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Archive for juin 2017

Trois associations ont déposé plainte contre BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dans le génocide rwandais, selon les informations recueillies par franceinfo et « Le Monde ».

© Fournis par Francetv info
Les associations Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Ibuka ont déposé plainte, avec constitution de partie civile, contre BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dans le contexte du génocide rwandais, selon les informations recueillies par franceinfo et le journal Le Monde.

Selon cette plainte, la banque aurait contribué au financement d’un achat illégal d’armes à destination du Rwanda en juin 1994, en plein génocide, malgré un embargo sur les armes voté par l’ONU. Le génocide des Tutsis et des Hutus modérés a fait près d’un million de morts au Rwanda, entre avril et juillet 1994. C’est la première fois qu’une telle plainte est déposée contre une banque, en France. Contactée, BNP Paribas déclare ne pas disposer pour le moment des éléments suffisants pour répondre à ce dépôt de plainte.

Des kalachnikovs transportées jusqu’au Rwanda

C’est une vente d’armes bien précise qui est visée par la plainte des trois associations. À la mi-juin 1994, 80 tonnes d’armes sont livrées depuis les Seychelles jusqu’à Goma, au Zaïre, à proximité de la frontière rwandaise. Deux rotations par avion sont organisées dans la nuit du 16 au 17 juin et dans la nuit du 17 au 18 juin 1994, à Goma, dont l’aéroport est alors contrôlé par la France. Ces armes proviennent d’une saisie effectuée par le gouvernement seychellois sur un bateau, arraisonné en mars 1993.

Elles auraient ensuite été transférées par la route aux Forces armées rwandaises (FAR) au Rwanda, qui participent alors au génocide. « Ces armes ont servi à équiper des miliciens qui ont participé au génocide, explique le spécialiste du Rwanda, Jacques Morel, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi (éd. L’esprit frappeur, 2010). Il y a eu beaucoup de massacres à la machette, mais aussi à l’arme automatique. Cette livraison d’armes en provenance des Seychelles était essentiellement constituée de kalachnikovs AK-47. »

Morel

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Morel

Selon Jacques Morel, « des centaines de milliers de balles pour fusils et mitrailleuses, des grenades ainsi que des obus de mortiers », faisaient partie de cette livraison d’armes. Un mois plus tôt, le 17 mai 1994, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté une résolution interdisant les livraisons d’armes à destination du Rwanda. « Les armes achetées aux Seychelles ont donc effectivement servi à équiper les forces hutues pour perpétrer le génocide, notent les associations dans leur plainte. Dès lors, se pose la question de la complicité de BNP Paribas au génocide rwandais », indique le spécialiste.

Vente orchestrée par l’un des « cerveaux » du génocide

Au cœur de cette vente d’armes depuis les Seychelles se trouve le colonel Théoneste Bagosora, l’un des « cerveaux » du génocide, condamné à 35 ans de prison par la cour d’appel du Tribunal pénal international (TPIR) en 2011. Bagosora s’adjoint les services d’un intermédiaire sud-africain, Petrus Willem Ehlers, ancien secrétaire de Pieter Willem Botha, Premier ministre d’Afrique du sud.

Selon les éléments de la plainte déposée devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, cet intermédiaire aurait reçu sur un compte suisse – l’Union bancaire privée de Genève – deux virements de 592 784 dollars et 734 099 dollars, soit plus d’1,3 millions de dollars. Le paiement aurait été effectué par la BNP à la demande de la Banque nationale du Rwanda (BNR) à Kigali.

La BNP aurait « validé l’ordre de paiement de la BNR [Banque nationale du Rwanda] à M. Ehlers [l’intermédiaire], ce que les autres banques s’étaient toutes refusées de faire »,souligne la plainte. La BNP aurait été « la seule banque à répondre par l’affirmative et à débloquer les fonds suffisant pour l’achat d’armes par le gouvernement rwandais », lors de cette livraison d’armes des Seychelles, ajoutent les associations plaignantes.

« Un besoin crucial d’argent »

Sollicité par le gouvernement rwandais, à l’époque, la Banque Bruxelles Lambert (BBL) aurait, elle, refusé la demande d’utilisation de fonds de la Banque commerciale du Rwanda. « Le gouvernement rwandais avait un besoin crucial d’argent, témoigne l’ancien responsable de la banque belge détaché à la Banque commerciale du Rwanda (BCR), Jacques Simal, lorsqu’il est interrogé par la police fédérale belge, le 5 août 2004. « Bien que la raison n’ait jamais été évoquée très clairement, il était évident pour tout le monde qu’ils devaient acheter des armes et des munitions (…) Je me rappelle même que, pour forcer la BBL [Banque Bruxelles Lambert], le gouvernement rwandais a envoyé des émissaires pour nous convaincre de libérer les fonds. »

« Alertée, la cellule de crise de la BBL a alors fait opposition à ces chèques, empêchant ainsi le gouvernement rwandais d’utiliser les fonds pour un achat d’armes », note la plainte déposée contre BNP Paribas.

« Selon les témoignages et les rapports en notre possession, la BNP aurait été la seule institution financière à accepter de transférer 1,3 millions de dollars depuis le compte de la Banque nationale du Rwanda, en plein embargo des Nations unies, sur un compte suisse d’un courtier d’armes sud-africain, estime Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux à Sherpa. D’après les éléments dont nous disposons, la BNP aurait eu nécessairement connaissance que ce transfert de fonds allait contribuer à l’achat d’armes et au génocide. »

Marie-Laure Guislain

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Marie-Laure Guislain

Pour appuyer leur plainte, les associations s’appuient sur de nombreux documents, notamment un rapport de l’ONG Human Rights Watch, de mai 1995 ; six rapports de la commission internationale d’enquête mandatée par le Conseil de sécurité pour enquêter sur la violation de l’embargo sur les armes, de janvier 1996 à novembre 1998 ; des documents comptables de la Banque nationale du Rwanda durant l’embargo ; les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda, notamment la déposition de Théoneste Bagosora, condamné à 30 ans de prison par le TPIR ; un rapport sur la dette extérieure du Rwanda réalisé en novembre 1996 par deux économistes, Pierre Galland et Michel Chossudovsky, à la demande des autorités rwandaises.

« Démêler les maillons d’une chaîne »

« Notre association poursuit les génocidaires, mais à travers cette plainte nous voulons également démêler les maillons d’une chaîne, qui a permis que ce génocide aille à son terme, explique le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), Alain Gauthier. Cela fait plus de 20 ans que personne ne veut faire la lumière sur le rôle précis joué par les autorités françaises auprès des génocidaires rwandais, à l’époque. Nous espérons que le voile se lève enfin. »

« On ne commet pas un génocide d’une telle ampleur avec des armes, s’il n’y a pas derrière des soutiens financiers d’une certaine envergure, témoigne l’écrivain Gaël Faye, auteur de Petit pays (Prix Goncourt des lycéens 2016) et secrétaire du Collectif des parties civiles pour le Rwanda. C’est important que la justice puisse enquêter sur ces questions financières. On sait qu’il y a eu au Rwanda, avant et pendant le génocide, des livraisons d’armes, donc il faut remonter la filière. Il s’agit d’une histoire africaine qui concerne quelques personnalités en France, très haut placées. C’est au nom de la France que ces politiques-là ont été menées. »
Gaël Faye

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Gaël Faye

« Avec cette plainte, nous espérons mettre ainsi en lumière la potentielle responsabilité des institutions financières dans les zones de conflit pour des crimes aussi graves que des crimes de génocide, explique Marie-Laure Guislain de Sherpa. Cela montre l’intérêt de la nouvelle loi sur le devoir de vigilance des grandes entreprises adoptée le 21 février 2017, à laquelle Sherpa a beaucoup contribuée. Cette loi, appliquée aux banques, permettrait d’éviter l’implication des institutions financières dans de graves violations de droits humains. »

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François Pérol, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, au Palais de justice de Paris, le 15 décembre 2016.© PHILIPPE LOPEZ François Pérol, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, au Palais de justice de Paris, le 15 décembre 2016.

L’ancien secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy, lavé de tout soupçon de pantouflage ce vendredi en appel, bénéficie du flou sémantique concernant les conseillers élyséens.

La prise illégale d’intérêt est un délit pénal d’interprétation stricte. Elle interdit à tout dépositaire d’une parcelle d’autorité publique ayant eu l’occasion de «contrôler, surveiller, proposer des décisions ou formuler des avis» sur une entreprise, d’y travailler ou d’en prendre une participation, avant une période de trois ans, afin d’interdire ensuite tout renvoi d’ascenseur. Retenons bien chacun de ces verbes pour les appliquer au cas d’école de François Pérol, ancien numéro 2 de l’Elysée parti pantoufler en 2009 à la présidence de la BPCE, banque issue de la fusion entre les Banques populaires et les Caisses d’épargne, qu’il avait personnellement pilotée au nom de Nicolas Sarkozy, sur fond de crise financière. Un cas d’études pour la justice française qui n’aura pu faire autrement que de le relaxer, en première instance comme en appel.

«Conseiller le président me suffisait», aura plaidé François Pérol. Et cela tombe bien : ce verbe ne figure pas dans la liste des actions proscrites. En première instance, le tribunal correctionnel l’avait relaxé en septembre 2015 au motif qu’il n’aurait pris la moindre «impulsion» ou «initiative» – en un intéressant glissement de vocabulaire. Une victoire pour son avocat, Pierre Cornut-Gentille, qui avait efficacement plaidé que son client s’était contenté «d’informer» le président Sarkozy, autre verbe ne figurant pas dans le code pénal.

Leçons de morale

Le parquet national financier a fait appel, requérant deux ans de prison (le maximum légal) en première comme en deuxième instance, en soulevant ce lièvre sémantique : devant une commission d’enquête parlementaire, Pérol avait admis avoir «donné son avis» à Nicolas Sarkozy à propos de la future BPCE. Retour à la liste des actions proscrites…

Mais la justice préfère ne pas s’en tenir aux mots. Relaxe donc, mais sans se retenir de délivrer au passage quelques leçons de morale sans conséquences pénales. Sur Pérol et sa«confrontation entretenue entre fonctions publiques et privées qui ne cesse d’interroger», sur Sarkozy qui se serait «immiscé dans le fonctionnement interne d’une banque». Outre l’immunité pénale de l’ex-président de la République, dont n’a pas bénéficié son fidèle conseiller économique, le verbe «immiscer» ne figure pas non plus au catalogue officiel de la définition pénale d’une prise illégale d’intérêt. La messe est dite

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Angela Merkel avait elle-même ouvert la voie au vote en annonçant lundi dernier dans une interview qu’elle laisserait à l’avenir les députés de son parti voter librement, sans consigne sur le sujet.

Le rainbow flag, symbole de la communauté LGBT, devant la Chancellerie à Berlin.

© Copyright 2017, L’Obs Le rainbow flag, symbole de la communauté LGBT, devant la Chancellerie à Berlin.

Les députés allemands ont adopté vendredi 30 juin une proposition de loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe, après que la chancelière Angela Merkel a abandonné son opposition de principe sur cette question.

Le texte, qui établit désormais que « le mariage est conclu à vie par deux personnes de sexe différent ou de même sexe », a été approuvé par une majorité de 393 élus constituée des députés des trois partis de gauche représentés à la chambre basse du Parlement, les sociaux-démocrates, les écologistes et la gauche radicale, rejoints par une partie des députés de la famille conservatrice d’Angela Merkel.

L’adoption avant la fin de l’année

Parmi les conservateurs, 226 députés se sont prononcés contre. L’Allemagne va ainsi rejoindre les vingt pays occidentaux, dont 13 en Europe, qui ont déjà légalisé le « mariage homo ». Berlin avait adopté en 2001 une union civile offrant des droits équivalents au mariage, sauf pour certains avantages fiscaux et en matière d’adoption.

La nouvelle loi, qui doit encore être validée par la chambre haute du Parlement pour entrer en vigueur, sans doute d’ici la fin de l’année, va concrètement octroyer aux couples homosexuels le droit d’adoption.

Merkel vote contre mais ne s’oppose pas

Angela Merkel a elle-même ouvert la voie au vote en annonçant lundi dernier dans une interview qu’elle laisserait à l’avenir les députés de son parti voter librement, sans consigne sur le sujet.

Mais alors qu’elle planifiait un vote seulement après les prochaines élections législatives de fin septembre, elle a été prise de vitesse par son partenaire minoritaire de coalition, le parti social-démocrate, qui a imposé un vote quelques jours après en s’alliant avec les deux autres mouvements de gauche de l’opposition représentés au Bundestag.

Selon les médias allemands, la chancelière a elle-même voté contre la légalisation du mariage gay vendredi.

(Avec AFP

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Jean-Christophe Lagarde a estimé jeudi qu’il gagnait « moins que le salaire moyen des Français », avant de justifier ses propos.

© Fournis par BFMNews

Interrogé ce jeudi par Quotidien, Jean-Christophe Lagarde a déclaré qu’il gagnait « moins que le salaire moyen des Français ». Devant la surprise du journaliste, le député de Seine Saint-Denis a justifié son raisonnement.

« Faut un petit peu réfléchir ». Député, J.-C. Lagarde explique pourquoi il mérite son indemnité de 7209€ brut/mois. @HugoClement 

« Il faut un tout petit peu réfléchir »

« Moi Monsieur, je vais vous dire que j’ai, à mon avis, moins que le salaire moyen des Français – eh oui, il faut un tout petit peu réfléchir – au regard du nombre d’heures que j’y consacre, du peu de week-ends que je peux avoir et des responsabilités que j’exerce. Quand vous travaillez 15 heures par jour… » a-t-il lâché, alors que le journaliste lui demandait pourquoi les députés ne pourraient pas toucher le salaire moyen des Français.

Avant d’ajouter:

« Quand je fais visiter l’Assemblée nationale à des groupes d’enfants qui posent cette question, je leur réponds souvent que leurs parents, ils termineront leurs 35 heures le vendredi, moi je les ai terminées le mercredi à midi. »

4000 euros d’écart entre les indemnités d’un député et le salaire moyen des Français

Pour rappel, un député gagne 7209,74 euros bruts mensuels, alors que le salaire moyen des Français s’élève à 2957 euros bruts par mois. Comme le souligne Le Lab d’Europe 1, seul François Ruffin, député France Insoumise de la Somme, refuse de toucher l’intégralité de ses indemnités de député, et se paye uniquement au SMIC.

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Bercy, le siège du ministère de l'Economie et des Finances.© BERTRAND GUAY / AFP Bercy, le siège du ministère de l’Economie et des Finances.

La dette publique de la France poursuit son ascension inexorable. Elle atteint désormais 98,9% du PIB. L’endettement a même progressé de 2,6 % au premier trimestre 2017 par rapport à la fin 2016. Avec l’annonce d’un dérapage budgétaire imputable au précédent gouvernement, c’est encore une mauvaise nouvelle.

Mauvaise nouvelle dans l’absolu et mauvaise nouvelle aussi si on compare la dette publique française à celle de ses voisins européens. La dette de la France atteint désormais 2 200 milliards d’euros et près de 99% de sa richesse annuelle.

Or en moyenne, la dette en zone euro est de dix points inférieurs et elle recule depuis 2015. Certes la France est encore loin de l’endettement de la Grèce à 179% du PIB, de l’Italie 132% ou du Portugal 130%, mais elle creuse l’écart avec l’Allemagne dont la dette a reculé à 68% du PIB en 2016.

En zone euro les dépenses publiques sont en baisse, mais en France moins qu’ailleurs. Sur ce point Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, a invité le gouvernement à réduire la dette, mais pas avec la méthode du rabot, en jouant plutôt sur la qualité que sur la quantité de la dépense publique.

Enfin, rappelons qu’aux Etats-Unis la dette publique est de 106% du PIB et qu’elle atteint 250% au Japon.

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Selon l’Insee, la dette de l’ensemble des administrations publiques françaises, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint désormais 98,9% du Produit intérieur brut. © PHILIPPE LOPEZ/AFP En 2012, année d’élection du président Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros, elle atteint aujourd’hui 2209,6 milliards. La dette publique française s’est établie à 2209,6 milliards d’euros au premier trimestre 2017, en hausse de 62,3 milliards par rapport au trimestre précédent, a annoncé ce vendredi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En 2012, année d’élection de François Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros. Lors du quinquennat de François Hollande la dette publique s’est donc creusée de 341,6 milliards d’euros. Le bilan de François Hollande étrillé par la Cour des comptes La dette publique atteint aujourd’hui 98,9% du Produit intérieur brut (PIB) et, selon l’OCDE, elle devrait dépasser le taux symbolique des 100% du PIB en 2018. D’après l’Insee, ce dérapage s’explique principalement par la contribution de l’Etat à la dette, qui a augmenté de 49,5 milliards d’euros, dont 39,5 milliards pour la dette négociable à long terme et 13,7 milliards pour celle à court terme. Jeudi, dans un audit remis au premier ministre Édouard Philippe, la Cour des comptes a étrillé le bilan du dernier président de la République. Selon les sages de la rue Cambon, l’ex-président a camouflé l’état dramatique des finances publiques, avant de passer la main à Emmanuel Macron. «Nous héritons d’un dérapage de huit milliards d’euros. Huit milliards de promesses non financées, de chèques en bois (…) C’est inacceptable», a fustigé Édouard Philippe, après avoir reçu l’audit sur les finances publiques des mains de Didier Migaud, le premier président de la Cour

Selon l’Insee, la dette de l’ensemble des administrations publiques françaises, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint désormais 98,9% du Produit intérieur brut.

figarofr: En 2012, année d'élection du président Hollande, la dette s'établissait à 1868 milliards d'euros, elle atteint aujourd'hui 2209,6 milliards.

© PHILIPPE LOPEZ/AFP En 2012, année d’élection du président Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros, elle atteint aujourd’hui 2209,6 milliards. La dette publique française s’est établie à 2209,6 milliards d’euros au premier trimestre 2017, en hausse de 62,3 milliards par rapport au trimestre précédent, a annoncé ce vendredi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En 2012, année d’élection de François Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros. Lors du quinquennat de François Hollande la dette publique s’est donc creusée de 341,6 milliards d’euros.

Le bilan de François Hollande étrillé par la Cour des comptes

La dette publique atteint aujourd’hui 98,9% du Produit intérieur brut (PIB) et, selon l’OCDE, elle devrait dépasser le taux symbolique des 100% du PIB en 2018. D’après l’Insee, ce dérapage s’explique principalement par la contribution de l’Etat à la dette, qui a augmenté de 49,5 milliards d’euros, dont 39,5 milliards pour la dette négociable à long terme et 13,7 milliards pour celle à court terme.

Jeudi, dans un audit remis au premier ministre Édouard Philippe, la Cour des comptes a étrillé le bilan du dernier président de la République. Selon les sages de la rue Cambon, l’ex-président a camouflé l’état dramatique des finances publiques, avant de passer la main à Emmanuel Macron. «Nous héritons d’un dérapage de huit milliards d’euros. Huit milliards de promesses non financées, de chèques en bois (…) C’est inacceptable», a fustigé Édouard Philippe, après avoir reçu l’audit sur les finances publiques des mains de Didier Migaud, le premier président de la Cour

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Les pompiers face à la Grenfell Tower, le 15 juin 2017 à Londres.
© Tolga AKMEN Les pompiers face à la Grenfell Tower, le 15 juin 2017 à Londres.

Alors que le gouvernement a décidé d’inspecter 600 tours au Royaume-Uni, la BBC révèle que le revêtement choisi pour la rénovation de l’immeuble qui a pris feu permettait une économie de 341 000 euros.

La tour, construite dans les années 70, est visible de très loin dans tout le quartier de Wandsworth au sud de Londres. Son béton gris a longtemps dominé ce coin très cosmopolite de la capitale, entre rues bourgeoises et coquettes et poches très populaires. Depuis le début des années 2000, un beau revêtement blanc et bleu a été appliqué, renforçant l’isolation du bâtiment et améliorant son aspect extérieur. Sudbury House est l’une des deux seules tours de l’arrondissement. L’autre est Castlemaine Tower. Depuis l’incendie de la Grenfell Tower, le 14 juin, des échantillons des revêtements de ces deux tours ont été prélevés pour être testés pour le risque de combustion rapide.

«Nous avons décidé de ne pas attendre les résultats», explique à Libération Charlie Masson-Smith, porte-parole du Wandsworth Council. Le borough («l’arrondissement»), l’un des plus grands de Londres, a d’ores et déjà décidé d’installer systématiquement des diffuseurs d’eau dans les 100 immeubles de plus de dix étages du quartier, soit 6 400 appartements. «Nous avons fait venir des pompiers qui ont inspecté soigneusement les deux tours, aussi bien les sorties incendies, les escaliers, les portes coupe-feu. Ils ont considéré que toutes les mesures étaient en règle et que les habitants pouvaient rester sur place», explique-t-il.

Les mêmes contrôles dans un autre arrondissement, Camden, ont entraîné il y a quelques jours l’évacuation d’urgence, dans la nuit, de plusieurs milliers de personnes. Des dizaines de portes aux normes anti-incendie manquaient et les pompiers ont constaté de multiples manquements aux règles de sécurité. «Ça n’a pas été le cas à Wandsworth, mais, pour rassurer les habitants, nous avons mobilisé des « fire marshals »», rappelle Charlie Masson-Smith, des surveillants stationnés dans chacune des tours 24h/24, sept jours sur sept. Et d’ajouter: «Ils contrôleront que les cages d’escalier ne sont pas encombrées, que les portes coupe-feu sont bien fermées, bref, ils sont là pour rassurer». Et resteront jusqu’à ce que tous les diffuseurs d’eau soient installés.

600 tours

L’enquête sur la tragédie de Grenfell Tower, au cours de laquelle au moins 80 personnes sont mortes, en est encore à ses prémices. Un juge a été nommé pour superviser l’enquête publique parallèle à l’enquête policière ouverte pour «homicide». D’ores et déjà, le revêtement à base d’aluminium est mis en cause, notamment pour la rapidité avec laquelle le feu s’est propagé, embrasant la tour comme une allumette. «Mais il doit y avoir eu d’autres facteurs», souligne le porte-parole de Wandsworth. «Nous avons déjà eu des incendies dans les deux tours, mais les normes de sécurité ont fonctionné, ils sont restés confinés dans les appartements où ils s’étaient déclarés, il n’y a pas eu de propagation au reste de l’immeuble».

Le gouvernement a ordonné le test des revêtements de 600 tours dans le pays. Pour le moment, sur 139 échantillons testés dans 45 autorités locales, le pourcentage d’échecs aux tests de combustion est de… 100%. Ces résultats ne signifient pas que les revêtements étaient illégaux ou ne correspondaient pas aux normes de sécurité en place. Ils tendraient plutôt à suggérer que ces normes, modifiées à plusieurs reprises depuis 1979 et par des gouvernements successifs conservateurs et travaillistes, n’étaient pas suffisamment sévères et trop imprécises, ce qui a pu entraîner des interprétations au coup par coup.

Manquements flagrants

La BBC a révélé vendredi avoir vu des documents montrant que l’autorité locale de Kensington and Chelsea, qui gérait la Grenfell Tower, a fait le choix délibéré, en 2014, de changer de choix de revêtement, pour privilégier de l’aluminium, moins résistant au feu, plutôt que du zinc, comme initialement proposé. Ce choix permettait une économie de 300 000 livres sterling (341 000 euros) sur un programme de rénovation qui aura coûté au total 8,6 millions de livres (9,7 millions d’euros). Les deux revêtements avaient pourtant le même classement dans les normes anti-incendie. Arconic, la compagnie américaine qui fabriquaient les panneaux d’aluminium, a annoncé qu’elle ne vendrait plus ces produits pour les utiliser sur des tours.

Les rénovations de Grenfell Tower, une tour de 24 étages construite en 1974, devaient améliorer les conditions d’habitation, en renforçant notamment l’isolation. Des fenêtres à double vitrage avaient été installées et le système de chauffage central changé. Mais les relations entre le council et certains résidents n’ont cessé au cours des mois de s’envenimer. Un groupe d’habitants de la tour a, à plusieurs reprises, alerté les autorités sur des manquements flagrants à la sécurité, avec des couloirs encombrés, des portes coupe-feu non fermées. Ils n’ont pas été entendus. «Ce n’est pas comme si nous étions restés silencieux, mais ils n’ont jamais répondu. Ce n’est pas seulement qu’ils nous ont ignorés, c’est qu’ils nous regardaient avec mépris», a dit au Financial Times Yvette Williams, organisatrice d’un groupe de résidents, Justice 4 Grenfell.

Bilan à… la fin de l’année

La police a annoncé avoir dénombré 80 victimes de l’incendie, mais prévenu que le bilan définitif pourrait ne pas être connu avant la fin de l’année tant il est difficile d’établir qui vivait vraiment dans la tour. La liste des occupants n’était pas à jour. Par ailleurs, certains étages sont tellement consumés que la tâche pour identifier des victimes est extrêmement délicate.

Les résultats des tests sur le revêtement des deux tours de Wandsworth sont tombés. Eux aussi ont échoué aux tests de combustion. Pourquoi ne pas avoir envisagé d’installer des diffuseurs d’eau avant la tragédie de Grenfell, lors de la rénovation des tours au début des années 2000 ? «Parce que ce n’était pas obligatoire et que les tours répondaient aux normes de sécurité en place, explique le porte-parole de Wandsworth. Et puis, les habitants n’étaient pas très chauds pour ces installations qui nécessitent tout de même de gros travaux dans les appartements. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour les installer».

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Le milliardaire américain Warren Buffett va encaisser une plus-value de 12 milliards de dollars pour un investissement effectué en 2011 dans Bank of America, plongée alors dans la crise des crédits immobiliers à risque « subprime ».

Warren Buffett encaisse une plus-value de 12 mds USD

© Fournis par http://www.challenges.fr Warren Buffett encaisse une plus-value de 12 mds USD Le milliardaire américain Warren Buffett va encaisser une plus-value de 12 milliards de dollars pour un investissement effectué en 2011 dans Bank of America, plongée alors dans la crise des crédits immobiliers à risque « subprime ».

A l’époque, M. Buffett, un des investisseurs les plus admirés au monde, avait acquis 700.000 titres préférentiels au prix de 7,14 dollars l’unité, indique-t-il vendredi dans un communiqué succinct, annonçant qu’il va exercer ses droits, c’est-à-dire acquérir concrètement ces actions. Or l’action Bank of America valait jeudi soir 24,32 dollars, ce qui valorise les titres de M. Buffett à 17 milliards et lui permet de réaliser une plus-value de 12 milliards de dollars.

Premier actionnaire de Wells Fargo

Cette décision intervient au moment où la banque de Charlotte (Caroline du nord) a annoncé augmenter son dividende trimestriel à 48 cents le titre, après avoir passé haut la main les tests de résistance de la banque centrale (Fed). M. Buffett a toujours répété qu’il exercerait ses droits quand le dividende de l’établissement atteindrait ces niveaux.

Le « sage d’Omaha » va également devenir le premier actionnaire de l’établissement, deuxième banque américaine par actifs, dépassant le fonds Vanguard, qui détient actuellement 6,6% de l’entreprise, soit 652.000 titres, selon FactSet.

Warren Buffett est également le premier actionnaire de Wells Fargo, la troisième banque américaine par actifs, qui essaie actuellement de réparer sa réputation, ternie par l’ouverture de deux millions de comptes fictifs au nom de clients sans leur autorisation. A Wall Street, le titre Bank of America gagnait 0,90% à 24,54 dollars vers 12H40 GMT dans les échanges électroniques de pré-séance

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Montpellier pleure Louis Nicollin. Décédé ce jeudi à 74 ans, des suites d’un arrêt cardiaque, le président du MHSC a droit à une pluie d’hommages de la part du monde du foot et de personnalités d’horizons divers. Philippe Saurel, maire de Montpellier, a d’ailleurs indiqué sur RMC que le futur stade de la ville, dont la livraison est espérée en 2022, sera baptisé Louis Nicollin.

© Fournis par BFMNews « J’ai décidé de construire un nouveau stade de foot pour la ville de Montpellier, car celui de La Mosson est en terrain inondable, et nous lui donnerons le nom de Louis Nicollin, a déclaré Philippe Saurel. La première pierre, que je devais poser avec lui en 2019 lors du Mondial féminin, je la poserai tout seul mais le stade portera son nom. »

« Une figure emblématique pour la ville »

« Les Montpelliérains sont très tristes, poursuit le maire de la cité héraultaise. Louis Nicollin était une figure emblématique pour la ville, et aussi au niveau national. C’était un homme généreux, passionné, qui se donnait sans compter pour son équipe de foot et le sport en général. Tous les Montpelliérains, et je partage leur peine, sont extrêmement tristes. »

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Rescapée de la Shoah, européenne convaincue, l’ancienne ministre de la Santé, qui fit voter la légalisation de l’avortement, est décédée à l’âge de 89 ans.

Simone Veil en avril 2005. © Fournis par Libération Simone Veil en avril 2005. Une image ou plutôt des images de Simone Veil. Ses yeux, éblouissants, bleus comme le ciel. Ses colères qui explosaient, aussi brutales qu’inattendues. Son émotion à l’Assemblée quand des députés l’injuriaient lors de la loi sur l’IVG en 1974. Ou encore cette silhouette si fragile qui lui ressemblait si peu, là, debout, immobile, entraînée par son mari, le regard dévoré par la maladie. Elle était là, pour saluer les manifestants qui défilaient contre le Mariage pour tous : ce fut l’une de ses dernières sorties publiques.

Simone Veil, ce sont des mots, aussi, qu’elle nous tenait en 1995, il y a plus de vingt ans : alors ministre des Affaires sociales du gouvernement Balladur ; elle était en voyage officiel à Beyrouth. «Vous savez, malgré un destin difficile, je suis, je reste toujours optimiste. La vie m’a appris qu’avec le temps, le progrès l’emporte toujours. C’est long, c’est lent, mais en définitive, je fais confiance.» Propos apparemment banals, propos qui pourraient paraître naïfs s’ils venaient de quelqu’un d’autre. Simone Veil est ainsi.

Par un curieux hasard du calendrier, Simone Veil s’était trouvée quelques jours plus tôt à Auschwitz où elle dirigeait la délégation française aux cérémonies de commémoration de la libération du camp. Un camp où elle-même a été déportée. «Aujourd’hui, nous disait-elle, je ne suis pas émue. Il n’y a plus la boue, il n’y a plus le froid. Il n’y a plus surtout cette odeur. Le camp, c’était une odeur, tout le temps.»

Ce vendredi 26 janvier 1995, il faisait froid, un vent glacial. Dans le haut du camp de Birkenau, beaucoup de monde. Une quarantaine de délégations étrangères. Simone Veil avait pris le bras de son fils qui l’accompagnait aux cérémonies. Et tous les deux s’étaient dirigés vers un des baraquements, marron et gris. Elle y est restée quelques minutes.

«C’est celui-là le baraquement où j’étais, nous dira-t-elle un peu plus tard. J’en suis sûre, avec ma sœur et ma mère, juste en bas du crématoire. A l’intérieur, ça n’a pas changé ; les deux endroits pour la kapo et la sous-kapo. Un poêle. Et puis au fond, tout du long, les couches de bois où on dormait, entassées. Je voulais les lui montrer.» Elle a ajouté : «Pendant toute la cérémonie de commémoration, il y avait quelque chose qui m’intriguait. J’ai eu, toute la matinée, comme tout le monde, un peu froid aux pieds, alors qu’il ne faisait pourtant pas très froid. Et je me demandais comment on avait pu résister à tant de froid. Jusqu’à -30°… Je n’arrive pas à me souvenir comment on faisait. On n’avait rien. Est-ce qu’on se mettait du papier sur le corps ? Ou bien des vieux sacs de plâtre ? Pendant toute la cérémonie, j’essayais de m’en souvenir, et je n’arrivais pas.»

Simone Veil est dans le présent, toujours. Femme exceptionnelle, adorée des Français, à l’image si pure. Simone Veil la déportée, Simone Veil la combattante de l’IVG, Simone Veil l’Européenne. Toujours la même. Un roc. Elle disait encore : «Je crois, toujours, que cela sert à quelque chose de se battre. Et quoi qu’on dise, l’humanité, aujourd’hui, est plus supportable qu’hier.» Et ajoutant : «On me reproche d’être autoritaire. Mais les regrets que j’ai, c’est de ne pas m’être battu assez sur tel ou tel sujet.»

PARIS, FRANCE - 12 FEVRIER: Close up Simone Veil le l2 février 1987 à Paris, France. © Micheline PELLETIER PARIS, FRANCE – 12 FEVRIER: Close up Simone Veil le l2 février 1987 à Paris, France.

En février 1987, à Paris. Photo Micheline Pelletier. Gamma

L’enfance et la déportation

Sa vie ? C’est celle d’une famille du siècle dernier. Une famille, car on ne peut comprendre le saisissant parcours de cette femme hors pair, si on laisse de côté sa mère, son enfance heureuse, cette vie forte et belle. Sa mère Yvonne qui ressemblait «à Greta Garbo»,«une femme exceptionnelle». Son père, André Jacob, est un brillant architecte, prix de Rome. C’est une famille bourgeoise, aisée. Ils vivent tous à Nice.

En 1924, le père a décidé de s’installer sur la Méditerranée, convaincu que le marché immobilier lui offrirait plus de perspectives. Et sa femme a beau adorer Paris, elle l’a suivi. Simone Veil dit garder un souvenir «délicieux» de sa toute enfance. «Je suis beaucoup moins douce, beaucoup moins conciliante, beaucoup moins facile que maman», précisait-elle. «Maman n’a pas travaillé, sous la pression de mon père et malgré des études de chimie qui la passionnaient. Elle ne pensait jamais à elle, abandonnant l’idée d’une vie personnelle pour tout donner à ses enfants, à son mari.» 

Quatre enfants en l’espace de cinq ans. Simone, est la dernière, la plus jeune, la plus insoumise. Et l’aînée Madeleine, quatre ans de plus, a toujours eu pour mission de remplacer sa mère quand celle-ci n’était pas là. Simone est une enfant, rebelle, aimante, heureuse comme tout. «Un jour j’ai demandé à mon père si cela l’ennuyait si j’épousais un non juif, il m’avait dit que j’épouserais qui je veux.» Elle aimait ce père, qui était aussi autoritaire. «Je n’aimais pas l’idée qu’il impose ses goûts à maman, ce sentiment de dépendance cela m’exaspérait !»

Chez eux, la religion n’existait pas vraiment, c’était une vieille famille juive installée en France depuis des générations. Et c’est une famille où tout bascule à l’orée de la vie. Simone n’a que 16 ans lorsqu’elle est arrêtée avec sa mère et Milou, sa sœur Denise étant déportée à Ravensbruck comme résistante. C’est Jean d’Ormesson qui raconte cette scène, lorsqu’il tient le discours de récipiendaire de Simone Veil à l’Académie française, en mars 2010.

«Le 29 mars 44, vous passez à Nice les épreuves du baccalauréat, avancées de trois mois par crainte d’un débarquement allié dans le sud de la France. Le lendemain 30 mars, en deux endroits différents, par un effroyable concours de circonstances, votre mère, votre sœur Milou, votre frère Jean et vous-mêmes êtes arrêtés par les Allemands.» Après avoir transité huit jours, le 15 avril 1944, Simone Veil, sa sœur et leur mère arrivent sur la rampe d’accès du camp d’Auschwitz-Birkenau. Elle a 16 ans, elle est belle comme tout, de longs cheveux noirs.

«Un voisin de calvaire lui conseille immédiatement de dire qu’elle a 18 ans. La nuit même de cette arrivée, selon la règle du camp, elle s’appellera désormais Sarah et sur son bras est tatoué le numéro 78651», raconte Jean d’Ormesson qui poursuit : «En janvier 45, l’avancée des troupes soviétiques fait que son groupe est envoyé à Dora, après un voyage effroyable, puis le groupe se rend à Bergen-Belsen. Sa mère, épuisée, mourra du typhus le 13 mars, et un mois plus tard, soit un an presque jour pour jour, les troupes anglaises entrent à Bergen-Belsen.»

Sa beauté, dira Simone Veil, l’a protégée. «J’ai été protégée par une femme kapo, qui m’a dit : tu es trop jolie pour mourir ici, et elle m’a envoyé avec ma mère et ma sœur, dans un camp voisin au régime moins dur.» C’est sa mère, toujours sa mère, qui la soutenait. «Je ne sais comment elle a trouvé la force de faire la marche de 70 km dans la neige, dévastée, malade d’un typhus… Le sens moral, je crois que c’est ce qui était le plus important pour mes parents.»

La rencontre avec Antoine

A peine de retour, c’est la vie qui reprend, comme un courant d’eau que l’on ne peut arrêter. Quoiqu’il arrive, Simone Veil est debout. Ses parents sont morts, son frère aussi. Elle commence Sciences Po. Antoine Veil ? C’est une rencontre, scellée dans l’ombre de la rue Saint-Guillaume où ils font tous les deux Sciences Po «en copiant un peu l’un sur l’autre». Ils sont amoureux, très amoureux. Et leur union démarre sous des auspices un brin bourgeois.

Mariage à 19 et 20 ans, enfant l’année suivante. Et entre eux, la répartition des tâches est alors classique ; à lui les responsabilités professionnelles, à elle les fourneaux. Simone veut pourtant travailler, «le legs le plus important que ma mère m’ait confié», glisse-t-elle. Antoine refuse. Dans un portrait à Libération, il raconte : «J’appartiens à une génération macho où les bourgeoises convenables restaient à la maison.»

Simone veut être avocate. «Pas question», lui dit Antoine. A force de prises de bec et de disputes, elle décroche l’autorisation de devenir magistrate : «Ça correspondait plus à la vision du monde d’Antoine», commentera-t-elle. Quand on aborde cette époque, Simone Veil lève les yeux au ciel et lâche, avec tendresse : «J’ai dû me battre.» Antoine Veil ajoutera, bon prince : «Je suis un macho qui s’est soigné, un macho guéri, j’ai complètement changé.»

Après lui avoir donné trois fils, Simone a donc la permission de devenir magistrate. Elle occupe un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice, où elle s’occupe des affaires judiciaires, qu’elle délaisse en 1964 pour les affaires civiles. En 1970, elle  devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Mais c’est toujours Antoine qui est la personnalité publique, la plus voyante. Il milite, elle non. Et si dans le couple, l’un doit faire une carrière politique, c’est bien Antoine, et non Simone, qui devra la mener.

Par un concours de circonstances, tout va permuter. Simone Veil est repérée puis promue par Valéry Giscard d’Estaing comme ministre de la Santé, sur les conseils de Jacques Chirac. Antoine Veil, alors conseiller de Paris, accepte. Et se replie sur le monde des affaires. «Quand j’ai vu qu’elle allait évoluer en Formule 1, je suis retourné au fond de la classe. Je ne voulais pas jouer les Poulidor», reconnaissait-il avec humour. «J’ai quand même fait de la politique à travers le club Vauban, un club de réflexion.»

Le combat pour le droit à l’avortement

La voilà donc au gouvernement, en 1974. Giscard est président, mais elle n’a pas voté pour lui. Chirac ? Elle apprécie l’homme, mais pas le politique, et pourtant elle devient sa ministre de la Santé. Simone, la rebelle, est ravie de ce pied de nez inattendu, mais elle pense que «ça ne durera que quelques semaines», le temps de «balancer une énorme gaffe». En fait de gaffe, elle ne tarde pas à faire ses preuves et «perce», comme dira son mari, sur un thème qui marquera sa vie.

C’était, en effet, une promesse du candidat Giscard : dépénaliser l’avortement, et a priori ce devait être au garde des Sceaux de défendre le projet. Mais Jean Lecanuet y est défavorable. Et c’est la ministre de la Santé qui monte à la tribune. Un combat pénible où elle subira les pires injures d’une droite antisémite, mais un combat aussi magnifique qui marquera les esprits.

«Si j’en ressens de la fierté ? Non, mais je ressens une grande satisfaction, parce que c’était important pour les femmes, et parce que ce problème me tenait à cœur depuis longtemps», dira-t-elle plus tard. Et aujourd’hui encore, elle avoue sa surprise : «La constance de la reconnaissance à mon égard pour cette loi m’étonne toujours, et je continue de penser que la loi Neuwirth autorisant la pilule est beaucoup plus importante.»

Bien sûr, dans ce combat législatif, il y a eu cette forte image, revue mille fois où elle avait le visage perdu dans les mains, et tout le monde ajoutant qu’elle pleurait : «Eh bien non, nous dira-t-elle, je n’ai pas le souvenir d’avoir pleuré, il devait être 3 heures du matin, mon geste indique que j’étais fatiguée mais je ne pleurais pas.» Puis : «La dernière nuit du débat, Jacques Chirac a souhaité venir à l’Assemblée pour me soutenir. Je lui ai dit que ce n’était pas la peine. A 3h30, le texte était voté par 284 voix contre 189. Je suis rentrée chez moi en traversant la place du Palais Bourbon, où des égreneurs de chapelets m’attendaient pour me couvrir d’insultes, et à la maison j’ai trouvé une énorme gerbe de fleurs.» Simone Veil avait gagné.

«Vous êtes féministe ?», lui demandera la journaliste Annick Cojean, pour expliquer ce combat : «Je ne suis pas une militante dans l’âme, mais je me sens féministe, très solidaire des femmes quelles qu’elles soient… Je me sens plus en sécurité avec des femmes, peut-être est-ce dû à la déportation ? Au camp, leur aide était désintéressée, généreuse, pas celle des hommes. Et la résistance du sexe dit faible y était aussi plus grande.»

Simone Veil, née Jacob, le 13 juillet 1927 à Nice. Femme politique française. En 1975, Simone Veil, ministre de la santé, fait adopter par le parlement français la loi Veil légalisant l&squot;avortement en France. Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979, elle est repartie "comme tout le monde "non pas en voiture officielle mais dans la,petite Fiat de son fils. © Philippe Ledru / akg-images Simone Veil, née Jacob, le 13 juillet 1927 à Nice. Femme politique française. En 1975, Simone Veil, ministre de la santé, fait adopter par le parlement français la loi Veil légalisant l&squot;avortement en France. Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979, elle est repartie « comme tout le monde « non pas en voiture officielle mais dans la,petite Fiat de son fils.

Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979. Photo Philippe Ledru. AKG-Images

L’Europe 

Dans les années 70 et 80, pointe, alors, son deuxième défi : participer à l’idéal européen qui commence à prendre forme. «Au cours du XXe siècle, dira-t-elle souvent, l’Europe a entraîné à deux reprises le monde entier dans la guerre. Elle doit désormais incarner la paix.» C’est un combat qui lui colle à la peau : l’Europe. A la demande de Valéry Giscard d’Estaing, alors président, elle conduit la liste Union pour la démocratie française (UDF) aux élections européennes de 1979, les premières au suffrage universel. Et en juillet 1979, elle accède à la présidence du premier parlement européen.

Au début de l’année 1982, elle est sollicitée pour briguer un second mandat, mais ne bénéficiant pas du soutien des députés RPR, elle retire sa candidature. «Nous vivions dans les balbutiements d’une Europe enthousiasmante», racontera Jacques Delors, élu en même temps qu’elle au Parlement européen. «Simone Veil, pendant sa présidence, a fait preuve d’une qualité rare : le discernement.»

Simone Veil n’est pas une intellectuelle, ni une oratrice hors pair. Parfois même, elle peut ennuyer, parlant plat. Mais on l’écoute. C’est elle, car c’est toujours une position qu’elle tient, une attitude qu’elle impose. Sur l’IVG comme sur l’Europe, elle convainc. Elle n’impose pas par ses mots, mais par sa présence. Elle est là, comme un roc, comme une preuve que l’on peut résister aux vents mauvais et aux marées qui engloutissent un temps la terre. Elle est là. Avec son caractère entier, parfois de mauvaise foi, toujours direct, capable de sermonner vertement un journaliste pour la bêtise de ses propos.

«Mon premier réflexe est toujours de dire non», reconnaît-elle. Il n’empêche, elle est un visage. Et une attitude. Simone Veil est, alors, très présente. Elle aime aussi être mondaine, on la voit souvent sortir souvent aux soirées de gala. Elle reconnaît avoir un caractère difficile, les idées tenaces, la rancune aussi. Ainsi contre François Bayrou qu’elle a toujours méprisé, détestant le rôle de petit marquis qu’il a eu lors de sa campagne européenne, où il était son directeur de campagne. «Il est capable d’énoncer avec la même assurance une chose et son contraire, uniquement préoccupé de son propre avenir.»

C’est ainsi, Simone Veil aime, ou déteste, sans partage ni nuance. «Quand Simone a décidé de quelque chose, on peut venir avec tout un bataillon, on ne le fera pas changer d’avis», témoigne Marek Halter. Simone Veil trouve, ainsi, tout à fait inexacte l’analyse d’Hannah Arendt sur le procès Eichmann. Elle va trouver «insoutenable»,«inimaginable», et «injuste» la proposition de Sarkozy, en 2008, qui veut que tout enfant de CM2 se voie confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah.

Mais c’est la même qui, dans les années 90, alors que le sida faisait des ravages dans les services hospitaliers, se fait simple bénévole, à l’hôpital Broussais, où elle participe à la consultation de nuit. Présente, toujours présente. Simone Veil a gagné le doit d’être inclassable. Elle se prendra d’affection pour Rachida Dati, «une perle». De Sarkozy, elle dira toujours : «Je lui garde amitié et confiance», disant aimer son «tempérament de combattant».

Toutefois, cela ne l’empêchera pas de critiquer l’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP, préférant un ministère «de l’Immigration et de l’Intégration». Il n’empêche, elle lui restera fidèle : «Ce qui compte pour moi, c’est que les gens soient fiables et qu’ils aient du cœur.» En mars 1998, elle est nommée au Conseil Constitutionnel, jusqu’en mars 2007. On l’entend peu, mais elle sortira de son devoir de réserve en 2005, «pour appeler à voter oui au référendum sur la Constitution européenne». Toujours l’Europe.

Les honneurs

Puis peu à peu, elle quitte la vie publique. Mais jamais complètement. Elle est une icône, la personnalité politique préférée des français. Le 11 janvier 2008, le président de la République, Nicolas Sarkozy, annonce qu’il l’a chargée de «mener un grand débat national pour définir les nouveaux principes fondamentaux nécessaires à notre temps, les inscrire dans le préambule de la Constitution», nommant la «diversité» qui «ne peut pas se faire sur une base ethnique».

Elle multiplie les rôles honorifiques, mais la Shoah est toujours présente dans sa vie de femme publique. De 2000 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est par la suite présidente d’honneur. Les honneurs ne lui déplaisent pas. Le 1er janvier 2009, elle est promue directement à la distinction de Grand officier de la Légion d’honneur. Puis élue à l’Académie française en 2010. Elle continue. Et le 25 novembre 2012, elle prend symboliquement la première carte adhérente de l’UDI, ce nouveau parti centriste, une carte au nom de Simone Veil.

Ces dernières années, son regard, peu à peu, va disparaître. Vide, comme absent. Elle est malade, de cette maladie que l’on dit du XXIe siècle. Terrible, et cela lui va si mal. Elle qui aime tant sortir, parler, elle ne peut ni l’un ni l’autre. Son visage se fige. Elle continue, pourtant, à voir régulièrement, sa vieille amie de camp, Marceline Loridan-Ivens.

En avril 2013, son mari meurt dans la nuit à 86 ans… «C’était un couple exceptionnel, raconte celle-ci. Vous savez les vieux couples, soit ils deviennent aigris, soit exceptionnels. A sa mort, Simone se retrouve si seule.» Marceline Loridan-Ivens a un an de plus que Simone. «On a été dans le même train, puis au camp, on dormait face à face, dans le bloc 9. J’étais là quand la kapo lui a dit : « Toi, tu es trop belle pour mourir. »» Puis : «Dans le monde d’aujourd’hui, elle a pris des risques.»

Elle raconte, encore, ses retrouvailles avec Simone : «Je l’ai retrouvée, par hasard, dans une rue de Paris, en 1956, elle promenait deux enfants. On se voyait, se téléphonait souvent, on se s’est jamais perdues de vue. Elle a toujours été avec moi très protectrice.» Simone ? «Son image est plus forte que les médias, le mythe est plus fort. C’est vrai, aujourd’hui, c’est injuste de la voir comme elle est, malade.» Puis : «Mais vous savez il faut lutter pour garder son humanité.»

Lire :

Simone Veil, un Destin, par Maurice Szafran, Flammarion, 1994

Une vie, par Simone Veil, Stock,‎ 2007

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