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Archive for the ‘Histoire de France’ Category

CRITIQUE – C’est l’année des extrêmes pour ce photographe de légende. Il est rue Saint-Jacques, en mai, derrière le lanceur de pavé. Derrière de Gaulle, géant de la guerre défié par la jeunesse. Avec les vedettes des sixties. Et au Biafra.

figarofr: Manifestation CGT en Mai 68.

© Gilles Caron/Fondation Gilles Caron/Courtesy School Gallery /Olivier Castaing Manifestation CGT en Mai 68.Plus de 500 reportages en à peine cinq années. Paris a rendez-vous avec Gilles Caron, comète du photojournalisme. Un jeune homme intrépide comme un parachutiste et inspiré comme un peintre classique dont il partage, à l’évidence, l’art de la composition (le lanceur de pavé, journal glissé dans la ceinture et qui jaillit des reins, Rue Saint-Jacques, Paris, 6 mai 1968). Un jeune homme de bonne famille, né à l’été 1939 à Neuilly d’un père directeur de compagnie d’assurances. Et l’auteur d’une des photos les plus célèbres de Mai 68, celle de Daniel Cohn-Bendit, joufflu et goguenard, narguant les CRS devant la Sorbonne. Un cavalier qui aurait pu être jockey et qui va à la rencontre de l’image, en deux coups, comme un joueur d’échecs. Un jeune Parisien aux cheveux courts dont le charme sans laisser-aller rappelle celui, à double tranchant, de Maurice Ronet. Il disparaît le 5 avril 1970 avec deux autres Français, le reporter Guy Hannoteaux et le coopérant Michel Visot, sur la route numéro 1 qui relie le Cambodge au Vietnam, dans une zone contrôlée par les Khmers rouges de Pol Pot. Il avait 30 ans. Il les a pour toujours.

Son portrait à l’objectif, pris en décembre 1968, vous accueille dans cette première grande exposition parisienne à l’Hôtel de ville. Ce visage des sixties ressemble étonnamment à celui de sa fille Marjolaine, du duo d’artistes Bachelot Caron, au travail de céramistes et de peintres assez perchés. Très didactique, la scénographie commence à l’étage en coulisses avec les vedettes vintage, Jane Birkin poupée de son, Romy Schneider lisant Beckett, Mireille Darc en odalisque, Jean-Louis Trintignant le tombeur que le crayon rouge isole sur la planche contact (belle idée que d’en faire une sanguine grand format). Le clou de l’exposition est peut-être le cabinet noir dédié à de Gaulle, ses incroyables portraits en vieux géant, vu de dos, vu du sol. C’est la vie d’un photographe et de son temps presque au jour le jour.

Les icônes de Mai 68 (l’étudiant en pull shetland poursuivi par un CRS et sa matraque, une nuit au Quartier latin) se mêlent aux images moins connues (jeune femme en tailleur, couchée sur le pavé, que le CRS frappe au sol). Avec ces dernières, le visiteur est entraîné sur les campus où la jeunesse paraît bien studieuse, bourgeoise, au pied d’architectures nouvelles qui parlent d’avenir et d’utopie. L’historien de la photo Michel Poivert amène doucement cette «chorégraphie de la révolte» qui fera danser les révoltés à Londonderry en Irlande du Nord et à Prague. Elle a été à l’honneur à Photo London 2018, du 17 au 20 mai, elle le sera de nouveau à la School Gallery à Paris à partir du 24 mai. Avec l’été, Paris retourne à la normale et s’éveille, entre montagnes de cageots et voitures abandonnées. À l’automne 1968, Gilles Caron part au Biafra. Ses photos incroyables réussissent à être terribles et positives.

Gilles Caron, Paris 1968. À Hôtel de Ville, 5, rue Lobau (IVe).  Tél.: www.paris.fr Horaires: les ven., sam., lun., mar., mer., jeu. de 10 h à 18 h. Entrée libre. Jusqu’au 28 juillet. Catalogue: Gilles Caron, 1968, par le commissaire de l’exposition, Michel Poivert (Flammarion, 39,90 €). C’est le premier d’une série de 4 tomes: 1968, 1967, 1966 et 1969.

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Les ouvriers de l'usine Citroen de la Place Balard à Paris votent la reconduction de la grève le 24 mai 1968

© Fournis par AFP Les ouvriers de l’usine Citroen de la Place Balard à Paris votent la reconduction de la grève le 24 mai 1968

En 1968, à partir de la mi-mai, la France, déjà secouée par les manifestations étudiantes, connaît une grève générale des salariés de plusieurs semaines, la plus massive de son histoire.

Elle débouchera sur les célèbres accords de Grenelle et ses impressionnantes hausses de salaire (+ 35% pour le Smig, le salaire minimum).

Au départ, les syndicats appellent à 24 heures de grève générale à compter du 13 mai, mais elle se poursuivra bien au-delà et concernera sept à dix millions de personnes. Les grèves s’étendent « comme une nappe d’eau gagnée par le gel », écrira l’historien Antoine Prost.

Les « urgents » de l’AFP, comme ses synthèses sur la paralysie du pays, en témoignent.

Le port de Rouen paralysé

Des ouvriers et ouvrières grévistes réclament des augmentations de salaire lors d'une manifestation le 24 mai 1968 à Paris

© Fournis par AFP Des ouvriers et ouvrières grévistes réclament des augmentations de salaire lors d’une manifestation le 24 mai 1968 à Paris

ROUEN, 18 mai 1968 (AFP) – Le port de Rouen se trouve depuis ce matin totalement paralysé par la grève des dockers – environ 1.600 – et par la grève du personnel du port autonome dont les effectifs s’élèvent à 1.800 agents.

Grève totale à la RATP

PARIS, 19 mai 1968 (AFP) – La grève est maintenant totale à la RATP, le dépôt d’autobus de la Maltournée ayant été occupé à son tour peu avant 14 heures. Aucun autobus ne circule plus ni dans Paris ni dans la banlieue.

SNCF : trafic nul

PARIS, 19 mai 1968 (AFP) – Le trafic est nul sur l’ensemble du réseau, annonce ce matin la SNCF.

L’aéroport d’Orly est désert

PARIS, 19 mai 1968 (AFP) – En cessant ce matin, à 10 heures, d’assurer leurs fonctions – au lendemain de leur grève de 48 heures – tous les techniciens de la navigation aérienne ont condamné les aéroports de la région parisienne à la paralysie.

Grève avec occupation à l’Opéra

PARIS, 19 mai 1968 (AFP) – Les ouvriers et techniciens du théâtre national de l’Opéra ont décidé cette nuit la grève illimitée avec occupation des locaux.

Grève à la Banque de France

PARIS, 20 mai 1968 (AFP) – Un ordre de grève d’une durée indéterminée est lancé par les syndicats autonomes, CFDT, CGT, CGC et CFTC pour demain mardi pour la Banque de France, ses annexes de la fabrication des billets et succursales.

Dans sa synthèse du 19 mai, l’AFP annonce que « les assurances, les banques, les industries chimiques (dont le pétrole), le papier-carton, la production cinématographique » sont entrés dans le mouvement. « Le festival de cinéma de Cannes a dû se terminer de façon anticipée devant l’affrontement de tendances opposées à propos d’une grève. »

Un Parisien fait des réserves d'essence, craignant un manque d'approvisionnement à la suite de la grève qui paralyse la vie économique et sociale du pays, le 21 mai 1968

© Fournis par AFP Un Parisien fait des réserves d’essence, craignant un manque d’approvisionnement à la suite de la grève qui paralyse la vie économique et sociale du pays, le 21 mai 1968

Le 20 mai, elle constate que « Les transports en commun, aussi bien à Paris que dans les grandes villes de province, sont bloqués. Après les usines Renault, les usines d’automobiles s’arrêtent successivement: c’est le cas de Peugeot à Sochaux et à Montbéliard où les ouvriers occupent depuis ce matin l’usine. Chez Citroën, on signale de l’agitation sans qu’il y ait encore d’arrêt complet de travail. A Marseille, à Lyon, dans la vallée de la Seine à Paris au Havre, les raffineries de pétrole ont arrêté le travail et à Shell Berre de Marseille le personnel occupe les usines ».

Les trains sont à l'arrêt et les cheminots de la gare de Lyon paralysée par la grève lisent le journal en mai 1968

© Fournis par AFP Les trains sont à l’arrêt et les cheminots de la gare de Lyon paralysée par la grève lisent le journal en mai 1968

« Cette situation a provoqué une inquiétude du public qui se traduit par une ruée devant les portes des banques où l’on voit des queues de gens qui tentent de retirer un peu d’argent pour la vie courante. Les automobilistes sont pris à Paris dans des embouteillages, en particulier aux portes de la ville. Il y a un afflux des femmes dans les épiceries et les magasins pour faire des provisions tandis que les hommes au volant de leur voiture sont nombreux aux postes de ravitaillement d’essence pour faire le plein de leurs réservoirs », indique encore l’AFP.

A Paris, le 27 mai, l’AFP écrira que pour évacuer les ordures accumulées, « 400 bennes ou camions » seront mobilisés afin de procéder « au collectage toutes les 48 heures devant chaque immeuble », où « 550.000 sacs en papier ont été distribués aux concierges pour stocker les ordures ».

« Les cimetières occupés par les grévistes ont été évacués. L’armée a été chargée d’inhumer les corps et de creuser les tombes », précise l’AFP.

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En ce mois de février, le Royal Blog de Paris Match revient sur quatre énigmes de l’Histoire de France. Deuxième épisode: la reine Marie-Thérèse a-t-elle vraiment eu un bébé noir?

Enigmes de l’Histoire (2/4) – La reine Marie-Thérèse a-t-elle vraiment eu un bébé noir?

© Selva/Leemage/AFP Enigmes de l’Histoire (2/4) – La reine Marie-Thérèse a-t-elle vraiment eu un bébé noir?

A en croire certains, Marie-Thérèse d’Autriche, épouse du roi de France et de Navarre Louis XIV aurait accouché en 1664 d’une enfant noire. Ou plutôt «mauresse» comme on disait à l’époque. Parmi les hypothèses justifiant cette couleur de peau figurait celle d’une liaison entre la reine et l’un de ses pages originaire d’Afrique. Une éventualité que l’historienne et journaliste Joëlle Chevé réfute dans le chapitre à ce sujet qu’elle signe dans le livre collectif «Les énigmes de l’histoire de France»*.

Rappelant qu’à l’époque Marie-Thérèse, âgée de 26 ans, est profondément amoureuse de son mari «parce que c’est lui mais aussi parce qu’il est roi», l’auteure, qui a publié en 2015 une biographie consacrée à la femme du roi Soleil, souligne: «Elle a la conviction d’appartenir à une espèce supérieure, celle de la « société des princes » qui ne peut en aucun cas se mêler au commun des mortels». De plus, l’éducation religieuse de cette infante d’Espagne a fait d’elle une femme vertueuse et lorsqu’elle était à la Cour de Madrid, où elle a été élevée, aucun contact physique n’était autorisé avec elle. Pour la fille du roi Felipe IV, l’union charnelle ne pouvait nullement exister en dehors du mariage et n’avait pour but que de donner à son royal époux une descendance.

«Si l’on s’en tient aux témoins oculaires qui ont relaté l’événement à chaud, il n’est jamais question d’une fille noire», signale, en outre, Joëlle Chevé. Celle-ci ajoute: «Encore plus « éloquent » le silence des ambassadeurs, alors que leur correspondance, secrète et souvent chiffrée, leur autorise toutes les indiscrétions. A l’affût de la moindre anecdote, c’est à celui qui annoncera le premier à son maître ce que l’on appellerait aujourd’hui un scoop. Les accouchements royaux sont des moments forts de la vie diplomatique et les ambassadeurs campent dans les antichambres pour être les premiers informés».

L’explication serait en fait très simple. Et aurait été donnée par la princesse de Conti, fille de Louis XIV et de sa favorite Mme de Montespan. Celle-ci écrivit: «La reine Marie-Thérèse était accouchée d’une fille dont le visage était tout à fait violet et même noir, parce qu’elle avait apparemment beaucoup souffert en venant au monde». La fillette, prénommée Marie-Anne, troisième enfant du roi et de la reine, ne vivra d’ailleurs qu’un mois et dix jours.

*«Les énigmes de l’histoire de France», sous la direction de Jean-Christian Petitfils, éditions Perrin en partenariat avec Le Figaro Histoire, 400 pages, janvier 2018. En vente en librairie au tarif de 21 euros.

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