Le Figaro, a multiplié les comparaisons entre le sport et la politique au côté de Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et son successeur à la tête du parti des Républicains. Quarante-huit heures plus tôt, l’ex-Président était en Russie pour assister au sacre des Bleusà la Coupe du monde, triomphe dont il veut tirer une grande leçon : « Chaque fois que la France a gagné, c’est qu’elle était ensemble. »

Le message lancé par Nicolas Sarkozy à l’adresse de Laurent Wauquiez est clair : la victoire n’est possible qu’à condition de jouer collectif.

Sarkozy et Wauquiez partagent une fondue par 25°C

« Le rassemblement et le travail collectif c’est toujours la même chose. Vous pouvez avoir les meilleures individualités – et Dieu sait que nous en avons, notamment avec Mbappé – mais si ça ne joue pas ensemble… », a encore détaillé l’ancien chef de l’État pour qui « quand les Français sont unis, [quand] ils le veulent, ils ont le talent, la force de conquérir pour le monde ». Et Nicolas Sarkozy d’ajouter, encore plus explicite : « C’est pareil pour un pays, une équipe, un pays, un parti politique, une famille. »

« Vous pouvez avoir les meilleures individualités, mais si ça ne joue pas ensemble… »

L’ancien chef de l’État sortait alors d’un déjeuner sans doute copieux avec Laurent Wauquiez (ils ont partagé une fondue savoyarde par 25°C). Ces derniers mois, les deux hommes politiques ont multiplié les entrevues, notamment depuis la sortie de Laurent Wauquiez devant les élèves de l’école EM de Lyon, pendant laquelle le patron des Républicains assurait que Nicolas Sarkozy « mettait sur écoute » son gouvernement entre 2007 et 2012.

Depuis, Nicolas Sarkozy, s’il a accepté les excuses de son ancien ministre des Affaires européennes, n’a eu de cesse de le recadrer en privé et de multiplier, en public, les remarques à son intention. L’ancien chef de l’État a ainsi répété plusieurs fois l’importance du « rassemblement » eu du « travail collectif » au sein de sa famille politique. « On ne tue pas en politique, on rassemble », avait-il par exemple lancé lors de sa précédente rencontre avec Laurent Wauquiez, le 13 juin dernier. Un déjeuner pendant lequel il suggérait à son successeur de « davantage consulter ».

Sarkozy loue la « résistance aux critiques » des Bleus

Mardi en Haute-Savoie, l’ancien président de la République a toutefois tenu à soutenir Laurent Wauquiez par rapport à l’image médiatique négative qu’il peut parfois renvoyer. Une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy a filé la métaphore sportive, soulignant que les Bleus et leur entraîneur Didier Deschamps ont su « résister aux critiques, y compris les critiques des observateurs. Ça a montré que quand on a une stratégie, il ne faut pas en dévier. »

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French former president Nicolas Sarkozy (R) and French Prime Minister Edouard Philippe attend the UEFA Champions League round of 16 second leg football match between Paris Saint-Germain (PSG) and Real Madrid on March 6, 2018, at the Parc des Princes stadium in Paris. 
FRANCK FIFE / AFP

Issu des Républicains, Edouard Philippe, fidèle juppéiste, n’a jamais été proche de l’ancien président.

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Dans le « Journal du dimanche », le président des Républicains estime que « jamais président de la République n’aura été assis sur une telle faille sociologique ».

Pour Laurent Wauquiez, Emmanuel Macron oublie "ceux qui ne sont rien"

© ROMAIN LAFABREGUE / AFP Pour Laurent Wauquiez, Emmanuel Macron oublie « ceux qui ne sont rien »

Face à Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez veut être le porte-parole de la « France oubliée ». Dans les colonnes du Journal du dimanche, le patron des Républicains reproche au président de la République d’oublier « ceux qui ne sont rien ».

« Cette France oubliée se vengera ». « Jamais président de la République n’aura été assis sur une telle faille sociologique », attaque d’entrée Laurent Wauquiez. « Deux France sont en train de s’opposer : celles des gagnants de la mondialisation et celle qui n’en perçoit pas les bénéfices ». Selon le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, « Emmanuel Macron parle à la ‘start-up nation’, mais il oublie ceux ‘qui ne sont rien’, selon ses propos ».

Et Laurent Wauquiez de prévenir : « Cette France oubliée se vengera ». « Le financement du modèle social, qui représente 56% du PIB, pèse essentiellement » sur les classes moyennes, alerte-t-il encore. « Elles ont le sentiment de payer toujours plus pour un système dont elles ne bénéficient plus ».

« La pression communautariste n’a jamais été aussi forte ». Alors que LR organisait samedi un conseil national consacré à l’Europe, à Menton, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy attaque Emmanuel Macron sur tous les fronts. S’il approuve les réformes du travail et de la SNCF, Wauquiez accuse notamment l’hôte de l’Elysée de ne pas en faire assez « face à l’islamisme radical », alors que « la pression communautariste n’a jamais été aussi forte ». Mettant en garde contre « un travail rampant du salafisme dans notre pays », il fustige les « élites politiques » qui « ne comprennent pas ce qui se passe dans les profondeurs du pays ».

Sur l’Europe, Laurent Wauquiez appelle « à une refondation totale de l’UE, l’arrêt de tout élargissement », et à « faire de la gestion de la vague migratoire massive la priorité des cinq ans qui viennent ».

Wauquiez attaque « le machiavélisme » de Macron. Alors que le patron de LR reste bas dans les sondages, mais que les études d’opinion montrent un scepticisme croissant des Français à l’égard de l’exécutif, Laurent Wauquiez l’affirme : « il faut souhaiter que je réussisse ». « Si nous ne créons pas d’alternative crédible, les Français iront chercher Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, et nous jouerons l’avenir de notre pays à la roulette russe », s’alarme-t-il, critiquant « le machiavélisme » de la politique d’Emmanuel Macron : « faire en sorte qu’entre En marche et les extrêmes, il n’y ait rien ».

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Valérie Pécresse s'exprime lors du Conseil national des Républicains, le 30 juin 2018
© VALERY HACHE / AFP Valérie Pécresse s’exprime lors du Conseil national des Républicains, le 30 juin 2018La voix dissidente qu’elle porte au sein du parti et les multiples critiques qu’elle émet à l’égard de son président Laurent Wauquiez ont valu à Valérie Pécresse quelques huées lors de son arrivée au Conseil national des Républicains, qui se tient ce samedi au Palais de l’Europe de Menton.

En janvier dernier, la présidente de la région Ile-de-France avait déjà reçu un accueil mitigé lors du précédent Conseil du parti où elle était venue faire approuver la candidature de son mouvement « Libres! ».

Depuis l’élection de Laurent Wauquiez à la tête des RépublicainsValérie Pécresse n’a cessé de s’opposer à la droitisation du parti, s’inquiétant du « rétrécissement de (sa) famille politique ». Le 18 juin, lors d’une conférence de presse présentant le projet européen de son mouvement, « Libres ! », au lendemain du limogeage par Laurent Wauquiez de sa n°2, Virginie Calmels, l’élue francilienne a toutefois estimé qu’un rapprochement entre les deux droites était possible.

« J’ai théorisé l’idée qu’il y avait deux droites et qu’elles étaient réconciliables, et je pense que ce projet européen est de nature à les réconcilier », a-t-elle ainsi déclaré.

En face, Laurent Wauquiez tente tout pour imposer son leadership et la vision qu’il porte pour Les Républicains. « Il ne peut y avoir de rassemblement qu’autour d’une ligne forte et claire », a affirmé l’ancien ministre à la suite de l’éviction de Virginie Calmels, tout en assurant qu’il ne laissera plus « les petits chapelles et les querelles d’ego affaiblir notre famille politique ». Pourtant, une fois de plus ce samedi, Valérie Pécresse n’a pas hésité à remettre en cause la vision eurosceptique du président LR, estimant qu’il ne fallait pas « faire table rase » de l’histoire de la construction européenne

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Le président de LR observerait de très près l’évolution de Marion Maréchal, qui ouvre à la presse ce vendredi son académie de sciences politiques.

Laurent Wauquiez le 18 avril 2018

© Eric Feferberg-AFP Laurent Wauquiez le 18 avril 2018Depuis que Marion Maréchal a annoncé l’ouverture de son « institut de sciences sociales et politiques » (ISSEP) à Lyon, Laurent Wauquiez ne semble pas serein. Si la jeune retraitée de la politique assure qu’elle ne veut pas pour l’instant « replonger » mais préfère se concentrer sur son « académie », le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes observe avec méfiance l’intérêt qui lui est porté. Il faut dire que celle-ci a élu domicile à moins de 500 mètres de l’hôtel de région, à Lyon.

« Il nous est arrivé d’en parler »

Selon Le Point, Laurent Wauquiez aurait confié à Michel Houellebecq être « obnubilé » par Marion Maréchal. Au point d’avoir missionné quelqu’un de son cabinet pour trouver l’adresse exacte de l’école dont elle a la charge, rapporte Le Figaro. « Cette histoire est à dormir debout », dément un collaborateur du président de région. « Laurent Wauquiez ne nous a jamais rien demandé (…) Il nous est arrivé d’en parler mais rien de plus (…) ». On apprend pourtant dans Le Figaro que certains membres de l’entourage du président de région sont allés autour de l’école « par curiosité ».

D’ailleurs s’il épargne Thierry Mariani malgré ses rapprochements avec l’extrême droite, ce n’est pas seulement au nom de la « diversité des opinions ». Selon le Canard enchaîné, ce serait justement parce que l’ancien ministre l’informe sur le Rassemblement national et ses velléités électorales. Il a d’ailleurs convaincu Laurent Wauquiez que Marine Le Pen ne se représenterait pas en 2022. Mais Marion Maréchal, elle, reste évasive sur le sujet.

Les jeunes militants de droite intéressés

En attendant, cette dernière a fait le plein de dossiers d’inscriptions pour la première promotion de l’école, et les jeunes militants de droite de la région ne sont pas en reste. Eric Tégner, ancien président des « jeunes avec Calmels » et candidat à la présidence des jeunes LR, défend l’union des droites – de LR à Marion Maréchal en passant par Robert Ménard et Nicolas Dupont-Aignan – et annonce qu’il va s’inscrire à l’ISSEP. L’intérêt, notamment, réside pour lui « dans la rencontre dans un même établissement d’intellectuels, de professeurs et d’élèves issus de toutes les familles de la droite (…). »

Le président de LR refuse pourtant cette union. Mais il n’a jamais caché son intérêt pour l’électorat du Rassemblement national (ex-FN): c’est dans cette optique qu’il s’est rendu lundi soir à un meeting de Sens commun à Lyon.

Devant les militants, il a évoqué la politique familiale, l’immigration, l’identité de la France ou encore la nouvelle droite « à reconstruire ». Un appel du pied appuyé aux électeurs du Rassemblement national, avec toujours en ligne de mire l’ancienne députée du Vaucluse.

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Valérie Pécresse, opposante de l’intérieur au président des Républicains Laurent Wauquiez, a joué l’apaisement ce lundi soir sur notre antenne, tandis que le parti est en pleine crise. Laurent Wauquiez, lui, assume l’éviction de Virginie Calmels, en poursuivant sur un ton offensif.

Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse lors d'un déplacement en janvier.

© Thomas Samson/ AFP Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse lors d’un déplacement en janvier.

« Vous n’entendrez de ma part aucune parole qui puisse mettre de l’huile sur le feu. » Le message de Valérie Pécresse était clair ce lundi soir sur notre antenne. La présidente du conseil régional d’Île-de-France a beau être la première figure à laquelle on pense lorsqu’il s’agit de mettre un nom sur l’opposition interne à Laurent Wauquiez, président des Républicains depuis décembre dernier, il ne faut attendre d’elle ni offensive, ni relance tandis que son parti est entré dans une zone de turbulences. Quelques heures après que sespropos très critiques sur la ligne suivie par son patron ont paru dans Le Parisien ce week-end, la vice-présidente des Républicains, Virginie Calmels, a en effet été débarquée par Laurent Wauquiez.

La « douleur » de Pécresse

Valérie Pécresse a vécu l’ensemble « avec un peu de douleur », a-t-elle glissé à Ruth Elkrief. « Je crois vraiment qu’on doit mettre de côté ces querelles de personnes », a-t-elle ajouté. Elle a esquissé ce qui est selon elle la marche à suivre pour sa famille politique:

« La droite française doit renouveler son logiciel politique et doit proposer de nouvelles propositions aux Français. La stratégie pour regagner la confiance des Français c’est d’abord des idées et ensuite rassembler de manière très large. Il ne faut pas rétrécir la droite mais l’élargir. Il faut lui apporter du carburant et ce carburant, c’est le débat d’idées. »

« Il y a deux droites mais je crois qu’elles sont réconciliables », a-t-elle encore dit.

La charge de Calmels

Pour autant, la journée était moins à ladite réconciliation qu’à l’échauffement des esprits. Invitée du journal de TF1 ce lundi, Virginie Calmels a lâché ses coups contre son ancien leader. Elle a reproché à Laurent Wauquiez d’avoir transgressé un accord passé entre eux. « Il est venu me chercher pour faire un tandem. Il a dit qu’il voulait rassembler et renouveler, et que je cochais ces deux cases. Mais depuis, il a rompu le pacte de confiance entre nous en travaillant seul, aucun débat préalable à toutes ses prises de position successives ».

Alors qu’elle a assuré être « soulagée à titre personnelle » consécutivement à son limogeage, elle a appuyé: « Laurent Wauquiez impose à la famille de la droite une ligne unique qui est en fait identitaire et populiste. Ce n’est pas ça, la famille de la droite. Pour moi, elle doit être équidistante d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, et pas pencher d’un côté plutôt que d’un autre ».

Wauquiez fustige « les mercenaires »

La charge est lourde et s’inscrit en faux contre le communiqué mis plus tôt en circulation par Laurent Wauquiez au sujet de son ancienne vice-présidente. Cette fois-ci, c’est le premier qui avait accusé la seconde d’avoir franchi la ligne définie au préalable:

« Virginie Calmels dont je salue le parcours professionnel et les qualités personnelles s’était engagée dans cet objectif commun avant de choisir l’isolement en attaquant publiquement la feuille de route de notre mouvement, pourtant plébiscitée par les adhérents il y a six mois. Vous le savez, lorsqu’il s’agit de porter nos convictions ma volonté est sans faille ».

« Il ne peut y avoir de rassemblement qu’autour d’une ligne forte et claire », a-t-il aussi écrit. Dans la soirée, le président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes a pris la parole lors d’une réunion de Sens commun à Lyon: « Ce qui nous intéresse, c’est les valeurs, la vision, et pas les petits égos des uns et des autres. Pourquoi, au fond, il y a eu ces itinéraires de trahisons successives de mercenaires, de gens qui sont capables de passer de l’un à l’autre? Parce qu’il n’y a plus de colonne vertébrale. » Il a prolongé: « Au fond, ceux qui font aujourd’hui la politique, la font uniquement guidés par un parcours, qui peut jongler de l’un à l’autre et parce qu’ils ne savent plus ce qui les habite et ce qui les porte. »

Laurent Wauquiez a ensuite repris le thème de la droite décomplexée: « Et comme certains voudraient que cette nouvelle droite que je tente fermement, avec toute une équipe, de reconstruire, le fassent en marchant sur la pointe des pieds, en s’excusant de ses valeurs, en privilégiant des rassemblements artificiels qui font qu’à l’arrivée on ne sait plus ce qu’on dit, ce qu’on porte et ce qui nous habite. » Il a enfin déclaré: « Je pense qu’il peut y avoir de la diversité mais je pense aussi qu’il faut une colonne vertébrale et un cap. »

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