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A Madagascar, le millier d’hectares qui abrite la plus petite grenouille du monde est menacé par la production illégale de charbon, dénonce dans une tribune au « Monde » Alexandre Poussin.

Publié le 18 avril 2019 à 19h00 – Mis à jour le 19 avril 2019 à 11h14   Temps deLecture 4 min.

 

« Stumpffia vohibolensis », la plus petite grenouille du monde, vit dans les forêts primaires de Madagascar et mesure à peine plus de 1 cm.
« Stumpffia vohibolensis », la plus petite grenouille du monde, vit dans les forêts primaires de Madagascar et mesure à peine plus de 1 cm. Alexandre Poussin

Tribune. Ici point de houille, de sidérurgie, d’empires qui s’affrontent à coups de canon. Point de tronçonneuses, ni de multinationales prédatrices, de grands propriétaires terriens avides de monocultures, d’hommes politiques véreux vendant leur âme à la Chine. C’est une guerre lente, sans éclats, entre de pauvres hères et les frondaisons des dernières forêts primaires de Madagascar, mue par l’impérieuse nécessité de nourrir leurs enfants. Madagascar carbure au charbon de bois.

On peut rétorquer, par salves : et le gaz, l’électricité, les réchauds à pétrole ? Ecrans de fumée. La réalité, c’est que 28 millions de personnes cuisinent au charbon de bois. Deuxième salve : mais le bois, c’est renouvelable ? Pas encore ici. Les sapeurs solitaires s’attaquent aux dernières forêts primaires, les jeunes plantations n’arrivent pas à maturité, quand elles voient seulement le jour. Leur ressource ce sont les forêts gratuites, publiques, offertes par mère Nature, Dieu, Zanahary. Alors les forêts reculent sous les assauts de millions de charbonniers qui n’ont que ça pour vivre.

Faire reculer la pauvreté

Le front n’est pas uni. L’ennemi ne peut pas se combattre en une guerre éclair, car il faudrait pouvoir faire reculer la pauvreté. Or celle-ci ne fait que croître. Au sommet de la pyramide, les commanditaires de cette destruction massive savent en tirer profit. Ils envoient leurs régiments de sapeurs en une noria que rien ni personne ne peut arrêter.

Nous sommes des témoins extérieurs, mais engagés, qui rêvons de forêts primaires et de biodiversité protégée. Depuis 2016, nous tentons de préserver la dernière forêt littorale de la côte est de Madagascar, la forêt de Vohibola, un timbre-poste vert de 1 000 hectares, coincé entre la mer et le canal des Pangalanes. Sur 2 000 km, il n’y en a plus d’autre. Nous le faisons, car elle abrite la plus petite grenouille du monde, la Stumpffia pygmaea, endémique de Madagascar et dont la taille ne dépasse pas quelques mm. On y rencontre aussi le plus petit caméléon du monde, Brookesia minima, classé en danger d’extinction par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

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Nous le faisons aussi pour les populations riveraines pour lesquelles la forêt est sacrée car, selon leurs croyances, leurs ancêtres y vivent. D’où le nom de l’association à travers laquelle nous tentons d’agir : Razan’ny Vohibola, « les ancêtres de la forêt ». Ses moyens modestes reposent sur des financements participatifs et un partenariat avec une entreprise locale.

Mais vouloir protéger une forêt à Madagascar, c’est souvent précipiter sa perte. C’est s’attaquer aux intérêts de ceux qui la pillent. Quand il s’agit du détenteur de l’autorité locale ayant deux ou trois gendarmes à sa botte, le combat est inégal. Les prédateurs ont en poche des autorisations de coupe et de charbonnage achetées à la commune voisine, dûment tamponnées, précisant une parcelle d’exploitation sur laquelle il n’y a plus un arbre…

Les braconniers viennent la nuit commettre leur forfait dans Vohibola et déposent discrètement le fruit de leur « travail » dans des petits stocks cachés le long du canal des Pangalanes qui borde la forêt. Puis entrent en scène les transporteurs pour ramasser ces stocks et les acheminer grâce à des connivences, elles aussi monnayées. Le système est bien huilé. Tout cela est bien évidemment interdit par la loi car, à Madagascar, la forêt est officiellement protégée.

Mascarade grotesque

Depuis trois ans, entre les gardiens de Vohibola qui ne sont pas armés et les charbonniers qui le sont souvent, c’est le jeu du chat et de la souris. En mars, plus de 6 hectares ont été charbonnés et une centaine de lémuriens massacrés. L’alerte lancée par Razan’ny Vohibola et relayée par une pétition sur le site de l’ONG Avaaz a soulevé l’indignation et l’arrêt temporaire des coupes. Les gardiens de Vohibola en ont payé le prix par une arrestation organisée au mépris de toutes les règles d’un Etat de droit.

Menottés, yeux bandés, ils ont été traînés à la direction régionale des eaux et forêts, à 60 km de là, pour une mise en scène devant un parterre de journalistes aux ordres avec un gros titre : « Filière de trafiquants démantelée ». La chose était crédible : des gendarmes, le maire, le directeur des eaux et forêts de la région, avec un mandat de perquisition signé par le procureur de la capitale économique du pays, mais qui a été appliqué comme un mandat d’arrestation accompagné d’humiliations et de brimades !

A peine plus grand qu’un pouce, « Brookesia minima », est le plus petit caméléon du monde. Il vit à Madagascar. L’espèce est classée en danger d’extinction par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).
A peine plus grand qu’un pouce, « Brookesia minima », est le plus petit caméléon du monde. Il vit à Madagascar. L’espèce est classée en danger d’extinction par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). CC 2.0

Le ministère de l’environnement a heureusement mis un terme à cette mascarade grotesque. Les gardiens ont été relâchés, mais la coupe a depuis repris. Preuve que les trafiquants, fussent-ils des représentants de l’Etat se sentent toujours au-dessus des lois.

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Le nouveau gouvernement a pris des engagements pour que la protection des forêts à Madagascar devienne une réalité. Un programme de reforestation a été annoncé pour commencer à réparer des années de destruction massive. C’est une urgence si l’on veut sauver les dernières forêts primaires et si l’on veut préserver l’environnement dont dépendent les plus pauvres pour se nourrir. L’avenir de Vohibola ne tient qu’à la détermination de faire de ces paroles des actes. Pour que soit enfin mis un terme à l’impunité qui a permis au business des charbonniers de prospérer. Pour le nouveau gouvernement, Vohibola aura valeur de test.

Alexandre Poussin est le cofondateur de l’association Razan’ny Vohibola. De 2014 à 2018, Alexandre Poussin a fait le tour avec sa femme et leurs deux enfants de l’île de Madagascar en charrette à zébus. Une aventure dont il a fait un film intitulé Madatrek.

Alexandre Poussin (Cofondateur de l’association Razan’ny Vohibola)

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Ce petit primate est en grand danger à cause de la déforestation et du braconnage.

Publié le 22 avril 2019 à 16h06

 

A Madagascar, le lémurien est consommé ou revendu comme animal de compagnie. Il souffre également du trafic illégal de bois qui contribue à la destruction de son habitat naturel et, plus largement, des forêts. En 60 ans, près de la moitié des forêts malgaches a disparu. Pour ralentir le mouvement, l’Etat tente d’impliquer les populations locales.

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jeudi 2 mai | Arena R.

La charte de bonne conduite et d’intégrité pour les élections législatives élaborée par le comité paritaire composé des organisations de la société civile, et des institutions comme le Bianco et la CENI suscite des réticences. Tout comme lors des présidentielles de 2018, cette charte n’a reçu qu’une faible adhésion. La charte repose sur la bonne foi, l’honnêteté intellectuelle et le sens des responsabilités des candidats comme tout code d’éthique.

A Analamanga, 63 candidats sur 103 ont signé la charte mardi dernier. A l’instar de Lanto Rakotomanga, candidate de la plateforme « Miaraka amin’i Andry Rajoelina » aux législatives du 2ème arrondissement d’Antananarivo-Renivohitra, la plupart des candidats députés du régime dans la région d’Analamanga n’ont pas signé la charte de bonne conduite aux législatives.

Lanto Rakotomanga, explique que la charte est avant tout une règle morale et non une loi, et devient ainsi non-contraignante. Cette députée sortante Mapar du 2è arrondissement d’Antananarivo Renivohitra estime ainsi que le code électoral est amplement suffisant pour faire régner un climat d’apaisement et organiser des élections en toute transparence. « La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ou encore la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) sont garantes de l’application de ce code, alors, qu’elles prennent leurs responsabilités si un débordement est constaté et vérifié », affirme-t-elle. Selon toujours cette fervente partisane d’Andry Rajoelina, la Charte en soi s’annonce comme une attaque envers un candidat en particulier.

Du côté du TIM, les députés dans la région d’Analamanga, fidèles à la discipline du parti, comme leur président national, Marc Ravalomanana, l’a toujours martelé, ne comptent pas s’adhérer à cette charte tant qu’il n’y pas de consignes venant du bureau politique. Les candidats du TIM aux législatives prétendent que la charte et la démarche d’adhésion à celle-ci reste floue.

Les 12 entités qui composent le comité paritaire ayant élaboré la charte baptisée « Toky Nomena » soutient que l’objectif serait de « restaurer la dignité des élus au sein du parlement ». Elle a été réalisée afin d’assurer que « les députés assument dignement leurs responsabilités et mettent l’intérêt du peuple avant les leurs ». « Le fait d’adhérer aux dispositions des textes de la charte, prouve que le député s’engage à être un député digne et bien intentionné », explique le comité paritaire.

Lors du lancement de ce « Toky Nomena », le comité paritaire a expliqué que la structure de celle-ci est similaire à celle de la charte élaborée pendant l’élection présidentielle. Les entités ayant élaboré cette charte sont la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), le Conseil pour le Fampihavanana Malagasy (CFM), le CNIDH, le SAMIFIN, le HCCDED, l’observatoire Rohy, Fandio, Transparency international, ONG Tolotsoa et Justice et paix.

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Le jet privé affrété par Andry Rajoelina.

Suite à l’article publié dans le Journal de l’île de la Réunion du 27 juillet intitulé :« Andry TGV détourne un avion du vol Réunion/ Tuléar », et reproduit par un journal malgache ce mercredi 29 juillet 2009, la Présidence de la Haute Autorité de la Transition (HAT) dément formellement ces affirmations. La Présidence de la HAT a tenu, le jour même de parution de cet article à Madagascar, à souligner que le vendredi 24 juillet 2009, le Président de la HAT a relié Tana-Tuléar-Tana à bord d’un jet privé. Sa suite affrétant un vol régulier d’Air Madagascar, a quitté Antananarivo le vendredi 24 juillet 2009.

De ce fait, le président de la HAT dément toutes fausses informations rapportant que le Président Andry Rajoelina est arrivé à Tuléar le jour du jeudi 23 juillet 2009. Pour le voyage à Tuléar, le Président de la HAT a quitté Antananarivo le vendredi 23 juillet 2009 vers 8heures 15 à bord de son jet. Il est arrivé à Tuléar vers 9 heures 30 du matin. Le vol MD 712 du Aire Madagascar a quitté Ivato Aéroport ce vendredi 23 juillet 2009 vers 6heures 30 du matin pour atterrir à Tuléar vers 8 heures du matin. La Présidence de la HAT met en garde toutes personnes divulguant des propos diffamatoires à l’endroit du Président de la HAT Andry Rajoelina et sollicite vivement les organes de presse concernés à recouper les informations avant de les diffuser.

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SOURCE https://www.madagascar-tribune.com

Jeudi 28 mars | Arena R.

Les syndicalistes au sein du service des domaines ont donné un ultimatum de 72h aux autorités pour libérer les employés de ce service détenus en prison. Sans cela, ils menacent de faire un déballage sur les ventes de terrains domaniaux effectués par les régimes successifs.

Impliqués dans des affaires de vente de terrain domanial dans la capitale dont notamment la villa Elisabeth, à Ivandry et le jardin d’Antaninarenina, un ancien directeur général et deux autres employés des services fonciers, ont été placés sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Antanimora.

Lors de la conférence de presse qu’ils ont tenu hier à Anosy, ces syndicalistes ont réclamé ainsi la tête des commanditaires dans ces affaires. Ces fonctionnaires ne feront qu’obéir à leur supérieur hiérarchique, et ne seront que de simples exécutants affirment-ils. Julien Reboza, ancien vice-premier ministre à l’époque, est particulièrement pointé du doigt dans notamment l’affaire de la vente de la Villa Elisabeth à Ivandry. Ce dernier, est déjà comparu devant les juges du Tribunal anti-corruption mais étant donné son statut d’ancien membre du gouvernement de l’époque, son dossier a été transféré à la Haute cour de la Justice (HCJ) qui en l’absence de l’Assemblée nationale ne pourra encore rien faire. L’ancien Vice-Premier ministre du gouvernement de Jean Omer Beriziky, lors de la Transition, n’a en tout cas pas souhaité s’exprimer sur ses accusations. « Laissons la Justice faire son travail », affirme-t-il.

A cause de la lourdeur des procédures au sein de la Haute Cour de la Justice, les syndicalistes craignent que les principaux acteurs et donneurs d’ordre ne soient pas inquiétés. Raison pour laquelle ils exigent à ce qu’il n’y ait pas deux poids et deux mesures dans les décisions du tribunal dans ces affaires.

La vente des terrains domaniaux a toujours été un sujet très sensible et a été souvent dénoncé par la société civile depuis de nombreuses années à Madagascar.

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La stratégie de riposte à l’épidémie prévoit de faire vacciner entre 7 à 8 millions d’enfants. Reportage à Diego-Suarez, dans le nord de la Grande Ile.

Par Laure Verneau

Vaccinations contre la rougeole au collège privé Notre-Dame de Diego-Suarez, dans le nord de Madagascar, le 23 février 2019.
Vaccinations contre la rougeole au collège privé Notre-Dame de Diego-Suarez, dans le nord de Madagascar, le 23 février 2019. Laure Verneau

Sur un lit du centre hospitalier Tanambao I à Diego-Suarez, dans le nord de Madagascar, Anastasia gît sur le ventre. A 4 ans, l’enfant, qui ne pèse que 4 kilos, est amorphe, peau bosselée, un maigre filet d’air entrant et sortant de sa bouche. « On ne meurt pas du virus de la rougeole, mais de ses complications respiratoires ou neurologiques »,soupire Lalanirina Razafiarivelocheffe, du service pédiatrie du CHU.

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie de rougeole, qui sévit sur la Grande Ile depuis l’automne 2018, a tué 926 personnes. Le pays ne parvient pas à endiguer cette épidémie qui a touché 82 905 personnes entre septembre 2018 et février 2019. Pourtant, Madagasacar s’est vite mise en ordre de marche, cherchant les 11 millions de dollars (9,6 millions d’euros) nécessaires à sa campagne de vaccination et de soins depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 4 octobre 2018.« Il manque encore 900 000 dollars. Mais nous sommes confiants », assure Marcellin Nimpa, chargé de la surveillance des maladies au bureau de l’OMS à Madagascar.

Des zones difficiles d’accès

Le vaccin, qui n’est pas obligatoire à Madagascar, reste le meilleur moyen préventif, mais la couverture vaccinale est très faible. « Seuls 58 % des enfants sont couverts, selon l’OMS et l’Unicef, alors qu’on devrait avoisiner les 90 %. C’est bien trop peu », regrette Marcellin Nimpa. Face à cette situation, des unités mobiles ont été envoyées dans les zones retirées du pays pour prodiguer des soins dans la brousse.

En dépit du financement non bouclé, la campagne de vaccination contre la rougeole a débuté en janvier dans 25 districts pour les enfants âgés de 9 mois à 9 ans. Une deuxième phase a même débuté en février dans 22 districts. La prochaine sera la plus importante : elle aura lieu fin mars début avril, et elle concernera 67 districts, sur les 114 de la Grande Ile. Il s’agit de vacciner entre 7 et 8 millions d’enfants. Dans un pays avoisinant les 600 000 kmaux zones difficiles d’accès, qui plus est en pleine saison des pluies, le défi est de taille. Pourtant, dans les zones les plus retirées, les familles répondent à l’appel.

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Ils sont une petite dizaine d’élèves à attendre en file indienne dans la cour du collège privé Notre-Dame de Diego-Suarez. Sous le manguier qui les abrite d’une chaleur de plomb, les écoliers piaillent et se chamaillent. Deux infirmières venues leur prodiguer leurs premiers vaccins contre la rougeole s’affairent. Le rituel est immuable : elles désinfectent, piquent, nettoient et essuient quelques pleurs. Un seul élève de cet établissement est en situation de quarantaine, déjà malade, sûrement. « En brousse, le premier obstacle à la riposte contre la maladie est le recours tardif aux soins,déplore le docteur du Centre de santé de base (CSB), Avotra Razafimandimby. Les gens vont voir le tradipraticien par habitude, mais aussi par praticité : la consultation ne coûte rien et c’est plus proche de chez eux. »

Faible immunité de la population

Dans le CSB de Mahavanona, près de Diego-Suarez, Georges et sa femme veillent sur leur fils Fabrio, 2 ans. Le petit garçon dort, assommé par la chaleur moite de la pièce aux relents de javel où volettent quelques mouches. « Je suis allé deux fois chez le guérisseur, sans succès, avoue Georges, presque penaud. La première fois, il a réussi à faire baisser la fièvre grâce à une décoction d’écorce d’arbre et à des bains. La deuxième fois, quand la fièvre est revenue d’un coup, il lui a administré la même chose, sauf qu’il a toussé beaucoup plus fort. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. » Il aura fallu deux jours de marche aux parents pour arriver à l’établissement le plus proche : pas les moyens de se payer le taxi-brousse. Entre-temps, le virus est devenu plus virulent.

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Difficultés d’acheminement des doses de vaccins dans les zones enclavées, formation du personnel de santé à pratiquer la piqûre… Autant d’obstacles structurels qui favorisent la propagation du virus. A la faible immunité de la population s’ajoutent en outre d’autres facteurs favorisant les complications létales de la rougeole, comme par exemple la malnutrition dont un enfant sur deux souffre sur la Grande Ile. Cette épidémie d’une ampleur exceptionnelle, selon les autorités et les professionnels de santé, s’inscrit dans une hausse généralisée des cas de rougeole dans le monde.

Laure Verneau (Antananarivo, correspondance

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En moins d’une semaine, le régime d’Andry Rajoelina a neutralisé d’importantes figures faisant partie de l’entourage du chef de l’Etat sortant Hery Rajaonarimampianina.

Par Laure Verneau

Le nouveau président malgache Andry Rajoelina prend la parole lors de son investiture, à Antananarivo, le 19 janvier 2019.
Le nouveau président malgache Andry Rajoelina prend la parole lors de son investiture, à Antananarivo, le 19 janvier 2019. RIJASOLO / AFP

Les arrestations dans l’entourage de l’ex-président Hery Rajaonarimampianina se succèdent à Antananarivo, à Madagascar. Après Hugues Ratsiferana, Mbola Rajaonah a été interpellé mercredi 13 février sur le parking d’un supermarché de la capitale malgache. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle. Ancien conseiller du président sortant, M. Mbola est surtout connu pour ses activités d’homme d’affaires, en particulier dans le transit portuaire à travers sa société Tafaray. Il faisait l’objet d’une enquête du Bianco, le bureau indépendant anticorruption, depuis juillet 2017 pour des faits présumés de corruption.

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Pourtant, une source proche du dossier affirme que l’institution n’est pas à l’origine de l’arrestation. Jointe par téléphone, la brigade criminelle, qui dépend du ministère de la sécurité publique, a refusé d’indiquer qui a délivré l’ordre d’interpellation ainsi que les motifs de la garde à vue. « La procédure est clairement abusive, s’indigne MeRafidison, l’avocat de Mbola Rajaonah. Ils n’ont montré aucun mandat d’arrêt, alors que mon client a subi une fouille au corps. C’est forcément une arrestation politique, sinon il y aurait des éléments concrets dans le dossier. »

« Excès de zèle »

Cette arrestation intervient également après celle, toute aussi musclée, d’Eddy Maminirina au centre commercial La City à Antananarivo, mardi 12 février, par des policiers d’élite de l’Unité d’intervention rapide (UIR). Cet opérateur de bois de rose, cité sur la liste des trafiquants de cette essence précieuse que l’ancien premier ministre Jean-Omer Beriziky avait remis à Hery Rajaonarimampianina en 2014, était en cavale depuis septembre 2017. L’homme était sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le tribunal spécial de lutte contre le trafic de bois précieux et d’un avis de recherche émis par le Bianco.

« Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il travaille, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime, déplore Ketakandriana Rafitoson, la directrice exécutive de Transparency International. Le jour où il s’attaquera à ses propres moutons noirs, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi. »

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Ces arrestations semblent en tout cas indiquer que le nouveau président Andry Rajoelina a décidé de frapper fort dès le début de son mandat pour donner des gages de sa volonté de lutter contre la corruption. Dans une interview accordée au quotidien Les Nouvellesmercredi 13 février, le nouveau ministre de la justice, Jacques Randrianasolo, avait indiqué que les dossiers « Mbola Rajaonah et Hugues Ratsiferana ne connaîtraient aucune impunité ». M. Ratsiferana, dont le procès a eu lieu mercredi 12 février, attend, en prison, le verdict qui devrait être rendu le 19 février. Sa demande de liberté surveillée lui a été refusée.

Laure Verneau (Antananarivo, correspondance)

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