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SeaFrance a-t-elle vraiment un avenir?

 Par Emilie Lévêque –

Le tribunal de commerce statuera lundi prochain sur le sort de la compagnie de ferries en liquidation judiciaire. De nombreuses incertitudes persistent autour du projet de reprise par une coopérative ouvrière, malgré le soutien du gouvernement. Le point sur ce dossier.
La compagnie de ferries SeaFrance a été placée en liquidation judiciaire en novembre 2011

La compagnie de ferries SeaFrance a été placée en liquidation judiciaire en novembre 2011
REUTERS/Pascal Rossignol

Les salariés de SeaFrance vont devoir patienter encore six jours avant d’être fixés sur leur sort. Le tribunal de commerce de Paris, qui devait statuer aujourd’hui sur le sort de la compagnie de ferries, filiale de la SNCF en liquidation judiciaire, a reporté sa décision au lundi 9 janvier. Cette annonce était attendue: les salariés ont besoin d’un délai pour boucler le financement de leur projet de reprise par une Société coopérative et participative (Scop).

C’est quoi une Scop?C’est une entreprise dont les salariés détiennent la majorité des parts. Ils sont associés à la gestion. Ces salariés associés sont amenés à voter sur les décisions stratégiques selon le principe « 1 personne = 1 voix ». Outre leur salaire, ils peuvent en cas de bénéfice toucher des primes classiques de participation ou d’intéressement mais aussi des dividendes. Les Scop ont à l’instar des autres entreprises un objectif de rentabilité mais elles privilégient une vision de pérennité à long terme plutôt qu’un retour sur investissement à court terme. Fin 2010, on recensait 1960 Scop en France, représentant un total de 39.100 salariés. Leur taux de survie est de 74% au bout de trois ans, contre 66% pour la moyenne des entreprises.

Le projet est-il viable?Ce projet de Scop, proposé par la CFDT – syndicat majoritaire avec plus de 80% des voix du personnel navigant chez Seafrance-, est le seul dossier de reprise sur la table. Mais il n’est pas financé. Pas encore tout du moins. Jusqu’alors, le gouvernement s’était toujours montré dubitatif sur la viabilité du projet de Scop pour la reprise de la dernière société française à assurer la liaison maritime Calais-Douvres, qui emploie 880 personnes à Calais et 200 CDD saisonniers. Mais lundi, Nicolas Sarkozy, soucieux de redorer son blason sur la question de l’emploi, a effectué un revirement à 180°.

Le chef de l’Etat, qui s’est impliqué personnellement dans le dossier, a demandé à la SNCF de verser des indemnités exceptionnelles aux salariés licenciés pour leur permettre de les réinjecter dans la coopérative. Selon la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, le montant de ces indemnités pourrait atteindre 50.000 à 60.000 euros par salarié. Soit entre 44 et 52,8 millions d’euros au total. A cette somme s’ajouteraient 12 millions d’euros d’aides promises par les collectivités locales du Nord-Pas-de-Calais. Ce qui rend le projet hypothétiquement viable, la CFDT estimant qu’il faut 50 millions d’euros pour relancer l’activité. La SNCF doit cependant encore confirmer d’ici au 9 janvier son engagement financier.

Reste à savoir si le tribunal de commerce sera convaincu par ce montage financier. S’il le rejette, SeaFrance cessera définitivement toute activité et les 880 salariés pointeront au chômage. Car il n’y a aucune alternative. Une autre offre, émanant du groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA), associé au groupe de ferries danois DFDS, avait été rejetée par le tribunal de commerce de Paris le 16 novembre dernier, ce qui avait conduit la société en liquidation judiciaire. Cette offre prévoyait de conserver 460 emplois équivalent temps plein, et trois des quatre navires, pour un prix d’achat de 5 millions d’euros. Le consortium n’a pas déposé de nouvelle offre.

Que se passera-t-il si le tribunal valide le projet?Si le tribunal valide l’offre de reprise par la Scop, il faudra encore passer l’obstacle de Bruxelles. P&O, la concurrente britannique de SeaFrance, a en effet annoncé qu’elle allait porter plainte auprès de l’Union européenne contre ce qu’elle assimile à des aides d’Etat. Le 24 octobre dernier, la Commission européenne avait rejeté le plan de restructuration de la société, considérant que la solution proposée par le gouvernement français – une recapitalisation à hauteur de 160 millions d’euros via un prêt de la SNCF- n’était pas conforme aux règles européennes de la concurrence. Or la solution proposée hier par le gouvernement prévoit le rachat des quatre bateaux de l’entreprise la SNCF. L’entreprise publique ferroviaire les relouerait ensuite pour une somme modique à la Scop. Ce qui peut être considéré comme des aides indirectes de l’Etat.

Autre incertitude, de taille: le nombre de salariés réellement disposés à investir leurs indemnités au capital de la Scop. « Un nombre important réinvestiront, le nombre exact je ne sais pas », a déclaré lundi Didier Cappelle, secrétaire général CFDT du syndicat maritime Nord. Sur les 880 salariés, 600 sont adhérents de la coopérative, a-t-il précisé. La possibilité de perdre les 60.000 euros d’indemnités de licenciement risque toutefois d’en refroidir plus d’un.

Car même si tous ces obstacles sont levés, l’avenir économique de SeaFrance est loin d’être assuré. La compagnie de ferries transmanche a accumulé les difficultés ces dernières années. Confrontée à la concurrence de l’Eurostar depuis 1994, elle a aussi subit de plein fouet la crise économique de 2008. Endettée à hauteur de 185 millions d’euros, SeaFrance a perdu 36 millions d’euros en 2009 et 240 en 2010. Et ce malgré un plan social qui a conduit à la suppression de 482 postes sur 1580 l’an dernier. Or le projet de reprise par la Scop ne prévoit rien d’autre que de relancer l’activité, à l’arrêt depuis deux mois. Il ne dit pas comment renouer avec les bénéfices.

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SeaFrance: la SNCF met 36 millions au pot

 

La maison-mère de la compagnie de ferries assure qu’elle versera cette indemnité supra-légale pour indemniser les salariés qui seraient licenciés. La SNCF propose également la mise en place d’une cellule de reclassement dans le groupe.
La société de ferries Seafrance.

La société de ferries Seafrance.
Reuters

La SNCF a annoncé lundi le versement « d’une somme d’un montant global estimé à 36 millions d’euros » en plus de ce qu’exige la loi pour indemniser les salariés de SeaFrance qui seraient licenciés, une enveloppe que lui avait réclamé le gouvernement.

Le conseil d’admnistration de la SNCF a approuvé lundi matin ces indemnités exceptionnelles « afin de proposer des solutions de soutien » aux salariés de la compagnie de ferries transmanche SeaFrance, au bord de la liquidation, qui seraient licenciés, a indiqué la compagnie publique dans un communiqué.

La SNCF, maison-mère de SeaFrance, propose également la mise en place d’une cellule de reclassement et de recrutement « dans le groupe SNCF », si des licenciements avaient lieu, comme l’avait annoncé son patron Guillaume Pepy.

Le Tribunal de commerce de Paris doit rendre à la mi-journée sa décision sur la reprise ou non de la compagnie de ferries SeaFrance par une coopérative ouvrière (Scop), qui a reçu à la dernière minute le soutien de l’exploitant du tunnel sous la Manche Eurotunnel.

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