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Archive for juin 2017

Trois associations ont déposé plainte contre BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dans le génocide rwandais, selon les informations recueillies par franceinfo et « Le Monde ».

© Fournis par Francetv info
Les associations Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Ibuka ont déposé plainte, avec constitution de partie civile, contre BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dans le contexte du génocide rwandais, selon les informations recueillies par franceinfo et le journal Le Monde.

Selon cette plainte, la banque aurait contribué au financement d’un achat illégal d’armes à destination du Rwanda en juin 1994, en plein génocide, malgré un embargo sur les armes voté par l’ONU. Le génocide des Tutsis et des Hutus modérés a fait près d’un million de morts au Rwanda, entre avril et juillet 1994. C’est la première fois qu’une telle plainte est déposée contre une banque, en France. Contactée, BNP Paribas déclare ne pas disposer pour le moment des éléments suffisants pour répondre à ce dépôt de plainte.

Des kalachnikovs transportées jusqu’au Rwanda

C’est une vente d’armes bien précise qui est visée par la plainte des trois associations. À la mi-juin 1994, 80 tonnes d’armes sont livrées depuis les Seychelles jusqu’à Goma, au Zaïre, à proximité de la frontière rwandaise. Deux rotations par avion sont organisées dans la nuit du 16 au 17 juin et dans la nuit du 17 au 18 juin 1994, à Goma, dont l’aéroport est alors contrôlé par la France. Ces armes proviennent d’une saisie effectuée par le gouvernement seychellois sur un bateau, arraisonné en mars 1993.

Elles auraient ensuite été transférées par la route aux Forces armées rwandaises (FAR) au Rwanda, qui participent alors au génocide. « Ces armes ont servi à équiper des miliciens qui ont participé au génocide, explique le spécialiste du Rwanda, Jacques Morel, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi (éd. L’esprit frappeur, 2010). Il y a eu beaucoup de massacres à la machette, mais aussi à l’arme automatique. Cette livraison d’armes en provenance des Seychelles était essentiellement constituée de kalachnikovs AK-47. »

Morel

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Morel

Selon Jacques Morel, « des centaines de milliers de balles pour fusils et mitrailleuses, des grenades ainsi que des obus de mortiers », faisaient partie de cette livraison d’armes. Un mois plus tôt, le 17 mai 1994, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté une résolution interdisant les livraisons d’armes à destination du Rwanda. « Les armes achetées aux Seychelles ont donc effectivement servi à équiper les forces hutues pour perpétrer le génocide, notent les associations dans leur plainte. Dès lors, se pose la question de la complicité de BNP Paribas au génocide rwandais », indique le spécialiste.

Vente orchestrée par l’un des « cerveaux » du génocide

Au cœur de cette vente d’armes depuis les Seychelles se trouve le colonel Théoneste Bagosora, l’un des « cerveaux » du génocide, condamné à 35 ans de prison par la cour d’appel du Tribunal pénal international (TPIR) en 2011. Bagosora s’adjoint les services d’un intermédiaire sud-africain, Petrus Willem Ehlers, ancien secrétaire de Pieter Willem Botha, Premier ministre d’Afrique du sud.

Selon les éléments de la plainte déposée devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris, cet intermédiaire aurait reçu sur un compte suisse – l’Union bancaire privée de Genève – deux virements de 592 784 dollars et 734 099 dollars, soit plus d’1,3 millions de dollars. Le paiement aurait été effectué par la BNP à la demande de la Banque nationale du Rwanda (BNR) à Kigali.

La BNP aurait « validé l’ordre de paiement de la BNR [Banque nationale du Rwanda] à M. Ehlers [l’intermédiaire], ce que les autres banques s’étaient toutes refusées de faire »,souligne la plainte. La BNP aurait été « la seule banque à répondre par l’affirmative et à débloquer les fonds suffisant pour l’achat d’armes par le gouvernement rwandais », lors de cette livraison d’armes des Seychelles, ajoutent les associations plaignantes.

« Un besoin crucial d’argent »

Sollicité par le gouvernement rwandais, à l’époque, la Banque Bruxelles Lambert (BBL) aurait, elle, refusé la demande d’utilisation de fonds de la Banque commerciale du Rwanda. « Le gouvernement rwandais avait un besoin crucial d’argent, témoigne l’ancien responsable de la banque belge détaché à la Banque commerciale du Rwanda (BCR), Jacques Simal, lorsqu’il est interrogé par la police fédérale belge, le 5 août 2004. « Bien que la raison n’ait jamais été évoquée très clairement, il était évident pour tout le monde qu’ils devaient acheter des armes et des munitions (…) Je me rappelle même que, pour forcer la BBL [Banque Bruxelles Lambert], le gouvernement rwandais a envoyé des émissaires pour nous convaincre de libérer les fonds. »

« Alertée, la cellule de crise de la BBL a alors fait opposition à ces chèques, empêchant ainsi le gouvernement rwandais d’utiliser les fonds pour un achat d’armes », note la plainte déposée contre BNP Paribas.

« Selon les témoignages et les rapports en notre possession, la BNP aurait été la seule institution financière à accepter de transférer 1,3 millions de dollars depuis le compte de la Banque nationale du Rwanda, en plein embargo des Nations unies, sur un compte suisse d’un courtier d’armes sud-africain, estime Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux à Sherpa. D’après les éléments dont nous disposons, la BNP aurait eu nécessairement connaissance que ce transfert de fonds allait contribuer à l’achat d’armes et au génocide. »

Marie-Laure Guislain

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Marie-Laure Guislain

Pour appuyer leur plainte, les associations s’appuient sur de nombreux documents, notamment un rapport de l’ONG Human Rights Watch, de mai 1995 ; six rapports de la commission internationale d’enquête mandatée par le Conseil de sécurité pour enquêter sur la violation de l’embargo sur les armes, de janvier 1996 à novembre 1998 ; des documents comptables de la Banque nationale du Rwanda durant l’embargo ; les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda, notamment la déposition de Théoneste Bagosora, condamné à 30 ans de prison par le TPIR ; un rapport sur la dette extérieure du Rwanda réalisé en novembre 1996 par deux économistes, Pierre Galland et Michel Chossudovsky, à la demande des autorités rwandaises.

« Démêler les maillons d’une chaîne »

« Notre association poursuit les génocidaires, mais à travers cette plainte nous voulons également démêler les maillons d’une chaîne, qui a permis que ce génocide aille à son terme, explique le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), Alain Gauthier. Cela fait plus de 20 ans que personne ne veut faire la lumière sur le rôle précis joué par les autorités françaises auprès des génocidaires rwandais, à l’époque. Nous espérons que le voile se lève enfin. »

« On ne commet pas un génocide d’une telle ampleur avec des armes, s’il n’y a pas derrière des soutiens financiers d’une certaine envergure, témoigne l’écrivain Gaël Faye, auteur de Petit pays (Prix Goncourt des lycéens 2016) et secrétaire du Collectif des parties civiles pour le Rwanda. C’est important que la justice puisse enquêter sur ces questions financières. On sait qu’il y a eu au Rwanda, avant et pendant le génocide, des livraisons d’armes, donc il faut remonter la filière. Il s’agit d’une histoire africaine qui concerne quelques personnalités en France, très haut placées. C’est au nom de la France que ces politiques-là ont été menées. »
Gaël Faye

© BENOÎT COLLOMBAT / RADIO FRANCE Gaël Faye

« Avec cette plainte, nous espérons mettre ainsi en lumière la potentielle responsabilité des institutions financières dans les zones de conflit pour des crimes aussi graves que des crimes de génocide, explique Marie-Laure Guislain de Sherpa. Cela montre l’intérêt de la nouvelle loi sur le devoir de vigilance des grandes entreprises adoptée le 21 février 2017, à laquelle Sherpa a beaucoup contribuée. Cette loi, appliquée aux banques, permettrait d’éviter l’implication des institutions financières dans de graves violations de droits humains. »

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François Pérol, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, au Palais de justice de Paris, le 15 décembre 2016.© PHILIPPE LOPEZ François Pérol, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, au Palais de justice de Paris, le 15 décembre 2016.

L’ancien secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy, lavé de tout soupçon de pantouflage ce vendredi en appel, bénéficie du flou sémantique concernant les conseillers élyséens.

La prise illégale d’intérêt est un délit pénal d’interprétation stricte. Elle interdit à tout dépositaire d’une parcelle d’autorité publique ayant eu l’occasion de «contrôler, surveiller, proposer des décisions ou formuler des avis» sur une entreprise, d’y travailler ou d’en prendre une participation, avant une période de trois ans, afin d’interdire ensuite tout renvoi d’ascenseur. Retenons bien chacun de ces verbes pour les appliquer au cas d’école de François Pérol, ancien numéro 2 de l’Elysée parti pantoufler en 2009 à la présidence de la BPCE, banque issue de la fusion entre les Banques populaires et les Caisses d’épargne, qu’il avait personnellement pilotée au nom de Nicolas Sarkozy, sur fond de crise financière. Un cas d’études pour la justice française qui n’aura pu faire autrement que de le relaxer, en première instance comme en appel.

«Conseiller le président me suffisait», aura plaidé François Pérol. Et cela tombe bien : ce verbe ne figure pas dans la liste des actions proscrites. En première instance, le tribunal correctionnel l’avait relaxé en septembre 2015 au motif qu’il n’aurait pris la moindre «impulsion» ou «initiative» – en un intéressant glissement de vocabulaire. Une victoire pour son avocat, Pierre Cornut-Gentille, qui avait efficacement plaidé que son client s’était contenté «d’informer» le président Sarkozy, autre verbe ne figurant pas dans le code pénal.

Leçons de morale

Le parquet national financier a fait appel, requérant deux ans de prison (le maximum légal) en première comme en deuxième instance, en soulevant ce lièvre sémantique : devant une commission d’enquête parlementaire, Pérol avait admis avoir «donné son avis» à Nicolas Sarkozy à propos de la future BPCE. Retour à la liste des actions proscrites…

Mais la justice préfère ne pas s’en tenir aux mots. Relaxe donc, mais sans se retenir de délivrer au passage quelques leçons de morale sans conséquences pénales. Sur Pérol et sa«confrontation entretenue entre fonctions publiques et privées qui ne cesse d’interroger», sur Sarkozy qui se serait «immiscé dans le fonctionnement interne d’une banque». Outre l’immunité pénale de l’ex-président de la République, dont n’a pas bénéficié son fidèle conseiller économique, le verbe «immiscer» ne figure pas non plus au catalogue officiel de la définition pénale d’une prise illégale d’intérêt. La messe est dite

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Angela Merkel avait elle-même ouvert la voie au vote en annonçant lundi dernier dans une interview qu’elle laisserait à l’avenir les députés de son parti voter librement, sans consigne sur le sujet.

Le rainbow flag, symbole de la communauté LGBT, devant la Chancellerie à Berlin.

© Copyright 2017, L’Obs Le rainbow flag, symbole de la communauté LGBT, devant la Chancellerie à Berlin.

Les députés allemands ont adopté vendredi 30 juin une proposition de loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe, après que la chancelière Angela Merkel a abandonné son opposition de principe sur cette question.

Le texte, qui établit désormais que « le mariage est conclu à vie par deux personnes de sexe différent ou de même sexe », a été approuvé par une majorité de 393 élus constituée des députés des trois partis de gauche représentés à la chambre basse du Parlement, les sociaux-démocrates, les écologistes et la gauche radicale, rejoints par une partie des députés de la famille conservatrice d’Angela Merkel.

L’adoption avant la fin de l’année

Parmi les conservateurs, 226 députés se sont prononcés contre. L’Allemagne va ainsi rejoindre les vingt pays occidentaux, dont 13 en Europe, qui ont déjà légalisé le « mariage homo ». Berlin avait adopté en 2001 une union civile offrant des droits équivalents au mariage, sauf pour certains avantages fiscaux et en matière d’adoption.

La nouvelle loi, qui doit encore être validée par la chambre haute du Parlement pour entrer en vigueur, sans doute d’ici la fin de l’année, va concrètement octroyer aux couples homosexuels le droit d’adoption.

Merkel vote contre mais ne s’oppose pas

Angela Merkel a elle-même ouvert la voie au vote en annonçant lundi dernier dans une interview qu’elle laisserait à l’avenir les députés de son parti voter librement, sans consigne sur le sujet.

Mais alors qu’elle planifiait un vote seulement après les prochaines élections législatives de fin septembre, elle a été prise de vitesse par son partenaire minoritaire de coalition, le parti social-démocrate, qui a imposé un vote quelques jours après en s’alliant avec les deux autres mouvements de gauche de l’opposition représentés au Bundestag.

Selon les médias allemands, la chancelière a elle-même voté contre la légalisation du mariage gay vendredi.

(Avec AFP

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Jean-Christophe Lagarde a estimé jeudi qu’il gagnait « moins que le salaire moyen des Français », avant de justifier ses propos.

© Fournis par BFMNews

Interrogé ce jeudi par Quotidien, Jean-Christophe Lagarde a déclaré qu’il gagnait « moins que le salaire moyen des Français ». Devant la surprise du journaliste, le député de Seine Saint-Denis a justifié son raisonnement.

« Faut un petit peu réfléchir ». Député, J.-C. Lagarde explique pourquoi il mérite son indemnité de 7209€ brut/mois. @HugoClement 

« Il faut un tout petit peu réfléchir »

« Moi Monsieur, je vais vous dire que j’ai, à mon avis, moins que le salaire moyen des Français – eh oui, il faut un tout petit peu réfléchir – au regard du nombre d’heures que j’y consacre, du peu de week-ends que je peux avoir et des responsabilités que j’exerce. Quand vous travaillez 15 heures par jour… » a-t-il lâché, alors que le journaliste lui demandait pourquoi les députés ne pourraient pas toucher le salaire moyen des Français.

Avant d’ajouter:

« Quand je fais visiter l’Assemblée nationale à des groupes d’enfants qui posent cette question, je leur réponds souvent que leurs parents, ils termineront leurs 35 heures le vendredi, moi je les ai terminées le mercredi à midi. »

4000 euros d’écart entre les indemnités d’un député et le salaire moyen des Français

Pour rappel, un député gagne 7209,74 euros bruts mensuels, alors que le salaire moyen des Français s’élève à 2957 euros bruts par mois. Comme le souligne Le Lab d’Europe 1, seul François Ruffin, député France Insoumise de la Somme, refuse de toucher l’intégralité de ses indemnités de député, et se paye uniquement au SMIC.

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Bercy, le siège du ministère de l'Economie et des Finances.© BERTRAND GUAY / AFP Bercy, le siège du ministère de l’Economie et des Finances.

La dette publique de la France poursuit son ascension inexorable. Elle atteint désormais 98,9% du PIB. L’endettement a même progressé de 2,6 % au premier trimestre 2017 par rapport à la fin 2016. Avec l’annonce d’un dérapage budgétaire imputable au précédent gouvernement, c’est encore une mauvaise nouvelle.

Mauvaise nouvelle dans l’absolu et mauvaise nouvelle aussi si on compare la dette publique française à celle de ses voisins européens. La dette de la France atteint désormais 2 200 milliards d’euros et près de 99% de sa richesse annuelle.

Or en moyenne, la dette en zone euro est de dix points inférieurs et elle recule depuis 2015. Certes la France est encore loin de l’endettement de la Grèce à 179% du PIB, de l’Italie 132% ou du Portugal 130%, mais elle creuse l’écart avec l’Allemagne dont la dette a reculé à 68% du PIB en 2016.

En zone euro les dépenses publiques sont en baisse, mais en France moins qu’ailleurs. Sur ce point Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, a invité le gouvernement à réduire la dette, mais pas avec la méthode du rabot, en jouant plutôt sur la qualité que sur la quantité de la dépense publique.

Enfin, rappelons qu’aux Etats-Unis la dette publique est de 106% du PIB et qu’elle atteint 250% au Japon.

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Selon l’Insee, la dette de l’ensemble des administrations publiques françaises, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint désormais 98,9% du Produit intérieur brut. © PHILIPPE LOPEZ/AFP En 2012, année d’élection du président Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros, elle atteint aujourd’hui 2209,6 milliards. La dette publique française s’est établie à 2209,6 milliards d’euros au premier trimestre 2017, en hausse de 62,3 milliards par rapport au trimestre précédent, a annoncé ce vendredi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En 2012, année d’élection de François Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros. Lors du quinquennat de François Hollande la dette publique s’est donc creusée de 341,6 milliards d’euros. Le bilan de François Hollande étrillé par la Cour des comptes La dette publique atteint aujourd’hui 98,9% du Produit intérieur brut (PIB) et, selon l’OCDE, elle devrait dépasser le taux symbolique des 100% du PIB en 2018. D’après l’Insee, ce dérapage s’explique principalement par la contribution de l’Etat à la dette, qui a augmenté de 49,5 milliards d’euros, dont 39,5 milliards pour la dette négociable à long terme et 13,7 milliards pour celle à court terme. Jeudi, dans un audit remis au premier ministre Édouard Philippe, la Cour des comptes a étrillé le bilan du dernier président de la République. Selon les sages de la rue Cambon, l’ex-président a camouflé l’état dramatique des finances publiques, avant de passer la main à Emmanuel Macron. «Nous héritons d’un dérapage de huit milliards d’euros. Huit milliards de promesses non financées, de chèques en bois (…) C’est inacceptable», a fustigé Édouard Philippe, après avoir reçu l’audit sur les finances publiques des mains de Didier Migaud, le premier président de la Cour

Selon l’Insee, la dette de l’ensemble des administrations publiques françaises, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint désormais 98,9% du Produit intérieur brut.

figarofr: En 2012, année d'élection du président Hollande, la dette s'établissait à 1868 milliards d'euros, elle atteint aujourd'hui 2209,6 milliards.

© PHILIPPE LOPEZ/AFP En 2012, année d’élection du président Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros, elle atteint aujourd’hui 2209,6 milliards. La dette publique française s’est établie à 2209,6 milliards d’euros au premier trimestre 2017, en hausse de 62,3 milliards par rapport au trimestre précédent, a annoncé ce vendredi l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En 2012, année d’élection de François Hollande, la dette s’établissait à 1868 milliards d’euros. Lors du quinquennat de François Hollande la dette publique s’est donc creusée de 341,6 milliards d’euros.

Le bilan de François Hollande étrillé par la Cour des comptes

La dette publique atteint aujourd’hui 98,9% du Produit intérieur brut (PIB) et, selon l’OCDE, elle devrait dépasser le taux symbolique des 100% du PIB en 2018. D’après l’Insee, ce dérapage s’explique principalement par la contribution de l’Etat à la dette, qui a augmenté de 49,5 milliards d’euros, dont 39,5 milliards pour la dette négociable à long terme et 13,7 milliards pour celle à court terme.

Jeudi, dans un audit remis au premier ministre Édouard Philippe, la Cour des comptes a étrillé le bilan du dernier président de la République. Selon les sages de la rue Cambon, l’ex-président a camouflé l’état dramatique des finances publiques, avant de passer la main à Emmanuel Macron. «Nous héritons d’un dérapage de huit milliards d’euros. Huit milliards de promesses non financées, de chèques en bois (…) C’est inacceptable», a fustigé Édouard Philippe, après avoir reçu l’audit sur les finances publiques des mains de Didier Migaud, le premier président de la Cour

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Les pompiers face à la Grenfell Tower, le 15 juin 2017 à Londres.
© Tolga AKMEN Les pompiers face à la Grenfell Tower, le 15 juin 2017 à Londres.

Alors que le gouvernement a décidé d’inspecter 600 tours au Royaume-Uni, la BBC révèle que le revêtement choisi pour la rénovation de l’immeuble qui a pris feu permettait une économie de 341 000 euros.

La tour, construite dans les années 70, est visible de très loin dans tout le quartier de Wandsworth au sud de Londres. Son béton gris a longtemps dominé ce coin très cosmopolite de la capitale, entre rues bourgeoises et coquettes et poches très populaires. Depuis le début des années 2000, un beau revêtement blanc et bleu a été appliqué, renforçant l’isolation du bâtiment et améliorant son aspect extérieur. Sudbury House est l’une des deux seules tours de l’arrondissement. L’autre est Castlemaine Tower. Depuis l’incendie de la Grenfell Tower, le 14 juin, des échantillons des revêtements de ces deux tours ont été prélevés pour être testés pour le risque de combustion rapide.

«Nous avons décidé de ne pas attendre les résultats», explique à Libération Charlie Masson-Smith, porte-parole du Wandsworth Council. Le borough («l’arrondissement»), l’un des plus grands de Londres, a d’ores et déjà décidé d’installer systématiquement des diffuseurs d’eau dans les 100 immeubles de plus de dix étages du quartier, soit 6 400 appartements. «Nous avons fait venir des pompiers qui ont inspecté soigneusement les deux tours, aussi bien les sorties incendies, les escaliers, les portes coupe-feu. Ils ont considéré que toutes les mesures étaient en règle et que les habitants pouvaient rester sur place», explique-t-il.

Les mêmes contrôles dans un autre arrondissement, Camden, ont entraîné il y a quelques jours l’évacuation d’urgence, dans la nuit, de plusieurs milliers de personnes. Des dizaines de portes aux normes anti-incendie manquaient et les pompiers ont constaté de multiples manquements aux règles de sécurité. «Ça n’a pas été le cas à Wandsworth, mais, pour rassurer les habitants, nous avons mobilisé des « fire marshals »», rappelle Charlie Masson-Smith, des surveillants stationnés dans chacune des tours 24h/24, sept jours sur sept. Et d’ajouter: «Ils contrôleront que les cages d’escalier ne sont pas encombrées, que les portes coupe-feu sont bien fermées, bref, ils sont là pour rassurer». Et resteront jusqu’à ce que tous les diffuseurs d’eau soient installés.

600 tours

L’enquête sur la tragédie de Grenfell Tower, au cours de laquelle au moins 80 personnes sont mortes, en est encore à ses prémices. Un juge a été nommé pour superviser l’enquête publique parallèle à l’enquête policière ouverte pour «homicide». D’ores et déjà, le revêtement à base d’aluminium est mis en cause, notamment pour la rapidité avec laquelle le feu s’est propagé, embrasant la tour comme une allumette. «Mais il doit y avoir eu d’autres facteurs», souligne le porte-parole de Wandsworth. «Nous avons déjà eu des incendies dans les deux tours, mais les normes de sécurité ont fonctionné, ils sont restés confinés dans les appartements où ils s’étaient déclarés, il n’y a pas eu de propagation au reste de l’immeuble».

Le gouvernement a ordonné le test des revêtements de 600 tours dans le pays. Pour le moment, sur 139 échantillons testés dans 45 autorités locales, le pourcentage d’échecs aux tests de combustion est de… 100%. Ces résultats ne signifient pas que les revêtements étaient illégaux ou ne correspondaient pas aux normes de sécurité en place. Ils tendraient plutôt à suggérer que ces normes, modifiées à plusieurs reprises depuis 1979 et par des gouvernements successifs conservateurs et travaillistes, n’étaient pas suffisamment sévères et trop imprécises, ce qui a pu entraîner des interprétations au coup par coup.

Manquements flagrants

La BBC a révélé vendredi avoir vu des documents montrant que l’autorité locale de Kensington and Chelsea, qui gérait la Grenfell Tower, a fait le choix délibéré, en 2014, de changer de choix de revêtement, pour privilégier de l’aluminium, moins résistant au feu, plutôt que du zinc, comme initialement proposé. Ce choix permettait une économie de 300 000 livres sterling (341 000 euros) sur un programme de rénovation qui aura coûté au total 8,6 millions de livres (9,7 millions d’euros). Les deux revêtements avaient pourtant le même classement dans les normes anti-incendie. Arconic, la compagnie américaine qui fabriquaient les panneaux d’aluminium, a annoncé qu’elle ne vendrait plus ces produits pour les utiliser sur des tours.

Les rénovations de Grenfell Tower, une tour de 24 étages construite en 1974, devaient améliorer les conditions d’habitation, en renforçant notamment l’isolation. Des fenêtres à double vitrage avaient été installées et le système de chauffage central changé. Mais les relations entre le council et certains résidents n’ont cessé au cours des mois de s’envenimer. Un groupe d’habitants de la tour a, à plusieurs reprises, alerté les autorités sur des manquements flagrants à la sécurité, avec des couloirs encombrés, des portes coupe-feu non fermées. Ils n’ont pas été entendus. «Ce n’est pas comme si nous étions restés silencieux, mais ils n’ont jamais répondu. Ce n’est pas seulement qu’ils nous ont ignorés, c’est qu’ils nous regardaient avec mépris», a dit au Financial Times Yvette Williams, organisatrice d’un groupe de résidents, Justice 4 Grenfell.

Bilan à… la fin de l’année

La police a annoncé avoir dénombré 80 victimes de l’incendie, mais prévenu que le bilan définitif pourrait ne pas être connu avant la fin de l’année tant il est difficile d’établir qui vivait vraiment dans la tour. La liste des occupants n’était pas à jour. Par ailleurs, certains étages sont tellement consumés que la tâche pour identifier des victimes est extrêmement délicate.

Les résultats des tests sur le revêtement des deux tours de Wandsworth sont tombés. Eux aussi ont échoué aux tests de combustion. Pourquoi ne pas avoir envisagé d’installer des diffuseurs d’eau avant la tragédie de Grenfell, lors de la rénovation des tours au début des années 2000 ? «Parce que ce n’était pas obligatoire et que les tours répondaient aux normes de sécurité en place, explique le porte-parole de Wandsworth. Et puis, les habitants n’étaient pas très chauds pour ces installations qui nécessitent tout de même de gros travaux dans les appartements. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour les installer».

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