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Archive for janvier 2011

HeLa : l’incroyable destin d’une «immortelle»
Christophe Doré

Un livre raconte l’histoire d’Henrietta Lacks, une jeune Noire américaine dont le cancer a permis à la médecine de soigner des millions de personnes. Écrit par la journaliste scientifique Rebecca Skloot et best-seller aux États-Unis, cet ouvrage paraît en France

Henrietta et son mari, Day, cultivateur de coton dans les années 40. (DR)

 

Que reste-t-il d’Henrietta Lacks née le 1er août 1920 à Roanoke, en Virginie? Essentiellement les deux premières syllabes de son prénom et de son nom: HeLa. Ces quatre lettres ont fait de cette femme noire américaine, quasi analphabète et cancéreuse, l’un des personnages les plus importants de la médecine moderne.

4 février 1951. Henrietta Lacks parcourt avec son mari les trente kilomètres qui séparent son domicile de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, seul établissement de la région soignant gratuitement les pauvres et accueillant les gens de couleur. Il pleut. Henrietta sort de la vieille Buick en clopinant, sa veste sur la tête. Elle a 31 ans et souffre d’un mal de ventre tenace. A force de ne pas vouloir se rendre chez le médecin, la douleur est devenue intenable. «J’ai un nœud dans le ventre», lâche-t-elle à l’infirmière, dans la salle d’attente réservée aux Noirs. En fait de nœud, le gynécologue Howard Jones lui découvre une tumeur cancéreuse maligne à l’utérus.

L’incroyable histoire d’Henrietta Lacks ne fait que commencer. Rebecca Skloot a mis plus de dix ans à la reconstituer. Un travail de fourmi qui se lit à la fois comme un roman et un livre scientifique et qui lui a valu le prix du Livre de l’année par le libraire en ligne Amazon*.

Rebecca Skloot explique qu’en 1951, l’hôpital Hopkins ne se contente pas de soigner les malades. Il dispose d’un département recherche. A l’époque, tous les laboratoires espèrent en vain développer des expériences in vitro (en dehors d’un organisme vivant). Malheureusement, personne n’arrive à cultiver des cellules humaines assez longtemps pour entreprendre des travaux sérieux. Quelle que soit la manière dont elles sont nourries, elles dépérissent.

Surpris par la fulgurance du cancer d’Henrietta, les médecins lui prélèvent des cellules pour les étudier sans même lui demander son avis. Une pratique alors courante. A Hopkins, un certain docteur George Gey dirige le laboratoire de recherches sur les cultures tissulaires. Quand il arrive avec le prélèvement d’Henrietta, son assistante le reçoit sans beaucoup d’enthousiasme. Elle prépare les éprouvettes et inscrit HeLa sur les échantillons. Elle est persuadée que les cellules périront comme toutes les autres.

George Gey espère. Il y croit d’autant plus qu’en 1943 des chercheurs ont réussi la réplication à l’infini de cellules de souris.

Le lendemain, quand l’assistante vérifie les échantillons HeLa, elle constate que les cellules saines sont mortes. En revanche, il se passe de drôles de choses dans les éprouvettes qui abritent les cellules cancéreuses. Ces dernières restent en vie ! George Gey ne s’emballe pas. Mais au bout de quelques jours, force est de constater que non seulement elles sont en vie, mais qu’elles prolifèrent à une vitesse vertigineuse. Leur nombre double toutes les vingt-quatre heures ! Gey vient de réussir ce que le monde scientifique espère depuis des années : une culture de cellules humaines immortelles.

Une cellule miracle

La nouvelle se répand dans la communauté scientifique. Chaque chercheur réclame son lot de HeLa pour enfin poursuivre ses recherches dans de bonnes conditions. Alors qu’Henrietta Lacks vient à peine d’être terrassée par son cancer fulgurant de l’utérus, au mois d’octobre 1951, pratiquement autant de cellules que celles constituant son corps envahissent les labos. Dès 1952, «des milliers de litres de milieu de culture selon la recette de George Gey sont produits, raconte Rebecca Skloot. HeLa devient la bête de somme de la biologie mondiale».

Les cellules d’Henrietta traversent non seulement les Etats-Unis, mais partent en Amérique du Sud, en Europe et en Asie, par bateau, par avion ou même à dos de mulet. C’est sur HeLa que les chercheurs testent les techniques de congélation de cellules. C’est avec elle qu’ils normalisent les protocoles de culture de cellules. C’est aussi grâce à elle que la communauté scientifique avancera rapidement dans le domaine de la génétique, la lutte contre le VIH ou la compréhension des cancers.

Cliquez sur l’aperçu pour agrandir l’infographie.

Dès 1952, HeLa sauve des milliers de vie de la polio en permettant l’élaboration d’un vaccin par le Pr Jonas Stalk. La maladie est presque éradiquée en moins de deux ans. Des millions d’enfants, grâce à deux gouttes simplement posées sur la langue, abritent un peu d’Henrietta Lacks en eux.

Dans les années 60, le succès de HeLa, si facile à cultiver, finit par intéresser les journalistes. D’où vient cette cellule miraculeuse? Les médecins préfèrent le cacher, par peur sans doute qu’on ne leur reproche de ne pas avoir demandé son avis à la patiente. En 1973, une annonce est publiée dans Nature, la revue de référence: «Cette femme a véritablement atteint l’immortalité, à la fois dans les tubes à essai et dans le cœur des scientifiques du monde entier. Pourtant, nous ne connaissons pas son nom! Quelqu’un a-t-il la réponse?» Les laboratoires ne répondront pas, laissant courir des rumeurs sur des noms divers comme Helene Lane ou Helen Larson.

Il faudra attendre les années 90 pour que son vrai nom soit enfin divulgué au grand public. Fin de l’histoire? Non, car un dernier secret doit être découvert dans l’incroyable vie post mortem d’Henrietta Lacks. Pourquoi? Oui, pourquoi ses cellules ne meurent-elles jamais? Le mystère est percé à la fin du XXe siècle. Grâce à HeLa, les chercheurs ont pu constater que des cellules cancéreuses sont capables de se reproduire à l’infini. Les cellules saines, elles, vieillissent au rythme d’un brin d’ADN existant dans chaque chromosome. Appelé télomère, il se réduit à chaque division cellulaire, puis disparaît. La cellule arrête alors de se diviser et meurt. En fait, les cellules cancéreuses sont capables de reconstituer leur télomère grâce à une enzyme, la télomérase. Cette véritable fontaine de jouvence est l’une des clés de l’immortalité possible de nos cellules.

Les chercheurs à l’origine de ces découvertes ont reçu le prix Nobel de médecine en 2009. Henrietta Lacks, elle, aurait 91 ans le 1er août prochain. Un peu morte, certes. Mais jamais aussi vivante qu’aujourd’hui et toujours un peu moins que demain. Ses cellules misent bout à bout pourraient faire aujourd’hui trois fois le tour de la Terre.

* La Vie immortelle d’Henrietta Lacks, de Rebecca Skloot, Calmann-Lévy, 448p., 21,50€.

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Des vaches noctambules pour guérir les insomniaques 

  
 
 

Le lait tiré entre 2 heures et 4 heures du matin est 25 fois plus riche en mélatonine qu’un lait de vache classique. (illustration). Crédits photo : MYCHELE DANIAU/AFP

L’entreprise allemande Nachtmilchkristalle a mis au point un lait de vache riche en mélatonine, l’hormone du sommeil.

 Finis, les nuits blanches ou les désagréments du décalage horaire. Une entreprise allemande a conçu un produit révolutionnaire à base de lait de vache riche en mélatonine, l’hormone du sommeil. Les vertus de ce lait sont liées aux conditions particulières de traite des vaches. Les animaux baignent dans une lumière rouge qui favorise leur sommeil et donc leur propre production de mélatonine.

Elles bénéficient également d’un régime alimentaire spécial très riche en luzerne, lui aussi favorable à la production de la fameuse hormone. Résultat : le lait tiré entre 2 heures et 4 heures du matin est 25 fois plus riche en mélatonine qu’un lait de vache classique. L’hormone qui est sujette à ordonnance médicale en France est extraite grâce à un procédé de congélation des cristaux. Elle est commercialisée, pour l’instant en Allemagne seulement, en dosettes de 9 grammes et n’est pas considérée comme un médicament. Une substance soporifique à la portée de tous donc. Mélangée à un yaourt une heure avant le coucher, une dose garantit un «sommeil plus reposant», selon l’entreprise qui la commercialise, Nachtmilchkristalle.

Littéralement, «les cristaux du lait de nuit». Les vendeurs de rêves facturent les 16 dosettes à 25 euros. Ils n’ont en revanche pas expliqué où ils avaient trouvé les vaches noctambules qui acceptent sans broncher une traite en pleine nuit. Fabrice Amedeo

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Le cerveau humain a rétréci depuis Cro-Magnon
 
 

REPORTAGE – En 28.000 ans, le volume du cerveau humain aurait diminué de 15 à 30% : telle est la conclusion d’une étude menée par une équipe de paléoanthropologues du Museum national d’histoire naturelle. Une étude rendue possible grâce, notamment, aux dernières technologies numériques.

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Quand un chat provoque un début d’incendie

Par Chouette 63


Les pompiers de Belfort sont intervenus vendredi matin pour un début d’incendie provoqué par… un chat.

Celui-ci, qui était seul dans la cuisine, avait marché sur la plaque vitrocéramique et actionné les commandes par mégarde.
Un carton carton à pizza, posé sur la plaque, s’est alors consumé en dégageant une épaisse fumée.

Quand l’occupante a voulu rentrer chez elle, elle a appelé à l’aide explique le quotidien le Pays.

Heureusement, il a suffit d’un seau d’eau, jeté par un voisin, pour endiguer le sinistre. Plus de peur que de mal pour le chat et sa maîtresse….

 

 Sources : LePays.fr

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Exclusif.

Couilly-Pont-aux-Dames : contrôlé à 246 km/h sur l’A4

 

Gisèle Le Guen

ARCHIVES. Un automobiliste allemand a été contrôlé à 246 km/h sur l'A4 à Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-marne)
ARCHIVES. Un automobiliste allemand a été contrôlé à 246 km/h sur l’A4 à Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-marne) | LP/ARNAUD DUMONTIER
La BMW série 5 qui roulait hier à 16h20 sur l’autoroute A4, dans le sens Paris-Province à la hauteur de Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne), près de la barrière de péage de Coutevroult, est passée sous les yeux des gendarmes comme une fusée. Leur radar affiche 246 km/h ! Un excès de grande vitesse qui a immédiatement déclenché une opération d’interception.

 

En voyant, dans son rétroviseur, le gyrophare et les signaux de la Ford Focus des gendarmes lancée à sa poursuite, l’automobiliste, un Allemand de 31 ans habitant Wiesbaden s’est immobilisé sur le bas-côté sans faire de difficulté. Lors du contrôle, il s’est avéré que la BMW était une voiture de location. Elle a été immobilisée sur place tandis que l’automobiliste a dû s’acquitter d’une consignation de 750 €.
 

LeParisien.fr

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Sans-papiers : une directive européenne permet d’annuler les expulsions

Tant que n’est pas adoptée la «loi Besson» sur l’Immigration, une directive européenne en vigueur permet de faire libérer ou de régulariser des sans-papiers placés en rétention. 

 

PHOTO D'ILLUSTRATION. La France n'a pas transposé dans les délais une directive euroépenne dont les dispositions peuvent être invoquées devant les tribunaux administratifs ou les juges des libertés et de la détention.    

PHOTO D’ILLUSTRATION. La France n’a pas transposé dans les délais une directive euroépenne dont les dispositions peuvent être invoquées devant les tribunaux administratifs ou les juges des libertés et de la détention.

  | LP / Faustine Léo

Un retard dans la transposition en droit français d’une directive européenne a déjà profité à des centaines de sans-papiers placés en rétention administrative, qui ont ont été libérés par des juges et ont échappé à l’expulsion. Selon Serge Slama, expert au Groupe d’information et de soutien aux immigrés (Gisti), la France n’a pas transposé au 24 décembre 2010, date limite, la directive «retour» qui contient de nombreuses dispositions pouvant être invoquées directement devant les tribunaux administratifs ou les juges des libertés et de la détention.
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Ce vide aministratif demeurera tant que ne sera pas définitivement adopté le projet de loi sur l’immigration (Loi Besson). La directive «retour», pourtant dénoncée par les organisations de défense des droits de l’Homme, est à certains égards plus favorable aux étrangers sans papiers que la législation française actuelle. Sans avancer de chiffre précis, Serge Slama évalue à des «centaines» le nombre de personnes qui, après avoir été placées en rétention», ont été «libérées, voire régularisées sur la base des articles 7 et 16 de cette directive. 

Des expulsions annulées aussi à Lille, Lyon et Rouen

«Toute personne peut utilement soulever ce moyen et obtenir l’annulation de la décision de sa reconduite à la frontière», confirme Me Christophe Pouly, premier avocat à avoir obtenu une décision favorable à une ressortissante chinoise, le 10 janvier, devant le tribunal administratif de Paris. Des décisions similaires ont été rendues à Lille, Lyon et Rouen. Saisi du cas d’un autre Chinois, le tribunal de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a demandé l’avis du Conseil d’Etat.

Les dispositions de la directive « retour » «sont-elles invocables en droit interne en l’absence de transposition par le législateur ?», demande l’arrêt du tribunal. Pour Me Pouly, les décisions ainsi rendues «compromettent drôlement les chiffres d’expulsion» fixés par l’administration. 

Au ministère chargé de l’Immigration, on estime qu’ «il ne revient pas à tel ou tel tribunal administratif de se prononcer de manière définitive sur cette question, très technique, de l’applicabilité de certaines stipulations de la directive retour». Le projet de loi transposant la directive, approuvé en première lecture par l’Assemblée nationale, doit être examiné par les sénateurs à partir de jeudi. «C’est au Conseil d’Etat, saisi par un tribunal administratif (Montreuil) d’une demande d’avis, qu’il revient de se prononcer sur cette question juridique», concluent les services du ministère.

LeParisien.fr

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Exclusif.

Hauts-de-Seine : Jean Sarkozy sort de son silence

 

Recueilli par Roberto Cristofoli

ARCHIVES. 
ARCHIVES.  | LP / FH
Silencieux depuis quelques semaines, le président du groupe majoritaire au Conseil général des Hauts-de-Seine s’adresse aujourd’hui aux conseillers généraux pour définir un projet pour le département, dont il ne brigue pas la présidence. Il leur a adressé un courrier jetant les bases d’une gouvernance du Conseil général sans l’actuel président Patrick Devedjian, dont la majorité ne veut plus.

En exclusivité, leparisien.fr publie l’intégralité de ce texte.  

«Lors de notre dernière réunion de groupe, le 13 janvier dernier, nous avons tous ensemble convenu que nous ne pouvions faire l’économie d’un débat de fond pour convenir du projet politique que notre majorité entend conduire pour les trois prochaines années. C’est dans cette perspective que je souhaite, avant notre prochaine réunion prévue le 7 février, vous faire part de mes réflexions.

D’ici deux mois, après le renouvellement de 24 de ses membres, c’est une nouvelle assemblée départementale qui se mettra au travail. C’est un enjeu fondamental pour notre majorité comme pour l’ensemble des communes des Hauts-de-Seine.

Le débat qui doit nous mobiliser aujourd’hui, c’est celui qui se déroule entre nos candidats et nos concitoyens. Il est de notre responsabilité de présenter puis de porter devant l’opinion un projet collectif, ambitieux qui nous définisse. En tant que Président de groupe, comme je m’y étais engagé, je souhaite vous faire partager mes réflexions et vous apporter ma contribution.

Trois éléments de diagnostic tout d’abord :

1- les Hauts-de-Seine ne sont pas seuls et le département devra s’inscrire, sans réserve aucune, dans le dessein de transformation de la région capitale, qui lui permettra de lutter à armes égales avec les autres villes mondes, qu’elles se situent en Europe, en Asie ou sur le continent américain ;

2- les Hauts-de-Seine, dont le rôle n’est pas toujours bien identifié par nos concitoyens, devront repenser leur action à la lueur de la réforme de l’administration territoriale qui vient d’être votée par le Parlement, de la perte de la clause de compétence générale qui en résultera et de la nouvelle articulation avec la région qu’elle prévoit ;

3- les Hauts-de-Seine, comme tous les départements de France, devront tenir compte d’une contrainte financière accrue. Elle résulte de la montée de nos dépenses obligatoires, l’insertion, la dépendance notamment et de la réduction de nos ressources, qu’il s’agisse des concours de l’Etat ou de l’effet de la crise économique sur nos recettes fiscales. Qui plus est, nous savons que le renforcement des contraintes générales ne s’accompagnera pas pour autant de l’allégement de nos obligations particulières en matière de péréquation financière au profit d’autres collectivités de la région Ile-de-France.

Nous devons donc concevoir un projet qui s’inscrive dans un environnement politique, institutionnel et financier très différent de celui que nous avons connu au cours des années passées. Ce projet doit aussi se distinguer profondément de la gauche qui, chaque fois qu’elle le peut dans les collectivités qu’elle dirige, augmente considérablement les impôts locaux, puisque l’augmentation des impôts pour la Région socialiste d’Ile-de-France s’est établie à 60% en 6 ans et à Paris de 51% sur la durée du dernier mandat. Je vous propose donc que notre majorité s’engage devant les électeurs à la stabilité fiscale pour les trois ans qui viennent.

Savoir cela ne nous dispense pas de répondre aux attentes de nos concitoyens.

De quoi nous parlent-t-ils le plus souvent lorsque nous les rencontrons dans nos permanences ou sur le terrain ?

Ils nous parlent de leurs enfants, des espérances qu’ils forment pour eux en matière d’éducation et de formation et aussi des craintes qu’ils éprouvent pour eux devant les multiples risques qui sont ceux de la jeunesse. Ils nous parlent d’eux-mêmes et de leur difficultés, qu’il s’agisse d’insertion professionnelle ou d’accès au logement. Ils nous parlent aussi, bien souvent, de leurs parents qui font face aux risques du grand âge, à la solitude encore plus sensible en milieu urbain, à la menace de la dépendance et à la difficulté de maintenir leurs conditions de vie à domicile, ou de leur trouver un hébergement adapté.

L’éducation, l’insertion, les besoins propres à la famille, quelle que soit sa composition, la dépendance, ce sont les compétences centrales qui nous sont désormais dévolues et à partir desquelles, il faut bâtir notre projet. Cela ne signifie pas que nous renoncions à toute action en matière d’économie sociale et solidaire, d’infrastructures de communication, ou d’appui à la compétitivité des entreprises. Cela signifie que nous devons concentrer nos moyens pour bien exercer nos compétences. C’est à cette condition que le département sera légitime et reconnu.

C’est pourquoi, je vous propose trois priorités qui confèrent à la collectivité départementale un rôle central pour aider à garantir le pacte entre les générations, sans lequel la cohésion de notre société serait menacée.

En premier lieu, nous devons agir à travers nos compétences pour bâtir une véritable politique de l’adolescence.

L’éducation constitue une compétence importante du Conseil général avec la construction et l’entretien des collèges et des équipements sportifs qui y sont rattachés. Mais, au-delà des structures que nous continuerons à développer, nous devons mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes.

Nous devons, tout d’abord, prendre en compte les maux de l’adolescence, qui se traduit trop souvent par une surexposition aux risques et des mises en danger parfois délibérées.

Nous le savons tous, les adolescents peuvent être exposés, dès le collège, aux risques de la toxicomanie, d’addictions diverses, aux accidents de la route… Pour nombre de jeunes adolescents, c’est une période difficile, source de mal-être, voire parfois de drames.

Pour avancer dans la vie, ils ont besoin d’écoute, de conseils, de prévention. Le département a un rôle à jouer pour accompagner la jeunesse, identifier les jeunes en détresse, aider les parents, mobiliser le savoir-faire des médecins et des soignants. Nous devons structurer et systématiser les actions de prévention. Grâce aux nouvelles technologies, ceux qui en ont besoin doivent pouvoir dialoguer à tout moment, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec des interlocuteurs compétents qui pourront les écouter, les conseiller, les orienter. Nous devons créer une nouvelle relation des jeunes à la prévention.

Mais la jeunesse, c’est avant tout le temps des défis.

Et là encore, le département a un rôle à jouer.

Le département doit aider les adolescents à construire leur personnalité. En favorisant la création de lieux à la pratique sportive. En s’associant aux initiatives publiques et privées qui développent l’accès à la culture. En valorisant les initiatives comme les projets individuels ou collectifs.

Le département doit aussi aider les adolescents à compléter leurs palettes de connaissances.

Il doit donc développer les innovations pédagogiques au collège. Je propose ainsi que nous mettions l’accent sur l’acquisition des langues étrangères. Nous devons développer les classes bilingues, les laboratoires de langue, les échanges. Je vous propose notamment que nous soutenions, dans chaque collège, l’accueil des enseignants étrangers car c’est la meilleure façon d’accéder à la pleine maîtrise d’une langue étrangère.

Les Hauts-de-Seine doivent devenir le département pionnier dans l’acquisition des compétences de l’avenir.

Notre deuxième priorité doit être d’aider au rapprochement des générations en aidant les familles.

La famille demeure le socle de l’existence de chacun d’entre nous, la cellule de base de la nation et elle est au cœur de la solidarité entre les générations. C’est une priorité permanente de notre majorité politique. Nous voulons aider toutes les familles et tous les parents.

A ce titre est posée, bien sûr, la question essentielle des modes de garde de la petite enfance.

Je propose d’établir un plan concerté avec chacun des maires du département, tant la situation et les besoins de chaque commune est unique.

A partir de ce constat partagé, le département participera au financement des différents modes de garde à travers un contrat avec les maires.

Partout, notre objectif sera d’améliorer le taux de couverture de la demande par l’offre sous toutes ses formes, publiques et privées sur des bases chiffrées et contractualisées. J’ai la conviction qu’ainsi nous pourrons concrètement apporter des réponses, en sortant de la logique d’un nombre départemental de berceaux à créer, qui engendre bien souvent des déceptions.

Mais notre action ne peut se limiter au seul terrain quantitatif. Nous devons agir sur la qualité de l’accueil des petits en mettant l’accent sur la formation des gardes d’enfants à domicile afin d’assurer la sécurité et le bien être des jeunes enfants, comme la tranquillité de leurs parents.

Aider les familles c’est aussi contribuer à l’emploi des parents.

Retrouver un emploi est plus difficile lorsque l’on a des enfants car on est à la fois moins mobile et moins disponible. La difficulté est encore accrue pour une famille monoparentale. C’est pourquoi l’implication du département dans la mise en œuvre du RSA est fondamentale. Nous devons généraliser les « espaces insertion » dans l’ensemble du département afin d’apporter un service personnalisé de retour à l’emploi pour ceux qui en sont le plus éloignés.

Concernant les séniors, nous devons à la fois assumer nos compétences en matière de prise en charge de la dépendance et ne pas oublier que l’allongement de la vie est aussi une chance de plus pour être heureux et actif. Nous devons mettre en œuvre une politique de lutte contre la solitude et le sentiment d’inutilité qui frappent certains : développement des structures mixtes crèches/maisons de retraites, incitations pour des séniors à la colocation avec des étudiants, partage d’expérience dans le cadre d’opérations de parrainages, activités culturelles intergénérationnelles… Les possibilités de rapprocher les générations ne manquent pas, il faut aider à les mettre en œuvre.

Nous voulons, aussi, assurer la solidarité entre les générations en développant les structures d’accueil. La dépendance est devenue un enjeu national, c’est déjà une réalité départementale. La maladie d’Alzheimer constitue une réalité quotidienne pour des dizaines de milliers de famille. Nous avons besoin d’un vrai plan de prise en charge de la dépendance qui tienne compte de la réalité des problèmes vécus par les familles.

Concernant la question du handicap qui frappe de nombreuses familles, le département prendra toute sa part dans la mise aux normes de l’accessibilité de l’espace public dont il a la charge afin de favoriser l’autonomie des personnes handicapées.

Et pour répondre aux demandes des usagers, il est également nécessaire de renforcer l’efficacité de la NDPH.

Une cause me paraît mériter qu’on s’y attache plus particulièrement, c’est celle des autistes. Nous devons accompagner leurs familles qui sont durement éprouvées et souvent seules face à la maladie.

La troisième priorité que je vous propose concerne le logement. Ce n’est pas, il est vrai, une compétence première du département. Il ne peut pourtant pas s’en désintéresser parce qu’il s’agit aujourd’hui d’une difficulté majeure pour tous nos concitoyens. La hausse très vive des prix à l’achat et à la location, l’existence de logements vétustes et mal isolés, les exigences croissantes à l’égard des locataires ont transformé l’accès à un logement en parcours d’obstacles et en source d’angoisse pour nombre de ménages ou de personnes seules.

Nous ne pouvons agir sur toutes les causes de cette situation et nous ne pouvons agir seuls.

Mais nous devons contribuer à inverser la tendance et c’est pourquoi je propose que dans le cadre d’un partenariat rénové avec les communes nous nous mobilisions dans trois directions : favoriser, aux côtés des communes, la construction de logements sur les grandes emprises foncières encore disponibles dans le département ; encourager l’accès des étudiants et des jeunes actifs à leur premier logement en mettant en place des baux à durée limitée à 5 ans dans le parc public ; et développer des mécanismes de caution auprès des bailleurs privés afin de faciliter l’accès de ceux qui ont un emploi mais qui ne satisfont pas aux exigences parfois excessives des propriétaires qui cherchent à limiter leur risque.

Pour cette troisième priorité, le département a besoin des autres collectivités publiques et d’autres partenaires, les bailleurs sociaux, le secteur privé et les associations qui œuvrent dans ce domaine.

Plus largement, pour agir nous avons besoin de fédérer les énergies qui sont nombreuses sur notre territoire afin de définir ensemble les actions à conduire, de les mettre en œuvre et de les évaluer.

C’est pourquoi je propose que pour chacune de ces trois priorités, l’adolescence, le renforcement des liens entre générations et le logement, nous mettions en place une conférence départementale annuelle, qui sera le grand rendez-vous de la réflexion et de l’action de tous ceux, collectivités, associations, entreprises qui participeront à la mise en œuvre de ces politiques publiques dont le département sera le pivot.

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Voici, mon Cher Collègue, les pistes que je propose et les thèmes qu’il nous faut discuter pour entraîner l’adhésion de nos concitoyens.

Avoir le courage de faire des choix, de les assumer, de les expliquer, donner du sens et de la visibilité à notre action sont indispensables.

La refonte de l’organisation de la région capitale et la réforme des collectivités territoriales sont des chances nouvelles à saisir : sachons le faire ensemble, pour incarner, à l’occasion du scrutin de mars prochain, l’inspiration et le mouvement, qui sont les clés de notre succès collectif».

LeParisien.fr

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