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Archive for the ‘Histoire de France’ Category

Trésor des rois de France : les héritiers du comte de Paris récupèrent leur part

Le comte de Paris photographié en 1950.

                     Le comte de Paris photographié en 1950. | AFP

 

                    Après douze ans de procédure, les dix héritiers du comte de Paris Henri d’Orléans, mort en 1999, vont pouvoir récupérer «les biens historiques du trésor des rois de France», composés notamment de tableaux, d’une valeur de «plusieurs dizaines de millions d’euros», selon leur avocat Me Olivier Baratelli.

 

                                         

                                                               Leur aïeul les avait donnés à la Fondation Saint-Louis qu’il avait créée.   Le tribunal de grande instance de Paris a estimé dans un jugement rendu vendredi que la donation du comte de Paris faite en 1976 était entachée de «nullité absolue, faute d’autorisation administrative d’une part et d’acte passé devant un notaire d’autre part», selon Me Baratelli. Deux «omissions» qui, selon l’avocat, montraient la volonté du comte de Paris de «dissimuler les biens considérables dont il voulait priver ses enfants». Feu Henri d’Orléans, réputé très dépensier, avait des relations exécrables avec sa famille à la fin de sa vie.
Ainsi, la fondation doit restituer aux héritiers de l’ancien prétendant au trône de France les portraits de Louis XIII et de Louis XIV enfant par Philippe de Champaigne, le carnet de croquis que Louis XIV a réalisé à l’âge de sept ans, le portrait de la duchesse d’Orléans, le manuscrit des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel datant de la fin du XVe siècle.
Les héritiers vont également récupérer un «abrégé des finances de Louis XIV datant de 1682 en velours calligraphié, les aquarelles de Carmontelle et du prince de Joinville, le grand collier de l’Ordre de la jarretière, le service de porcelaine de Sèvres livré en 1840 à la reine Marie-Amélie». «Il y avait un accord général à la restitution de ces objets», a souligné Me Rouhette, l’avocat de la Fondation Saint-Louis.
La Fondation Saint-Louis garde châteaux et chapelles
Les héritiers ont en revanche été déboutés de leurs demandes concernant les châteaux d’Amboise et de Bourbon-l’Archambault, la chapelle royale de Dreux et la chapelle expiatoire de Paris. «Ce que nous voulons, c’est que ces biens de famille servent d’écrin à ces mobiliers emblématiques pour qu’ils y soient exposés aux yeux du public», avait plaidé Me Olivier Baratelli, déplorant que les dessins de Louis XIV soient «rangés dans un maroquin au fond d’un tiroir».
Selon Me Rouhette, ces objets ne pouvaient être exposés à Amboise pour des raisons de sécurité et d’intendance, mais ont été prêtés pour des expositions, notamment au château de Versailles pour les dessins de Louis XIV. Les objets restitués ont vocation à être exposés, à Versailles pour les 70 dessins de Louis XIV, ou au Louvre pour le tableau de Louis XIII, selon Me Baratelli.
Les deux parties satisfaites
Dans un communiqué, l’actuel comte de Paris – fils aîné d’Henri d’Orléans dont il porte le nom – et la fondation Saint-Louis soulignent que «si la volonté de transmettre ses biens n’était guère contestable, ce sont des questions de forme qui expliquent la remise en cause de ces donations». Tout comme le comte, la fondation se réjouit que «la justice ait confirmé la parfaite validité de sa constitution et de sa dotation originelle composée de la part la plus historique du patrimoine monumental de la famille d’Orléans».
«Grâce à sa légitimité confortée, la fondation Saint-Louis peut durablement poursuivre sa mission d’intérêt général aux côtés de Monseigneur le comte de Paris et de Sa famille», conclut le communiqué.
Me Baratelli a salué vendredi un jugement «historique» qui «voit un tribunal de la République restituer aux enfants de la Famille de France des biens qui avaient été offerts par celui qui pensait pouvoir contourner les lois de la République».

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Ecoutez bien cette vidéo et ce que dit Marie-Antoinette, à la fin de la vidéo ce qui est dit est malheureusement toujours d’actualité. Des femmes sont encore victimes d’erreurs judiciaires rendues par des juges impartiaux, qui bâclent leurs décisions, en bafouant les Droits de l’Homme.

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3 octobre 1502. Vasco de Gama fait griller un navire revenant de La Mecque, avec femmes et enfants.

Le Point.fr-

Plutôt que de tirer rançon des riches marchands musulmans à bord, le navigateur portugais préfère assouvir une vengeance.

C’est l’une des pages les plus sombres de la découverte des Indes par le Portugal. Lors de sa deuxième expédition dans l’océan Indien, à la tête de la quatrième armada, Vasco de Gama ordonne un massacre qui vaut bien celui d’Oradour-sur-Glane pratiqué par les nazis. Il met le feu à un navire de pèlerins de retour de La Mecque avec femmes et enfants à bord. Au total 300 victimes. Une initiative condamnée par beaucoup de ses lieutenants. C’est « un jour dont je me souviendrai toute ma vie », écrit Thomé Lopes, un des chroniqueurs de l’expédition.

Le 3 octobre 1502, la flotte de Vasco de Gama a entamé son voyage de retour vers la mère patrie. À l’aube, les vigies signalent un énorme navire. C’est le Miri, qui appartient à un des marchands les plus riches de Calicut, nommé al-Fanqi. Sa cité est le plus important port de la côte de Malabar (Kerala). C’est là que Vasco avait jeté l’ancre lors de l’expédition qui fit de lui le premier marin occidental à rejoindre l’Inde en contournant l’Afrique. Les marchands de Calicut lui avaient rigolé au nez quand il avait montré les marchandises apportées du Portugal pour commercer : du miel, des chapeaux et des… pots de chambre.

Proposition

Vasco de Gama prend en chasse le Miri, qui ne tarde pas à mettre en panne. Il n’est pas prêt à se défendre par la force. Il faut dire qu’il transporte son propriétaire, plusieurs autres marchands de Calicut, mais aussi des femmes et des enfants, de retour d’un pèlerinage à La Mecque. Mieux vaut payer une rançon pour recouvrer la liberté que de mourir dans une bataille perdue d’avance. François Bayrou n’était pas à bord ce jour-là. Le raisonnement est fort sage, sauf que Vasco de Gama préfère assouvir une vengeance en brûlant le navire plutôt que de retirer une rançon de ses passagers.

N’en croyant pas ses oreilles, le capitaine du Miri demande à être reçu par l’amiral portugais : « Monsieur, vous n’obtiendrez aucun gain en ordonnant de nous tuer. Faites-nous mettre aux fers et amenez-nous à Calicut. Et si, là-bas, ils ne remplissent pas vos navires de poivre et d’épices, alors vous pourrez donner l’ordre de nous brûler… » Réponse du Portugais : « Vivant, vous devrez être brûlé parce que vous avez conseillé au roi de Calicut de tuer et de piller l’agent portugais et ses compagnons ; et puisque vous êtes devenu si puissant à Calicut que cela vous oblige à remplir gratuitement mes navires, je dis que pour rien au monde je ne me priverai de vous occasionner une centaine de morts, si je peux le faire. »

Après ces bonnes paroles de chrétien, il renvoie l’homme sur son navire pour y flamber. Ses lieutenants tentent de le ramener à la raison en lui disant qu’il serait trop bête de renoncer à la belle rançon qu’ils pourraient tirer de leurs prisonniers. Autant demander à Fillon de renoncer à la présidence de l’UMP. Vasco de Gama explique que s’il renonce à punir ses prisonniers pour de l’argent, les musulmans se croiront tout permis à l’avenir.

Lutte désespérée

Se voyant définitivement condamnés à mort, les prisonniers tentent le tout pour le tout. Ils se précipitent sur des armes traînant encore à bord du Miri pour tuer plusieurs marins portugais et tenter de couper les câbles les reliant aux navires de l’armada. Une mêlée s’engage. Ils sont même sur le point de prendre possession d’un des bateaux portugais quand ils sont écrasés sous le nombre. Ceux tombés à l’eau sont poursuivis et exterminés à coups de lance. Les survivants sont enfermés dans la cale du navire. Les femmes ont beau tendre éperdument leurs enfants vers les Portugais, Vasco ne flanche pas. Il fait mettre le feu au bâtiment, puis ordonne qu’il soit coulé au canon. La scène atroce dure plusieurs jours. Certains des chroniqueurs portugais affirment que Vasco de Gama aurait sauvé une vingtaine d’enfants pour les faire baptiser. Rien n’est moins sûr.

En commettant cet acte abominable, Vasco de Gama gagne la réputation d’un homme cruel, et tous les Portugais seront longtemps haïs. Malgré le riche butin qu’il rapporte à Lisbonne, il est accueilli froidement par le roi Manuel qui lui reproche non pas d’avoir grillé quelques musulmans, mais de ne pas avoir trouvé le royaume du prêtre Jean. Durant vingt ans, le navigateur se morfond à terre avant que le souverain ne lui confie le commandement d’une troisième et ultime expédition en Inde. Histoire probablement de ranimer la flamme.

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Montaut et le souvenir du bon roi Henri

un lieu…une histoire

Par: B.L.

 

Montaut et le souvenir du bon roi Henri
Montaut et le souvenir du bon roi Henri

 

Près de Pamiers, Montaut a toujours occupé une position stratégique : d’abord de par sa place sur un promontoire, qui était d’ailleurs dominé par un château aujourd’hui détruit mais également parce qu’à la croisée des chemins entre Saverdun, Pamiers et la fameuse abbaye de Boulbonne. La ville, un temps, fit partie des possessions des seigneurs de Mirepoix mais dépendait du fameux comté de Foix et suivit la destinée de cette terre qui, par la reine Jeanne d’Albret, échut à la branche royale des Bourbon. C’est d’ailleurs à ce titre que le fameux Henri IV, devenu roi de France, adjoignit la contrée au domaine français, Montaut faisant partie du lot. Et c’est à Montaut que le futur « bon roi Henri » passa la soirée avant d’apprendre une nouvelle qui allait changer sa vie et celle du royaume. Le Vert Galant, réputé pour ses nombreuses conquêtes, se trouvait à Montaut un certain 13 juin 1584 et dînait tranquillement avant de repartir pour Varilhes où il était attendu. C’est à ce moment qu’il apprend la mort du duc d’Anjou. Ce décès n’est en rien anodin : Anjou était le seul frère survivant du roi Henri III de France qui n’a pas d’héritier mâle. De ce fait, c’est Henri de Navarre qui devient l’héritier putatif du trône français. Il y montera en 1589, après l’assassinat du dernier monarque Valois.

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Le Point.fr –

Le citoyen Capet s’intéresse aux plans de la grande veuve. Il suggère l’idée d’une lame oblique adaptée à tous les cous.

 

 

et

 

C’est également arrivé un 2 mars

1965 – Début de l’opération Rolling Thunder par les troupes américaines au Viêt Nam du Nord.

1956 – Déclaration d’indépendance du Maroc.

1949 – L’avion Lucky Lady II achève le premier tour du monde sans escale.

1946 – Hô Chi Minh est proclamé président de la République démocratique du Viêt Nam.

1933 – Sortie de King Kong aux États-Unis projeté au City Music Hall de New York.

1896 – Henri Becquerel annonce la découverte de la radioactivité.

1807 – Les Britanniques interdisent la traite des esclaves entre l’Afrique et l’Amérique.

1796 – Bonaparte est nommé général en chef de l’armée d’Italie.

1784 – Jean-Pierre Blanchard s’envole en ballon depuis le Champ-de-Mars.

1520 – Cortès débarque en Europe avec les premières fèves de chocolat qu’il offre à Charles Quint.

 

 

Imaginons le Christ expliquant à ses bourreaux comment planter un clou, ou encore Jeanne d’Arc renseignant les Anglais sur la manière d’aligner les fagots… Surréaliste ? Pas tant que cela, car il existe un exemple d’un condamné célèbre filant un coup de main à ses bourreaux. C’est Louis XVI indiquant au bon docteur Guillotin comme dessiner la lame du couperet de la guillotine pour la rendre plus efficace. La scène, à peine croyable, est rapportée par le petit-fils de Charles-Henri Sanson, le bourreau de la Révolution. Elle se déroule aux Tuileries le 2 mars 1792. Soit dix mois avant l’exécution du roi.

Ce matin-là, trois hommes traversent les vestibules et corridors déserts du palais royal : Sanson, le docteur Guillotin, qui a conçu les premières esquisses de la machine à décoller qui portera bientôt son nom, et le fabricant de clavecins Tobias Schmidt chargé de sa construction. Ils ont rendez-vous avec le docteur Antoine Louis, médecin personnel de Louis XVI. Également secrétaire perpétuel de l’Académie royale de chirurgie, il avait été chargé quelques mois auparavant de concevoir définitivement l’instrument de mort par le Comité de législation. Le souverain, qui avait entendu parler de cette mission, demanda à son médecin de jeter un coup d’oeil sur l’invention destinée à distribuer une mort douce et égalitaire. N’oublions pas que le citoyen Capet – c’est ainsi qu’il faut appeler dorénavant Louis XVI – est féru de serrurerie. Le gouvernement de la France l’a toujours emmerdé, mais à fabriquer des serrures, quel pied il prend ! Et après tout, une machine à trancher les têtes, n’est-ce pas avant tout de la mécanique ? Il veut voir pour donner son avis d’expert.

Le cou du roi

Le docteur Guillotin déroule le plan de son ouvrage devant son confrère sur une table recouverte d’un velours vert avec une frange d’or. Sanson, qui a le sens du détail, a pris soin d’agrémenter chaque pièce de la machine d’une lettre alphabétique renvoyant à une légende explicative. Tandis que les quatre hommes se penchent sur le document, une portière en tapisserie s’écarte sur un visiteur vêtu d’un costume. Le personnage est altier, ventru et silencieux. Ses traits sont tirés. Il fait plus que ses 37 ans. Aucune couronne, aucune décoration, aucune dentelle ne permettent de reconnaître le roi, mais les visiteurs du docteur Louis savent d’instinct à qui ils ont affaire, et s’inclinent cérémonieusement.

L’homme ne dit mot, s’approche de la table et jette un long coup d’oeil aux plans. Enfin, il s’adresse à son médecin : « Eh bien ! docteur, qu’en pensez-vous ? » Celui-ci s’avoue satisfait, mais la réponse n’a pas l’air de plaire au citoyen Capet, qui examine de nouveau le plan de la machine. « Ce fer en forme de croissant, est-il bien là ce qu’il faut ? Croyez-vous qu’un fer ainsi découpé puisse s’adapter exactement à tous les cous ? Il en est qu’il ne ferait qu’entamer, et d’autres qu’il n’embrasserait même pas. » Le bourreau Sanson porte alors machinalement son regard sur le cou du roi, lequel l’a « musculeux » et certainement trop épais pour être tranché par la lame courbe.

Louisette

Louis Capet interroge à mi-voix le docteur Louis : « Est-ce l’homme ? » en jetant un bref coup d’oeil vers Sanson. Voyant le hochement de tête de son interlocuteur, il reprend : « Demandez-lui son opinion. » Sanson ne se fait pas prier pour la donner : « Monsieur a parfaitement raison. La forme du couperet pourrait amener à quelques difficultés. » Un sourire de contentement flotte sur les lèvres du futur tranché royal qui, d’une main auguste, saisit une plume et, d’un geste vif, trace une ligne oblique sur le croissant du couperet. Et de préciser : « Du reste, je puis me tromper, et lorsqu’on fera des expériences, il faudra essayer les deux manières. »

Un mois et demi plus tard, la guillotine est dressée dans la cour de l’hospice Bicêtre pour être testée sur des moutons vivants, « in anima vili ». Le tranchoir fait son office merveilleusement. Les moutons passent de vie à trépas sans que cela fasse aucune différence pour eux… Deux jours plus tard, le 17 avril, les tests reprennent avec trois cadavres humains en instance de dissection devant un parterre de médecins et de curieux. Les têtes des deux premiers sectionnés avec la lame oblique roulent dans le panier avec grâce et aisance. Le troisième essai est opéré avec une lame courbe. Et comme l’avait prévu le serrurier royal, le cou n’est pas tranché du premier coup.

Huit jours plus tard, c’est un voleur du nom de Nicolas Jacques Pelletier qui a l’immense honneur d’inaugurer la Louisette (du nom du docteur Louis). Pas sûr qu’il ait la tête à apprécier le cadeau. En tout cas, l’assistance nombreuse manifeste sa mauvaise humeur de voir la cérémonie aussi vite expédiée. Même pas le temps de cligner de l’oeil, le condamné est déjà coupé en deux. Au moins avec la hache ou la corde, il y a du spectacle. Louis XVI attendra le 21 janvier 1793 pour tester l’efficacité de son invention. En tout cas, après coup, il n’a pas apporté de remarques.

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1242 – 1788 – Eléments de l’histoire de la commune de Thors (17)

Tous les éléments rassemblés sur cette page proviennent de diverses sources trouvées sur BNF Gallica, et Books Google. Un exemple pris sur le vif de ce qu’Internet et Histoire Passion peuvent apporter à des chercheurs en histoire locale.

Ils trouveront également, pour compléter ces documents :
- les pages du site rattachées au mot-clé « Thors »
- les très nombreux résultats donnés par le moteur de recherche interne du site (en haut de la colonne de gauche, en y saisissant le mot « thors« ).

Attention : les données présentées sur cette page sont des données brutes. Elles n’ont fait l’objet d’aucun contrôle de vraisemblance. Certaines peuvent être douteuses, voire contradictoires.

Carte de Cassini – Animation : P. Collenot

 1242-1789 – Histoire de la seigneurie de Thors

Source : Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, t. XVI, 1888, p. 281-3 (pièces publiées par M. Denys d’Aussy)

Il ne subsiste du château de Thors que quelques débris sans caractère au milieu du vaste parc qui l’entourait jadis. L’ancien château-fort était contigu à l’église, comme nous l’apprend un document reproduit dans le Gallia christiana (t. II, Instrum. eccl. Engol., col. 452 et 453). Il relevait de l’évêque d’Angoulême, et aux termes de son hommage, lorsque l’évêque se présentait devant son château, le seigneur de Thors était tenu de lui en offrir la clef hors de l’enceinte des fossés ; l’évêque avait le droit d’ouvrir et de visiter tous les appartements, d’absoudre ou de condamner les prisonniers qui pouvaient y être détenus. Le seigneur de La Rochandry était soumis à un devoir analogue, ainsi que les châtelains de Manezac, Bunzac, Serre, Boucx, Le Hà, Rocheraud et Dirac, dont les châteaux étaient désignés sous le nom de repaires. (Voir Archives de Saintonge, t. xv, p. 335). Le plus ancien seigneur dont nous trouvions le nom est EBLES ou Eblon de Rochefort qui, en 1242, remit, sans résistance, son château entre les mains de saint Louis (Gugl. Nangis, annal. regn. Ludov. reg.). EBLES, son fils, prêta serment à Robert de Montberon, évêque d’Angoulême, pour son château de Thors (1268-1278) ; sa veuve, HINDIA, rendit le même hommage à l’évêque Guillaume de Blaye, vers 1297. EBLES LE JEUNE, fils d’Ebles et d’Hindia, rendit encore hommage au même évêque avant l’année 1309, date où celui-ci cessa d’occuper le siège d’Angoulême. Ebles le jeune mourut accidentellement (casu fortuito) sans laisser de postérité, et la châtellenie de Thors fut dévolue à sa sœur, mariée à SAVARY DE VIVONNE. Parmi les documents que nous avons compulsés, il en est un tellement oblitéré que nous avons dû renoncer à le transcrire. Sur le revers on lit d’une écriture du siècle dernier : 1219. Vente faite au seigneur de Thors d’un boisseau de froment et d’une rente de dix-huit sous d’argent. Cette date est évidemment erronée ; c’est 1319 qu’il faut lire : ce nom, « Savaricus dominus de Torcio », plusieurs fois mentionné, nous prouve en effet qu’il y est question de Savary de Vivonne qui, comme nous venons de le dire, fut seigneur de Thors postérieurement à l’année 1309. Nous trouvons après lui THOMAS et REGNAUD de Vivonne, successivement seigneurs de Thors. Regnaud ne laissa qu’une fille, ISABEAU ou Isabelle de Vivonne, mariée à CHARLES DE BLOIS, DIT DE BRETAGNE, seigneur d’Avaugour (Voir ci-dessus n° II, p. 265), d’où vint NICOLE DE BRETAGNE ; elle hérita en 1451 de Jean, son oncle paternel, comte de Penthièvre, et épousa, suivant contrat du 18 juin 1437, JEAN DE BROSSE, seigneur de Boussac ; c’est leur fils JEAN II DE BROSSE, seigneur de Thors, qui figure dans la pièce transcrite ci-dessus. Il mourut en 1502. René de Brosse, son fils, prit parti pour le connétable de Bourbon, vit tous ses biens confisqués et fut tué à la bataille de Pavie en 1525.

ADRIEN DE MONTBERON, seigneur de Matha, devint vers ce temps-là seigneur de Thors, soit par acquisition, soit par suite de la confiscation prononcée contre René de Brosse. Un de ses enfants, JEAN, porta le titre de baron de Thors (Preuves généalogiques de la maison de Bourdeilles, p. 151). Jean de Montberon embrassa le protestantisme, et fut nommé gouverneur de Cognac après la bataille de Jarnac ; c’est lui qui fit, à la sommation de se rendre qu’on lui avait adressée, la réponse rapportée par d’Aubigné. Son fils RENE se distingua dans les rangs de l’armée calviniste. Son frère, JEAN DE MONTBERON, épousa Gabrielle de Pierre-Buffière ; leur fille unique, JUDITH, fit passer Thors dans la maison de Pons par son alliance avec JEAN-JACQUES DE PONS, marquis de La Caze. La baronnie de Thors demeura dans la famille de Pons jusque vers la fin du XVIIIe siècle ; elle fut successivement possédée par : 1° JEAN-JACQUES de Pons, marquis de La Caze, baron de Thors, marié en 1608 à Charlotte de Parthenay ; 2° ISAAC-REGNAUD de Pons, marié à Marie de Madelain, fille d’un conseiller au parlement, mort à Paris le 29 octobre 1652 ; 3° ISAAC-REGNAUD de Pons, qui prit le titre de marquis de Thors et épousa en secondes noces Constance du Dognon et en premières Judith de La Rochefoucauld ; ce fut sa fille, BONNE de Pons, qui inspira au duc de Guise une si folle passion et faillit supplanter la duchesse de La Vallière, malgré « le teint rouge et l’accent saintongeois » que lui prête Tallemant des Réaux ; 4° GUY-LOUIS de Pons, marquis de Thors, seigneur du Douhet, du chef de sa mère, Judith de La Rochefoucauld ; 5° REGNAUD-CONSTANT, marquis de Thors, marié en 1709 à Charlotte d’Hostun de Gadagne ; il mourut en 1741, laissant LOUIS-HENRY, marquis de Thors, décédé sans enfant, de son mariage arec Marie-Angélique de Tiercelin. La baronnie de Thors fut acquise en 1769 par Joseph Dupuy-Monbrun, d’une ancienne et illustre famille du Dauphiné ; le vicomte du Puy-Monbrun, lieutenant des maréchaux de France, était en 1789 seigneur de Thors.


 1242 – Au moment de la bataille de Taillebourg, Louis IX (Saint Louis) prend Thors – Voir ce document


 1269 – Alphonse de Poitiers – Une affaire d’hommage non fait

Source : Correspondance d’Alphonse de Poitiers – T. 1 – 1894 – Bnf Gallica

1 1 mai. 1269. — SENESCALLO XANCTONENSI PRO PETRO PIRARDI, PRESBITERO.

Alfonsus, etc, senescallo Xanctonensi, etc. Veniens ad nos Petrus Pirardi, presbiter, nobis conquerendo monstravit quod dilectus et fidelis noster Johannes de Nantholio, miles, spoliavit ipsum indebite, sicut dicit, jure suo hereditario quod in decimaria de Macoville [1], sibi competere asseruerat. Ceterum conquestus est nobis de Petro Bouchardi, milite, qui eundem presbiterum spoliavit contra justiciam, sicut dicit, de decima seu parte decime que apud Torz [2] sibi hereditario jure competit, sicut dicit, licet paratus sit et obtulerit sibi facere homagium et alia deveria, sicut decet. Unde vobis mandamus quatinus, vocatis qui fuerint evocandi, de personis et rebus que ad nostram spectant jurisdicionem in vestra senescailia exibeatis memorato presbitero celeris justicie complementum, frustratorium judicii strepitum, quautum sine juris injuria et lesione consuetudinis potest fieri, resecantes.

Datum apud Longumpontem, die sabbati in vigilia Panthecostes, anno Domini M°CC°LX°nono.


 XIIIe siècle : le château de Thors est un « repaire »

Un certain nombre de châteaux ou logis relevant de l’évêché [d’Angoulême], Mainzac, Bunzac, Sers, Bouex, Le Fa, Rocheraud, Dirac, la Rochandry et Thors, étaient des repaires, c’est-à-dire que l’évêque avait le droit d’y séjourner, soit à son gré, soit pendant un laps de temps déterminé.

Dès les premières années du XIIIe siècle, les Tizon, dans leur hommage du repaire de Dirac, se reconnaissaient obligés de le rendre à l’évêque, lorsqu’il le requérait, ami ou ennemi, en paix ou en guerre.

Le seigneur de la Rochandry disait de même dans son aveu qu’il était tenu de rendre le château à son suzerain « toutes fois et quantes celui-ci voudrait. L’évêque avait le droit d’y passer les mois d’août et de septembre « avec famille médiocre et d’y être défrayé aux dépens de ladite terre. »

Thors, en Saintonge, était un des repaires ou recepts des évêques d’Angoulême. Nous possédons la relation d’une visite qu’y fit, vers la fin du XIIIe siècle, Guillaume de Blaye avec une suite nombreuse. Ynde, veuve d’Ebble de Rochefort, était alors dame de Thors. Guillaume, arrivé sur le bord du fossé, lui envoya dire d’apporter toutes les clés du château, y compris celles des cachots ; ce qui fut fait. Les gens et les chevaux de la châtelaine, cédèrent ensuite la place à ceux de l’évêque. Véritable maître de la maison, celui-ci y resta le temps qu’il luit plut, rendant la justice, faisant grâce et exerçant dans le repaire tous les droits seigneuriaux. En partant il rendit les clés, sur le bord du fossé, en présence de sa suite, où se trouvaient Hyrvoix, seigneur de Ruffec le seigneur de Neuvic, les abbés de Fontdouce, de Bassac, de Lieu-Dieu et beaucoup d’autre clercs et laïcs. En même temps il dit à la châtelaine : « je vous confie ces clés et la garde de ce repaire de Thors jusqu’à ce que nous ou notre successeur nous revenions et vous les réclamions. » Nul fait, je crois, ne montre mieux ce que furent à l’origine les concessions de fief.

Les devoirs singuliers et tout empreints de moyen âge que nous venons d’énumérer commencèrent à tomber en désuétude au XVIe siècle. Il y a cent ans les évêques ne connaissaient plus guère que leur domaine utile, qui, en 1754, était affermé, à une compagnie de Paris, moyennant 22,000 livres, non compris les truffes qui se trouvaient dans les bois.

Source : Angoulême : histoire, institutions et monuments – A.-F. Lièvre – Angoulême – 1885 – Bnf Gallica


 XIIIème siècle – La famille de Nanteau

Source : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais – Fontainebleau – T. 19 – 1901 – Bnf Gallica

Dans la plupart des lettres d’Alphonse de Poitiers, Jean de Nanteau, avant d’être institué gouverneur de La Rochelle, est intitulé seigneur de « Tourz » ou « Torz ». Cela nous indique qu’il était châtelain de la forteresse de Thors [3], située sur les confins de la Saintonge et de l’Angoumois. Thors était dans la mouvance de l’évêque d’Angoulême, et, d’après une notice insérée dans la Gallia christiana [4] le prélat se faisait rendre hommage dans des formes qui ne laissaient point d’être assez désagréables pour son vassal. Il se présentait à l’entrée des fossés, se faisait apporter toutes les clefs de la place, expulsait le châtelain de son logis, ordonnait l’évacuation des écuries pour y mettre ses chevaux, ouvrait les cachots, prononçait sur le sort des détenus, en un mot s’installait en souverain maître avec sa famille et ses gens. Puis, quand après un séjour plus ou moins prolongé à sa guise, il se décidait à s’en retourner, il ne restituait les clefs à son vassal qu’après lui avoir fait renouveler le serment de les lui remettre, à lui ou à son successeur, à première réquisition.

Nous avons en vain cherché un document définissant les circonstances qui ont valu à Jean III de Nanteau l’investiture de la seigneurie de Thors. Lui fut-elle octroyée par le comte de Poitiers, ou lui fut-elle apportée par l’effet d’un second mariage, postérieur à 1255, ce qui conduirait à voir dans l’inhumée de La Roche une Marguerite, dame de Thors ? Nous inclinons pour cette seconde conjecture, parce que Marguerite de Lévis n’est plus citée après 1255, et que, si Jean de Nanteau a retenu les armes de Lévis dans son contre-sceau jusqu’en 1270, la seigneurie de Lévis n’a point passé, après sa mort, aux mains de ses filles, ce qui semble prouver qu’elles n’étaient pas issues de son union avec Marguerite de Lévis.

Au mois d’août 1270, Jean s’embarqua pour Tunis avec le comte de Poitiers, comme nous l’avons déjà dit. A dater de ce moment, on perd sa trace. Ni Alphonse de Poitiers ni sa femme n’ont revu la France. La peste les avait épargnés en Afrique, mais, en 1271, en traversant l’Italie pour regagner leurs États, après la mort du roi, ils furent atteints à Savone d’une fièvre pernicieuse qui les enleva tous les deux presque le même jour. Toute leur suite fut frappée en même temps. Il est à présumer que leur chambellan aura été une des premières victimes. Dernier rapprochement à faire entre lui et son cousin Pierre de Villebéon qui mourut de la peste, comme son maître, pendant l’expédition de Tunis.

La plupart des biographes qui parlent de Jean de Nanteau, sous le nom de Nanteuil, ne lui assignent aucune postérité. André Du Chesne seul dit que le mariage « de sa fille ou de sa sœur » fit tomber la seigneurie de Thors dans le patrimoine des Vivonne. Mais, en recherchant ce que sont devenus après lui les fiefs de Thors et de Nanteau, nous avons acquis la conviction qu’il laissa deux filles : Hindia ou Indie, qui fut dame de Thors, et Marguerite, qui fut dame de Nanteau.

L’existence d’Hindia de Nanteau se déduit des données fournies par la notice de la Gallia christiana sur les aveux rendus aux évêques d’Angoulême pour la châtellenie de Thors. Il y est dit qu’un hommage dans la forme prescrite fut prêté par Ébles de Rochefort [5] à l’évêque Robert. La date n’en est pas indiquée, mais elle se place nécessairement de suite après la mort de Jean III de Nanteau, l’évêque Robert étant décédé en 1272. Après la mort d’Ébles, survenue vers 1297, sa veuve Hindia, relicta sua, rendit hommage à l’évêque Guillaume de Blaye, investi du diocèse d’Angoulême de 1273 à 1309, et la notice dit expressément que le château de Thors faisait partie de la dot donnée à Hindia par son père, domina jure patrimonii [6]. C’est bien la preuve qu’elle était fille de Jean III de Nanteau.

De son union avec Ébles de Rochefort, IIe du nom, qui était personnellement sire de Fors [7], Aubigny [8] et Faye-l’Abbesse [9]. Hindia laissa un fils et une fille. Le fils, Ébles III de Rochefort, se reconnut à son tour vassal de l’évêque Guillaume de Blaye, et mourut peu de temps après des suites d’un accident (casu fortuito), sans laisser d’enfants. Tous ses biens passèrent sur la tête de sa sœur, Eschive de Rochefort. Celle-ci les apporta à son mari, Savary II de Vivonne [10], fils de Savary Ier, dont la lignée propagea jusqu’au XVIIe siècle les dernières gouttes du sang des Nemours-Nanteau [11].

Quant à l’autre fille de Jean III de Nanteau, la preuve de son existence et de l’attribution qui lui fut faite de la seigneurie de Nanteau, découle d’un renseignement donné par André Du Chesne, dans le chapitre de son Histoire de la Maison de Chastillon concernant les sires de Nanteuil-la-Fosse [12]. Cet historien, généralement bien documenté, nous informe qu’en 1335 « l’hostel de Nanteau-sur-Lunain » et les arrière-fiefs en dépendant furent vendus à Hue de Bouville et à sa femme par les enfants issus du mariage d’un Pierre de Guigneville [13] avec une Marguerite de Nanteuil-la-Fosse. Il ajoute que les vendeurs tenaient ces biens de leur mère, fille de Gaucher IV de Nanteuil, et qu’ils ont dû, pour procéder à la vente, requérir l’assentiment de leurs cousins de Garancières, issus d’une autre fille de Gaucher IV. Cette circonstance démontre que Nanteau leur venait de leur grand’mère maternelle. André Du Chesne déclare ne connaître ni son nom ni son origine. Mais, après ce qui précède, nous n’avons pas besoin d’en savoir davantage pour l’identifier. Du moment où c’est par elle que son mari, Gaucher IV de Nanteuil-la-Fosse, est devenu propriétaire de Nanteau à la fin du XIIIe siècle, n’est-il pas évident qu’elle était fille et héritière de Jean III de Nanteau mort en 1271 ? Il est en outre à peu près certain, d’après les habitudes du temps, que, mère d’une Marguerite de Nanteuil et fille d’une Marguerite de Lévis ou de Thors, elle portait ce même prénom. Aussi n’hésitons-nous pas à lui attribuer, avec M. Moutié, la seconde pierre tumulaire de l’église de La Roche, dont l’épitaphe, maladroitement rapiécée, est ainsi conçue : CI : GIST : MADIENNE : MARGUERITE : FILE….. DE….. LQ. TRESPASSA : LAN : DE : GRACE : M. CCC. III : AU MOIS : DE : GINNET : PEZ : P. LI : Cette dalle est dépourvue de tout emblème, et les mots qui manquent, remplacés par des morceaux d’une autre inscription, sont malheureusement ceux que nous aurions le plus d’intérêt à connaître. Mais, indépendamment de ce que notre conjecture s’harmonise avec la date de 1303, à laquelle Marguerite de Nanteau pouvait avoir un peu plus ou un peu moins de cinquante ans, selon qu’on la supposera fille de Marguerite de Lévis ou de la seconde femme de Jean III, la forme bizarre donnée à la seconde pierre funéraire appelle une attention particulière. On en a taillé les coins obliquement de manière à l’accoler étroitement à la première dalle rétrécie vers la pointe. C’est l’indice qu’on a voulu rapprocher le tombeau d’une fille de celui de sa mère. Enfin, ce qui nous confirme dans la pensée que Marguerite de Nanteau n’est pas née du mariage contracté par son père avec Marguerite de Lévis avant 1238, c’est qu’elle n’est venue au monde que vers 1260, à en juger par l’âge d’un de ses petits-fils, Guillaume de Guigneville, encore mineur lors de la vente de Nanteau en 1335, et surtout d’après l’âge de son mari, Gaucher IV de Nanteuil, qui semble n’avoir atteint sa majorité guère avant 1282, époque à laquelle, selon Du Chesne, il fut mis en possession des biens de son père par son tuteur.

La postérité de Marguerite de Nanteau s’est éteinte, en ligne masculine, bien avant celle de sa sœur, dans la personne de son arrière-petit-fils, Gaucher V de Nanteuil, mort en 1365 sans enfants de son mariage avec Marguerite de Roucy. Elle s’est prolongée davantage dans les descendants de sa fille aînée, Isabelle de Nanteuil, qui, de son union avec Pierre de Garancières, laissa une fille qui rentra dans le giron des Nemours en épousant Pierre III de Villebéon.

L’alliance de la dernière des Nanteau avec un Nanteuil n’a pas peu contribué aux confusions engendrées par une similitude de noms propres.

Nous ne méconnaissons ni la part donnée dans cette esquisse à de simples conjectures, ni notre défaut d’érudition. En apportant aux travaux de notre Société notre humble contingent, nous prions nos savants confrères de vouloir bien accueillir avec indulgence une étude n’ayant d’autre but que de les aider à élucider la généalogie de l’une des branches les moins connues de l’ancienne maison des Nemours.

TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DES NEMOURS – NANTEAU

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Tableau généalogique des Nemours-Manteau
TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DES ROCHEFORT – VIVONNE – PONS

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Tableau généalogique des Rochefort – Vivonne – Pons

 1344 – Le seigneur de Thors envoyé en ambassade en Espagne ne sait pas écrire

En 1344, le roi Philippe de Valois envoya en Espagne Savary de Vivonne, seigneur de Thors, avec l’archevêque de Reims & deux autres personnes d’église, pour y renouveler l’alliance avec Alfonse XI, roi de Castille ; ce qui fut fait en la ville de Léon le premier janvier 1345. Dans le traité qui se trouve entier dans le Code diplomatique de M. Leibnitz, page 180, il est dit que « l’archevêque de Rheims y signa pour le seigneur de Thors, qui ne savoit pas écrire ».

 1420 – Un duc de Bretagne séquestré en Saintonge

En février 1420, une sorte de scandale politique, séquelle de la Guerre de succession de 1341-1364, frappa les esprits bien au-delà des frontières de Bretagne : l’enlèvement, puis la séquestration du duc Jean V. Les coupables ? La famille de Penthièvre, qui n’avait pas renoncé à enlever le duché aux Montfort, et, plus particulièrement la bru de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, Marguerite de Clisson, assistée de ses fils : le comte de Penthièvre Olivier de Blois, Jean de l’Aigle, Guillaume et Charles d’Avaugour.

Le chroniqueur Enguerran de Monstrelet raconte « comment le duc de Bretaigne fut prins du comte de Penthièvre, et la guerre qui s’ensuit à ceste cause. » (Chronique, tome IV, chapitre CCXXXVII, éd. de Louis Douët d’Arcq, 1827) :

« Or convient parler d’une grant adventure et merveilleuse qui advint en cest an en Bretaigne. Il est assez sceu et déclairé en aucunes histoires et par espécial en celle de maistre Jehan Froissart, comment les devanciers de Jehan de Monfort, à présent duc de Bretaigne, et ceulx de Olivier de Bretaigne, conte de Penthièvre, eurent ou temps passé de grandes guerres et destructions l’un contre l’autre pour avoir le duché et seigneurie d’icellui pays, à laquelle ung chascun d’eulx se disoit avoir le plus grant droit. Pour lesquels discors apaiser furent fais plusieurs traictiez entre lesdictes parties, en la fin desquelz icelle duchié demeura franchement à ceulx de Montfort, moiennant que la partie de Penthièvre eut plusieurs récompensacions, desquelles réciter à présent je me passe, pour tant que ce n’a point esté du temps de mon livre. Et en possidèrent les dessusdiz par long temps paisiblement.Néantmoins, jà soit ce que ledit conte de Penthièvre moustrast audit duc Jehan chascun jour semblant de grant amour à la veue du monde, si n’estoit point l’ancienne guerre dont dessus est faicte mencion encores bien appaisée, comme vous orrez cy-après. Vérité est, que sur l’espérance de revenir en partie à la seigneurie de la duchié de Bretaigne, et par l’exortacion de la dame de Cliçon sa mère, fille de feu messire Olivier de Cliçon, jadis connestable de France, le dessusdit conte de Penthièvre, par certains moiens traicta tant devant le duc de Touraine, Daulphin, qu’il obtint de lui ung mandement scéllé de son scel, pour prendre et emprisonner ledit duc de Bretaigne. Car, non obstant que icellui duc eust espousée la sœurdudit Daulphin, si n’estoit point ledit Daulphin content dudit duc, pour ce que ne lui, ne son pays ne se vouloit du tout pleinement déclairer de sa partie, ne lui aider à faire guerre contre les Anglois et Bourguignons. Après lequel mandement obtenu par ledit conte, comme dit est, il pensa et ymagina comment et par quelle manière il pourroil mener son entreprinse à chef, et en fin ne sceut trouver meilleur moien pour parfournir son fait, que de prier ledit duc de venir prendre son disner à Champtourneau [14]. Et comme il le pensa, ainsi le fist. C’est assavoir qu’il ala à ung certain jour devers lui en la ville de Nantes, et après qu’ils eurent fait plusieurs devises de diverses besongnes, l’un avecques l’autre, ledit conte requist bien instamment au duc qu’il lui pleust venir audit lieu de Champtourteau esbatre et prendre son disner, disant oultre que madame sa mère, laquelle y estoit, en seroit moult joieuse et le recevroit à son povoir moult honnorablement. Laquelle requeste par ledit duc lui fut accordée. Car riens ne se doubtoit que on lui voulsist faire, ne traicter autre chose que bien. Et fut le jour accepté le XIIIe de février. Lequel jour venu se partit ledit duc du chastel où il avoit jeu, nommé le Lerens Botereau [15], et print son chemin pour aler à ceste ville de Champtourteau. Si alèrent, son maistre d’ostel et ses fourriers, devant, pour appoincter les besongnes comme il est de coustume. Et quant ils furent là venus, le conte de Penthièvre monta à cheval et ala, à tout les gens de son hostel, au devant dudit duc, jusques assez près du pont nommé le Pont à la Tiberge [16], qui siet sur une petite rivière. Par lequel pont passa ledit duc, en sa compaignie Richard son frère, et aucuns autres chevaliers et escuiers de son hostel ; et ses autres gens le suivoient de loing, et n’estoient en doubte de nul mal engin. Et quant il eut passé ledit pont, il y eut ung des gens dudit conte qui contrefaisoit le fol, lequel descendi à pié et bouta les planches d’icellui pont en l’eaue, en faisant semblant de se jouer et faire sa folie, par quoy les gens du duc qui suivoient derrière, comme dit est, ne porent passer ; et encores ne se doubtoit ledit duc, de nul mal, et se rioit de la folie dessusdicte. Mais Charles, seigneur de Lavaugour, frère du conte, qui estoit embuschié, à tout quarante hommes armez ou environ, vint à courant devers le duc. Lequel les voiant venir demanda audit conte de Penthièvre : « Beau cousin, quels gens sont cecy ? » et il respondit : « Monseigneur, ce sont mes gens ; je vous fais prisonnier de monseigneur le Daulphin. » Et mist la main à lui. Auxquelles parolles le duc tout esbahi, respondi : « Ha ! beau cousin, vous faictes mal. Je suis cy venu sur vostre parole et à vostre requeste, et ne me défioie en riens de vous, ne des vostres. » Toutesfoiz y eut aucuns de ses gens qui tirèrent leurs espées pour les cuider défendre, mais ils virent assez tost qu’ils estoient trop febles au regard de leur adverse partie. Et ce pendant, vindrent sur eulx ceulx de la dessusdicte embusche, les espées traictes, et y eut deux des gentilz hommes du duc, dont l’un, nommé Jehan de Beaumanoir, eut le poing coupé, et l’autre fut navré en la main, lequel se nommoit Thibault Buisson. En après, ung gentil homme de l’ostel du conte, nommé Henry Lalemant, volt férir le duc de son espée, mais le conte le défendi contre lui et commanda à ses gens qu’ilz se cessassent, et qu’il menroit le duc vers le Daulphin. Et lors les gens du duc, qui estoient delà le pont, voiant leur prince en tel danger, estoient en grant tristesse de ce qu’ilz ne le povoient aider ne secourir, et ne sçavoient quel conseil prendre. Et tout après, ledit conte de Penthièvre, son frère et ses gens, emmenèrent ledit duc, et Richard son frère, hastivement, à Bressices [17] en Poictou, et de là fut mené par plusieurs foiz en divers lieux, comme à Lozenan, à Bournommeau, à Castrammer [18] et ailleurs. Et fut prisonnier de six à sept mois, sans estre mis en prison fermée, ne que aucune violence lui feust faicte à sa persoune. Mais bien s’en tenoit-on seur. Et avoit pour le servir, tant seulement ung de ses varlès de chambre. Et si fut, son frère Richard, prisonnier comme lui.

Quant vint à la congnoissance de la duchesse de Bretaigne et des seigneurs du pays, comment le duc avoit esté prins, il ne fault point demander se ilz furent troublez, et par espécial ladicte duchesse en fist si grant deuil qu’à grant peine le pouvoit-on rapaiser. Toutesfoiz, incontinent et tost après s’assemblèrent les barons et grans seigneurs du pays de Bretaigne, avec la duchesse, en la ville de Nantes, et là tous ensemble conclurent et jurèrent solemnellement de poursuivir la délivrance du duc, et de faire guerre audit conte de Penthièvre et à tous ses aliez et bien vueillans. Et d’un commun accord esleurent pour faire l’armée de ceste poursuite, le seigneur de Chasteaubriant et le seigneur de Rieux, qui de fait, à tout grosse puissance de gens d’armes, alèrent mectre le siège devant Lambale [19], appartenant audit conte. Lequel se tint environ quinze jours, et après se rendirent ceulx de dedens, et furent la ville, et chastel qui estoient moult fors, abatus et désolez. Et de là alèrent au chastel Audrien [20] lequel fut abatu ; et pareillement furent à la Mote de Bron [21]. En après, en alèrent à Champtourneau, où estoit la vieille contesse de Penthièvre, et en estoit capitaine le seigneur de Bersières, qui moult bien le défendi. Si y fut le siège environ trois mois, mais peu y firent, car la ville estoit moult forte et bien garnie de de vivres et habillements de guerre, et aussi de bonnes gens d’armes. Et cependant, traictié se fist entre le duc et le conte, et lui promist le duc de lui restituer tous ses dommages, tant de ses fortresses abatues, comme d’autres choses, et que jamais de ceste besongne ne lui serait fait, par lui ne par les siens, aucune chose qui lui portast préjudice. Après lesquels traictiez et les seuretez prinses, le conte dessusdit renvoia le duc par le seigneur de Laigle, son frère. Lequel duc de prime face fist lever le siège de Champtourneau. Mais en fin quant les prélas et les barons de son pays eurent devers eulx ledit duc, ils ne vouldrent point entretenir le traictié dessusdit, et convint que ladicte contesse et ses gens se partissent de là, et que la ville de Champtourneau feust mise en la main dudit duc. Si fut de rechief prins jour de parlement entre eulx pour veoir se ilz pourroient estre d’accord. Auquel jour ledit conte promist de y comparoir en personne, et pour seureté de ce bailla son frère Guillaume en hostage. Mais il n’y comparu, pour tant qu’il fut certainement adverti que s’il y aloit, il n’en retourneroit jamais. Et pour vray, s’il y feust alé, il eust esté exécuté par justice ; et avoit esté ainsi conclud par les trois estas de la duchié de Bretaigne. Et qui plus est, dirent au duc que s’il vouloit entretenir le traictié qu’il avoit fait avec icellui conte, ilz le débouteroient de sa seigneurie et ne obéiroient plus à lui, et feroient leur seigneur de son fils ainsné. Et par ainsi convint qu’il se accor-dast à leur voulenté. Lesquelles besongnes venues à la congnoissance dudit conte, il fut en très grant soussi ; et non point sans cause. Car il savoit toutes ses besongnes et ses seigneuries estre arrestées et mises en la main du duc, son seigneur, comme confisquées, et son frère dessusdit demouré en ostaige, lequel il ne povoit ravoir, et d’autre part estoit mal du Daulphin, pour ce qu’il ne lui avoit livré ledit duc, et avec tout ce ne sçavoit bonnement où estre asseur de sa personne, car peu trouvoit qui le voulsist soustenir. Pour les-quelz inconvéniens eslongner et fouyr, se retrahy en la viconté de Limoges, et après aucunes conclusions prinses avec ses frères, se party de là et par Auvergne s’en ala à Lyon sur le Rosne, et puis à Genève et à Basle, pour venir en sa terre de Avesnes en Haynnau [22]. (…) Lequel conte de Penthièvre ne retourna onques puis en Bretaigne, mais demeura toute sa vie oudit pays de Haynnau… »

La Saintonge dans tout cela ? Jean V y fut en fait amené dès le mois de mars et y resta retenu jusqu’en mai, principalement dans les possessions de Charles d’Avaugour qui était devenu seigneur de Thors par son mariage avec Isabeau de Vivonne. René Blanchard, publiant les Lettres et mandements de Jean V ([Archives de Bretagne, tome IV, 1889–>http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp…)], a ajouté à son introduction un « Itinéraire » retraçant tous les déplacements du duc et voici ce qu’on trouve à l’année 1420 (pages CXXIV-CXXV) :

- Février 8, 12. — Nantes.
- — 12, 13. — Le Loroux-Bottereau [23].
- — 13. — Pont de la Troubarde [24].
- — 13. — Clisson [25].
- — 14 à 18. — Palluau [26].
- Février 20 à la mi-mars. – Châteauceaux [27].

- [Mars] — « Vendrines » [28]
- — — « Nuailly près la Rochelle » [29].
- — — Saintes [30].
- — — Thors [31].
- [Avril-Mai] — Saint-Jean d’Angély [32].
- [Juin] — Fors [33].
- — — Le Coudray-Salbart [34].
- — — Bressuire ; Clisson.
- [Juillet] — Châteauceaux, etc.

(Selon une note de la Chronique d’Arthur de Richemont, Jean V aurait été libéré le 5 juillet)

Voici le passage de la sentence du 7 octobre 1420 (pièce n° 1456) auquel René Blanchard fait allusion :

« Item, dudit lieu de Vendrines feusmes menez à Nuailly près la Rochelle, et de Nuailly à Thors, et de Thors à St Jehan d’Angelé, auquel lieu nous feusmes par deux moys ou environ ; et de St Jehan d’Angelé feusmes menez à un chastel appellé Fors… » (Lettres et mandements de Jean V, IV, page 47).

Tout cela fut apparemment perpétré, en ce qui concerne notre région au sens large, par un assez petit réseau familial.


THORS, comme LES ESSARTS en Vendée, était fief d’Isabeau de Vivonne et de son mari Charles d’Avaugour ; FORS appartenait à Guy, d’une autre branche des Vivonne.


VENDRENNES, PALLUAU ET NUAILLE avaient été, semble-t-il, à Jeanne de Clisson, dame de Belleville et sœur du connétable – tante, donc, de la comtesse de Penthièvre. Son fils Jean II Harpedanne de Belleville (protégé du connétable dont on sait les démêlés avec les Montfort) eut VENDRENNES et NUAILLE (cf. AHSA 1883, XI, pages 32 et 46) avec Belleville et Montaigu, PALLUAU (et Châteaumur) allant à la comtesse de Penthièvre (partage de 1408, selon Beauchet-Filleau).

Chambellan du roi, il avait épousé, en 1404, la mère d’Isabeau, Jeanne d’Aspremont, dame de Renac, ou Reignac (dans le canton de Redon) et veuve de Savary de Vivonne (mort en 1396). Renac échut à Isabeau après la mort de sa mère (1410) et de son frère René ou Renaud (v. 1414-15 ?), mais fut revendiqué par les Harpedanne. La querelle se poursuivait en 1418 (voir Bnf, mais la terre fut confisquée en 1420 par Jean V : séquelle de l’enlèvement ! Cependant, tout laisse penser que, malgré leur différend, le seigneur de Nuaillé était complice des Penthièvre.


Quant au COUDRAY-SALBART, il avait été confisqué à Jean II Larchevêque en 1415 et le roi l’avait attribué au connétable de Richemont, frère de Jean V et qui ne pouvait donc être complice de cette séquestration (voir Bnf). Mais Richemont ne put prendre possession du château qu’en 1427 (http://cc-parthenay.fr/Portail2007/…). Entre-temps, on ne sait trop de qui celui-ci a dépendu. Faisait-il partie, avec Mervent, des possessions du sire de Parthenay revendiquées par Jean II Harpedane ? Cela semble d’autant plus possible que, selon Beauchet-Filleau, celui-ci avait épousé en 1411, en secondes noces, Jeanne, fille de « Raymond de Montaut, seigneur de Mussidan, de Blaye, de Ste Néomaye et du Coudray-Salbart ».


On ne trouve dans les publications des Archives d’Aunis et de Saintonge nulle trace de THIBAUD DE LA GOUBLAYE, dont le nom trahit une origine bretonne, mais c’était apparemment une créature des Penthièvre : en 1421, Jean de l’Aigle le récompense en le faisant seigneur de Piégut, en Limousin (voir site

Resterait à déterminer quelle a pu être la base, apparemment sûre, de ce petit groupe à Saint-Jean d’Angély…

Les lettres d’apanage pour Richard d’Etampes (Ibidem, page 134) feront encore allusion à Thors en novembre 1424.

Transférant à son frère les « manoirs et terres de Boys Raoul et de Renac » confisqués à Charles d’Avaugour (depuis décédé) et à sa femme, le duc dresse d’Isabeau de Vivonne un portrait très noir et fait du château de Thors un nid de félonie, un piège à Bretons de passage :

« Et depuis et encores de present, comme pertinace et perseverante en son faulx, mauvays et dampnable propous, soit demourante depuis la mort dud. Charles son mary, en un chastel nommé Tors, ouquel elle se tient et a grant nombre de gens d’armes et de traict de diverses nacions, partie desquelx furent a nous prandre et se remonstrerent noz ennemis, rebelles et desobeissans ; et mesmes recepté, recueilli, recepte et recueille de jour en autre noz ennemis et ceulx de nostred. frère, leur donne conseil, port, faveur et aide, en faisant guerre à nos subgiz passans par le païs de Poitou et de Xantonge, les faisant prandre à prisonniers et detenir de leurs personnes, en exigeant rençons d’eulx, les pille et desrobe, fait pillier et desrober, voulens en disposer et ordenner… »

La dame de Thors s’inscrivait ainsi dans la lignée de Jeanne de Penthièvre et de Marguerite de Clisson, mais pour des succès encore moindres. Cela fit néanmoins de son château le dernier bastion, quasiment, de la résistance aux Montfort…

 1486 – Thors appartient à Nicole de Bretagne, comtesse de Penthièvre

Source : Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l’Aunis – D. Massiou – T. 3, p. 415.

RAPPORT d’un sergent en la sénéchaussée de Saintonge constatant qu’il a ajourné les seigneurs de la maison de Jarnac en vertu d’une sentence du siège de Saint-Jean d’Angély, à la requête de Nicolle de Bretagne, comtesse de Penthièvre et dame de Thors en Saintonge. (19 Juillet 1486.)

A noble et puissant monsieur le séneschal de Xaintes ou monsieur vostre lieutenant, je Pierre Chauvin, sergent du roy nostre sire en ladite séneschaussée certifie o tout honneur et révérance avec très-humble obéissance, que le dix-neufvieme jour de juillet l’an mil quatre cens quatre-vingt et six par vertu et auctorité d’un procès esmané de la court de ladite seneschaussée au siège de Saint-Jehan d’Angély à moy baillé de la partie de très-noble et puissante dame Nicolle de Bretagne, comtesse de Penthièvre, dame de Thors, demanderesse et complaignante par lettres royaux en cas de saisine et de nouvelleté, et à sa requeste où de son procureur, ay adjournay nobles et puissants maistre François Chabot, Anthoine, Jacques et Robert Chabot frères seigneurs de Jarnac-Charente par une cedule, que meis et appousay au potheau de la ville dudit Jarnac, auquel l’en a accoustumé mectre et afficher cedulles, et en la personne de maistre Guillaume Chauvinet, licencier ès droits, leur procureur, pour ce que ne les peu trouver en leurs personnes, Loys Guillaume et grant Jehan Peluchon en leurs personnes defendeurs et oppousans à comparoir pardevant moi devant l’ostel de Guillaume Peluchon dit les vufves au lundi prochain en suivant heure de midi à actendre l’une partie l’autre et a donner deffaut jusques à deux heures après ledit mesdi, pour d’illec aller sur certains lieux, desqueulx ladicte demenderesse et complaignante ou procureur pour elle leur entendoit faire monstrée et procéder sur icelles comme de raison, auquel jour, heure de dix heures, devers le matin ledit Chauvinet vint par devers moy audit lieu de Thors, lequel me deist que en nom et comme procureur desdits seigneurs de Jarnac il tenoit iceulx lieux pour veuz et monstrés d’autel valleur, que si ladite dame les lui avoit monstrés à l’œil en les luy baillant par déclaration, dont l’en jugeay et condempnay partant que faire pouois et devoirs, et ce fait Anthoine Aubert, écuyer, comme procureur souflisament fondé de procuration de ladicte dame et mov nous tranportasmes emsemble par davaut ledit houstel dudit des Vignes et illec à ladite heure comparut par ladicte dame sondit procureur en me requérant deffaut à l’encontre desdits Loys, Guillaume et grant Jehan Peluchons, pour ce qu’ils n’y comparurent aucunement ne procureur pour eulx, et lequel deffaut octroyay audit Aubert comme procureur susdit à l’encontre d’eulx partant que faire pouvoit eulx suffisament actendus jucques à la dicte heure de deux heures après mesdi, et pour ce ledit Aubert comme procureur susdit et moy nous transportâmes en et sur les lieux qui s’ensuivent, etc. (Mss. du cabinet de M. le comte de Sainte-Maure.)


 1535 – Thors passe de la famille de Montbron à celle de Pons

Source : Bulletins et Mémoires de la SAHC – Années 1851-52

Adrien, sire de Montbron , baron d’Archiac, de Matha et de Thors, avait eu de son mariage avec Marguerite d’Archiac plusieurs enfants qui se partagèrent les fiefs de la famille. François, troisième du nom, en sa qualité d’aîné, conserva la baronnie d’Archiac ; Louis de Montbron, chevalier de l’ordre du Roi, eut les terres de Minsk et de Marsac [35] ; Jean, seigneur de Thors, celles de Pérignac et de Blanzac, qui facilitèrent son mariage avec Gabrielle de Pierre-Bufière, d’une riche maison du Limousin [36] ; Agnès, qui épousa, en 1535, Claude Chapt de Rastignac ; Anne de Montbron l’aînée, appelée Mlle d’Archiac, épousa Galliot de Genouillac, qui, dès sa jeunesse, s’était placé au premier rang des preux de Charles VIII.


Source : La France protestante, ou Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l’Histoire – Eugène Haag – Paris – 1857 – Books Google

MONTBERON (René de), sieur de THORS, second fils d’Adrien de Montberon, baron d’Archiac, et de Marguerite d’Archiac, servit avec distinction dans la troisième guerre civile. En 1569 le parlement de Bordeaux le comprit dans son fameux arrêt. Après la perte de la bataille de Moncontour, Thors, que Brantôme appelle « brave, vaillant et gentil compagnon de guerre », s’enferma dans Cognac, résolu à s’y bien défendre. Les deux compagnies d’Asnières s’y jetèrent avec lui, ainsi que quelques gentilshommes, et quelques capitaines provençaux qui, ayant perdu leurs compagnies, avaient formé un corps de volontaires sous les ordres de Ferrier de Menerbe. Après la capitulation de St-Jean-d’Angély, l’armée catholique marcha sur Cognac et le hérault du roi fut envoyé pour sommer Thors de se rendre. Le vieux capitaine prit la lettre de Sa Majesté, la baisa avec le plus profond respect et la rendit au hérault sans l’ouvrir, en protestant qu’il ne savait ni lire ni écrire, et que ses compagnons avaient cœur et bras mais point d’oreilles. La ville fut promptement investie mais une partie de la garnison d’Angoulême s’étant introduite dans la place, les généraux catholiques jugèrent à propos de battre en retraite. Thors resta gouverneur de Cognac et continua à combattre pour la Cause sous les ordres de Pontivy, jusqu’à sa mort qui arriva très peu de temps après. Comme il ne laissa pas d’enfants, la terre de Thors passa à son frère Jean, qui épousa Gabrielle de Pierre Buffière, et en eut JUDITH, mariée à Jacquet de Pons, marquis de La Case. A la même famille appartenait Montberon, seigneur d’Auzance gouverneur de Metz, qui, sans embrasser lui-même la Réforme, se montra favorable aux Réformés.


 1575 – François de Pons, baron de Mirambeau, seigneur de Thors, négocie en vain la paix avec Henri III et Catherine de Médicis : voir ce document


 1586 – Agrippa d’Aubigné à Thors, décrit la peste à Beauvais-sur-Matha (17) voir ce document


 1595-1688 – Les Pons, une famille protestante

Source : Eugène et Emile HAAG, La France protestante, T. VIII, 1858, p. 290 et suivantes

Jacques de Pons, marquis de La Caze, a joué un grand rôle dans les assemblées politiques des Huguenots. Il fut député, en 1595, à celle de Saumur, et en 1597, à celle de Châtellerault, qui le chargea de poursuivre la vérification de l’édit de Nantes, pensant peut-être ne pouvoir faire un choix plus agréable au roi que celui d’un seigneur qui, en 1594, lui avait porté, an nom de l’assemblée de Jarnac, le serment de fidélité de la noblesse protestante de la Saintonge, de l’Aunis et de l’Angoumois (Voy. III, p. 308). En 1605, La Caze fut député de nouveau par la Saintonge à l’Assemblée politique de Châtellerault, qui l’élut président, en lui donnant Pacard, ministre de La Rochefoucauld, pour adjoint, et Des Fontaines, pour secrétaire. Le but apparent de la convocation de cette assemblée était l’élection des députés généraux ; mais les méfiances réciproques des Huguenots et de la Cour, surexcitées par l’affaire du duc de Bouillon, compliquaient beaucoup la situation. La question des places de sûreté surtout était grave et exigeait une prompte solution. D’un côté, le Conseil du roi, voulant en diminuer le nombre, se disposait à en retrancher d’un seul coup toutes les places des particuliers, et par conséquent Sedan ; de l’autre, les Réformés, loin de se montrer disposés à céder sur ce point, prétendaient non seulement conserver, pendant quelques années encore, toutes les places qu’ils tenaient, mais faire comprendre, parmi les places de sûreté, celles où le roi avait placé des gouverneurs protestants et celles qui appartenaient à des néophytes. Concilier des prétentions aussi opposées, n’était pas facile ; ce fut Rosny qui se chargea de la négociation (Voy. II, p. 249). La première séance, qui eut lieu le 26 juillet, fut consacrée à la vérification des pouvoirs. Furent admis, comme représentants (…) de la Saintonge : de Jarnac, de La Caze, de Rioux, Pacard et Du Vigier, tous deux ministres, et Roy, avocat au présidial de Saintes. La Rochelle avait envoyé Mirande, échevin, et Barbot, un de ses pairs. Les députés du Poitou furent : de Vérac, baron de Couhé, La Tabarière, baron de Sainte-Hermine, de Bessay, gouverneur de Talmont, d’Aubigné, gouverneur de Maillezais, Suzannet, sieur de La Forêt, La Milletière, maître des requêtes de l’hôtel de Navarre, Des Fontaines ou de Fontaines, Rivet, min. à Thouars, et Chauffepié, ministre à Niort (…)

Leurs pouvoirs vérifiés, tous les députés prêtèrent le serment d’union, puis l’assemblée envoya complimenter Rosny, qui répondit « qu’il estoit venu de la part de S. M. pour donner aux églises réformées le contentement qu’elles sauroient désirer sur les demandes qu’elles auraient à faire. » Sur cette assurance, on vota, séance tenante, une demande de prorogation pour huit ans, relative à la garde des places de sûreté. Le lendemain, Rosny se rendit à l’assemblée et l’invita, au nom du roi, à procéder sans délai à l’élection de six candidats, parmi lesquels S. M. en choisirait deux pour députés généraux, en ajoutant que, bien que la résidence des députés en Cour ne fût portée ni par l’édit, ni par les articles secrets, ni par les brevets, le roi accorderait cette résidence, si l’assemblée se conformait à ses intentions. Le 28, après avoir voté des remercîments aux députés-généraux, qui furent « grandement loués de leur fidélité et diligence, » l’assemblée considérant le préjudice qu’éprouveraient les églises, « si elles n’estoient en pleine liberté soit pour le nombre, soit pour le choix des personnes, » chargées de la députation générale, envoya de Poux, d’Aubigné et de Vivans faire des représentations à Rosny ; cependant sur la promesse réitérée du ministre de Henri IV « qu’il avoit chargé de donner tout contentement, » elle céda, mais sous la condition que les pouvoirs des députés généraux ne dureraient qu’un an, que les quatre sur qui le choix du roi ne se porterait pas n’auraient aucun droit à intervenir dans les affaires des églises, et qu’une assemblée politique serait convoquée, au bout d’un an, pour procéder à l’élection directe de deux députés seulement. Rosny ayant souscrit à ces conditions et s’étant engagé à les faire accepter par le roi, la liste des six candidats fut votée le 1er août. Ceux qui réunirent le plus de suffrages furent La Caze, La Noue, Saint-Germain, Des Bordes, Roy et Mirande ; mais ce dernier s’étant excusé, on lui substitua Du Cros. Sur la demande des députés de La Rochelle, l’assemblée promit de joindre ses prières aux leurs pour qu’atteinte ne fût plus portée aux privilèges de la ville par l’établissement de nouveaux impôts ; c’est le seul de ses votes qui soit étranger aux affaires des églises (1). Enfin, après avoir fortement recommandé aux provinces de veiller sur les places de sûreté « qui sont pour ceux de la religion de telle importance qu’il leur est humainement presque impossible de subsister en paix sans icelles, » et décidé qu’en cas que le roi ne jugeât pas à propos de convoquer une assemblée politique dans un an, le synode national continuerait les députés généraux dans leurs fonctions ou en élirait d’autres, l’assemblée se sépara, le 8 août, emportant dans les provinces le brevet qui prorogeait la garde des places de sûreté pour quatre années.

La Caze assista encore, en 1611, à l’Assemblée politique de Saumur, qui l’envoya, avec Courtomer, Ferrier, Mirande et Armet, porter en Cour le cahier des plaintes. La reine-mère reçut très-gracieusement les députés, mais elle refusa de répondre au cahier avant la dissolution de l’assemblée. L’année suivante, il remplit les fonctions de commissaire pour l’exécution de l’édit dans la Guienne (Arch. TT. 242). C’est la dernière fois qu’il intervint d’une manière active dans les affaires des églises. Lorsque l’Assemblée de La Rochelle ralluma la guerre civile, en 1621, il s’empressa de lui écrire pour protester de son zèle et demander à être employé dans l’occasion ; cependant quand il vit que, malgré ses pressantes instances, il n’en recevait aucun secours, il ne voulut point s’exposer à la honte de rendre sans résistance la ville où il commandait, et il quitta Pons, dont la défense fut confiée au marquis de Châteauneuf (Voy. VIII, p. 338). La date de sa mort ne nous est pas connue. De son mariage avec Judith de Montberon étaient nés six enfants : 1er JEAN-JACQUES, qui suit ; — 2° LOUIS, baron de Montgaillard, qui servit en Hollande et en France, et mourut en 1635 ; — 3° JULIE, femme de Pierre de la Tour, baron de Regniès ; — 4° JEANNE, mariée, en 1605, à Isaac de La Rochefoucauld, sieur de Roissac ;—5° SYLVIE, épouse de François de Fumel, baron de Montaigu ; — 6° GABRIELLE, mariée, en 1618, à Gui de Bénac, premier baron du Périgord.

Jean-Jacques de Pons, marquis de La Caze, n’était encore, en 1619, que capitaine de cbevau-légers ; mais plus tard, il s’éleva au grade de mestre-de-camp d’un régiment d’infanterie et de capitaine de 50 hommes d’armes, et devint conseiller d’Etat. Quoique attaché à sa religion, il ne prit part que pendant peu de temps aux dernières guerres civiles. Il a raconté lui-même (2) les motifs qu’il eut de s’éloigner de Rohan, sur l’invitation de qui il s’était rendu à Montauban, au mois de mars 1625, avec l’assurance du commandement de la cavalerie légère et du gouvernement de la ville. Son zèle commença à se refroidir, lorsqu’il vit, au bout d’un mois, « que nul homme de condition ne s’était joint au parti  » et que, d’un autre côté, la bourgeoisie était opposée à la guerre. Non-seulement Ollier et ses collègues, Charles et Delon, prêchaient contre la reprise des hostilités ; mais les magistrats de Montauban venaient d’envoyer de Rougeroux, avocat du roi, à Rohan, pour l’inviter à suivre autant que possible la voie des négociations. Le traité que Rohan conclut avec l’Espagne, augmenta encore son mécontentement, qui fut au comble, lorsqu’il apprit que Saint-André-Montbrun avait plus de chances que lui pour obtenir le gouvernement de Montauban. Il se hâta de se rendre à Castres où Rohan était alors ; mais il ne put tirer du duc aucune promesse positive. Il retourna donc à Montauban fort irrité ; bientôt même, craignant d’être arrêté, il en sortit secrètement. Il rentra pourtant dans la ville, lorsqu’elle se fut déclarée, ayant honte, dit-il, de se retirer à la veille de la guerre. Lors de l’émeute qui mit Montauban au pouvoir de Saint-André-Montbrun (Voy. IV, p. 467), La Caze fut retenu prisonnier ; mais on lui rendit la liberté au bout de quelques jours. Il alla rejoindre Rohan, qu’il suivit dans quelques-unes de ses expéditions ; puis n’obtenant pas de lui le commandement qu’il désirait, il finit par prendre le parti de déposer les armes, et il resta dès lors étranger aux affaires des églises ; au moins n’avons-nous plus rencontré son nom. Il avait épousé, en 1608, Anne-Charlotte de Parthenay, dame de Genouillé, fille unique d’Arthus de Parthenay, mort en 1625, et de Suzanne de Saint-Georges, qui lui donna cinq enfants : 1° ISAAC-RENAUD, qui suit ; — 2° PONS, auteur de la branche de Roquefort, qui ne paraît pas être restée fidèle à la religion réformée ;—3° SUZANNE, femme de Philippe de Loubie, sieur de La Gastevine ; — 4° RENAUD, marquis de Thors, dont nous parlerons après son frère ; — 5° BONNE, appelée aussi Judith, qui, introduite à la Cour par la duchesse d’Aiguillon, changea de religion et devint fameuse par ses galanteries à la Cour du jeune Louis XIV. Elle mourut fille en 1664.

lsaac-Renaud de Pons, marquis de La Caze, mourut à Paris et fut enterré au cimetière des Saints-Pères, le 29 oct. 1652 (Reg. de Charenton). De son mariage, célébré en 1645, avec Marie de La Madelaine, veuve de Cyrus-Antoine de Saint-Simon, marquis de Courtomer, naquirent, selon le Mercure de France : 1° ISAAC-RENAUD, marquis de La Caze, mort le 6 nov. 1721 ; — 2° EMARD, comte d’Aunay, capitaine de vaisseau, mort sans postérité ; — 3° JACQUES-HENRI, marquis de La Caze, gouverneur de Cognac, mort en 1701. D’après les Reg. de Charenton, qui l’appellent Renaud, tout court, l’aîné était venu au monde le 3 déc. 1646. Ne serait-ce pas lui, plutôt que son oncle Renaud (en admettant que ce Renaud ait existé), qui aurait épousé, en 1670, Judith de La Rochefoucauld, veuve de Charles Poussart, sieur de Linières, et donné, ainsi que sa femme (Voy. VI, p. 357), un bel exemple de constance à la révocation ? Une généalogie msc. (Fonds St.-Magloire, N° 161), qui paraît dressée avec soin, ne donne, en effet, que deux fils à Jean-Jacques de Pons ; elle ne parle pas du troisième, Renaud, que nous avons mentionné d’après Courcelles ; or Courcelles a commis de si étranges confusions dans sa notice sur la famille de Pons, qu’une erreur de plus ne nous surprendrait pas. Quoi qu’il en soit, le marquis de Thors, qu’on avait chicané sur le droit d’exercice à Douhet dès 1682 (Arch. gén.TT. 287) (3), fut enfermé à la Bastille, en 1686, comme huguenot (Ibid., E.3372). Le convertisseur Gerbals, désespérant de le convertir, « ses préjugés l’aveuglant à ne pouvoir s’en guérir, » à ce qu’il écrivait à La Reynie (Suppl. Franç. 791.3), on voulut essayer si d’autres ne seraient pas plus habiles, et l’on transféra successivement M. de Thors au couvent de Saint-Magloire et à Saint-Lazare (Arch. E. 3373) ; puis, son opiniâtreté persistant, on l’expulsa en 1688 (Ibid. E. 3374). Nous avons déjà dit que sa femme fut également conduite à la frontière. On exila aussi sa fille, qui fut chassée de France avec une demoiselle Fradin, le 24 sept. 1688 (Ibid. E. 3374) ; elle se nommait HENRIETTE. Quant à ses deux fils, ils montrèrent apparemment moins d’entêtement. L’aîné, LOUIS-GUY, devint colonel du régiment de Flandres. Son frère s’appelait AUGUSTE-FRANÇOIS.

Notes (1) Il fut sans doute provoqué par La Caze, qui prit une part plus ou moins directe au soulèvement des Croquants, à ce qu’on peut conclure d’une lettre de Mornay, datée de 1595 : « Ceux de la Saintonge d’une et d’autre religion sont en armes contre M. du Marsais [lieutenant du roi en Angoumois]… Pour la direction de ce remuement sont nommés, de la part de ceux de la Religion, les sieurs de Monguion, de La Caze, de La Chaise et de Saint-Surin. »

(2) Dans son Verbal sur les affaires de Montauban et mouvemens en 1625, pièce manuscrite qui fait partie du vol. 914.11 du Fonds S. Germain franç. à la Bibliothèque nationale.

(3) La même année, on chercha chicane à Elisabeth de Pons, dame de Bourg-Charente, qui avait épousé le comte de Miossens, mais était restée protestante. Cette dame était-elle issue de la même famille, ainsi que plusieurs autres demoiselles du même nom de Pons, qui sont citées dans notre ouvrage, mais dont Courcelles ne parle pas ?


Source : Glossaire de la langue romane – Jean Baptiste Bonaventure de Roquefort – T2 – Paris – 1808 – Books Google

TESTON : Monnoie de France , qui étoit d’argent, et qui valoit, en 1580, quatorze sols six deniers, suivant un aveu rendu au Seigneur de Thors en Saintonge : « Le vassal reconoit tenir un fief appelle Puicerteau, de Dame Judith de Montberon, Dame de Thors, à homage plain, et au devoir d’une paire de gants appretiée à un teston, valant quatorze sols six deniers, à muance de seigneur et de vassal »


 1686-1688 – Le marquis de Thors embastillé pour protestantisme (3)

Source : Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français –

Copie d’une lettre adressée à M. Guenon l’aisné, à Saintes [37].

A Paris, le 1er may 1686.

J’avois jusques à présent eu quelque espérance d’avoir un passeport pour les hardes de mon cousin d’Aïr [38] pource que l’on me l’avoit ainsy fait entandre, mais Monsieur l’envoyé de Dannemark me fit dire avant yer que l’on luy a refusé et que le Roy n’en veut plus acorder, pour qui ny pourquoy que ce soit ; il est mesme à craindre que ce que ces Messieurs ont en France soit perdu pour eux.

On poursuit en ce pays à toute outrance ce qui reste de huguenots et on observe ceux qui ne sont pas bons Catholiques. Monsieur le duc de La Force est dans un couvant, Messieurs de Bougy et de Théobon, qui ont esté arrestés sur les frontières, ont fait comme les autres. Madame de Théobon n’a pas voulu changer ; on la mène dans un couvant. Messieurs de Thors et d’Aunay toujours à la Bastille et il n’y a pas d’aparance qu’ils en sortent sy tost atandu leur obstination. Tous les enfants de M. de Thors sont Catholiques et le roy les a fort bien reçus.

Je vous envoye une lettre qui sera de vieille datte estant venue par un homme qui a esté fort long tems en chemin. Il y a quelques jours que je n’ai resu de nouvelles de M’ de Baubuisson [39] ; il est resté à Amsterdam pandant un voyage qu’a fait Mr le prince à la campagne ; il a toujours de belles espérances, mais je ne say à quoy elles aboutiront ; je ne say sy il sera plus heureux en ce pays là qu’en celuy cy. Nostre famille est en assés bonne santé. Ma comère est toute preste d’acoucher. Mandés-moy des nouvelles de chez vous et ce que font vos dames.

Je vous salue très humblement, Monsieur mon cher amy, et je suis à vous plus que personne du monde.


 1686-1688 – Le marquis de Thors embastillé pour protestantisme (4)

Source : Archives de la Bastille – Règne de Louis XIV (1675-1686) Tome 8 – BNF Gallica

de Thors- Ordre d’entrée du 21 février 1686
- Ordre de sortie du 12 juin 1686

Louvois à M. de Gourgues, intendant de Caen

Versailles, 8 mars 1686

Le Roi ayant fait mettre à la Bastille le Marquis de Thors et le comte d’Aunay, S. M. désire que vous fassiez arrêter le neveu de ce dernier, et mettre la femme et la fille du premier dans des couvents tels que vous jugerez à propos. (A. G.)

10 mars 1686

… L’intention du Roi est que vous fassiez saisir toutes les terres de MM. de Thors et d’Aunay, et mettre madame de Thors et sa fille dans des couvents de votre département, séparés jusqu’à ce qu’elles soient converties. (A. G.)

Louvois à M. de Besmaus

Versailles, le 11 mars 1686

Je suis surpris que vous ne m’ayez point mandé si M. de Thors est arrivé à la Bastille, et il serait bon que vous ne me laissassiez pas ignorer longtemps pareille chose.

L’abbé Gerbais à M. de la Reynie

27 avril 1686

M. le Marquis de Thors est dans une obstination qui me paraît invincible ; ce n’est pas qu’il ne m’entende fort honnêtement, mais ses préjugés l’aveuglent à ne pouvoir s’en guérir.

Seignelay à la supérieure des Nouvelles-Catholiques

Versailles, le 24 avril 1688

Le Roi veut que mademoiselle de Thors soit remise à madame de Miramion ; ainsi, il faut que vous la conduisiez chez elle aussitôt que vous aurez reçu ce billet ; à l’égard de sa femme de chambre et de celle de sa mère, gardez-les et tâchez de les convertir. (B. N.)

Seignelay à Madame de Miramion

25 septembre 1688

Le Roi a donné ses ordres pour envoyer hors du royaume madame de Thors et sa fille, ainsi vous pouvez remettre cette demoiselle entre les mains de l’officier qui vous rendra ma lettre. (A. N.)

Elie Benoit (Hist. de l’Edit de Nantes), écrit ceci (t. V. 809) : « Il faut avouer que la noblesse de Poitou se signala plus que toute celle du reste de la France. Il n’y avoit presque pas de prison où il n’y eut quelque gentilhomme de Poitou, ni presque pas un couvent où on n’eût logé des femmes ou filles de qualité de cette province… Les marquis de Thors, de Langey, de Villarnou, de Loire, de Perai, le comte d’Aunai, les seigneurs de Marconnay, de Monroi, de Vezancay, de la Guimenière, de l’Isle du Gast, de Juigné, de Vrigné, de la Moë, des Réaux, d’Orval, de la Rochelaugerie, de la Largère, de la Grigonnière, Sainte-Gemme, Lizardlère, des Roches-Cramahé, du Passage Voutron, de l’Isle, son frère, de Voutron, son cousin germain et un grand nombre d’autres méritent principalement d’être connus. La Chesnaye Boisragon, jeune gentilhomme de dix-huit ans. fit voir à son âge autant de force d’esprit el de piété que les plus avancés. »

Source : Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français – Année 1905 – Bnf Gallica


 1788 – Le fief de Thors relève de l’évêché d’Angoulême

Source : SAHC – Séance du vendredi 1er avril 1859. (Bull. et Mém. 3ème série tome 1 – 1859 – p. 48)

M. Sénemaud donne lecture d’une liste des terres et fiefs qui relevaient de l’évêché d’Angoulême au 1″ janvier 1789. Cette liste, quoique incomplète, fait mention de cinquante-quatre fiefs et renferme la plupart des noms de leurs possesseurs.

A l’occasion du fief de Thors, situé en Saintonge, M. Sénemaud rappelle certaines particularités d’usages féodaux, encore en vigueur à la veille de la révolution. Dans une lettre écrite de Paris, le 13 juin 1788, par le vicomte de Puymontbrun, possesseur de la terre de Thors, à M. de Sain, avocat en parlement, qui lui réclamait, au nom de l’évêque d’Angoulême, ses foy, hommage, aveu et dénombrement, M. de Puymontbrun, colonel d’infanterie, reproduit cet extrait d’anciens titres : « Si vous avez parcouru les titres de cette mouvance, vous avez dû y voir que le seigneur de Thors ne peut et ne doit rendre son hommage au seigneur évêque d’Angoulême, que sur le bord des premiers fossés du château de la baronnie de Thors, où le seigneur évêque est tenu de venir le recevoir en personne ; vous voyez donc par là que je ne peux être en retard vis-à-vis de M. l’évêque, à qui je ne peux rien fournir qu’au préalable il ne soit venu recevoir son hommage sur les lieux mêmes, comme le portent et l’exigent les titres. » (Archives départ, fonds de l’évêché.)

La terre de Thors, qui appartint pendant longtemps à la famille de Pons, avait été vendue, le 29 décembre 1769, pour la somme de 180,000 livres, par Louis de Pons, marquis de Pons, à Jean-Marie-Joseph, vicomte de Puymontbrun.

Notes

[1] Macqueville, Charente-Inférieure, cant. Matha

[2] Thors, Charente-Inférieure, cant. Matha.

[3] Thors, canton de Matha (Charente-Inférieure).

[4] Gallia christiana, t. II, preuves, p. 452 (Excerptum ex bibliotheca Coislin).

[5] Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure).

[6] Patrimonium est quod a patre filiae concessum est. (Du Cange)

[7] Fors, canton de Prahecq (Deux-Sèvres). La collection Clairambault contient sous les n° 7829 et 7830, aux dates de 1294 et 1295, deux sceaux d’Ébles II de Rochefort qui armait : burelé à l’èmanché de 3 pièces mouvant du chef brochant. C’est par erreur que dans l’Inventaire, au n° 7829, l’émanché a été pris pour un lambel et que Ébles est qualifié sire de Sers au lieu de Fors.

[8] Aubigny, canton de Thezenay (Deux-Sèvres).

[9] Faye-l’Abbesse, canton de Bressuire (Deux-Sèvres).

[10] Vivonne, chef-lieu de canton (Vienne). Dans l’Inventaire de la collection Clairambault, Savary III de Vivonne, dont le sceau est décrit sous le n° 9587, est qualifié par erreur sire de Tois au lieu de Thors.

[11] La notice de la Gallia christiana, à laquelle nous avons fait foi, est en contradiction avec André Du Chesne. Selon celui-ci, l’héritière de Thors aurait épousé Savary 1er de Vivonne. Savary II serait de la sorte devenu châtelain de Thors par sa mère, et non par sa femme, Eschive de Rochefort, et cette dernière lui aurait apporté la seigneurie d’Oulmes qu’elle aurait tenue de sa mère, Aliénor Chabot (Histoire de la maison de Chastillon, pp. 487 et 518). Il nous faut signaler d’autre part une charte, dont nous devons la communication à l’oblogeance de M. H. Stein (Arch. Nat., J. 400, n° 43), citant un Ebles de Rochefort, probablement 1er du nom, comme détenteur de Thors en décembre 1243. Cela donne ouverture à diverses conjectures. On peut se demander, par exemple, si Jean III de Nanteau n’a pas épousé la veuve de cet Ebles 1er, et si dès lors il n’était pas seulement le beau-père d’Hindia et usufruitier de Thors, ou si, Ebles 1er ayant eu un frère aîné nommé Gui, Jean III n’a pas épousé la fille de ce dernier, à laquelle le château de Thors aurait fait retour après la mort de ses oncles suivant les coutumes particulières de la Saintonge. Notons, à l’appui de cette seconde hypothèse que La Chesnaye-Desbois enregistre une famille Rochefort de Choers ou de Chors portant, comme l’inhumée de La Roche, deux fasces dans son blason, et que Choers paraît bien être une altération de Thors.

[12] Nanteuil-la-Fosse, canton de Vailly (Aisne).

[13] Guigneville, canton de La Ferté-Alais (Seine-et-Oise). Les restes de l’ancien manoir de Nanteau, détruit au XIVe siècle, se sont longtemps appelés « la maison des Guignonville ».

[14] Champtourneau ou Champtourteau : Champtoceaux (Maine-et-Loire)

[15] Le Lerens Botereau : Le Loroux-Bottereau.

[16] Le Pont à la Tiberge : pont de la Troubarde, sur la Divatte.

[17] Bressices : Bressuire.

[18] Lozenan, Bournommeau (ou Bourgnouveau), Castrammer : Lusignan, peut-être Bournezeau (Vendée) et Châteaumur.

[19] Lambale : Lamballe (Côtes-d’Armor).

[20] Chastel Audrien : Châtelaudren (Côtes-d’Armor).

[21] Mote de Bron :

[22] Avesnes en Haynnau : en Hainaut.

[23] N° 1456 et D. Mor., Pr., 998.

[24] C’est après avoir passé ce pont, situé sur la Divatte, que Jean V, séparé de son escorte, fut arrêté par les Penthièvre. (Actes, n° 14S6 ; — D. Mor., Pr. Il, 998 ; — Monstrelet, p. 498, etc.)

[25] N° 1356 et 1456.

[26] ibid.

[27] N° 1456. D’après ce document, le duc de Bretagne arrivé à Châteauceaux « le mardi gras » (20 février), y resta « trois semaines ou environ. » Les étapes suivantes de l’itinéraire de Jean V prisonnier sont toutes, sauf une que nous signalons plus bas, empruntées à ce même n° 1456, qui n’est autre qu’une sentence rendue contre les Penthièvre, le 7 oct. 1420, c’est-à-dire au lendemain des événements. Il semble que le prince ait voulu, dans ses lettres, marquer toutes les stations de son pénible voyage, et l’ordre dans lequel il les énumère représente un circuit complet et très normal sous le rapport géographique. Dans ces conditions, nous devions être très réservé pour insérer dans notre itinéraire les stations indiquées par les auteurs, et non comprises dans un document pour ainsi dire officiel. Nous nous contenterons donc de les signaler ici.

Monstrelet raconte qu’après son arrestation, le duc fut emmené à Bressuire, puis en divers lieux, comme « à Lisenan, à Bourg-Nouveau et à Châteaumur. » En prenant Monstrelet au pied de la lettre, c’est au début de sa captivité que le souverain breton serait venu à Bressuire ; or, d’après la sentence du 7 octobre, il n’y vint qu’à la fin. Suivant le même auteur, Jean V aurait été détenu « sans être mis en prison fermée, ni qu’aucune violence lui fût faite à sa personne » ; mais cette assertion est absolument contraire au texte de la sentence, qui relate, avec force détails, la dureté, disons plus, la barbarie des Penthièvre à son égard. Il est donc permis de suspecter la sûreté d’informations du chroniqueur quant au fait qui nous occupe, et, par suite, de révoquer en doute le passage du prince à Lizenan (Lusignan, croyons-nous), à Bourg-Nouveau (Bournouiau dans l’édition de 1518, qu’on doit, ce semble, identifier avec Bournezeau, Vendée, cton de Chantonnay), et Châteaumur, dès lors qu’il n’en est point question dans les lettres du 7 octobre.

Si Jean V traversa les Essarts (Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon), en se rendant de Vendrennes à Nuaillé, il ne saurait y avoir séjourné aussi longtemps que le laisse supposer Alain Bouchart (édit. des Bibliophiles Bretons, fos 177 et 178). Du reste, comme il est certain que quelques-uns des seigneurs arrêtés en même temps que le duc furent conduits aux Essarts, Bouchart a peut-être fait une confusion.

Une enquête de l’année 1481, publiée par M. A. de Barthélémy dans les Mélanges hist. et arch. sur la Bretagne, 2° série, 1er fasc., p. 1 a 34, mentionne trois stations de la captivité de Jean V : Thors, St-Jean-d’Angély et Saintes. Les deux premiers de ces séjours sont visés dans la sentence du 7 octobre. Quant au troisième, il ne semble guère possible de le révoquer en doute, bien qu’il n’en soit point question dans cette sentence. Un témoin affirme, en effet, tenir le renseignement de Thébaut de la Goublaye, qui était capitaine de la forteresse du pont de Saintes, lors de la détention du prince en ce lieu. Nous avons donc cru pouvoir assigner une place à Saintes dans notre itinéraire.

[28] Auj. Vendrennes, Vendée, arr. La Roche-sur-Yon, cant. des Herbiers. — N° 1456.

[29] Nuaillé, Charente-Inf., arr. La Rochelle, cant. Courçon. — N° 1456.

[30] Enquête de l’année 1481, loc. cit., p. 30.

[31] Charente-Inf., arr. St-Jean-d’Angély, cant. Matha. — N° 1456, et enquête de 1481, l. c, p. 15.

[32] « Ouquel lieu nous feusmes par deux moys ou environ ; » ainsi s’exprime notre n° 1456. Ce séjour est encore attesté par l’enquête de 1481, l. c, p. 11 ; — par un compte de Periou, cité dans D. Lob. (Hist. I, 549) ; — et par la Réformation de l’évêché de Rennes (Bibl. de Nantes, ms. 1401, v. Pléchâtel).

[33] Deux-Sèvres, arr. Niort, cant. Prahec. — N° 1456.

[34] Deux-Sèvres, arr. et cant. Niort, cne Echiré. – N° 1456 ; — D. Mor. Pr. II, 1024 ; — Religieux de St-Denis, VI, 405 ; — Juvénal des Ursins, p. 559.

[35] Louis de Montbron prenait le titre de seigneur de Polignac, que lui avait apporté sa femme.

[36] Cette branche tomba en quenouille par Jeanne de Montbron, issue de ce mariage, qui porta les baronnies de Thors, de Blanzac, de Louzac et de l’Épinay à Jacques de Pons, comte de Rochefort.

[37] Elle est sans signature, mais sans cloute d’un M. Mesnard de Paris, cousin du ministre de Saintes, M. Mesnard, sieur d’Air (M. Guenon de Latour était beau-père de ce dernier).

[38] Philippe Mesnard était seigneur d’Air. Il avait épousé la fille de M. Etienne Guenon de Latour. Ses meubles étaient chez ce dernier, parce que c’était chez lui qu’il demeurait avec sa femme.

[39] M. de Beaubuisson était le fils aîné de M. Guenon de Latour

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de Chambes (aliàs de Jambes)

1) D’azur semé de fleurs de lys d’argent, au lion de même, armé, lampassé et couronné de gueules.
2) D’azur semé de fleurs de lys d’or, au lion d’argent couronné d’or.
3) D’azur semé de fleurs de lys d’argent, au lion de même couronné d’or, brochant sur le tout.

1) De sable à 8 fleurs de lys d’argent, posées 3, 2, 2, 1 au lion d’or rampant en abîme, lampassé de même.
2) D’azur, semé de fleurs de lys d’or, à un lion rampant de gueules, lampassé de même.

Maison d’ancienne chevalerie originaire de l’Angoumois, divisée en plusieurs branches, dont la plus illustre, celle des comtes de Montsoreau en Anjou, a tenu un rang considérable au XVIème siècle, et a possédé de grands fiefs en Poitou, par héritage de la branche des Chabot. Une autre branche habitait Boisbaudran en Thouarsais au XVIème siècle.
Le sceau de Guillaume de Chambes servant à l’ost de Flandres, le Ier décembre 1304 avait seulement un écu de trois fleurs de lys.
La terre de Chambes est située paroisse de Laplaud (Roumazières-Loubert, actuellement), en Angoumois.

Branche principale et de Montsoreau :

I) Pierre de Chambes, chevalier, seigneur dudit lieu. Il vivait en 1051. Il eut pour fils :

II) David de Chambes, chevalier. Il eut :

III) Guillaume de Chambes, i l épousa Pétronille de Vitré. Ils eurent pour enfants :

1) Landry, chevalier. Il se ligua dans les premières guerres contre l’Angleterre, avec le capitaine de Breuil et le capitaine Carlonet, breton, contre le capitaine Thaudoy, qu’ils défirent avec 4 à 5000 hommes des siens dans les landes de Bordeaux.
2) Guilloto, qui suit.

IV) Guilloto de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur. Il épousa Mlle de La Rivière, et en eut :

V) Pierre de Chambes. Il épousa Agnès de Chambes, sa parente. Il mourut en 1256 et fut enterré à Vilhonneur où l’on peut voir son tombeau.

Dessin du tombeau de Pierre de Chambes

Ils eurent pour enfant :

VI) Geoffroy de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur. Il épousa Lorette de Vivonne, d’où :

VII) Pierre de Chambes. Il se maria en 1314 avec Marie de Rohan, d’où :

VIII) Jean de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur. Il fut tué à la bataille de Poitiers le 19 décembre 1356. Il avait épousé Jacquette de Craon, qui lui donna :

IX) Acliot de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur. Il naquit vers 1351 et mourut après 1406. Il épousa en 1395 Marie, ou Marguerite d’Estouteville, fille de Colart et de Jeanne de La Tournelle, d’où est issu :

X) Bernard de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur. Il mourut le 24 janvier 1435. Il avait épousé Sibylle de Montenay. A la même époque existe un Bernard de Jambes, maire d’Angoulême en 1396 (devant J des Ages, notaire à Angoulême). Il n’est pas impossible qu’il s’agisse du même personnage. Il eut pour enfants :

1) Jean, qui suit.
2) Guillard, qui fera la branche de Vilhonneur.
3) Catherine. Elle épousa Bernon GEOFFROY, sieur des Boucheaux, en Saint-Cybardeaux. Ils firent une transaction le 12 février 1476 à Angoulême, avec leur fils aîné Jean.
4) Peut-être Hélie, damoiseau sur une demande de reconnaissance de Pierre le Sueur, devant J. des Ages, notaire à Angoulême.

XI) Jean de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur en 1490. Il naquit vers 1400-1410, et fut aussi seigneur de Fauguernon, et baron de Montsoreau. Il épousa le 17 mars 1445 Jeanne Chabot, fille de Thibaud, chevalier, seigneur et baron de la Grève, Montsoreau, Argenton, et de Brunissende d’Argenton. Elle eut pour douaire 12000 écus d’or.
Il fut capitaine-viguier, châtelain d’Aigues-Mortes, gouverneur en 1455 de La Rochelle, Niort, Talmont, etc…
Ecuyer d’écurie de Charles VII en 1426, son panetier en 1438, puis conseiller et maître d’hôtel. Il représenta le roi aux Etats tenus à Montpellier en avril-mai 1442, et à ceux qui se tinrent en 1443. En 1444 il devint premier maître d’hôtel.
Le frère de Jeanne, Louis II Chabot, seigneur de la Grève, lui céda le 9 février 1450, la baronnie de Montsoreau.
Il eut pour enfants :

1) Jean, qui suit.
2) Hélène, dame d’Argenton, les Mottes-Couppoux. Elle épousa le 15 février 1470 (ou 27 janvier 1472), Philippe de La Clite, seigneur de Commines, fils de Colart Van den Clyte, chevalier de la Toison d’or. Ils eurent pour fille unique Jeanne, mariée en 1504 avec René de Brosse de Bretagne.
3) Colette, alias Nicole. Elle naquit vers 1447, et épousa le 24 janvier 1466 Louis d’Amboise, prince de Talmont, vicomte de Thouars. Elle mourut le 14 décembre 1471. Elle était auparavant devenu la maîtresse de Charles de France, duc de Guyenne, frère de Louis XI, et lui donna deux filles :
a) Jeanne de Valois, religieuse de l’ordre de Saint-Dominique, sous-prieure de Blaye et de l’église et abbaye de Saint-Pardoux la Rivière. Elle mourut en 1553.
b) Anne de Valois, dite de Guyenne. Légitimée, elle épousa le 5 octobre 1470 François de Volvire. Elle mourut sans postérité.
4) Marie, née vers 1450. Elle épousa le 23 février 1483 Jean, comte d’Astarac, capitaine de 50 lances, mort en 1503, ayant laissé une postérité.
5) Jeanne. Elle épousa par contrat du 17 juin 1493 Jean de Polignac, seigneur de Beaumont et Randan, gouverneur de Livourne. Ils eurent une
postérité.

XII) Jean de Chambes, chevalier, baron de Montsoreau, Petit-Château de Vouvent, la Grève, la Loge-Fougereuse, etc..
Il naquit vers 1445 et mourut avant 1519. Il avait épousé vers 1490 Marie de Châteaubriant, dame du Lion d’Angers, fille de René, baron de Loigny, et d’Hélène d’Estouteville, dont il eut :

1) Philippe, qui suit.
2) Hippolyte, née vers 1497. Elle épousa en 1526 Jacques d’Amboise, chevalier, baron d’Aubujoux (Auvergne), et de Castelnau (proche d’Albi). Postérité.
3) Louise, née vers 1500. Elle se maria en 1529 avec Jean de Malestroit.

XIII) Philippe de Chambes, né vers 1500, il mourut avant 1574. Il fut baron de Montsoreau en 1560, la Grève, Petit-Château, Champagné les Marais.
Elevé enfant d’honneur de François Ier, nommé chevalier de Saint-Michel au début du règne de Charles IX.
Il épousa le 18 janvier 1530 avec Anne de Laval, fille de Gilles, baron de Loué. Ils eurent :

1) Jean, comte de Monsoreau (érigé en novembre 1573), gouverneur de Saumur et de Fontenay, décédé sans alliance.
2) Charles, qui suit.
3) une fille, entrée à Fontevrault.
4) Cyprienne, demoiselle de Catherine de Médicis. Elle mourut en 1583, religieuse à Fontevrault.

XIV) Charles de Chambes, comte de Montsoreau, baron de Pontchâteau, etc… Il naquit au château de Chalain le 28 novembre 1549 et mourut le 16 juin 1621. Il fut nommé chevalier de Saint-Michel le 23 février 1568 et eut ses preuves pour le Cordon Bleu en 1613, mais ne le reçut pas. Il épousa le 10 janvier 1576 Françoise de Maridor, veuve de Jehan de Cosmes, fille d’Olivier, chevalier, seigneur de Vaux-Freslon, et de Anne de Matignon. Ils eurent 2 fils et 4 filles, dont :

1) René, qui suit.
2) Charles, né le 22 septembre 1594. Il épousa Marguerite Marchant, qui lui donna :

a) Marie, née le 6 janvier 1629 à Longné.
b) Françoise, née le 8 janvier 1630.
c) Françoise, jumelle de la première Françoise.
d) Urbain de Chambes d’Avoir, marquis d’Avoir et du Plessis-Rataud. Il mourut en 1657 au siège de Montmédy. Il avait épousé le 20 octobre 1656 à Beaufort en Vallée, Anne Le Marié, fille de Philippe, gouverneur de Beaufort, conseiller au présidial d’Angers, et de Françoise Jousselin. Elle fit aveu et hommage après la mort d’Urbain, en 1697, du fief du Plessis.
e) Dorothée de Chambes d’Avoir, née le 19 décembre 1634.
f) Elisabeth, ou Isabelle, dame d’Avoir. Elle épousa le 10 novembre 1659 Pierre de La Ville de Férolles, marquis de Férolles et de Liniers, seigneur de Tourtenay.
g) Marguerite de Chambes d’Avoir, née le 21 septembre 1633 à Chavagnes sous le Lude. Elle épousa le Ier février 1666 en la chapelle d’Avoir Hector de Gennes, chevalier, seigneur de Launay.

3) Marguerite, dame de Coulonges. Elle épousa le 4 novembre 1610 Louis de La Barre, chevalier, seigneur des Hayes. Elle était vivante avant le 16 août 1634.
4) Françoise de Chambes-Montsoreau, mariée avec Charles Le Royer.
5) Suzanne de Chambes-Montsoreau, marraine en 1619.

XV) René de Chambes, comte de Montsoreau, seigneur de la Coutancière. Il épousa le 23 juillet 1617 Marie de Fortia, fille de Bernard, seigneur du Plessis-Fromentière et de Cléreau, et de Marguerite Le Clerc de Lesseville. Accusé avec raison de trafic de sel et d’être faux monnayeur, il fut obliger de fuir en Angleterre, où il mourut entre 1639 et 1649. Il eut pour enfants :

1) Françoise, née le 29 septembre 1618 et décédée après 1654.
2) Bernard, qui suit.
3) Charles, né le 25 mai 1623 et décédé le 29 septembre à Brain sur Allones.
4) Elisabeth, décédée après 1654.

XVI) Bernard de Chambes, comte de Montsoreau. Il naquit le 13 mai 1622. Il fut obligé de se marier le 19 mai 1637 avec Geneviève Boivin. Pour échapper aux confiscations de ses biens, il vendit le 10 janvier 1644, le comté de Montsoreau à Louis du Bouchet, marquis de Sourches. Ils eurent pour enfants :

1) Nicolas, né en 1638, décédé en 1648.
2) Marie
Geneviève, née vers 1639 et décédée le 25 novembre 1715. Elle épousa le 20 septembre 1664 Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches.
3) Marie Madeleine, née en 1643 et décédée le 15 mai 1720. Elle devint la femme le 16 octobre 1677, de Louis Dauvet des Marets, comte d’Eguilly en Picardie.
4) Marie de Chambes-Montsoreau, née avant 1646 et décédée le 8 juin 1660 à Brain sur Allones.

Branche de Vilhonneur :

Ensemble de Vilhonneur

XI) Guillard de Chambes, écuyer, seigneur de Vihonneur et de Fougères, vivant en 1459. Il fait plusieurs baillettes pour des terrains situés près de la rivière des Tempes et du Pont Mailler (Chadurie). Il eut de son mariage avec N. :

1) Pierre, qui suit.
2) autre Pierre, qui fera la branche de Fougères.
3) Marguerite. Elle épousa Louis de La Faye, écuyer, seigneur de Nanclars, fils de Jean et de Jeanne de La Tour. Il mourut sans postérité avant le Ier février 1540.

XII) Pierre de Chambes, alias Jean, écuyer, sieur de Vihonneur, habitant Angoulême. Il mourut avant le 4 mai 1518, selon un acte passé devant maître Pierre Trigeau. Il eut de son mariage avec N. :

1) Antoine, qui suit.
2) Jeanne, dame de Sargé (en 1531, devant maître Pierre Trigeau, à Angoulême). Elle épousa Pierre de Chergé.

XIII) Antoine de Chambes, écuyer, seigneur de Vihonneur en 1490. Il épousa vers 1530 Brunissende de Gain, fille de Gabriel, écuyer, seigneur d’Oradour sur Glane, (Haute-Vienne) et de Jeanne de Mortemer. Elle eut une dot d’environ 1000 livres.
Le 16 octobre 1542, il est convoqué au ban et arrière-ban d’Angoumois, devant maître Etienne Maquelilan.
Daté de 1546, il existe aux archives de l’évêché, le « vidimus », ou copie d’un contrat de vente par Antoine, à Jean de Chambes, écuyer, sieur de Boisbaudrant, de la somme de 18 livres tournois, 4 gélines, 9 boisseaux de fève, 5 boisseaux d’avoine, mesure de Villebois, de rente foncière directe, à prendre sur le village des Termes, etc…, et au devoir d’une paire de gants.
Ils eurent pour enfants :

1) Mathieu, qui suit.
2) Jacques, qui fera la branche de Lunesse.
3) Pierre, écuyer, sieur de Vilhonneur, du Plainbost à Fougères. Il épousa vers 1570 Catherine Tizon d’Argence, peut-être fille de Pierre, écuyer, sieur des Déffens, et de Jeanne Couraudin. Il mourut avant 1597. (Catherine se remariera avec Eymeri Vigier, écuyer, sieur de la Motte).
Ils eurent pour enfants :

a) Christine, qui se maria le 12 septembre 1597, devant Jean Mousnier, avec Pierre du Sault, alias Dussault, écuyer, seigneur de Villars-Marange et co-seigneur de la Couronne, fils de Gérald. Elle eut une descendance.
b) Jeanne. Elle épousa en 1599 Jean Thibault du Reclus, sieur du Solemnieu et du Mas Bernier, avocat au Parlement de Bordeaux, juge de Nontron. Elle eut une descendance.

4) Jehan, écuyer, sieur de Vilhonneur. Il passe un acte avec Pierre, son frère, le 12 mars 1564, devant maître Jean Mousnier à Angoulême.
5) Louise. Elle épousa le 21 mars 1553, devant Etienne Maquelilan à Angoulême, Hubert de La Rochefoucauld, seigneur et baron de Marthon, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, fils de François Ier de La Rochefoucauld et de Louise de Crussol. (Il se remariera, sans enfant, le 10 mars 1559, avec Jeanne de Chazay).

XIV) Mathieu de Chambes, écuyer, seigneur de Vilhonneur et de La Couronne. Il mourut avant le 24 décembre 1574. Il avait épousé par contrat sans filiation, le Ier et le 12 février 1563 (alias 1564), Louise Farinard, demeurant au logis de la Couronne, fille de François, écuyer, co-seigneur de La Couronne, demeurant à Vignolles près de Barbezieux, et de Jeanne de Villedon. Ils eurent :

1) Pierre, qui suit.
2) Jehan.
3) Louise. Elle épousa le 19 septembre 1600 Laurent de Lageard, fils d’Hélie et de Gabrielle de Salignac.

XV) Pierre de Chambes, écuyer, seigneur de La Couronne à Marthon. Il épousa le 29 juin 1599 Françoise de Perry, veuve de Robert Couraudin, écuyer, seigneur de Villautranges. Il passe un acte le 5 juillet 1614, devant Hélie Chérade, pour un bail à louer par Nicolas Guinot d’Angoulême.
En 1619, toujours devant Hélie Chérade, elle est dite veuve et tutrice de ses enfants mineurs, et elle passe un compromis avec Isaac d’Abzac de Mayac. Ils avaient eu pour enfants :

1) François, qui suit.
2) Louise, demoiselle de Saint-Sauveur. Elle se maria en 1626 avec Gaston Flamenc, écuyer, seigneur de la Rousmier, ou de la Roussie. Il fut inhumé dans l’église de Marthon le 8 mars 1668. Elle eut une descendance.

XVI) François de Chambes, écuyer, seigneur de la Couronne. Il fut inhumé dans l’église de Marthon le 8 novembre 1661.
Il épousa en premières noces Jeanne de La Doyerie, puis en secondes noces, le 7 août 1649 Marguerite de La Badie (inhumée le 4 janvier 1694). Il eut de ce second mariage :

1) Jacques, baptisé le 29 décembre 1650, et décédé avant 1684.
2) Marie, dame de la Couronne. Elle épousa Jean-Pierre Chaigneau, sieur de Marillac. Il est dit décédé avant 1721.
Unique héritière de la famille, elle transmet à son fils Charles Chaigneau le fief de la Couronne.

 

Branche de Lunesse, de Fougères, du Roc, de la Foy, etc…:
(Fouquebrune, Mouthiers)

XIV) Jacques de Chambes, écuyer, sieur de Lunesse. Il épousa Anne des Planches. Il était veuf avant le 7 décembre 1581.
(Une autre généalogie parle d’un Olivier de Chambes, qui épousa le 21 mai 1562 Françoise de Mareuil, fille de Jean, écuyer, seigneur de la Voute, et de Jacquette Fresneau – qui mourut avant le 2 octobre 1571-)
Ils eurent :

XV) Cybard de Chambes, écuyer, sieur de Lunesse. Acte en 1582 devant maître Jean Mousnier à Angoulême. Il meurt avant 1644. Il eut de son mariage avec Guynonne de Neufville (A.D 16, cote N° 2 E 757, Maître Jacques Guyot, notaire, acte du 18 Janvier 1612) au moins :

1) Robert, qui suit.
2) Jean, qui suivra.
3) peut-être Isidore, écuyer. Il est dit en 1632, habiter Fougères.

XVI) Robert de Chambes, écuyer, sieur de Lunesse. Il épousa Jeanne Vaslet, qui teste le 19 juillet 1644 à Angoulême, devant Martin. Il demande une sépulture à Saint-Martial d’Angoulême, comme ses aïeux, aux bons soins de sa femme. Jeanne Vaslet vivait encore en 1653.
En 1632, il fait un partage, devant Hélie Chérade, à Angoulême, avec François Duport, écuyer, sieur du Petit-Clos (époux de Perrette de Chambes), et Jacques Vaslet, écuyer, sieur de Champagne à Saint-Seurin (époux de Perrine de Chambes). Il fait ensuite un acte d’opposition en 1633 sur le même partage. Le 13 décembre 1633, il constitue un capital de 300 livres, avec sa femme, devant Hélie Chérade. Ils eurent deux filles :

1) Perrette, ou Pernelle. Elle épouse en 1623 François Duport, écuyer, sieur du Petit-Clos, maître d’hôtel du duc de Bellegarde, gouverneur des pages de la Grande-Ecurie du Roi. Elle meurt avant le 15 novembre 1653, date où son mari passe un acte devant Martin à Angoulême. Le 2 juin 1657, il est tuteur de ses enfants mineurs, devant Martin, où il passe un acte concernant la métairie de Lunesse à Saint-Martial d’Angoulême.
2) Perrine. Elle épouse avant 1632 Jacques Vaslet, écuyer, sieur de Champagne à Saint-Seurin.

XVI) Jean de Chambes, écuyer, sieur du Roc (Mouthiers sur Boëme), de Plambost, et de Fougères, habitant Fougères, paroisse de Fouquebrune. Il épousa à Saint-Martial d’Angoulême, le 7 février 1633 Suzanne Joumar, ou Jouvion. Il vend le 22 juin 1655, devant Martin, notaire à Angoulême, pour 170 livres de biens. Il afferme pour 3 ans sa métairie noble de la Trotan (alias le Taourautran), situé non loin de Fougères, sur la commune de Torsac (Pierre, notaire à Fouquebrune).
Il meurt avant 1661, ayant eu pour enfants :

1) Robert, baptisé le 9 septembre 1647. Il mourut le 26 juillet 1654.
2) une fille. (Perrette ?).
3) Raymond né le 22 mai 1650, écuyer, dit seigneur de Lunesse.
4) Pierre, qui suit.

XVII) Pierre de Chambes, écuyer, sieur du Breuil, demeurant au Roc, paroisse de Mouthiers sur Boëme. Il passe en 1695 un acte devant maître Pierre Jeheu, notaire à Angoulême. Il épousa Catherine Terrasson. Le 24 février 1692, veuve, elle rédige au Maine-Mathieu son testament par lequel elle désigne pour héritières ses trois filles. Ils eurent pour enfants :

1) Pierre, qui suit.
2) Jeanne. Elle est majeure quand elle teste en faveur de son neveu Jean, le 9 juillet 1713, devant Pierre Jeheu, à Angoulême. Elle épousa N. Jousset, et eut au moins un fils nommé Pierre (acte de 1695).
3) Jacques, écuyer, sieur de la Foy, (alias la Faye – Mouthiers sur Boëme). Il passe un acte devant Pierre Audouin, le 19 décembre 1681.
Il épousa Françoise Jaubert. Le 27 décembre 1691, ils font un testament commun. Ils demandent à être enterrés, « dans leurs sépultures qui sont dans l’église de Mouthiers, et que lors du décès dudit sieur de la Foye, qu’il soit dit et célébré dans ladite église à son intention le jour de son enterrement, puis les jours suivants, pourvu que ce soit dans le mois à compter du jour de son décès, le nombre de 60 messes, et ensuite à perpétuité le nombre de 2 messes par chacun an, où bon semblera à ses héritiers (Parenteau, notaire à La Rochandry). » Ils eurent au moins :
a) Pierre, écuyer, sieur du Roc et autres places. Le 10 mai 1694, il demande au notaire Parenteau de venir faire l’inventaire de ses meubles, sa femme étant décédée. Il avait épousé Jeanne Le Roy, demoiselle de la Baudie.
4) Marguerite.
5) Marie.

XVIII) Pierre de Chambes, sieur de la Foy, et du Breuil, habitant Plambost (Plambeau – Fouquebrune). Il rend hommage à la duchesse de Lavalette en 1710, pour son fief du Breuil. Il est dit vivant en 1713. Il épousa Henriette de Corlieu. En 1719, Henriette, veuve, est dite mère tutrice de son fils Jacques. Ils eurent :

1) Jacques, qui suit.
2) Jean.

XIX) Jacques de Chambes, écuyer, sieur de la Foy, le Breuil (Fouquebrune), et autres places. Il mourut avant 1752. Il épousa Marie André. Il passe des actes devant Rivet jeune, notaire à Ambernac, en 1727-1728. Lui et sa femme passèrent un acte devant Caillaud, le 9 août 1751, avec leur frère et beau-frère André André, sieur de la Tasche, avocat au parlement de Bordeaux, colonel de la milice bourgeoise d’Angoulême, au sujet de la succession de Jean André, marchand, sieur de la Boissière, leur frère, époux d’Elisabeth Marin.
En 1749, dame Marie André, épouse séparée en biens de Jacques de Jambes, écuyer, seigneur de la Foy et d’autres lieux. Elle afferme les métairies de Fougères, le Maine-Mathieu, le Breuil (notaire Jolain).
En 1752, sa veuve fait une ferme d’une maison sise à Angoulême, et un autre acte devant Caillaud, en 1753. Ils eurent pour enfants :

1) Joseph, chevalier, seigneur de la Foy, du Breuil. Il épousa Marguerite Barbot, fille de Marc Barbot de la Trésorière, écuyer, seigneur de Peudry, et de Catherine Fouchier. En 1767, il est dit co-seigneur de la Foy, où il habite, et du Maine-Mathieu (Fouquebrune). Il est l’héritier de Jacques, son père, sous bénéfice d’inventaire.
Habitants à la Foy, ils passèrent un acte devant Caillaud, à Angoulême, le 14 mars 1758. Il mourut avant 1773, sans postérité.
2) Jean, qui suit.
3) peut-être François. Il épousa Catherine Desmier, veuve de François Avril, et fille de René-Auguste Desmier de Grosbost, et de Gabrielle de Volvire.
4) peut-être aussi Jacques, écuyer, sieur de Fougères. Il épousa Marguerite André de la Touche. En 1771, Pierre Vincent, ancien curé, lui consent un prêt de 1200 livres.

XX) Jean de Chambes, écuyer, sieur du Breuil, habitant à Plambost (Fouquebrune). Il épousa, devant Caillaud, notaire à Angoulême, le 24 octobre 1759 Thérèse-Gabrielle Lhoumeau, fille de feu Michel, avocat à la cour, et de Marie-Marguerite de La Grézille. Elle meurt en août 1772. Jean décéda avant le 2 février 1781. Ils eurent :

1) Jean-René, qui suit.
2) François. Il est dit vivant, avec son frère René, à la date du 30 janvier 1782.

XXI) Jean-René de Chambes. Sa grand-mère Marie-Marguerite de La Grézille, teste en sa faveur le 29 septembre 1781. En 1790, un acte cite : « Monsieur Jean de Chambes du Breuil, écuyer, demeurant en la paroisse Saint-Paul d’Angoulême ». Il achète aussi la même année, la métairie de Chez Pasquet, commune de Torsac (Jolain, notaire). Il eut de son mariage avec N. :

XXII) Jacques de Chambes, qui habite en 1790 son logis de la Foy (Mouthiers sur Boëme).

Noms isolés :

– En 1662, un acte parle du défunt François de Jambes, écuyer, sieur du Breuil (notaire, Pierre).

 

Branche de Fougères (Fouquebrune) :

XII) Pierre de Chambes, écuyer, seigneur de Fougères et de Fouquebrune. Il vend, le 16 février 1534, devant maître Pierre Trigeau, avec son neveu Antoine, sieur de Vilhonneur, une rente à Angoulême. Il épousa le 3 janvier 1526 Jeanne de Renouard. Ils eurent au moins :

1) François, qui suit.
2) Jean, qui fera la branche de Boisbaudran.
3) Charles, sieur de la Brousse. Il partage avec ses frères les biens de leurs parents, le 11 février 1545.

XIII ) François de Chambes. Il partagea le 11 février 1544 la succession de Pierre et de Jeanne Renouard, ses père et mère, avec ses frères Jean et Charles. Il eut de son mariage avec N. :

1) Arnaud, qui suit.
2) Jacquette, qui fut dotée par son père et son frère, le 11 février 1544. En 1586, elle signe des actes comme témoin, actes qui sont parfois rédigés dans sa maison du Terme (notaire : Petiot).
3) peut-être Olivier.

XIV) Arnaud de Chambes. Un contrat du 4 mars 1540 entre François et Arnaud, père et fils, fixa la dot de Jacquette, soeur d’Arnaud. Il épousa Jeanne Raymond et eut pour fils :
XV) Pierre de Chambes. Il épousa le 30 septembre 1592 Radegonde Audouin, dont il eut :

1) Pierre, qui suit.
2) peut-être Charles, seigneur du Breuil et de la Brousse. Il épousa en premières noces Paule Durousseau, et en secondes noces Suzanne Thibaud (contrat de mariage passé en 1631 chez maître Petiot, notaire). En 1642, Suzanne, devenue veuve se remaria avec Jehan de Tosquanne (alias Toscane), son voisin.
3) Jean, sieur de la Motte (Fouquebrune). Il épousa Marguerite de Maillas, et partagea la succession de ses parents le 11 février 1651.
4) Magdeleine, qui épousa Louis Duffour, seigneur du Puy de Magnac.
5) Barbe, qui épousa Jacques Angibaud, sieur du Bois.

XVI) Pierre de Chambes, écuyer, sieur de Fougères. Il épousa le 10 avril 1635 Marie du Refuge. Il fit un partage avec Jean son frère, sur la succession de Pierre, leur père, le 11 juillet 1651. Ils eurent pour enfants :

1) Jean, qui suit.
2) Marie. Elle demanda des comptes le 2 novembre 1661, devant maître Pierre Jeheu, notaire à Angoulême, au sujet de la tutelle de son neveu Jean, à Pierre Jaubert, écuyer, sieur des Vallons.
3) Jeanne. Elle épousa le 31 janvier 1663 au château de Chanteville, Charles Vigier, écuyer, seigneur de la Chardrie, fils de feu Jacques, écuyer, seigneur de Durfort, et d’Elisabeth Jaubert.

XVIII) Jean de Chambes, sieur de la Motte. Il se maria le 16 novembre 1659, avec Suzanne Thibaud (?), d’où :

XIX) Jean de Chambes, écuyer, sieur de la Motte.

 

Branche de Boisbaudran :

XIII) Jean de Chambes, écuyer, seigneur de Boisbaudran, fils cadet de Pierre, seigneur de Fouquebrune, et de Jeanne Renouard. Il épousa vers 1540 Guyonne de Vernou, fille de Joachim, écuyer, seigneur de Chausseraye, et de Marie Foucher, dont :

XIV) Pierre de Chambes, écuyer, seigneur de Boisbaudran, Salle, Noireterre. Il épousa vers 1570 Anne de La Béraudière, fille de Gabriel, écuyer, seigneur d’Azay, et de Renée de La Béraudière. Il eut entre autres enfants :

1) N. qui suit.
2) Gabriel, reçu chevalier de Malte au grand-prieuré d’Aquitaine en 1597-1599.
3) peut-être Joseph, chevalier de Malte le 11 février 1642.

XV) N. de Chambes, écuyer, seigneur de Boisbaudran. Il eut pour fils :

XVI) Gabriel de Chambes , chevalier, seigneur de Boisbaudran, maintenu noble par Barentin en 1667, à Mauzé en Thouarsais.


 

Noms isolés :

Bernard de Jambes, d’où :
Jean de Jambes, héritier, peut-être neveu, de Sibille de Tirados, épouse de Pierre Bernard, bourgeois d’Angoulême.
– Messire de Jambes, d’où

1) Jehan, qui suit.
2) Amice, qui épousa Pierre Cailhon, écuyer, seigneur de la Léotardie. Ils vendent des biens pour 300 écus d’or entre 1394 et 1487.

Jehan de Chambes, écuyer, seigneur de Montsoreau, vend des domaines à Angoulême et Montignac. Lui et sa soeur Amice, sont dits héritiers de Jeanne Faure, épouse d’Etienne du Soudet, et fille de feu maître Pierre Faure, damoiseau, licencié es lois.
François de Chambes, écuyer, seigneur de la Couronne. Il vend à Thibaud de la Brousse, son beau-frère, des rentes pour 4000 livres. Il eut de son mariage avec N., Marie, qui épousa Pierre Chaigneau (6 mai 1696), écuyer, seigneur de Marcilhac et de la Couronne. Elle était veuve en 1706.
Guillon et David de Chambes, seigneurs du Moulin de Chambes, morts avant le Ier août 1471.
François de Chambes, tisserand, fils de François, tisserand, habitant Saint-André de Ruffec, épousa Marie Martin, fille de feu François, tailleur, devant François Aigre, notaire à Angoulême, le 31 mai 1712.
Charles de Chambes, au lieu noble de la Michenie, fut témoin en 1623, devant J. Ferrand à Agris, du mariage de son serviteur Pierre Delallier. Il passa aussi un acte, devant Hélie Chérade, à Angoulême, le 6 février 1616, avec notamment Françoise de Hauteclaire.
– autre acte en 1624 devant J. Ferrand, notaire à Agris, de Charles et Jean de Chambes.
– Feu Charles de Chambes, écuyer, prieur d’Ambérac. En 1635 devant J. Ferrand, notaire à Agris, a lieu la partage de sa succession, où il est stipulé que sa soeur, demoiselle Jacquette de Chambes, sera héritière. Elle épousa Antoine de Massougnes, écuyer, sieur du Parc et de la Michenie. Jacquette meurt avant 1642, date où sa fille Françoise est sous la tutelle de son père.
Jacques de Jambes, sieur de la Foye, fut l’oncle maternel de Jean Vigier, chevalier, seigneur de la Chadurie à Saint-Cyprien (ses frères sont François et Claude Vigier, écuyers), fils de feu Nicolas Vigier, écuyer, seigneur de la Chadurie, à Conezac. Il épousa par contrat du 9 mars 1700, devant Laurent Papin, notaire à Angeduc, Jeanne de Jambes, soeur de Jacques. Jean Vigier épousa Jeanne Vigier, fille de feu Luc Vigier, écuyer, habitant au lieu noble de la Côte à Voulgézac, et de Catherine Guy. Nicolas Vigier fut l’époux de Jeanne de Jambes, avant le 27 mars 1699.

Sources :
– Extrait du cahier du rôle du ban et arrière-ban de la sénéchaussée d’Angoumois, 1635 : de Brémond d’Ars.

– Beauchet et Filleau : Dictionnaires des familles de l’ancien Poitou.
– Abbé adolphe Mondon : notes historiques sur la baronnie de Marthon.
– Abbé Joseph Nadaud : Nobiliaire du Limousin, T1, p. 342, 343
– Librairie Bruno Sépulchre : Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente.
– Association Promotion Patrimoine : Châteaux, manoirs et logis.
– Jean-Marie Denis : Montbron en Charente, tome 1.
– Généalogies Limousines et Marchoises, tome 10, page 129, généalogie Gain.

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