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Confronté à de mauvaises estimations dans les sondages, l’ancien candidat à la présidentielle veut être la voix de la gauche écologiste.

Par Abel Mestre Publié aujourd’hui à 19h39, mis à jour à 20h25

Benoît Hamon, le 6 décembre 2018, à Paris.
Benoît Hamon, le 6 décembre 2018, à Paris. ERIC FEFERBERG / AFP

L’endroit est bien trouvé. Pour la présentation de sa liste « citoyenne » et de son projet pour les élections européennes du 26 mai, Benoît Hamon avait choisi un « escape game », l’Epsilon, en plein cœur de Paris. « Avec votre équipe dans une pièce pleine de mystères et de secrets, vous devrez coopérer, faire appel à votre logique et à votre réflexion pour vous échapper », peut-on lire sur la plaquette de présentation du lieu. L’ancien candidat à la présidentielle en sait quelque chose : il lui faut sortir d’urgence du guêpier. Parvenir d’abord à se présenter et obtenir des élus au Parlement européen, ce qui signifie atteindre la barre des 5 % de suffrages le soir du vote.

Une première victoire a été obtenue : M. Hamon est parvenu, après une action devant le tribunal administratif, à se faire inviter au débat entre les têtes de liste, organisé jeudi 4 avril par France 2. « On est un peu à la bourre, on prépare le débat de demain », concède, dans un sourire, l’ancien ministre de l’éducation. Sauf que ce grand oral est essentiel pour lui s’il veut passer cette étape et faire connaître sa candidature au grand public alors que les sondages restent bas.

La liste « Vive l’Europe libre » qu’il conduira en binôme avec Sarah Soilihi – doctorante en droit, championne d’arts martiaux et transfuge de La France insoumise − se veut représentative de « la vraie société civile » et promet d’être « diverse, cohérente, stable ». Elle se fait dans le cadre du Printemps européen, mouvement transnational, et est une alliance avec DiEM25, le mouvement lancé par Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances grec.

Lire aussi  Elections européennes 2019 : Benoît Hamon veut « créer la surprise »

« Projet de gauche, social et environnemental »

« On va unis à la bataille. Nous sommes complémentaires », assure Françoise Sivignon, sixième de liste et ancienne présidente de Médecins du monde France. « Notre projet politique est de gauche, social et environnemental », continue-t-elle.

« Les vieilles familles politiques ne répondent plus aux questions fondamentales, car elles sont décalées par rapport aux enjeux que sont nos libertés, la protection des travailleurs ou les mutations du monde du travail », abonde Guillaume Balas, député européen sortant et en troisième position sur la liste. Puis il vise Yannick Jadot, la tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui avait déclaré dans un entretien au Point que « bien entendu, les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation » : « Il n’y a pas de compatibilité entre l’écologie politique et l’idéologie libérale », tranche M. Balas.

L’un des défis que devra relever la liste sera de se différencier des listes concurrentes, notamment celle d’EELV. Dans leur programme en 21 points, Génération.s et DiEM25 défendent, comme les Verts, un « Green New Deal européen », même si les sommes sont plus importantes chez M. Hamon. Ce dernier a d’ailleurs repris certaines mesures de sa campagne présidentielle de 2017, comme l’interdiction des perturbateurs endocriniens, la taxe robot ou le revenu universel, étendus cette fois à l’Union européenne. La lutte contre les traités de libre-échange et contre le poids des lobbies en Europe figure en bonne place, tout comme la création d’un impôt sur la fortune européen et une taxe sur les transactions financières.

A deux mois du scrutin, ces idées seront-elles suffisantes pour le sortir de la nasse ? Benoît Hamon le sait : dans une élection comme dans un escape game, ce qui compte, c’est de trouver la clef qui débloque tout.

Abel Mestre

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Dans un livre, l’ancienne ministre critique la politique menée par l’ancien président de la République, et sa domination par un « cercle des hommes blancs hétéros ».

LE MONDE | 

Ségolène Royal et François Hollande, en juillet 2016.

Le mandat de François Hollande, Ségolène Royal est bien placée pour en parler : elle a été sa ministre de l’environnement pendant trois ans, de 2014 à 2017. Dans son ouvrage Ce que je peux enfin vous dire (Fayard, 292 p., 15,99 €), qui paraît mercredi 31 octobre, elle fait une relecture féroce du quinquennat socialiste, esquintant la « désinvolture » du pouvoir.

La hausse des impôts et la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ? « Degré zéro de la politique », tranche Ségolène Royal.

La loi travail ? « Une désolation », « un calvaire pour qui aime la politique » ; ce texte, qu’elle voit comme le produit du « mécanisme de revanche » enclenché par Manuel Valls contre Emmanuel Macron, donne lieu à une vive contestation dans la rue, qui n’est guère entendue. « Consternation quand l’obstination s’oppose à l’évidence de la montée des incompréhensions », commente encore l’ancienne ministre à propos de cette loi qui, tout comme la déchéance de nationalité, a été menée, selon elle, avec des œillères.

Mais les mots les plus durs visent la réforme territoriale, « une des pires du quinquennat », une « exécution silencieuse », une coupe « à la serpe » dans les collectivités.

L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 déplore la disparition de régions dont les noms « chantent l’histoire de France, sa géographie, ses produits de terroir (…), ses fleuves et rivières ». Elle regrette que « sa » région, Poitou-Charentes – elle en fut la présidente de 2004 à 2014 – ait fusionné avec l’Aquitaine et le Limousin et « se retrouve noyée dans une espèce de grosse patate qui rend la nouvelle carte de France régionale totalement difforme ».

« Cercle des hommes blancs hétéros »

Les ministres qui sont ou ont été à la tête de régions – Jean-Yves Le Drian en Bretagne, Michel Sapin dans le Centre, Jean-Marc Ayrault dans les Pays de la Loire – s’émeuvent aussi du redécoupage à venir mais verront leur territoire rester intact.

Pas elle. « Tu comprends, Ségolène, si ta région ne fusionne pas, on va direque tu as eu un traitement de faveur », lui écrit Bernard Cazeneuve dans un SMS. « Ah bon ? Et pas les autres ? » Ne serait-ce pas plutôt parce que, sur les quatre ministres à s’inquiéter pour leur région, elle est la seule à être une femme ?

C’est la thèse qu’elle défend et qui fait le fil rouge du livre. Ségolène Royal y retrace une partie de sa vie politique à l’aune du difficile combat des femmes pour se faire une place au cœur du pouvoir. En 2016, elle raconte être pressentie pour remplacer Laurent Fabius, nommé au Conseil constitutionnel, au ministère des affaires étrangères.

Dans ce remaniement, Marisol Touraine pourrait aussi être nommée à la défense. « Mais le “cercle des hommes blancs hétéros” qui entoure [François Hollande] veille au grain », soutient Mme Royal, qui verra M. Ayrault se voirattribuer, finalement, le Quai d’Orsay.

L’ancienne ministre salue certaines séquences du quinquennat précédent, notamment la lutte contre les lobbies au ministère de l’environnement, en particulier le « non » de la France au renouvellement de l’autorisation du glyphosate en 2016. Mais ces combats, on l’aura compris, sont à porter au crédit non pas de François Hollande… mais de Ségolène Royal.

 Lire aussi :   Elections européennes : l’hypothèse Ségolène Royal rebat les cartes au PS

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En quittant le PS pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray reconstitueraient le défunt courant de la Gauche socialiste.

En quittant le PS pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray reconstitueraient le défunt courant de la Gauche socialiste.

© Sipa En quittant le PS pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray reconstitueraient le défunt courant de la Gauche socialiste.

Les voilà de nouveau réunis. ­Repartis pour un tour. Après Emmanuel Maurel, chef de file de l’aile gauche du parti, Marie-Noëlle Lienemann a dit samedi adieu au PS. Et elle compte bien remonter au front, avec Jean-Luc ­Mélenchon, cette fois. Pendant toutes les années 1990, ­Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc ­Mélenchon avaient animé la turbulente aile gauche du PS, en compagnie d’un certain Julien Dray. Si Marie-Noëlle Lienemann a franchi le pas samedi matin dans une interview publiée dans le JDD, Julien Dray hésite encore. Mais n’est pas loin de se laisser tenter. Un regroupement ? « Il y a une forme de logique à ça, dit-il. Encore faut-il que le temps passé ne nous ait pas trop éloignés. »

En 1992, contre la « dérive libérale du PS »

Mélenchon, Lienemann, Dray : ces trois-là étaient les meneurs de la Gauche socialiste, courant qui s’opposait au rocardisme triomphant, à l’ouverture au centre droit et à la « dérive libérale du PS », dixit Lienemann. Dès 1992, ils veulent rompre avec le productivisme et sont les premiers à prôner la « belle alliance » avec communistes et Verts. Depuis, le fil entre Marie-Noëlle Lienemann et ­Jean-Luc Mélenchon n’a jamais été rompu mais Julien Dray s’est brouillé avec le leader de la France insoumise. Aujourd’hui, leur réconciliation n’a jamais semblé aussi proche

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© Fournis par France Télévisions

Figures de l’aile gauche du parti, le député européen Emmanuel Maurel et la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann annoncent leur départ pour fonder un nouveau parti. Une nouvelle étape dans l’effondrement du PS.

Le Parti socialiste est-il devenu « un canard sans tête », comme l’assure Marie-Noëlle Lienemann ? La sénatrice va quitter le PS pour un nouveau parti qui sera lancé en 2019 avec le député européen Emmanuel Maurel, a-t-elle annoncé samedi 14 octobre au Journal du dimanche.

« Il est minuit moins cinq avant notre disparition », témoignait un militant socialiste en janvier. Plusieurs signes attestent que le parti à la rose est de moins en moins flambant depuis qu’Emmanuel Macron a succédé à François Hollande à l’Elysée en mai 2017.

1 – Juin 2017 : le PS est laminé aux législatives

A l’issue du second tour des législatives, le 18 juin 2017, le PS ne compte plus que 32 députés. Son score est quasiment divisé par dix par rapport aux élections précédentes, puisque le PS comptait 295 députés en 2012 dans la foulée de la victoire de François Hollande, rappelle La Croix. Des poids lourds comme les anciens ministres Marisol Touraine ou Jean-Jacques Urvoas sont éliminés. Le soir même, Jean-Christophe Cambadélis annonce qu’il démissionne du poste de premier secrétaire du PS et appelle à « repenser la gauche »« Il s’agit d’un immense défi, d’une tâche de longue haleine »,prévient-il.

2 – Septembre 2017 : Solférino est mis en vente

La nouvelle tombe en septembre 2017 : le Parti socialiste vend l’hôtel particulier de la rue de Solférino. Avec cet immeuble disparaissent trente-sept années de souvenirs. En 1980, François Mitterrand avait fait acheter ce bel hôtel particulier, proche de la Seine, pour sa campagne présidentielle victorieuse l’année d’après. Les murs ont vu les larmes des militants, lors de l’élimination de Lionel Jospin, le 21 avril 2002, comme entendu les cris de joie lors de l’élection de François Hollande, le 6 mai 2012.

Le siège du PS sera finalement acheté par le promoteur immobilier Apsys, qui gère 31 centres commerciaux en France et en Europe.

3 – Octobre 2017 : 55 permanents licenciés

Après sa déroute aux législatives, le Parti socialiste, à la recherche d’économies, lance un plan social visant à licencier 55 permanents sur 97, soit plus d’un sur deux. Parmi eux figure une personnalité emblématique du parti, Eric Plumer. Cet ancien responsable de la sécurité surnommé « Jaurès » dénoncera six mois plus tard, sur le site du quotidien Ouest France, les conditions de son éviction du parti, le 27 octobre 2017. « Après la branlée qu’on s’est prise, je peux comprendre un licenciement, confie Eric Plumer. Mais il y a la manière. Là, ça a été digne d’une entreprise du CAC40. »

4 – Avril 2018 : un inconnu prend la tête du parti

Ils sont quatre à vouloir remplacer Jean-Christophe Cambadélis à la tête du parti : l’ancien ministre de l’Agriculture et proche de François Hollande Stéphane Le Foll, le sénateur Luc Carvounas, le député européen Emmanuel Maurel et le député de Seine-et-Marne Olivier Faure. C’est ce dernier qui est élu par les militants. Il prend, le vendredi 7 avril, la tête du parti et proclame : « Notre rassemblement n’est pas une option, il est un impératif. »

Problème :cet auteur de BD est assez peu connu du grand public. Seuls 9% des Français le considèrent comme le « meilleur opposant » à Emmanuel Macron, selon un sondage Odoxa pour franceinfo publié le 17 mai, contre 42% à Jean-Luc Mélenchon.

5 – Août 2018 : Hollande « candidat à rien »

Après trois mois de tournée dans les librairies hexagonales pour dédicacer son livre Les Leçons du pouvoir, paru chez Stock, lebilan de François Hollande est impressionnant : 58 villes visitées dans 48 départements, plus de 20 000 personnes rencontrées lors de très longues séances de dédicaces, par exemple plus de huit heures dans une librairie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Le tirage initial a été doublé, pour atteindre 140 000 exemplaires. Interrogé, le président de la République l’assure : « Je ne suis candidat aujourd’hui à rien. »Heureusement ? Selon un sondage Ifop publié le 22 août par Le Figaro« seuls 17% des Français espèrent sa candidature en 2022 ».

6 – Septembre 2018 : Valls part à Barcelone

C’est officiel : le 25 septembre, soutenu par le parti libéral espagnol Ciudadanos, Manuel Valls officialise sa candidature à la mairie de Barcelone. Il démissionne également de son mandat de député en France. Après avoir pris congé du PS, l’ancien Premier ministre de François Hollande, ex-candidat incarnant l’aile droite à la primaire du Parti socialiste, choisit de faire de la politique hors de France.

7 – Octobre 2018 : l’aile gauche s’en va

Nouveau coup dur pour les socialistes : le député européen Emmanuel Maurel annonce vendredi 12 octobre son départ du PS, avec une partie de l’aile gauche du parti, pour se rapprocher de La France insoumise. « Je n’annonce pas un départ, mais une scission. Aujourd’hui, je ne pars pas seul, mais avec de nombreux militants, des centaines de cadres et d’élus sur l’ensemble du territoire », affirme-t-il. Une de ses proches promet la publication prochaine d’une liste de 500 noms.

Le lendemain, la sénatrice PS de Paris et vice-présidente du Sénat Marie-Noëlle Lienemann déclare au JDD qu’elle partait aussi. La sénatrice annonce la création d’un nouveau parti, « qui se veut l’héritier de cette gauche écologiste, républicaine et socialiste »« Nous ne sommes pas dans l’idée de rejoindre La France insoumise », explique d’abord la sénatrice. En revanche, « nous souhaitons avoir des convergences avec La France insoumise, travailler dans une dynamique de rassemblement en créant notre propre parti, qui se veut l’héritier de cette gauche écologiste, républicaine et socialiste. »

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Lecteur vidéo depuis : Dailymotion (Politique de confidentialité)
Depuis la déroute électorale de 2017, le Parti socialiste doit se serrer la ceinture : licenciements, vente de Solférino et de bâtiments et région… Enquête sur un parti en grande difficulté. Lire plus : https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-06-octobre-2018

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Rémi Lefebvre, professeur de Science politique à l’université Lille 1, pense que l’ex-président croit qu’il y a un « espace » à combler entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélanchon. « J’avoue que je suis assez sceptique sur cette hypothèse », a commenté le spécialiste sur franceinfo.

© Fournis par Francetv info
Le Parti socialiste a fait sa rentrée lors d’un séminaire à La Rochelle qui s’est terminé samedi midi. Une rentrée plus modeste que par le passé, avec un grand absent, très remarqué : François Hollande. L’ex-président devait être présent mais il a fini par renoncer, tout en poursuivant sa tournée de dédicaces pour son livre, déjà vendu à plus de 80 000 exemplaires.

François Hollande veut « voir si un retour est possible » car il croit « qu’au fond les vieux équilibres vont reprendre leurs droits », a estimé samedi 25 août sur franceinfo Rémi Lefebvre, professeur de Science politique à l’université Lille 1. Pour lui, l’ancien chef de l’État fait le « calcul » qu’« un espace s’est ouvert entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon »« J’avoue que je suis assez sceptique sur cette hypothèse », a commenté Rémi Lefebvre.

franceinfo : François Hollande est-il en train de reconquérir les Français ?

Rémi Lefebvre :Il est gourmand, François Hollande, c’est sa nature. Il est coquin, il veut défendre son bilan et voir si un retour est possible. En tout cas, il veut exister, dans un premier temps, c’est très clair. Je pense qu’il est très frustré de ne pas avoir mené la bataille de l’élection présidentielle. Il est plus que déçu que le PS ne défende pas plus son bilan, et donc il le fait lui-même. Et puis il ne veut pas insulter l’avenir, des portes peuvent s’ouvrir. C’est vrai que quand on regarde aujourd’hui le Parti socialiste, le leadership est peu affirmé. Olivier Faure, médiatiquement n’a pas réussi à s’imposer depuis le congrès d’Aubervilliers, et il n’y a pas d’autres leaders qui soient présidentiables. Donc effectivement on peut penser que François Hollande ait cette perspective d’un retour, même si l’on sait que les retours d’ex-Premier ministre ou d’ex-président comme Lionel Jospin ou Nicolas Sarkozy n’ont pas été très concluants.

François Hollande peut-il profiter de l’affaiblissement d’Emmanuel Macron, touchés par des affaires, mais aussi par des électeurs de gauche qui lui reprochent une politique trop à droite ?

Oui, c’est un peu le calcul que fait François Hollande et que fait une partie des socialistes, que peut-être François Hollande a le charisme pour incarner cette offre politique. Le calcul c’est qu’aujourd’hui un espace s’est ouvert entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Macron dont la politique, très clairement libérale, l’a déplacé vers la droite. Et Jean-Luc Mélenchon, en dépit des signes d’ouverture qu’il adresse depuis quelques jours, est pourtant ancré très à gauche. Donc la conviction de François Hollande c’est qu’il y a un espace politique à préempter, qu’une espèce de social-démocratie régénérée pourrait séduire les Français. Et c’est vrai que d’un certain point de vue la politique d’Emmanuel Macron donne au bilan de François Hollande une coloration plus progressiste qu’elle n’avait lors de l’élection présidentielle. Donc la conviction de François Hollande, qui appartient au vieux monde politique, c’est qu’au fond les vieux équilibres vont reprendre leurs droits, que le Parti socialiste a une carte à jouer, et que pourquoi pas lui, ex-président de la République, pour incarner cette famille politique qui pourrait se reconstruire. J’avoue que je suis assez sceptique sur cette hypothèse.

On se rappelle aussi de l’échec de Nicolas Sarkozy. Les retours sont-ils toujours aussi risqués ?

Oui, c’est très difficile de revenir et puis il y a toujours beaucoup d’hostilité au Parti socialiste vis-à-vis de François Hollande. Très clairement la gauche du Parti socialiste, qui est sur le point de quitter le parti, utilise cet épouvantail qu’est François Hollande pour être tentée par l’hypothèse Mélenchon. Donc ce retour de François Hollande fragilise encore plus le Parti socialiste parce qu’il rend l’exercice de synthèse que tente de faire Olivier Faure très difficile.

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Symbole fort : aucun de ses anciens adversaires du congrès n’y assistera au discours de clôture du premier secrétaire, Olivier Faure.

LE MONDE |  •

« Avant, c’était le Festival de Cannes ! », se souvient un journaliste local. « Ça grouillait, c’était tellement festif ! », abonde Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste. Cette année à La Rochelle, l’ambiance n’est plus celle des grands jours « où l’on voyait Strauss-Kahn, Aubry et Hollande et qu’on était trois mille »,termine Stéphane Le Foll, sans nostalgie

Comme depuis 2016, le Parti socialiste n’organise plus de rendez-vous de rentrée pour ses militants, mais un séminaire de formation pour ses élus. Les ateliers concoctés par la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) se tiennent à huis clos, mais le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, assure que « les élus échangent des bonnes pratiques », et que le rendez-vous des militants reviendra l’année prochaine.

« C’est toujours un plaisir de revenir à La Rochelle, mais il est vrai que beaucoup sont encore sonnés par la défaite, certains dans les fédérations veulent encore croire à Macron, et les finances ne sont pas au rendez-vous », analyse le premier secrétaire en bonne forme, malgré les nombreuses critiques qui viennent des autres courants du Parti socialiste.

Notre article sur l’absence de François Hollande   à l’université d’été du PS à La Rochelle

« Il faut faire de la politique maintenant ! »

Quatre mois après l’élection au poste de premier secrétaire d’Olivier Faure, les ténors du parti qui lui laissaient au départ « le temps de s’installer »commencent à s’impatienter. « Il faut faire de la politique maintenant ! », lance Stéphane Le Foll à la terrasse d’un café devant le port. « Quel été ! », regrette Marie-Noëlle Lienemann, évoquant pêle-mêle le retour de François Hollande, auquel elle ne croit pas, « la mauvaise idée de la candidature de Paul Magnette pour humilier Julien Dray » et la tribune sur l’Aquarius signée par le premier secrétaire avec des personnalités du PS sans y avoir associé les sénateurs.

 Notre analyse :   Olivier Faure, premier secrétaire dans la tourmente

« C’est le folklore de La Rochelle », relativise M. Faure, qui renvoie ceux qui portent la critique à leur défaite au congrès. « C’est difficile pour eux de dire que tout est formidable. Tout n’est pas formidable, mais on est en train de retrouvernotre capacité de travail », assure le député de Seine-et-Marne, avant de concéder qu’il préférerait « que ça aille plus vite. Je sais bien qu’au final on dira que je suis le seul responsable, mais il faut jouer collectif ! », répète-t-il inlassablement.

Pourtant, ce n’est pas l’esprit qui règne dans les rangs socialistes. Le chef de l’aile gauche, Emmanuel Maurel, brille par son absence, et son possible rapprochement de La France insoumise est sur toutes les lèvres. Le député européen a invité Jean-Luc Mélenchon à l’université de rentrée de son club, Nos causes communes, et doit participer aux amphis d’été de La France insoumise, samedi à Marseille.

« S’ils ne veulent plus de cette ligne, il y a Mélenchon ! »

« Il est temps de donner une ligne, on ne peut plus continuer comme ça »,analyse froidement Marie-Noëlle Lienemann, de l’aile gauche, qui plaide pour que M. Maurel mène la liste des européennes du PS. « Cela permettrait un vrai rebond, et Maurel n’a pas le couteau entre les dents », justifie-t-elle.

L’option ne semble pas convaincre le premier secrétaire. « Ce sont les militants qui trancheront s’il n’y a pas de consensus », dit-il. Une façon de renvoyer M. Maurel à son score du congrès d’Aubervilliers, où il était arrivé à la troisième place avec 18,98 % des voix. « S’il est capable de se mettre dans l’idée que nous sommes un parti politique et qu’il faut respecter le chemin majoritaire, dans ce cas-là, il aura toute sa place », insiste, fermement, le premier secrétaire.

Notre reportage au congrès d’Aubervilliers :   les socialistes veulent « relever la tête »

« Qu’ils soient majoritaires sans moi », répond Mme Lienemann, en l’absence de son ami M. Maurel, avec qui elle n’exclut pas de créer un parti politique « pour tenir le flambeau du socialisme », et de conclure un accord programmatique avec Jean-Luc Mélenchon en vue des élections européennes de 2019.

« Le problème du PS aujourd’hui, c’est qu’on traîne avec des gens qui ne sont pas à l’aise avec la ligne politique du parti, c’est problématique », dit Stéphane Le Foll, devant une bière pression. « S’ils ne veulent plus de cette ligne, il y a Mélenchon ! », s’emporte l’ancien ministre de l’agriculture, avant de citer Lionel Jospin : « Ils veulent l’idéal révolutionnaire dans le confort de la social-démocratie. »

« A gauche, personne n’est audible »

Olivier Faure préfère se concentrer sur son discours de clôture, prévu samedi à la mi-journée. Il présentera « les grandes étapes qui attendent [les socialistes], les européennes et les municipales ». Nul doute qu’il devrait continuer d’égratigner la politique d’Emmanuel Macron, lui qui pense qu’« il faut réveillercette France qui a rêvé d’un nouveau Mendès, et qui a eu à la place Alain Juppé ou François Fillon ».

Le successeur de Jean-Christophe Cambadélis trace sa route, porté par la légitimité qu’il tire des militants et de son score au congrès d’avril (49,75 % au premier tour). Il ignore le rendez-vous de La France insoumise, qui rassemble trois mille cinq cents personnes à Marseille au même moment, et appelle chacun à la modestie : « A gauche, personne n’est audible. Ce n’est pas parce qu’on fait du bruit qu’on est audible », lance-t-il à l’intention de Jean-Luc Mélenchon, avant de rappeler : « Au second tour de la présidentielle, il n’y avait pas de candidat de gauche. Tous ensemble on est à peine à 25 %. »

Mais celui qui se voulait « le candidat du rassemblement » prononcera son discours sans la présence de ses anciens adversaires du congrès : Luc Carvounas est à un mariage ; Emmanuel Maurel, à Marseille ; et Stéphane Le Foll participe, « comme chaque année », aux comices agricoles de Loué, dans la Sarthe. Le rassemblement de la famille socialiste attendra

 

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