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La détection d’un neutrino sous la calotte du pôle Sud a permis de remonter la piste de rayons cosmiques de haute énergie, dont l’origine défie les physiciens depuis un siècle.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO |  • Mis à jour le  |Par Pierre Barthélémy

Les locaux d’IceCube, au pôle Sud.

Les mystères de l’Univers s’éclaircissent parfois en des lieux inattendus. Ainsi que le révèlent, jeudi 12 juillet dans Science, deux études réunissant les efforts d’une quinzaine d’équipes d’astrophysiciens à travers le monde, l’énigme des phénomènes cosmiques les plus puissants du cosmos a trouvé un début de solution… au pôle Sud. Non pas en scrutant le ciel mais dans les profondeurs de la calotte glaciaire.

Mais avant de raconter la découverte, décrivons ses enjeux. Parmi les défis qu’ont à relever les astrophysiciens se trouve celui des rayons cosmiques, découverts en 1912 et qui n’ont de rayons que le nom. Il s’agit en réalité de particules électriquement chargées – protons, électrons, noyaux atomiques… Beaucoup prennent naissance dans le Soleil mais les plus énergétiques de ces rayons cosmiques, accélérés à une vitesse approchant celle de la lumière, proviennent d’autres galaxies que la nôtre.

Leur source est inconnue car ces astroparticules ne sont pas « traçables » : en raison de leur charge électrique, leur course est déviée par les champs magnétiques qu’elles rencontrent et vouloir reconstituer leur trajectoire est aussi vain que d’essayer de savoir par où est passée une bille de flipper.

Afin d’identifier l’origine de ces rayons cosmiques de très haute énergie, les astrophysiciens misent donc sur un autre type de particules qui leur sont associées, les neutrinos. « Dans les régions où les rayons cosmiques sont accélérés, explique Kumiko Kotera, chercheuse à l’Institut d’astrophysique de Paris (IAP), il y a beaucoup de photons et de matière. Ils ne sortent pas indemnes de cette zone et vont interagir avec la matière et le rayonnement ambiants. Cela crée des neutrinos de haute énergie, qui sont des sous-produits de ces rayons cosmiques. »

Ligne droite

Pour les astrophysiciens, les neutrinos présentent un avantage incomparable : dénués de charge électrique, ils sont indifférents aux champs magnétiques et traversent le cosmos en ligne droite. « Photographier » la trajectoire de l’un d’eux permet donc de pointer vers sa source.

Retour au pôle Sud. C’est là que, entre 1 450 et 2 450 mètres sous la surface, est installé l’instrument IceCube, un kilomètre cube de glace au sein duquel ont été placés quelque 5 000 capteurs. Le plus grand chasseur de neutrinos du monde. Pourquoi un tel mastodonte ? Parce que les neutrinos sont des particules fantômes. Comme ils interagissent très peu avec la matière – des centaines de milliards d’entre eux traversent votre corps à chaque seconde sans que cela vous empêche de dormir –, il faut un énorme détecteur pour en prendre un au piège de temps en temps.

 Lire aussi :   Sur Pluton, il y a des dunes de glace

Nous sommes le 22 septembre 2017, quelque part dans les tréfonds gelés d’IceCube. A 22 heures 54 minutes et 30 secondes (heure de Paris), un neutrino de haute énergie interagit avec la glace et y dépose sa trace. Tout comme un expert en balistique peut déterminer l’endroit d’où une balle a été tirée en analysant le trou qu’elle a creusé dans un mur, le système de détection d’IceCube détermine avec une assez bonne précision la région du ciel d’où est issue la particule : un petit coin de la constellation d’Orion.

Quarante-trois secondes après la détection, une alerte est envoyée qui signale l’événement. La suite, Azadeh Keivani, chercheuse à l’université d’Etat de Pennsylvanie et cosignataire d’une des études parues dans Science, la raconte : l’alerte « a déclenché une séquence automatique d’observations, dans les domaines des ultraviolets et des rayons X, par les télescopes spatiaux Swift et NuSTAR de la NASA, ainsi que par treize observatoires tout autour du monde ».

Un trou noir gargantuesque

Grâce à cette collaboration internationale de grande envergure, un « suspect » est vite identifié dans la zone. Dans le jargon astronomique, il s’agit d’un « blazar », portant le matricule TXS 0506 + 056. Contraction de « blazing quasar » (« quasar flamboyant » en français), un blazar désigne une galaxie dont le cœur est occupé par un trou noir gargantuesque. La masse de la bête peut équivaloir à plusieurs milliards de fois celle du Soleil, et autour d’elle gravite un disque de matière surchauffée qui, petit à petit, est avalée par le trou noir.

L’énergie mobilisée dans ces phénomènes est au-delà de l’imaginable. Deux jets de particules chargées s’échappent perpendiculairement au noyau de la galaxie à une vitesse proche de celle de la lumière, comme les deux cônes d’un gigantesque phare céleste. Si ce quasar nous semble flamboyant vu de la Terre, c’est parce que nous nous trouvons précisément dans l’axe d’un de ces cônes.

D’après les observations effectuées dans les heures et les jours qui ont suivi l’alerte, il apparaît que TXS 0506 + 056 est bien en phase active. Toute la difficulté, pour les chercheurs, a consisté à déterminer si le blazar était le parent du neutrino observé ou si la concomitance des deux phénomènes n’était due qu’au hasard. Une analyse statistique complexe a donc été menée par Anna Franckowiak : « Nous avons calculé que la probabilité qu’il s’agisse d’une simple coïncidence était environ d’une chance sur mille », explique cette chercheuse au synchrotron allemand DESY.

Une chance sur mille, cela peut sembler insignifiant mais ce chiffre laisse un degré d’incertitude peu tolérable pour des physiciens. L’équipe d’IceCube s’est donc replongée dans ses archives et a déniché une douzaine d’autres neutrinos provenant de la direction de TXS 0506 + 056. La probabilité d’une pure coïncidence est tombée à une chance sur cinq mille. « Cela commence à devenir sérieux », commente Kumiko Kotera, qui souligne cependant que ce chiffre ne répond pas encore aux standards très rigoureux de l’astrophysique.

L’astronomie « multimessagers »

La chercheuse ne boude toutefois pas son plaisir, consciente d’être vraisemblablement en face d’une découverte historique. Elle souligne que, au-delà de la première identification d’une source de rayons cosmiques, ces travaux constituent un pas de plus vers un nouvel âge de sa science, celui de l’astronomie « multimessagers ». Pendant longtemps, les astronomes n’ont eu que la lumière visible des étoiles et des planètes pour travailler, puis leur palette s’est élargie à d’autres « couleurs », d’autres parties du spectre électromagnétique – ondes radio, infrarouge, UV, rayons X et gamma.

Et en une poignée d’années, de nouveaux messagers des astres sont entrés en scène : les ondes gravitationnelles, détectées pour la première fois en 2015 (et dont les découvreurs ont reçu le prix Nobel de physique 2017), et désormais les neutrinos de haute énergie. En combinant les messagers, les astrophysiciens auront à la fois « la couleur et la texture » du tableau qu’ils contemplent, pour reprendre l’image de Kumiko Kotera.

Directrice de la National Science Foundation américaine, qui finance en grande partie IceCube, France Cordova ne s’y est pas trompée, qui a réagi à l’annonce sur TXS 0506 + 056 en déclarant : « L’ère de l’astrophysique multimessagers a commencé. Chaque messager (…) nous donne une compréhension plus complète de l’Univers ainsi que d’importants nouveaux enseignements sur les objets et les phénomènes les plus puissants du cie

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Extrait vidéo - 924454797_00474a-276832_0002µ

© Fournis par Clubic Extrait vidéo – 924454797_00474a-276832_0002

En ouverture de sa conférence annuelle, IBM va dévoiler un ordinateur qui atteint un niveau inédit de miniaturisation, et la photo est là pour le prouver : il n’excède pas la taille d’un grain de gros sel. En terme d’application, IBM l’envisage comme un concurrent des puces RFID dans le suivi électronique des biens.

Cette micro-machine est petite mais en revanche pas très costaude : sa puissance n’excède pas celle d’un PC de 1990.

Un best-seller en puissance ?

IBM n’est plus un fabricant de PC, et la compagnie veut en faire la démonstration. Ce lundi 19 mars, elle va dévoiler en lever de rideau de sa conférence annuelle IBM Think 2018, ce qu’elle pense être l’un de ses best-sellers pour les années à venir : le plus petit ordinateur jamais construit. Dimensions de cette machine : 1x1mm. La photo d’illustration montre le lilliputien en situation et c’est assez parlant : ce micro-ordinateur tient au bout d’un doigt et sa taille n’excède pas celle d’un grain de gros sel.

En terme de puissance en revanche, cet ordinateur de dernière génération ne fait pas mieux qu’un processeur Intel x86 de 1990 ! Mais son intérêt est ailleurs : à fabriquer, il ne coûte que 10 centimes de dollars et il pourra embarquer, selon IBM, plusieurs centaines de transistors. Un profil qui en fait un outil idéal pour analyser, communiquer et même agir sur des données.

Le traçage parfait

A quoi IBM destine-t-il son invention ? L’industriel veut en faire l’accessoire du développement de la blockchain dans le monde réel. Ce micro-ordinateur pourra, et c’est le premier exemple cité par IBM, servir au suivi des marchandises en transit dans le monde. Grâce à la cryptographie, il permettra de détecter automatiquement le vol, la fraude et les problèmes de non-conformité. En le scannant, un opérateur pourra consulter toutes les données qu’il contient.

IBM ne donne pas encore de date de sortie de cet ordinateur de la taille d’un grain de gros sel. Mais il estime que, sous 5 ans, on le retrouvera partout, lui ou des produits concurrents, dans de très nombreux objets et appareils du quotidien. Le futur sera donc à observer… au microscope.

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Le FLIP est un bateau qui passe de l'horizontale à la verticale

© Gentside Le FLIP est un bateau qui passe de l’horizontale à la verticale

Un bateau de recherche américain appelé FLIP n’est pas comme les autres. Il se tourne à la verticale alors qu’on pourrait penser qu’il coule. La majorité du bateau ressemble d’ailleurs plus à un sous-marin.

En se mettant à la verticale, c’est plus de 90 mètres de sa coque qui se retrouve submergé alors qu’il ne reste que 17 mètres à l’air libre. Le résultat est impressionnant, et permet des analyses scientifiques très précises.

Passant de l’horizontal à la vertical, le FLIP doit être adapté à la vie dans les deux plans. Vous vous souvenez du film Inception? Lorsque le sol devient mur et les murs deviennent sol? Dans ce bateau, c’est la même chose. Un exemple très simple: Il y a toujours deux éviers, un à l’horizontale, et un à la verticale.

Ce bateau/sous-marin n’a pas de moteur, il doit donc être remorqué jusqu’au lieu voulu. Cela prend ensuite 30 minutes pour que le bateau se retourne.

Le FLIP a été construit en 1962, à une époque ou le progrès scientifique était synonyme de puissance. « Il a été construit dans la décennie ou on essayait d’atteindre la Lune, donc tout le monde pensait en grand » explique Robert Pinkel, professeur émérite à l’Université de Californie.

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Le FLIP permet de mesurer les signaux acoustiques, la température et la densité de l’eau, la hauteur des vagues, qui permettent d’accumuler des données météorologiques et de comprendre l’influence de l’océan sur l’acoustique.

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Visa NFC anneau© Fournis par Clubic Visa NFC anneau

Visa rend disponible son anneau NFC. L’appareil permet de régler des achats sur les bornes compatibles sans avoir à sortir une carte ou un smartphone de sa poche.

Visa entend régler la question de l’appareil permettant de payer via la technologie NFC. Le groupe américain propose une bague compatible avec ce moyen pour une cinquantaine de dollars, aux Etats-Unis. Pour les commandes réalisées en ce moment, les livraisons seront lancées en décembre.

L’anneau NFC se place en concurrent certes relatif mais en face tout de même de moyens de paiements tels que certains bracelets connectés ou des montres connectées telles que l’Apple Watch. Le système est autonome en énergie puisqu’il se recharge à chaque transaction par le biais du terminal de paiement. L’anneau est également étanche jusqu’à 50 mètres.

Cet anneau a été testé durant les jeux olympiques de Rio. Certains athlètes avaient accès à cette bague en céramique développé en partie par Visa. L’appareil est muni d’une puce Gemalto et d’une antenne NFC. Plus d’une quarantaine d’athlètes des JO en furent équipés au cours d’une phase de tests en conditions réelles.

Visa NFC anneau

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Notre Système solaire renferme-t-il une neuvième planète ? Il semblerait que oui. Cette géante gazeuse serait comparable en masse et en taille à Neptune et aurait migré, très tôt dans son histoire, à plus de 30 milliards de kilomètres du Soleil. Sa présence avait déjà été postulée pour expliquer certaines caractéristiques du Système solaire. Aujourd’hui, deux astronomes du célèbre California Institute of Technology (Caltech) enfonce un peu plus le clou : les caractéristiques de certains corps de la ceinture de Kuiper ne semblent pas dues au hasard.

 

 

 

Des exoplanètes de masses comprises entre celle de la Terre et celle de Neptune sont nombreuses dans la Voie lactée et certains chercheurs se sont étonnés que notre Système solaire n'en possède pas. D'autres ont postulé leur existence mais ont fait intervenir des migrations ayant conduit ces exoplanètes à être avalées par le Soleil ou éjectées sur des orbites lointaines il y a environ 4,5 milliards d'années. Il se pourrait qu'une planète ressemblant à Neptune, que l'on voit ici sur cette photo prise par la sonde Voyager, existe bel et bien en orbite autour du Soleil, loin au-delà de Pluton. © NasaDes exoplanètes de masses comprises entre celle de la Terre et celle de Neptune sont nombreuses dans la Voie lactée et certains chercheurs se sont étonnés que notre Système solaire n’en possède pas. D’autres ont postulé leur existence mais ont fait intervenir des migrations ayant conduit ces exoplanètes à être avalées par le Soleil ou éjectées sur des orbites lointaines il y a environ 4,5 milliards d’années. Il se pourrait qu’une planète ressemblant à Neptune, que l’on voit ici sur cette photo prise par la sonde Voyager, existe bel et bien en orbite autour du Soleil, loin au-delà de Pluton. © Nasa

L’article publié dans Astronomical Journal par Mike Brown et Konstantin Batygin a explosé comme une bombe hier, mercredi 20 janvier 2016. Comme l’expliquent les deux astronomes dans la vidéo ci-dessous, ils pensent, rien de moins, avoir découvert une nouvelle planète dans le Système solaire.

Il ne s’agirait pas d’une planète naine comme Pluton ou Éris, précise d’emblée Mike Brown. En effet, selon le chercheur, avec une masse estimée à environ 10 fois celle de la Terre, une telle planète dominerait nettement son environnement du point de vue de la gravité. Elle réunirait en fait toutes les conditions faisant d’elle une planète au plein sens du terme, comme c’est le cas de la Terre ou Jupiter. Avec un périhélie et un aphélie estimés respectivement à 200 unités astronomiques (UA) et 600 voire 1.200 UA, l’astre bouclerait son orbite en 10.000 à 20.000 ans à une distance du Soleil de l’ordre de 20 fois celle de Neptune. Cet objet astronomique étant très peu lumineux et très froid, il n’ait guère étonnant qu’il ait échappé jusqu’à présent à toute détection, y compris avec les instruments de la mission Wise.

Il y aurait donc une neuvième planète dans le Système solaire. Avant le déclassement de Pluton, sa découverte aurait été saluée comme celle de l’un des serpents de mer de l’astronomie : la planète X. En fait, l’existence supputée de cet astre ­– que Brown et Batygin ont temporairement baptisé Phattie, peut-être en référence à un instrument de musique (une grosse caisse) ­–, était attendue depuis quelques années suite à la découverte des exoplanètes.


Dans cette vidéo, Batygin et Brown présentent leurs travaux sur la possible existence d’une neuvième planète. Notez l’étrange regroupement des orbites des corps de la ceinture de Kuiper les plus lointains connus. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle avec deux barres horizontales en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître, si ce n’est pas déjà le cas. En cliquant ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, vous devriez voir l’expression « Traduire les sous-titres ». Cliquez pour faire apparaître le menu du choix de la langue, choisissez « français », puis cliquez sur « OK ». © Caltech

Cette géante gazeuse aurait migré il y a des milliards d’années

De nombreuses géantes gazeuses avaient tout d’abord été mises en évidence sur des orbites très rapprochées autour de leurs étoiles hôtes. Cela avait conduit à postuler l’existence de fréquentes migrations planétaires d’envergure dans les jeunes systèmes planétaires puis celle de nombreuses exoplanètes dont les masses seraient comprises entre celles de la Terre et de Neptune, notamment des superterres. Plusieurs chercheurs avaient ensuite modélisé la formation des planètes en tenant compte de l’importance des migrations planétaires. Ils en avaient déduit que notre propre Système solaire avait probablement dû contenir, à ses débuts, une superterre ou bien une autre géante gazeuse. Ce corps aurait été rapidement éjecté du Système solaire interne par les interactions gravitationnelles avec Jupiter et Saturne et placé sur une orbite éloignée, bien au-delà de la ceinture de Kuiper.

Il y a quelques années, le célèbre David Nesvorny, du Southwest Research Institute (SwRI), dans le Colorado, était ainsi arrivé à la conclusion que sans une cinquième planète géante semblable à Neptune et éjectée par les perturbations gravitationnelles, Vénus et Mars auraient été détruites. Il avait accrédité l’hypothèse de l’existence de cette cousine de Neptune en montrant notamment qu’elle permet d’expliquer l’une des énigmes de la structure du Système solaire : l’existence du « noyau » (kernel en anglais) de la ceinture de Kuiper.

Mais doit-on pour autant prendre au sérieux l’hypothèse de Konstantin Batygin et Mike Brown ? De nombreuses raisons y poussent, dont certaines seront examinées plus en détail dans un prochain article.

Sur ce diagramme, on constate que les axes des orbites des plus lointains corps de la ceinture de Kuiper connus (comme Sedna) sont étrangement regroupés dans des directions voisines mais aussi que, sur leurs orbites, ces corps eux-mêmes sont rassemblés dans une région. Selon les chercheurs, de telles caractéristiques n'ont que 0,007 % de chance d'être l'œuvre du hasard. Cependant, elles s'expliquent très bien en postulant dans des simulations numériques un corps céleste d'environ 10 fois la masse de la Terre sur une orbite opposée aux précédentes et actuellement éloigné des autres objets, comme le montre le dessin de l'artiste. Il s'agirait de la Planète 9, Planet Nine en anglais. C'est son champ de gravitation qui piègerait en quelque sorte les orbites des petites planètes, les empêchant de dériver pour adopter des caractéristiques dispersées.
Sur ce diagramme, on constate que les axes des orbites des plus lointains corps de la ceinture de Kuiper connus (comme Sedna) sont étrangement regroupés dans des directions voisines mais aussi que, sur leurs orbites, ces corps eux-mêmes sont rassemblés dans une région. Selon les chercheurs, de telles caractéristiques n’ont que 0,007 % de chance d’être l’œuvre du hasard. Cependant, elles s’expliquent très bien en postulant dans des simulations numériques un corps céleste d’environ 10 fois la masse de la Terre sur une orbite opposée aux précédentes et actuellement éloigné des autres objets, comme le montre le dessin de l’artiste. Il s’agirait de la Planète 9, Planet Nine en anglais. C’est son champ de gravitation qui piègerait en quelque sorte les orbites des petites planètes, les empêchant de dériver pour adopter des caractéristiques dispersées. © Caltech/R. Hurt (IPAC)

Une neuvième planète que traquera le télescope Subaru

Les deux chercheurs ne sont pas des inconnus ; leurs compétences leur ont valu de devenir membres du célèbre Caltech, l’institut californien où ont enseigné le légendaire Richard Feynman, Murray Gell-Mann (l’un des pères de la théorie des quarks et de la QCD) et Kip Thorne, à l’origine du scénario d’Interstellar.

Brown, en particulier, a découvert Éris en 2003, plus massive que Pluton et laissant penser que d’autres objets similaires existaient dans la ceinture de Kuiper. L’Union astronomique internationale (UAI) s’est alors vue contrainte de définir le terme « planète » pour la première fois de façon formelle, ce qui a conduit à déchoir Pluton de son titre de neuvième planète du Système solaire afin d’éviter une inflation du nombre de corps célestes pouvant prétendre à ce titre. Brown a à son tableau de chasse d’autres objets transneptuniens importants, dont Quaoar, Sedna et Makémaké. Il étudie aussi Europe et son océan.

Konstantin Batygin, d’origine russe, est considéré comme un prodige par ses collègues. À moins de 30 ans, le chercheur a déjà cosigné 45 articles sur la dynamique planétaire. Certains l’ont été avec le célèbre Alessandro Morbidelli, le mathématicien et astronome qui a fait de multiples contributions à la compréhension de la structure et de l’évolution du Système solaire. Avec ses collègues, Morbidelli a bouleversé notre conception de la formation du Système solaire en introduisant le fameux modèle de Nice reposant sur des migrations planétaires. Or, comme le rapporte le journal Science, Morbidelli a examiné le papier des deux chercheurs. Il a trouvé que leur travail était solide et plutôt convaincant.

Batygin et Brown ont eux-mêmes commencé par être très sceptiques et ils comprennent parfaitement la réaction de leurs collègues découvrant leur folle hypothèse. Mais, si l’on en croit la fameuse déclaration attribuée à Niels Bohr, l’hypothèse des deux chercheurs est assez folle pour être exacte. Pourtant, tout le monde ne sera sans doute pleinement convaincu que lorsque l’image de la neuvième planète apparaîtra grâce aux capteurs CCD d’un télescope. Ceux de Subaru et du W. M. Keck Observatory sont assez puissants pour détecter la planète dans la région de la voûte céleste où elle pourrait se trouver mais cela pourrait bien prendre 5 ans, notamment parce qu’étant donné sa distance, elle bouge très lentement et est donc peu différent d’une étoile faiblement lumineuse. Un autre télescope aurait de meilleures chances de la trouver rapidement mais il est encore en construction : le LSST

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Saint-Lary. Le père  des Bogdanoff est décédé

Le père  des Bogdanoff est décédé ()

Le père  des Bogdanoff est décédé

Youra Bogdanoff, père des célèbres frères Igor et Grishka Bogdanoff est décédé cette semaine. D’origine russe, il était né le 28 janvier 1928 à Saint-Pétersbourg. Artiste-peintre, il s’était établi à Saint-Lary avec son épouse Maya, avant la naissance de leurs premiers enfants, Igor et Grichka. Les frères Bogdanoff ont quatre frères et sœurs plus jeunes : François, Laurence, Géraldine et Véronique.

Un recueillement en sa mémoire aura lieu le mercredi 8 août, à 11 heures, au cimetière de Saint-Lary. La Dépêche du Midi présente ses condoléances à la famille.

La Dépêche du Midi

La Gazette de Puteaux:

Toute l’équipe de la Gazette de Puteaux ,présente  ses condoléances à la famille Bogdanoff.

 

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Les Bogdanov : « Nous faisons partie de la même famille scientifique qu’Einstein »

Le Point.fr-

Le dernier livre des jumeaux rendus célèbres par l’émission « Temps X » vient de sortir. Mais Igor et Grichka ne font toujours pas l’unanimité.

 

 

Igor et Grichka Bogdanov, dans leur bureau parisien.©Le Point.fr

D’imposantes bibliothèques rassemblant de vieux livres aux allures de grimoires, héritage familial venu du château du Gers dans lequel ils sont nés, habillent tous les murs de la pièce. De gros fauteuils en cuir, une mappemonde hors d’âge, un bureau ancien en bois sombre… Entrer dans le bureau des frères Bogdanov sis chez Grichka, à Paris, c’est un peu pénétrer l’antre d’un savant des siècles passés. Même s’ils sont accrochés à leur iPhone, on a le sentiment d’être bien loin de l’époque d’Internet. Igor et Grichka parlent d’une seule voix, grave. Chaque mot est si bien énoncé que les phrases bercent ceux qui les écoutent. La danse de leurs gestes, larges et doux à la fois, hypnotise ceux qui les regardent, lorsque le regard ne s’attarde plus sur leurs visages hors du commun.

Verve

À les regarder parler et à les écouter bouger, les raisons de leur succès fulgurant dans les années 1980 avec Temps X ne font aucun doute. Les frères Bogdanov savent s’exprimer et capter l’attention. Ils vulgarisent si bien la science que chacun se sent davantage savant après les avoir écoutés. Dans leur dernier opus, La pensée de Dieu (Grasset, 19 euros), Igor et Grichka parviennent une fois de plus à entraîner le quidam à la découverte des concepts les plus obscurs, pour cette fois aborder le thème de l’origine du monde. Rien que cela. Leur credo : comment tout a-t-il pu être si bien réglé pour que notre univers voie le jour, pour que les lois de la nature soient si bien rodées ? Une certitude : les deux frères n’ont pas perdu leur verve durant les dix ans qu’ils ont « consacrés à la recherche » pour travailler sur leurs thèses de mathématiques et de physique.

Ainsi, pour rendre concret le concept d’infini, les auteurs expliquent que « les nombres entiers (1, 2, 3, 4, 5…) ne sont pas plus nombreux que les nombres pairs (2, 4, 6…) ». Et d’expliciter en rappelant que, « pourtant, on a l’impression que les nombres entiers sont deux fois plus nombreux que les nombres pairs ». Comment ne pas en convenir ? Ils sont fortiches. C’est indéniable : leurs propos sont intelligibles et le lecteur adhère.

Attaques

Mais s’ils sont d’excellents vulgarisateurs de la science, leurs recherches font moins l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Récemment, une pétition a été signée par plus de 300 physiciens, mathématiciens, astronomes et autres scientifiques en soutien au cosmologiste Alain Riazuelo. Celui-ci avait été condamné par la justice pour avoir publié les travaux des frères sans leur autorisation et avoir soutenu qu' »ils n’avaient pas de valeur scientifique ».

Des attaques que les jumeaux balaient de quelques phrases : « Nous faisons partie d’une famille de scientifiques plus avant-gardiste que la communauté traditionnelle, qui a pour mission de défricher des terrains qui n’ont pas encore été conquis par la science. Sans aucune forme d’orgueil, nous faisons partie de la même famille qu’Einstein : lui aussi a été très discuté à son époque, parce qu’il avançait des idées nouvelles, à contre-courant. » Certes, leur volonté d’expliquer ce qui s’est passé avant même le big bang a été vue par nombre de scientifiques comme une question dénuée de sens. « Un peu comme chercher un point qui serait un kilomètre au nord du pôle Nord« , expliquent-ils dans un souci toujours très pédagogique.

Dans le rythme immuable de leur discours, à chaque nouvelle idée, sa citation. Une ponctuation qui tombe comme une preuve, estampillée de la crédibilité d’un autre. Ainsi, les frères Bogdanov se sentent proches d’Einstein l’incompris, qui assurait que « ce qui compte en science, c’est moins les connaissances scientifiques que l’imagination ».

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