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Archive for the ‘Titanic’ Category

 
 

Tom Bowker avait annoncé mardi que Clarence Reid était hospitalisé en soins palliatifs en raison d’un cancer du foie en phase terminale et de multiples défaillances de ses organes.

Blowfly, « l’un des premiers rappeurs »

Le rappeur a d’abord travaillé comme auteur pour le label de Miami TK Records, où il écrivait des titres soul et funk dans les années 1960 et 1970 pour des artistes de renom. Il a ensuite créé son propre personnage, Blowfly. Passé au hip-hop en se faisant une spécialité des paroles vulgaires, Blowfly est considéré comme « l’un des premiers rappeurs », selon le magazine américain Rolling Stone.

Blowfly a sorti en 1971 son premier album, « The Weird Wild World of Blowfly ». Suivront notamment « Blowfly’s Party » (1980), « Fahrenheit 69 » et « Blowfly’s Punk Rock Party » (2006).
Le rappeur, qui se produisait masqué et en costume de super-héros à paillettes, n’avait a priori pas prévu d’en rester là : « Blowfly nous a offert un dernier album, intitulé “77 Rusty Trombones” qui sortira en février », a indiqué son agent.

Après l’annonce de sa mort, plusieurs figures du monde de la musique lui ont rendu hommage telles que le rappeur Ice-T et Flea, le bassiste du groupe Red Hot Chili Peppers, qui a dit avoir eu « le grand privilège » de jouer avec Blowfly.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/musiques/article/2016/01/18/clarence-reid-rappeur-americain-en-costume-de-super-heros-a-paillettes-est-mort_4849182_1654986.html#6JQojSM2iUDFV0Pc.99

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Titanic : « Vingt-cinq ans après, j’en ai encore le frisson »

Titanic : « Vingt-cinq ans après, j’en ai encore le frisson »

Le Point.fr

Jean-Paul Justiniano est descendu à 3 800 mètres de profondeur pour explorer l’épave du transatlantique. Une expérience bouleversante.
Jean-Paul Justiniano à bord du Nautile. Jean-Paul Justiniano à bord du Nautile. © Ifremer

 

Il est l’un des premiers pilotes à avoir plongé vers le géant englouti à bord du Nautile de l’Ifremer. Jean-Paul Justiniano revient pour Le Point.fr sur cette mission hors norme.

Le Point.fr : Dans quelles circonstances avez-vous été amené à découvrir l’épave du Titanic ?

Jean-Paul Justiniano : C’était à l’occasion de la première campagne d’exploration du navire par le Nautile en 1987. Nous avons embarqué à Ponta Delgada aux Açores et ce n’est qu’après avoir cheminé pendant près d’une semaine que nous sommes arrivés sur la zone du naufrage. Là, un premier repérage avec les sondeurs du bateau a été effectué pour localiser un peu plus précisément le secteur où l’épave reposait. Le lendemain, la première plongée était programmée. Toute l’équipe, composée d’une quinzaine de personnes, était vraiment très excitée…

Comment s’est passée la descente ?

À bord du Nautile, nous étions trois : un pilote, un copilote et un passager. Le portique du bateau a mis le sous-marin à l’eau. Les plongeurs nous ont décroché et le Nautile a commencé sa plongée : une heure quarante-cinq minutes de descente, dans une nuit noire, à une vitesse approximative de 1 mètre par seconde, pour atteindre les 3 800 mètres de profondeur. À 500 mètres du fond, nous avons ralenti et débuté une approche plus fine, au moteur, en nous guidant grâce à nos outils acoustiques de navigation. D’une part, car il ne fallait pas endommager le matériel et, d’autre part, parce que nous ne devions pas compromettre notre travail en soulevant un aveuglant nuage de sédiments.

Et votre arrivée…

Jusqu’à 20-30 mètres du fond, la visibilité était nulle, mais, très vite, notre sonar capable de détecter le moindre objet métallique à des centaines de mètres s’est affolé, saturé d’échos du fait de tous les débris éjectés du bateau brisé en deux tronçons lors du naufrage. Nous étions sans aucun doute au bon endroit, mais nous n’avions pas idée de ce que nous allions découvrir en premier en touchant le fond. À l’époque, le GPS n’existait pas ! D’abord, nous avons aperçu quelques petits objets jetés au milieu d’une grande plaine abyssale désertique, avec à peine quelques poissons. Puis, très vite, nous avons senti une pente comme une colline que nous avons gravie avec précaution. Quelques instants plus tard, nous tombions nez à nez avec l’étrave du Titanic.

Qu’avez-vous ressenti à cet instant ?

L’épave du monstre d’acier était devant nous couverte de stalactites de rouille qui lui donnaient des allures de bateau hanté. Juste au-dessus de nos têtes, nous pouvions voir les deux ancres. Tout autour de nous était sombre. Il n’y avait pas de vie, pas un bruit. Aucun de nous ne disait mot tant l’émotion était forte. C’était comme si le temps venait soudain de s’arrêter. Même 25 ans après, à chaque fois que j’y repense, j’en ai le frisson. Le choc encaissé, nous avons fait plusieurs fois le tour de l’épave, en gardant une distance raisonnable, pour inspecter la zone et repérer les dangers potentiels.

À quoi ressemblait-elle ?

Les deux morceaux de la coque étaient distants d’environ 800 mètres. La partie avant ressemblait véritablement à une épave de bateau posée majestueusement sur le fond, tandis que l’arrière était totalement déchiqueté, écrasé, arraché. Entre les deux, le sol était jonché d’objets étonnamment bien conservés : une chaudière de 15 à 20 mètres de haut, un banc, une baignoire, des sacs, des malles, des livres, des vases, un vitrail, une vasque de lavabo avec sa robinetterie et même des assiettes bien rangées en pile, sans doute initialement protégées par une caisse de bois depuis longtemps déjà dévorée par les vers.

Quelle était votre mission une fois sur place ?

Notre objectif, c’était de pouvoir montrer au monde entier les vestiges de ce navire. Remonter des films, des images, et plus tard des objets provenant du Titanic (uniquement ceux retrouvés hors de la coque). Pour nous, c’était prouver que ce bateau mythique reposait bien là, mais aussi honorer la mémoire de ceux qui avaient laissé leur vie dans le naufrage. N’en déplaise aux Américains qui ont régulièrement accusé les Français de vouloir piller l’épave, alors même que c’est à RMS Titanic, consortium américain, qu’est revenu le contenu des fouilles. Cette campagne d’exploration de 1987, organisée deux ans après la localisation de l’épave et l’euphorie de la découverte, a été au contraire empreinte d’émotion et de réserve. Chacun d’entre nous, professionnels de la mer, cherchait à s’imaginer ce que tous ces gens, pas du tout préparés à ce qui leur arrivait, avaient pu vivre cette nuit-là. Qu’avaient-ils pensé ? Qu’avaient-ils seulement compris de ce qui se passait ? Eux qui croyaient être montés à bord d’un paquebot insubmersible… Cette plongée reste pour moi inoubliable, même s’il est difficile de décrire les sentiments qu’elle a suscités. J’ai toujours eu du mal à trouver les mots pour en parler, même à mes proches. Aujourd’hui, mon seul regret est de ne pas avoir encore eu l’occasion de voir tous ces objets ensemble exposés dans un musée.

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Titanic : le naufrage aurait pu être évité

Le Point.fr

Si l’iceberg est évidemment le premier coupable de la tragédie, il n’est pas le seul responsable.
Le capitaine du "Titanic", Edward John Smith.Le capitaine du « Titanic », Edward John Smith. © Beveridge

 

Lorsque les commissions américaine et britannique remettent leurs rapports quelques mois après le terrible naufrage, elles évitent de nommer vraiment les coupables. Elles s’en tiennent au déroulement des faits, et préconisent surtout des mesures de sécurité, qui seront d’ailleurs mises en oeuvre sur les transatlantiques. Mais cent ans plus tard, on peut dégager trois principales causes qui ont accéléré sans aucun doute la mise à mort du navire.

Le premier coupable reste le capitaine Edward John Smith et sa grande désinvolture. Il refuse de tenir compte des nombreux messages d’alerte d’autres navires lui signalant des dérives d’icebergs sur sa route et, pire, il ne ralentit pas la vitesse de son paquebot, qui file à 22 noeuds, soit près de 40 km/h, dans une zone dangereuse. Autant faire du footing dans un magasin de porcelaine… Lancé à cette allure, le paquebot a besoin de quinze cents mètres pour s’immobiliser devant un obstacle. Le bon sens commande de réduire les machines, une décision qui relève au final de la responsabilité du capitaine, seul maître à bord.

L’ami des nababs

Edward Smith a belle allure avec son impeccable barbe blanche, cette sérénité qui émane de sa personne et un âge inspirant toute confiance. Pourtant, sa longue carrière n’est pas exempte de graves erreurs et de sérieux manquements : il a déjà échoué plusieurs navires près des côtes, sans gravité toutefois, essuyé une explosion de chaudière qui a fait plusieurs victimes, frôlé la catastrophe aux commandes du Majestic en échappant de peu à des icebergs au même endroit où a coulé le Titanic, et laissé enfin son Olympic se faire percuter par un croiseur coupable d’une fausse manoeuvre à la sortie du port de Southampton. Cela fait tout de même beaucoup…

Alors, pourquoi avoir choisi Smith ? Il a l’habitude de ces géants des mers, les équipages le respectent, et il reste surtout l’ami des nababs qui apprécient son calme et sa conversation – il est surnommé « le pacha des milliardaires » -, argument de taille au moment même où plusieurs grandes fortunes se trouvent à bord pour ce voyage inaugural.

Manoeuvre fatale

La deuxième cause du naufrage est la manoeuvre fatale exécutée ce soir-là. Quand les vigies sonnent la cloche d’alerte, l’iceberg de dix-huit mètres de hauteur est à moins de sept cents mètres de la proue du Titanic. L’officier William Murdoch fait virer vers bâbord pour laisser l’obstacle sur la droite, et commande l’arrêt des machines. Le navire frotte alors lourdement l’énorme masse de glace sur près de quatre-vingt-dix mètres, provoquant des ouvertures dans la coque de plusieurs caissons étanches : le Titanic est frappé à mort.

À ce stade de la manoeuvre, plusieurs réflexes, selon les spécialistes, auraient pu sauver le navire. Si l’officier avait viré vers bâbord en accélérant plutôt que de ralentir, il aurait peut-être pu éviter l’iceberg, ou en tout cas le frotter moins longtemps, et donc limiter le nombre de compartiments inondés. Car le Titanic peut flotter avec deux à trois caissons partiellement inondés, mais pas plus de quatre, sur les seize que compte le paquebot. Autre solution : foncer droit sur l’obstacle en ralentissant au maximum, taper la proue, inonder le caisson avant, mais éviter d’en condamner d’autres.

Deux ans plus tard, se souvenant sans doute du sort du Titanic, l’équipage du paquebot Royal Edward change de tactique en voyant surgir un iceberg à trois cents mètres de la proue au large de Terre-Neuve : ils font machine arrière et laissent le navire le percuter de face. Le premier caisson est inondé, mais le navire ne coule pas. La manoeuvre latérale exécutée par Murdoch sur le Titanic était en tout cas la pire de toutes.

Économies de bouts de chandelles

Enfin, une enquête datée de 2008, menée par des chercheurs américains sur des pièces remontées de l’épave, met en évidence la mauvaise qualité des rivets, ces pièces métalliques qui assemblaient les éléments d’acier de la coque. Cette étude est primordiale, car on sait désormais que l’iceberg n’a pas fendu ou déchiré le paquebot, mais que la pression de la glace contre la coque fut telle que les rivets ont sauté comme des bouchons de champagne et provoqué les ouvertures fatales à plusieurs endroits.

Les scientifiques américains ont étudié 48 rivets récupérés des profondeurs. Ils se sont aperçus qu’ils étaient de piètre qualité, le fer ayant servi à leur fabrication étant de niveau 3, et non de niveau 4, norme utilisée d’habitude par les chantiers navals. Le constructeur aurait donc préféré des matériaux bon marché pour finir rapidement la construction au moment où une pénurie de rivets devenait problématique. Cette pénurie touchait également la main-d’oeuvre, alors que le rivetage nécessite justement une grande qualification.

D’autre part, des rivets d’acier auraient été nettement plus solides, mais ils n’ont été utilisés que sur la partie centrale du navire. Les chercheurs notent d’ailleurs que les jointures ont justement cédé jusqu’aux rivets d’acier. Autant d’éléments troublants qui jettent un sérieux doute sur la qualité et le soin apporté à l’assemblage de la coque, alors que d’autres constructeurs utilisaient déjà l’acier sur tous les rivets de leur navire. Le symbole triomphant de la technologie industrielle du début du XXe siècle pourrait avoir été victime de mauvais choix techniques afin de tenir, coûte que coûte, les délais de livraison et éviter de faire grimper la facture. Au final, elle sera apocalyptique.

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Titanic : revivez le naufrage heure par heure

Titanic : revivez le naufrage heure par heure

Le Point.fr

EN DIRECT. À bord du paquebot, l’allégresse cède le pas à la panique. Retour sur les derniers instants de l' »insubmersible ».
La version 3D de "Titanic" de James Cameron.La version 3D de « Titanic » de James Cameron. © AP/Sipa

 

On le croyait à la pointe de la modernité, infaillible, insubmersible. Pourtant, le 14 avril 1912, quelques jours seulement après son départ, le Titanic sombre à jamais au large de Terre-Neuve. Le Point.fr vous propose de revivre les dernières heures de cette mythique traversée au destin tragique.

Mercredi 10 avril 1912

12 h 15 – Le Titanic appareille de Southampton en Angleterre avec à son bord 953 passagers. Après les différentes escales, ils seront bientôt 2 201 à bord, dont 885 membres d’équipage.

18 h 35 – Le bateau arrive à Cherbourg, où embarquent 274 passagers, essentiellement en première classe.

20 h 10 – Le bateau appareille pour Queenstown.

 

Jeudi 11 avril 1912

11 h 30 – Le paquebot mouille dans la rade de Queenstown. « Ce navire est aussi parfait que des cerveaux humains peuvent le faire », affirme alors l’architecte Thomas Andrews, qui en a lui-même fait les plans. Une certitude ancrée dans l’esprit de chacun des passagers. Et pourtant…

13 h 30 – Le Titanic lève l’ancre qui le retient dans le port irlandais, et commence sa traversée de l’Atlantique, en suivant la célèbre « North Atlantic Run ».

 

Vendredi 12 avril 1912

19 h 45 – Le Titanic reçoit un message de la Touraine lui signalant un brouillard dense, une couche de glace épaisse ainsi que des icebergs. Le capitaine Smith en est informé, mais ne s’en inquiète pas. La mer est calme, on sera prudents.

 

Samedi 13 avril 1912

Le Titanic reçoit plusieurs messages lui signalant des icebergs, des growlers (petits icebergs) et quelques champs de glace. Dans l’après-midi, un incendie est éteint dans la salle des chaudières n° 5. C’est assez courant sur ces paquebots, il n’y a pas là matière à s’inquiéter.

 

Dimanche 14 avril 1912

9 heures – Le Caronia envoie un bulletin pour signaler des glaces. Le commandant Smith ordonne d’annuler l’exercice de sauvetage, prévu pourtant tous les dimanches sur le pont supérieur. Prudence superflue, estime-t-il. Le Titanic n’est-il pas insubmersible ?

10 h 30 – Le commandant Edward John Smith, impressionnant dans son somptueux uniforme, signale que la messe peut commencer, accompagnée des hymnes qu’interprète l’orchestre du Titanic. Les passagers de première classe se pressent dans le restaurant transformé en lieu de culte.

11 h 15 – L’office religieux se termine. Les passagers chantent en coeur le cantique 418.

11 h 40 – Le Caronia fait parvenir au Titanic un nouveau bulletin concernant les glaces, et provenant d’un autre bateau, le Noordam : « Avons rencontré vent modéré à Ponant, beau temps, aucun brouillard. » Le message confirme ensuite la présence importante de glaces, qui dérivent toujours à l’endroit déjà signalé par le Caronia à 9 heures. Sur la passerelle, l’information n’éveille cependant aucune inquiétude.

12 heures – Le Titanic pourrait arriver à New York mardi dans la soirée, et non mercredi, comme prévu initialement. Un communiqué affiché dans le salon fumeurs indique le nombre de milles parcourus entre le samedi et le dimanche matin : 546, soit 27 de plus qu’au cours de la journée précédente. L’enthousiasme est à son comble. Chacun se précipite pour profiter du télégraphe et avertir les parents de l’avance du paquebot. Dans les salons, on rivalise de superlatifs pour décrire les prouesses technologiques du bateau.

13 heures – Tous ces records donnent l’appétit. Au menu, en première classe : filet de turbot, oeufs d’Argenteuil, poulet à la Maryland, corned-beef et beignets de légumes… En deuxième, un menu digne des meilleures tables de la bourgeoisie anglaise et américaine : soupe de petits pois, spaghettis au gratin, corned-beef, gnocchis aux légumes, mouton rôti, pommes de terre au four.

13 h 45 – L’America, un paquebot battant pavillon allemand, signale qu’il vient de croiser quelques gros icebergs par 41° 27′ de latitude nord et 50° 08′ de longitude ouest. Ce télégramme est adressé à l’Institut hydraulique de la marine américaine à Washington. John Phillips, qui est de quart, trop pris par son travail, ne prête pas l’attention qu’elle mérite à la communication.

15 heures – Un froid mordant s’abat sur le pont. Qu’importe, on investit les salons, on commente sans fin les bonnes nouvelles concernant la vitesse du transatlantique, on fait des paris sur l’heure d’arrivée à New York. De nombreux passagers investissent la bibliothèque pour commencer à remplir les formalités pour le débarquement.

17 h 50 – Le bateau change de cap. Avant le dîner, certains jouent au poker dans l’un des discrets et confortables salons situés sur l’une des mezzanines du grand escalier de première classe.

19 heures – Les époux Widener, de Philadelphie, ont décidé d’organiser au restaurant à la carte une réception pour un groupe restreint d’amis. Une véritable soirée de gala à bord ! Les invités de choix font leur entrée en grande pompe. Comble du luxe, c’est le commandant lui-même qui est l’invité d’honneur de la soirée. Au menu : hors-d’oeuvre variés, huîtres, consommé Olga, crème d’orge, saumon sauce mousseline, filet mignon avec foie gras et truffe noire, sauté de poulet à la lyonnaise et garniture de courgettes farcies, agneau avec sauce à la menthe, canard rôti et compote de pommes, aloyau avec pommes de terre Château, petits pois, crème de carottes, riz nature, pommes de terre nouvelles Parmentier, salade romaine, pigeon rôti au cresson, asperges à la vinaigrette, foie gras, céleri, pudding Waldorf, pêche en gelée avec Chartreuse, éclairs au chocolat ou vanille, glace à la vanille, fruits frais, assortiment de fromages. (On comprend mieux pourquoi certains eurent un peu de mal à sauter dans les canots !) Pendant ce temps, en troisième classe, la fête bat son plein au son des instruments traditionnels qui accompagnent d’ordinaire les danses populaires. Sur le pont C, le bar est décoré comme un pub anglais.

21 heures – Le commandant Smith salue ses hôtes américains et regagne sa cabine, après un dernier tour d’inspection sur la passerelle. À la navigation, Harold Bride, qui est de quart, découvre un message du Californian de 19 h 30, mais non reçu en raison d’un transmetteur éteint à cause d’un problème de surchauffe : « Au commandement Antillian. 18 h 30, heure locale, latitude 42° 3′ nord, longitude 49° 9 ouest. Trois grands icebergs cinquante milles au sud de nous. » En deuxième classe, dans la salle à manger du pont D, le révérend Carter, accompagné au piano par l’ingénieur écossais Douglas Norman, entonne des hymnes religieux. Marion Wright, de sa voix bien timbrée, chante en solo Lead Kindly Light. Tous ces chants évoquent les risques que l’on prend lorsqu’on voyage en mer. Prémonition ?

20 h 15 – Le Californian fait face à un pack de glace long de plusieurs milles. Son commandant, Stanley Lord, trouve plus prudent de stopper les machines, et d’éviter de naviguer dans l’obscurité.

21 h 40 – « Du Mesaba au Titanic. Signalées glaces à 42° 25′ N, 49° W, jusqu’à 50° 30′ W. Repérées grosse masse de plaques de glace et grand nombre de gros icebergs. Beau temps, limpide. »

22 heures – Un concert est donné en première classe, par l’orchestre de bord sous la direction de Wallace Hartley. Pour assister à ce spectacle, la salle des Palmiers, sur le pont A, se remplit bientôt de passagers qui occupent peu à peu les tables. Après le morceau de clôture, Les contes d’Hoffmann du compositeur français Jacques Offenbach, ces messieurs se dirigent vers le salon des fumeurs. Les paris vont bon train sur le nombre de milles qui seront parcourus avant lundi midi. Au même moment, Frederick Fleet et Reginald Robinson Lee arrivent sur la hune pour relever leurs deux collègues frigorifiés. « Nous devrions nous rapprocher des glaces vers 23 heures, je crois. »

22 h 21 – Le Californian stoppe ses machines. Dès le champ de glace repéré, s’étendant à perte de vue du nord au sud, le capitaine Lord décide de ne prendre aucun risque. Il ordonne de faire machine arrière et fait stopper le bateau pour la nuit.

22 h 30 – Le Rappahannock, navire marchand britannique à quelques milles au nord du Titanic : « Venons à peine de traverser une zone d’épaisse banquise et de nombreux icebergs. » « Message reçu. Merci et bonne nuit. » Malgré l’avertissement clair et pressant, le personnel de la navigation maintient le cap et la vitesse du bateau est portée à 22,5 noeuds.

23 heures – En première comme en troisième classe, les passagers regagnent leur cabine pour la nuit.

23 h 30 – La majeure partie des hommes d’équipage est allée se coucher, et seules les équipes de quart sont à leur poste. Fleet, à la vigie, dans le « nid de pie », aperçoit soudain une masse sombre : « Iceberg droit devant ! » Mais la montagne est à 400 mètres à peine. En quelques minutes, le bateau percute la glace. En première, le choc ne perturbe pas la fin de soirée. Certains passagers vont jouer sur le pont avec la glace, d’autres terminent tranquillement leur partie de bridge. En deuxième classe, on envisage d' »utiliser la glace tombée sur le pont pour rafraîchir les verres de whisky ! »

0 h 5 – Le Titanic est condamné et doit être évacué. Le commandant Smith donne l’ordre aux membres d’équipage de faire monter les passagers sur le pont. Dans la coursive de troisième classe, Olaus Abelseth raconte : « On nous interdit le passage, des hommes et des femmes crient. Ils finissent par nous donner des gilets. »

0 h 15 – Le premier appel de détresse est envoyé.

0 h 25 – « Les femmes et les enfants d’abord ! » Ordre est donné d’embarquer dans les canots de sauvetage.

0 h 45 – Le premier canot est affalé avec 28 passagers à son bord, alors qu’il peut en contenir 65. Il y a environ 2 200 personnes à secourir à bord. Or, les canots ne peuvent en contenir que 1 178…

1 h 42 – La dernière fusée est tirée.

2 h 15 – Sur le pont, c’est la panique. Le Titanic vit ses derniers instants. « Je libère l’équipage », lâche Smith. « Désormais, c’est chacun pour soi. Moi, je vais sombrer avec lui. »

2 h 17 – L’orchestre, qui avait été rappelé quelques heures plus tôt par le capitaine Smith, s’arrête de jouer juste avant la chute de la cheminée avant.

2 h 18 – Les lumières du Titanic clignotent une dernière fois avant de s’éteindre à jamais.

2 h 19 – Le bateau se brise en deux.

2 h 20 – Alors que la partie avant coule, la partie arrière flotte pendant quelques instants et se remplit d’eau lentement jusqu’à ce qu’elle sombre. La température de l’eau est alors de – 2 °.

3 h 30 – Les passagers des canots aperçoivent les feux du Carpathia.

5 h 30 – Le Californian arrive sur les lieux du désastre.

8 h 30 – Le dernier canot est récupéré. Le deuxième officier Charles Lightoller est le dernier à monter à bord.

10 h 50 – Le Carpathia met le cap sur New York.

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