Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Belgique’ Category

Un élu francophone agressé par des extrémistes flamands en Belgique

Des membres d’un groupuscule d’extrême droite ont fait irruption vendredi chez le maire de Wezembeek-Oppen.

Source AFP (Le Point

Des militants extrémistes flamands ont agressé verbalement à son domicile le maire d’une commune de la banlieue de Bruxelles à majorité francophone mais située en Flandre, l’un des points chauds de la crise belge, ont rapporté samedi des médias. Une quinzaine de membres du groupuscule d’extrême droite Tal Aktie Komitee (TAK) ont fait irruption vendredi soir devant la maison du maire de Wezembeek-Oppen, François van Hoobrouk d’Aspre, le jour de son 77e anniversaire.

Porteurs de guirlandes, les manifestants ont exhibé une affiche sur laquelle on pouvait lire, en néerlandais : « Après 77 ans, il continue de violer la Constitution ». Mais ils sont allés plus loin, selon le maire cité par le journal Le Soir, en sonnant à sa porte et en lui criant lorsqu’il a ouvert : « Vous ne respectez pas les lois linguistiques, vous ne méritez pas votre place de bourgmestre, c’est une honte que vous soyez encore là. »

Différend linguistique

« J’ai voulu refermer la porte, mais un de ces individus a calé son pied dans l’embrasure pour m’en empêcher. J’ai répondu au groupe vociférant : Je suis bruxellois, je me bats pour que nous soyons rattachés à Bruxelles et votre attitude me conforte dans l’idée qu’il n’y a aucun respect pour les droits des francophones en périphérie ». « Ils étaient fous de rage et ils ont continué à m’invectiver durant plusieurs minutes », a raconté le maire, qui a porté plainte pour menaces et violation de domicile, selon la télévision privée RTL-TVI.

Bien qu’il ait été élu en octobre 2006, la région de Flandre n’a toujours pas reconnu la désignation de François van Hoobrouk, membre du parti libéral francophone, le MR, au poste de maire. Elle lui reproche de ne pas respecter ses règlements linguistiques controversés sur l’usage exclusif du flamand lors de sessions du conseil municipal ou l’envoi de convocations électorales en flamand uniquement. Deux autres maires de banlieue sont dans la même situation instable que François van Hoobrouk en raison de ce conflit d’interprétation des lois s’appliquant à des communes à statut spécial.

Le différend exacerbe le conflit entre les communautés flamande (néerlandophone) et francophone, qu’illustre par ailleurs leur incapacité plus de sept mois après les législatives à former un gouvernement fédéral.

Read Full Post »

Manifestation à Bruxelles pour dénoncer la paralysie politique de la Belgique

Le pays est sans gouvernement depuis 224 jours, un triste record en Europe.

Manifestation à Bruxelles pour dénoncer la paralysie politique de la BelgiquePartis du nord de la capitale, les manifestants devaient rejoindre un grand parc royal proche du centre de la ville, le parc du Cinquantenaire © Julien Warnand / AFP
Source AFP (le Point)

Plus de 30.000 Belges ont participé dimanche à Bruxelles à une marche de la « honte » inédite pour dénoncer la crise politique d’une durée record qui menace l’unité du pays, du fait des divergences entre Flamands et francophones, et demander la formation d’un gouvernement. C’est la première fois depuis les élections législatives belges du 13 juin 2010 que des citoyens ordinaires expriment massivement leur exaspération face à l’impasse actuelle. Ils répondaient ainsi à l’appel de cinq étudiants « politiquement neutres », largement popularisé via Internet.

« Qu’est-ce qu’on veut ? On veut un gouvernement », scandaient les protestataires, jeunes souvent, et habillés pour certains de combinaisons blanches, au 224e jour de la crise politique qui prive le pays de véritable gouvernement, un record d’Europe déjà. Une manière pour cette marche de la « honte » de rappeler la célèbre « marche blanche » belge ayant rassemblé 300.000 personnes en 1996 pour protester contre les crimes du meurtrier pédophile Marc Dutroux.

Blocage politique

Nombre de manifestants arboraient aussi dimanche une affichette avec le slogan « Se diviser ? Pas en notre nom ! » mot d’ordre d’une réunion d’artistes et intellectuels organisée à Bruxelles vendredi soir, qui a fait grand bruit. Les participants, Flamands et francophones mêlés, y ont dénoncé la ligne nationaliste défendue par le parti indépendantiste sorti vainqueur des législatives, la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), qui contribue à l’actuel blocage politique.

Sur le ton de l’humour, le francophone Philippe Geluck, célèbre dessinateur du « Chat », a, lui, appelé à une « révolution des moules et des frites » sur le modèle de la « révolution du Jasmin » tunisienne. Autre slogan à succès, « Une barbe pour la Belgique » s’affichait sur des autocollants arborés dimanche par certains des 31.000 manifestants répertoriés par la police, suite à un appel de l’acteur belge Benoît Poelvoorde à ne plus se raser jusqu’à ce que la crise soit dénouée.

Craintes sur l’économie

Pour Henri, 67 ans, un Bruxellois francophone, « il faut en finir avec ces jeux de bac à sable politiques. Sinon, on peut craindre pour la santé économique du pays ». « On veut une solution. Pas cette guerre de tranchées entre partis politiques », a renchéri un autre manifestant, Christophe, 27 ans, chercheur en sociologie de l’université d’Anvers, en Flandre. De nombreux Flamands s’étaient joints aux francophones dimanche pour la manifestation, point d’orgue d’un appel à la mobilisation citoyenne. Pour lui, la marche reflète « un début de fracture entre Flamands », depuis que la droite néerlandophone -la N-VA et les chrétiens-démocrates du CDV – a rejeté le 6 janvier une énième base de compromis pour former un gouvernement.

Ce texte a été en revanche appuyé par la gauche flamande – socialistes du SPA et écologistes de Groën – comme par les trois partis francophones – socialistes du PS, centristes du CDH, et Écolos – participant depuis juin, soit plus de sept mois, à ces interminables négociations à sept. Sentant le danger, le chef de la N-VA a d’ailleurs adressé une mise en garde samedi soir : « Ceux qui veulent se débarrasser de nous n’ont qu’à le dire clairement ! » a lancé Bart De Wever, en rejetant sur les francophones la responsabilité du blocage.

Les Flamands (60 % des quelque 11 millions de Belges) réclament une autonomie renforcée pour leur région, notamment dans le domaine fiscal et social. Les francophones de Wallonie et Bruxelles veulent limiter cette décentralisation de crainte de perdre les transferts financiers de la Flandre et parce qu’ils y voient le début de l’éclatement du pays créé en 1830.

Read Full Post »

 

ENTRETIEN

Geluck, plus belge, tu meurs

Philippe Geluck publie le tome 16 des aventures du Chat. Et cultive sa veine trash.

Propos recueillis par Romain Brethes  (Le Point)

Geluck, plus belge, tu meurs

Philippe Geluck. Félidé philosophe et insupportablement fat. © Ginies Sipa – Casterman

En France, Philippe Geluck s’est révélé au grand public comme amuseur bon enfant chez Michel Drucker ou Laurent Ruquier. En Belgique, il est une véritable icône, qui incarne un certain humour belge, plus caustique, irrévérencieux et mauvais esprit. Mais, dans ces deux pays, il est avant tout l’auteur du Chat, une série légendaire qui fêtera bientôt ses 30 ans. Le volume 16 de ses aventures permet de retrouver ce félidé philosophe et insupportablement fat au sommet de sa forme, comme le montre une carte postale où il s’affiche avec ce mot aimable : « Dis-toi qu’il vaut mieux être gravement malade que légèrement mort. »

Le Point : Le Chat est apparu dans les colonnes du Soir, le grand quotidien belge, en 1983. Peut-on parler de ce personnage comme d’un emblème de la Belgique, à la manière de Tintin ?

Philippe Geluck : Le Chat est effectivement né d’une commande du Soir, mais la forme que j’ai adoptée, celle du strip, était plutôt américaine, comme Peanuts. Il n’y avait pas véritablement de tradition belge en bande dessinée pour le strip. En outre, j’ai décidé de mettre en scène un personnage étranger à l’actualité belge, avec ses aphorismes et son humour cuistre, en privilégiant un aspect intemporel. Je dois avouer qu’au début le succès a été très relatif, et les lecteurs ont été décontenancés, sans doute parce que l’esprit du Chat était assez inclassable. D’un autre côté, j’ai sans aucun doute été influencé par cette forme de comique et d’absurde que l’on trouve chez René Magritte ou Louis Scutenaire. En Belgique, et en particulier à Bruxelles, il suffit de sortir dans les rues pour respirer un air typiquement surréaliste.

Vous avez été au coeur de plusieurs polémiques sur les divisions entre Flamands et Wallons. Mais quelle est votre position ?

En fait, il y a eu deux polémiques distinctes. Tout d’abord, dans une émission de la RTBF, j’ai lancé, tout en précisant bien qu’il s’agissait d’une plaisanterie, que les Flamands, qui « possèdent » actuellement tout le littoral belge, devraient désormais, en cas de scission, le partager avec les Wallons. Et puis dans un one-man-show, que je joue actuellement à Bruxelles (Je vais le dire à ma mère), il y a une scène où je cherche à expliquer à Michel Drucker la situation en Belgique, et pour ce faire je la compare successivement au conflit israélo-palestinien, aux déchirures entre Tutsis et Hutus et pour finir à l’Afrique du Sud de l’Apartheid. C’est bien évidemment excessif, mais les réactions que ces deux traits d’humour ont suscitées, notamment celle d’un politicien flamand pseudo-modéré, montrent bien que le véritable danger en Belgique vient du nationalisme et des extrémistes de droite.

Les Belges semblent vivre cette crise avec beaucoup de distance, au grand étonnement des Français.

Oui, indéniablement. Certes, je crois qu’il vaut mieux rire de cette situation, comme je le fais en m’inspirant de Plume, d’Henri Michaux, que d’en pleurer. Mais le peuple belge a cette capacité fascinante à demeurer d’humeur égale face aux crises que le pays traverse depuis presque un demi-siècle. Près de 20 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le pays est politiquement ingouvernable en raison de son éclatement en de multiples parlements et régions, la crise économique a très durement frappé la Belgique, et pourtant personne ne descend dans la rue, comme en France.

Vos récentes créations montrent un penchant pour l’humour noir, tel ce dessin dans votre dernier Chat : dans les projets heureusement refusés par les éditeurs de BD, Les aventures de Helmut, le clown nazi.

Les Français me connaissent surtout pour mes participations aux émissions de Michel Drucker ou de Laurent Ruquier, où je lissais beaucoup mes interventions. Pourtant, j’ai une véritable prédilection pour un humour plus trash et plus provocateur, qui explique notamment mes collaborations avec Siné Hebdo. C’est effectivement quelque chose que je perçois, qui contamine Le Chat en effet, mais cette transformation n’est pas encore achevée. Je ne sais pas jusqu’où elle me conduira.

REGARDEZ Un extrait de la BD Le Chat en vidéo :

 

Le Chat, acte XVI, de Philippe Geluck (Casterman, 48 p., 10,40 euros).

Read Full Post »

Belgique, combien de divisions ?

 

Belgique, combien de divisions ?

Armée. La question linguistique empoisonne les forces belges. Jusqu’au commandement en chef.

De notre envoyé spécial Jean Guisnel (Le Point)

Belgique, combien de divisions ?

Le défilé de la fête nationale ne fait pas oublier le malaise chez les militaires, entre Flamands et francophones. © François Lenoir/Reuters

Au quartier Reine-Elisabeth, à Bruxelles, siège de l’état-major de la défense belge, tout semble banal. Vers 15 h 30, les bureaux se vident à flot continu, sous l’oeil d’un fantassin coiffé d’un béret rouge. La sentinelle a largement dépassé la cinquantaine : dans cette armée professionnelle, on fait carrière jusqu’à la retraite, y compris quand on est simple soldat. Mais le calme apparent est trompeur, car l’armée belge est en ébullition. Il faut toujours se méfier des aviateurs, adeptes des attaques en piqué : fin octobre, le colonel Luc Gennart, commandant de la base aérienne de Florennes, à 90 kilomètres au sud-est de Bruxelles, a largué une bombe politique. Ce pilote de chasseur F-16, adepte du parler vrai en français ou en néerlandais, qu’il pratique couramment, a rompu une sorte de pacte national au terme duquel l’armée se tient à l’écart des déchirements politico-linguistiques. « Les Flamands décident de tout », a lancé à la télévision cet officier wallon, avant d’ajouter : « Dans tout ce qui est décision importante sur l’avenir de la défense, les francophones n’ont pas leur mot à dire. » Scandale ! Il n’en fallait pas plus pour relancer la polémique dans une Belgique qui n’en demandait pas tant. Soutenu par les libéraux wallons du Mouvement réformateur, Luc Gennart reçoit l’appui de Denis Ducarme, vice-président de la commission de la Défense à la Chambre des députés. Lui aussi dénonce ce qu’il perçoit comme une prise de pouvoir des néerlandophones dans l’institution militaire, au risque de la détruire : « Soyons réalistes : en foot on n’est pas bons, et notre Église a quelques problèmes. Le roi et l’armée sont nos derniers ciments nationaux. En s’attaquant à elle, on met à mal un symbole de la nation. »

« Gennart joue en solo »

Les déclarations du colonel Gennart lui ont valu d’être prématurément relevé de son commandement et de recevoir un rappel à l’ordre immédiat, sous forme d’une convocation en grand uniforme dans le bureau du général Charles-Henri Delcour, le chef des armées. Ce dernier, jamais appelé autrement que « CHoD », pour chief of defence (en anglais dans le texte !), a sommé Gennart de ne plus s’exprimer publiquement sur les sujets qui fâchent. Depuis, le colonel se fait discret, mais n’en pense pas moins. D’ailleurs, la question de la langue n’est à ses yeux que l’un des éléments du problème : il proteste également contre le transfert vers la Flandre d’implantations militaires wallonnes, et jure que les F-16 de Florennes partiront d’ici peu pour rejoindre une base flamande, à Kleine-Brogel. Au fond, il ne supporte pas d’avoir été évincé du poste qui – pense-t-il – aurait dû lui revenir : celui de chef d’état-major de l’armée de l’air, la « composante air ». Un officier supérieur francophone s’indigne : « C’est du nettoyage ethnique, de l’épuration. Les incompétents se mettent en valeur par la langue ! Un néerlandophone n’osera jamais affronter sa hiérarchie pour dire qu’un collègue francophone est valable. » Un des supérieurs du colonel rebelle dément, lui, fermement cette analyse : « Je connais bien Gennart, et son blocage n’a rien à voir avec la langue. En réalité, il joue en solo, ne fait pas profiter les autres de son expérience. Tout le monde ne peut pas prétendre aux postes les plus élevés. » Un autre officier général ajoute : « C’est un pilote, il est resté un gamin. Ce n’est pas le ministre qui l’a évincé, c’est une commission militaire qui ne l’a pas retenu. Il aurait dû rester tranquille, ce sont ses contacts politiques qui l’ont poussé… »

Des officiers sommés d’être bilingues

Sur les trente-trois généraux belges en activité, seulement dix sont francophones. Ces derniers devraient être plus nombreux (13 ou 14) si l’équilibre classique mais tacite (60 % des postes pour les néerlandophones, 40 % pour les francophones) était rigoureusement respecté. Au ministère de la Défense, on affiche une ostensible placidité et on minimise les propos de Luc Gennart. Conseiller au cabinet de Pieter De Crem, le diplomate Vincent Mertens refuse de voir une quelconque rupture dans la situation dénoncée par le bouillant colonel. « On connaît depuis fort longtemps le problème qu’il soulève. C’est quand il généralise que Gennart n’est plus dans le vrai. L’équilibre n’est pas si mauvais. » Et si difficulté il y a, elle est structurelle, estime le conseiller : « André Flahaut, le prédécesseur socialiste de Pieter De Crem, a lui aussi été confronté à ce problème, lequel a empiré sous son mandat et a continué de s’aggraver ensuite. » Selon la plupart des officiers que nous avons rencontrés, les sources du déséquilibre sont à rechercher dans le refus des officiers francophones de passer l’examen de langue, obligatoire pour accéder aux grades d’officiers. Car, si les simples soldats ou les sous-officiers peuvent s’exprimer uniquement dans leur langue d’origine, les officiers doivent être bilingues. Personne ne peut prétendre aux grades de colonel ou de général sans maîtriser parfaitement le français et le néerlandais. Or, de l’avis général, les francophones n’acceptent que difficilement cette démarche, ce que Vincent Mertens déplore : « C’est vraiment la cause essentielle. Les francophones ne se présentent pas suffisamment nombreux à l’examen ou ne le réussissent pas. Il faut améliorer la connaissance du néerlandais, et c’est dans ce but que nous avons envoyé cette année cinq colonels à l’école de langue : la solution sera structurelle. » Lorsqu’un officier est reconnu comme bilingue, il est « souligné », c’est-à-dire apte à occuper les plus hautes fonctions. Et s’il ne l’est pas, sa carrière est terminée. Luc Gennart est « souligné ». Manière de constater que, dans sa situation, la question linguistique n’est pas le vrai problème.

« Flamandisation »

Les militaires belges en activité sont comme les autres : aucun n’accepte de s’entretenir du sujet de façon autre qu’anonyme. Sauf s’il est syndicaliste ! Car, en Belgique, les armées disposent de leurs syndicats, institués en 1978 et actifs depuis 1991. Chaque grand parti possède sa centrale jumelle, chacune disposant de sa structure militaire. Dans les casernes, on vote. Patrick Descy est un sous-officier d’active. Actuellement permanent du syndicat socialiste de la Centrale générale des services publics, il est associé aux commissions d’avancement et ne considère pas qu’il y ait un problème linguistique dans les armées. Ou, en tout cas, pas un problème spécifique : « La diplomatie n’est pas différente de la défense, et la justice non plus : toute la tête est néerlandophone. Pour moi, il s’agit d’un problème politique, pas linguistique. D’ailleurs, estime-t-il,Luc Gennart commet une erreur en parlant de « flamandisation » : je m’entends mieux avec les généraux néerlandophones qu’avec le chef de la défense, le général Delcour, francophone, oui, mais complètement à côté de la plaque ! C’est un antisyndicaliste invétéré. » Administrateur de nombreuses sociétés et très actif dans le monde de la défense, l’économiste Michel Moll n’est pas d’un avis très différent. Lui aussi considère que « le ministre Pieter De Crem a fait de bonnes choses, par exemple en engageant nos forces en Afghanistan et en stoppant la transformation de l’armée belge en force humanitaire, que voulait André Flahaut. Mais reconnaissons-le : c’est un activiste de la flamandisation ».

Un si profond malaise

Sanctionné, Luc Gennart a bien compris que sa carrière dans l’armée belge est terminée. Toutefois, il a décidé de se battre et de contester en justice ces sanctions. En Belgique, la démarche est inhabituelle. D’autant que le Conseil d’État lui a donné raison ! Sous les applaudissements de ses subordonnés, il a pu rejoindre son unité la tête haute, mais provisoirement, car la limite d’âge s’approche à grands pas. L’important est ailleurs : la décision du Conseil d’État a provoqué une tempête dans le haut état-major. Le général Charles-Henri Delcour a offert sa démission au ministre Pieter De Crem, qui l’a refusée. Dans une déclaration à la presse, l’officier a ensuite mis les pieds dans le plat et explicitement affirmé que l’exercice de l’autorité militaire n’est plus possible dans la Belgique actuelle : « Notre déontologie militaire et nos normes d’ordre et de discipline semblent devenues incompatibles avec les lois ou avec les conventions signées par la Belgique. » Il a appelé de ses voeux « une initiative législative [qui] permettra [it] de remédier à la situation actuelle dans laquelle on refuse de prendre en compte la spécificité militaire ». Plus fort encore, il a dénoncé le cadre légal dans lequel l’armée belge exécute (en Afghanistan, au Liban et dans l’océan Indien) ses missions à l’étranger : « Un certain nombre de conventions internationales, principalement en matière de droits de l’homme, sont souvent incompatibles avec le fonctionnement usuel en matière d’ordre. » Clairement, quelque chose ne tourne plus très rond dans l’armée du royaume de Belgique ! Et le malaise n’est pas réductible au problème Flamands/francophones.

Lire Les quatre vérités, de Philippe Geluck, p. 124.

 

Le psychodrame communautaire continue

 

 

Discrétion, petits pas, rencontres exclusivement à deux, les yeux dans les yeux, discussions sur la base d’études chiffrées de la Banque nationale de Belgique. C’est la méthode de Johan Vande Lanotte, le  » conciliateur  » nommé par le roi Albert II pour faciliter la formation d’un gouvernement de coalition, cinq mois déjà après les législatives anticipées.

Rien ne permet encore de dire si la recette fonctionnera. Elle aura au moins permis à chaque camp, Flamands et francophones tous partis confondus, de retrouver le calme. Mais le travail – salué par tous – du conciliateur socialiste ostendais ne portera ses fruits que si les sept chefs de parti impliqués dans les négociations (quatre Flamands, trois francophones) acceptent sa proposition de compromis sur la loi de financement et sur une nouvelle réforme de l’Etat.

Les francophones en doutent. Ils s’interrogent notamment sur la capacité du Flamand Bart De Wever, grand vainqueur des élections du 13 juin, à accepter de revoir à la baisse ses exigences d’autonomie. Cela n’est pas gagné, d’autant que le très susceptible leader populiste de la N-VA est, ces temps-ci, de méchante humeur. Il s’estimait déjà maltraité par la presse. Il tempête désormais contre Jean-Yves Hayez, un psychiatre wallon, qui l’a traité dans une interview d’ » enfant roi « , avide de puissance et rétif à toute forme de contrainte. Cela a valu au psy une plainte de Bart De Wever auprès de l’ordre des médecins

L’armée belge en chiffres

 

 

Les forces armées belges comptent 37 500 civils et militaires répartis en quatre composantes (terre, air, mer et médical). 1 200 militaires sont déployés à l’étranger. En Afghanistan, 350 d’entre eux sont chargés de la garde de l’aéroport de Kaboul et 110 aviateurs sont à Kandahar avec six chasseurs F-16. Au Liban, 100 hommes du génie manoeuvrent au sein de la Finul, mais auront quitté le pays à la fin de ce mois. 157 marins sont déployés dans l’océan Indien à bord de la frégate  » Louise-Marie « , dans le cadre de l’opération européenne Atalante.

Read Full Post »

 

SÉPARATISME

ENTRETIEN – Alexander De Croo et Laurette Onekelinx : Peut-on sauver la Belgique ?

Controverse. Un libéral flamand débat avec une socialiste francophone.

Propos recueillis par Yves Cornu et Alain Franco (Le Point)

ENTRETIEN - Alexander De Croo et Laurette Onekelinx : Peut-on sauver la Belgique ?

De g. à dr. : Laurette Onkelinx, vice-premier ministre et Alexander De Croo, leader du parti libéral flamand. Photo montage : lepoint.fr © Photos Eric Herchaft/Reporters/REA

Le Point : Alexander De Croo, vous avez été le détonateur de la crise en provoquant la chute du précédent gouvernement ; cinq mois après les élections anticipées, la situation étant toujours bloquée, vous n’avez pas de regrets ?

Alexander De Croo : Non, parce que la discussion que nous avons actuellement est peut-être difficile, mais elle est indispensable. Dans ce pays, il faut régulièrement réformer les institutions, comme c’est également le cas en Autriche, autre pays fédéral. Évidemment, chez nous, cela prend souvent une dimension émotionnelle, mais nous étions confrontés à un blocage depuis trop longtemps. Le communautaire était devenu un prétexte pour retarder des réformes pourtant impératives, notamment sur les retraites. Je crois que le vote flamand en faveur de la NVA [Nieuw-Vlaamse Alliantie, Nouvelle Alliance flamande, ndlr] exprime moins un nationalisme qu’une volonté de sortir de cette paralysie. Les électeurs ont été sensibles à son discours de changement teinté de nationalisme. Beaucoup d’unionistes ont voté pour la NVA, les indépendantistes n’ont pas pesé plus de 15 %.

Laurette Onkelinx : Je trouve qu’il était irresponsable de votre part de quitter la table des négociations alors que celles-ci n’étaient pas terminées et alors que nous nous trouvons au coeur d’une crise économique et financière sans précédent. Par ailleurs, je suis en désaccord sur votre interprétation du vote NVA. Tous ceux qui ont voté pour cette formation ne sont sans doute pas nationalistes, mais le programme de la NVA, lui, est clairement nationaliste et indépendantiste. En revanche, je suis d’accord avec vous pour reconnaître que ce pays s’est construit sur le changement, et ce continuellement, depuis le début. Et nous ne sommes pas encore arrivés au point d’équilibre. Il est vrai que dans le sud du pays certains partis ont du mal à envisager une grande réforme de l’Etat, ce qui n’est pas tout à fait le cas du Parti socialiste. La nouveauté, c’est qu’avec tout le travail mené depuis les dernières élections il y a un large accord chez les partis francophones pour entreprendre une vaste réforme ; en ce sens, oui, les choses ont changé.

Alexander De Croo : Vous nous reprochez d’avoir quitté la table mais, contrairement à ce que vous dites, nous étions très loin d’un accord alors que la négociation était ouverte depuis 2007 ; sur BHV [Bruxelles-Hal-Vilvorde, ndlr], rien n’avait été couché sur le papier. Pour le VLD [Vlaamse Liberalen en Democraten, Libéraux et Démocrates flamands, ndlr], la question communautaire n’a jamais été le core business ; or, je le répète, le communautaire était devenu un prétexte pour bloquer plein de choses au niveau socio-économique. Les partis francophones ont ainsi fait barrage à la limitation dans le temps de l’allocation chômage, à la réforme des lois sur l’immigration. La Flandre a effectivement voté pour un parti nationaliste, mais surtout par frustration face à ce blocage francophone. D’ailleurs, au cours des derniers mois de négociations, personne du côté flamand n’a parlé d’une Flandre indépendante. C’est vous, le PS, qui avez mis le sujet sur le tapis avec votre « plan B ».

Laurette Onkelinx : Il y a beaucoup de contre-vérités dans ce que vous dites. La première est de prétendre que dans le précédent gouvernement, tout était bloqué. Nous avons connu une crise économique et financière sans équivalent et nous avons géré cette crise d’une manière remarquable, y compris avec le VLD de votre prédécesseur. Quant au droit d’asile et à l’immigration, la réforme n’a pas pu voir le jour parce que vous avez claqué la porte. Cette parenthèse refermée, regardons l’avenir. Nous avons aujourd’hui en Flandre un parti majoritaire qui dit non à tout et traite par le mépris les efforts des francophones. Nous accédons aux demandes de Bart De Wever, mais ça n’est jamais assez à ses yeux. Nous, ce que nous voulons, c’est une grande réforme de l’État qui ne coupe les ailes à aucune des régions. Un État qui puisse remplir son rôle sur le plan social et faire face à notre dette publique, qui est très importante. Si nous suivons le modèle que certains nous proposent, l’État fédéral n’aura plus les moyens de remplir sa mission.

Alexander De Croo : Tous les sujets que vous évoquez sont d’ordre socio-économique ; il n’y est nulle part question de scission. Autrefois, la Belgique était un pays riche qui avait les moyens de faire des compromis. Aujourd’hui, ce n’est pas notre politique du consensus qui est remise en question ; simplement, nous n’avons plus les moyens de financer ce consensus. Là-dessus, les francophones menacent : puisque c’est comme ça, on doit se préparer au plan B et couper le pays en deux. Cela a laissé les Flamands perplexes, parce qu’il n’avait jamais été question de ça au cours des pourparlers. C’est jouer sur la peur des gens et ça n’est pas responsable.

Laurette Onkelinx : Mais qu’est-ce qu’un État s’il n’y a plus de sécurité sociale, si tous les leviers sont régionalisés ? Ça n’est plus qu’une coquille vide. À un moment donné, un responsable politique doit envisager d’autres scénarios.

Alexander De Croo : Je reste convaincu que la scission de la Belgique est irréalisable. Ce scénario est resté longtemps marginal ; on en parle maintenant parce que le PS en a fait un argument de négociation, mais c’est de l’aventurisme.

Laurette Onkelinx : Sauf blocage complet qui obligerait à un retour aux urnes, guère souhaitable, je crois effectivement que nous finirons par trouver un accord sur la réforme de l’État. La grosse difficulté, c’est la loi de financement : comment donner plus d’autonomie aux régions sans leur couper les ailes. La Wallonie est en train de sortir la tête de l’eau, mais il reste beaucoup à faire. Si elle ne dispose plus des moyens de son rétablissement, celui-ci sera compromis. Bart De Wever veut amputer le budget de la région wallonne de 700 millions d’euros en 2012 ; plus que le budget des aides à l’emploi ! L’autre difficulté, c’est BHV. Je reconnais que le passé des francophones n’a pas toujours été glorieux : nos ancêtres ont été peu respectueux des droits des néerlandophones. Ça n’est pas une raison pour inverser les rôles aujourd’hui.

Alexander De Croo : C’est d’autant plus difficile qu’avec la scission on demande aux partis francophones de céder une partie de leurs voix alors que, le sang d’un parti, c’est précisément les suffrages des électeurs. Et le sacrifice demandé est encore plus douloureux pour le MR et le CDH qui y font traditionnellement de meilleurs scores que le PS. Mais il faut comprendre que, du point de vue de la Flandre, sept ans après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, il faut en finir. L’identité des gens, c’est, pour 80 %, la langue. Réaliser que dans son cadre de vie, insensiblement, la langue change, c’est assez perturbant. C’est pour cela que c’est une des questions les plus difficiles qui se posent à la Belgique. Et qu’on ne vienne pas m’accoler une étiquette de nationaliste, parce que je ne le suis pas du tout. Je veux seulement que le pays fonctionne et, pour cela, il faut que ça change, c’est tout.

Qu’est-ce qui unit encore les Belges aujourd’hui : un projet commun ou bien la conscience qu’une rupture serait plus coûteuse que le statu quo ?

Laurette Onkelinx : L’immense majorité des Belges a le sentiment d’avoir, parallèlement à une identité communautaire, régionale, culturelle, une identité belge. Ils ont envie de poursuivre cette histoire qui a commencé en 1830. L’histoire, les difficultés communes, les disputes ont façonné ce que nous sommes. Et la plupart des Belges ont envie d’avoir un avenir commun, mais dans un modèle de société qui leur garantisse égalité et bien-être. Si la Belgique ne peut plus leur donner ces garanties, effectivement, elle sera en danger.

Alexander De Croo : Il n’y a pas chez nous de sentiment national comme on l’entend en France, par exemple. C’est la beauté de notre pays ; il n’y a pas de chauvinisme, on se pose constamment des questions sur nous-mêmes, ce qui nous aide à trouver des solutions aux problèmes les plus inextricables. Et puis, je persiste à croire que ce qui nous réunit est beaucoup plus important que ce qui nous divise. Nous, flamands, avons la même langue que les Néerlandais, mais c’est tout. Dès qu’on entre aux Pays-Bas, les différences culturelles sautent aux yeux. ça n’est pas le cas quand on franchit la frontière linguistique ; notre langue est peut-être germanique, mais notre culture est romane. Même si on a tendance à se tourner le dos depuis la création d’une télévision commerciale en Flandre et la régionalisation de l’éducation. Pour autant, les éléments fédérateurs existent toujours, à commencer par Bruxelles, qui représente un tiers de la richesse de la Belgique. Son pouvoir économique, diplomatique nous tiendra toujours ensemble. Même les nationalistes les plus durs sont incapables de proposer une solution alternative viable pour Bruxelles. Il n’y a peut-être pas d’identité commune, mais il y a un socle commun. La réalité économique, sociale, politique fait qu’on ne peut que travailler ensemble.

Laurette Onkelinx : On a suffisamment montré nos différences pour pouvoir affirmer que, sur Bruxelles, nous sommes d’accord : elle doit rester une région à part entière, à statut bilingue.

Alexander De Croo : Bruxelles n’est ni la Flandre ni la Wallonie ; beaucoup de Flamands de Bruxelles se sentent avant tout bruxellois. Mais, avec l’éparpillement des pouvoirs, il y a un sentiment d’inefficacité et un manque de vision. Dans les dix ans à venir, Bruxelles comptera 120 000 habitants de plus ; une véritable bombe démographique, alors que le taux de chômage avoisine dans certaines zones 40 %. Malheureusement, il y a une démarche flamande qui consiste à stigmatiser Bruxelles. On entend dans certains discours que Bruxelles est chère, peu accueillante, qu’elle connaît des problèmes de sécurité ; bref, que la Flandre pourrait très bien l’abandonner à son sort. C’est un discours avec lequel je suis en total désaccord et qui me fait peur.

Les questions communautaires, régionales et linguistiques qui perdurent depuis des décennies ont fait tomber nombre de gouvernements, entraîné des débats parfois violents, et pourtant, elles n’ont jamais causé mort d’homme ni suscité d’actes de terrorisme.

Laurette Onkelinx : C’est vrai, même si parfois on s’inquiète des dérives que tout cela pourrait susciter. On a envie que ce processus se poursuive comme il a été mené depuis le début : sans violence. Et, avec le retour de nationalismes durs un peu partout en Europe, ce souci d’éviter toute dérive revient constamment à l’esprit. Nous vivons dans un pays un peu particulier qui est né et n’a vécu que de compromis ; nous avons pris l’habitude de dépasser nos différences quand les circonstances l’imposent. J’espère que la règle se vérifiera cette fois encore. Car, avec la NVA, nous avons maintenant face à nous un parti nationaliste qui n’a pas les mêmes codes que les formations traditionnelles et dont nous ne savons pas s’il est capable de faire des compromis.

Alexander De Croo : Le jeu est aussi différent dans la mesure où, depuis une trentaine d’années, les Flamands ont toujours voulu et obtenu le poste de Premier ministre au prix de certaines concessions. Cette fois, Bart De Wever décrète qu’il ne veut pas être Premier ministre et qu’il laisse la place à Elio Di Rupo ; cela inverse complètement la dynamique.

Laurette Onkelinx : Cet homme qui feint de se sacrifier a un sens aigu de la communication, mais il se trompe. Elio Di Rupo a clairement annoncé qu’il renoncerait au poste si le prix à payer en termes de concessions n’était pas acceptable pour les francophones. Personne de notre côté ne se mettra à genoux pour obtenir le poste de Premier ministre.

Alexander De Croo : C’est ça qui a changé : aucun des leaders des deux partis qui sont arrivés en tête des élections ne cherche à mener le jeu à tout prix. Des gens comme Jean-Luc Dehaene ou Guy Verhofstadt revendiquaient la fonction après leur victoire. ça n’est plus le cas et c’est dommage.

 

Petit rappel

 

 

La publication de  » L’histoire de la Belgique pour les nuls  » est opportune.Alors que le royaume vit en état de crise permanent depuis quatre ans (plus, diraient les nationalistes flamands), il est bon de se replonger dans son histoire mouvementée, illustrée ici par l’excellent Kroll, de sa création à la période faste des  » golden Sixties « , en passant par l’aventure du Congo. Sans oublier, bien sûr, les affres de la Belgique fédérale d’aujourd’hui.

Read Full Post »

 

Budget: réunion de crise à Bruxelles, le président de l’UE estime que la zone euro joue sa « survie »

 AFP (Le Point)

Budget: réunion de crise à Bruxelles, le président de l'UE estime que la zone euro joue sa "survie"

L’Irlande, confrontée à une grave crise de son secteur bancaire suite à l’explosion d’une bulle immobilière, est sous pression de certains de ses partenaires ainsi que de la BCE pour accepter une aide financière extérieure.

La zone euro et l’Union européenne tout entière avec elle ne « survivront pas » si les problèmes budgétaires actuels de certains pays ne sont pas résolus, a mis en garde mardi le président de l’UE, Herman Van Rompuy.

« Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie », a-t-il déclaré lors d’une intervention devant un centre de réflexion bruxellois, le European Policy Center.

« Nous devons tous travailler de concert afin de permettre à la zone euro de survivre. Car si la zone euro ne survit pas, l’Union européenne ne survivra pas non plus » , a-t-il ajouté.

« Mais j’ai confiance dans le fait que nous allons surmonter cela », a-t-il ajouté.

Il s’exprimait alors que la zone euro traverse une nouvelle zone de fortes turbulences en raison des inquiétudes que suscitent l’Irlande, mais aussi le Portugal, le Grèce ou même l’Espagne, des pays handicapés par un déficit très important.

Les ministres des Finances des seize pays de l’Union monétaire doivent se réunir dans l’après-midi à Bruxelles pour discuter de la situation.

Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent mardi pour une réunion de crise alors que la probabilité d’une aide financière à l’Irlande grandit et que les risques de contagion à d’autres pays comme le Portugal s’accentuent.

La rencontre de l’Eurogroupe doit débuter vers 17H00 locales (16H00 GMT) à Bruxelles et sera suivie mercredi par une réunion élargie aux ministres des Finances de toute l’Union européenne.

Elle était programmée de longue date mais intervient dans un contexte très sensible.

L’Irlande, confrontée à une grave crise de son secteur bancaire suite à l’explosion d’une bulle immobilière, est sous pression de certains de ses partenaires ainsi que de la BCE pour accepter une aide financière extérieure.

Objectif: rassurer les marchés et éviter la contagion comme au printemps lorsque la crise de la dette en Grèce avait fait vaciller les fondements mêmes de la zone euro, créée en 1999.

Pour le moment, le gouvernement irlandais résiste et entend profiter de la réunion de l’Eurogroupe pour rassurer. Il affirme qu’il sera en mesure de régler ses problèmes financiers tout seul car une intervention extérieure risquerait d’être vécue dans le pays comme une perte intolérable de souveraineté.

L’Irlande a vu les taux sur sa dette souveraine s’envoler la semaine dernière à des niveaux sans précédent, les investisseurs privés se délestant de leurs obligations par crainte que le pays n’arrive pas à juguler son déficit abyssal. Celui-ci devrait culminer à 32% du Produit intérieur brut (PIB) cette année à cause du renflouage des banques nationales.

Le reste de la zone euro s’inquiète d’une contagion à des pays comme le Portugal, la Grèce ou l’Espagne, dont les taux d’emprunt à long terme ont également flambé.

Read Full Post »

Belgique: la famille d’un avocat tuée
AFP  (Le Figaro)

Trois membres d’une même famille ont été tués ce soir au cours d’une agression au domicile d’un avocat dans la banlieue de Bruxelles, a annoncé la police locale citée par l’agence Belga.

Les victimes sont un avocat, sa femme et son fils. Une quatrième personne a été grièvement blessée. Les auteurs sont en fuite.

La police n’a pas voulu donner davantage de détails sur les circonstances du drame qui s’est déroulé à Wemmel, une des communes à facilités (à majorité francophone) de la périphérie flamande de Bruxelles.

L’affaire a été transmise au parquet de Bruxelles.

Read Full Post »

Older Posts »