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Archive for the ‘Marina’ Category

Procès: au moins 30 ans requis contre les parents de Marina

                     Marina, à l’âge de trois et six ans. | DR.

                Lors de l’avant-dernier jour du procès des parents de Marina, qui comparaissent depuis le 11 juin devant la cour d’Assises de la Sarthe, l’avocat général a requis lundi au moins 30 ans de réclusion à l’encontre du couple. Un couple jugé pour des actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort de la petite fille, alors âgée de huit ans, à l’été 2009.


L’avocat général Hervé Drevard a laissé le choix aux jurés entre 30 ans de prison et la perpétuité. Il s’est dit plus favorable à une peine de 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 15 ans, mais a aussi donné la possibilité de la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 18 ans à l’encontre des parents. Il a aussi requis 5 à 10 ans de suivi socio-judiciaire. «Les faits sont horribles, d’une horreur tout à fait exceptionnelle», a-t-il souligné, rappelant les «mensonges, manipulations des parents», et la longue liste des tortures et humiliations infligées à la fillette dès son plus jeune âge.
L’avocat général: «un échec éminemment douloureux pour nous».
«Malgré cet acharnement, Marina n’aurait jamais dû mourir», estime néanmoins l’avocat général, qui fait référence aux défaillances dans le suivi de la petite fille, que le procès a mis en évidence. Il a souligné «le manque de clairvoyance, de pugnacité des services chargés de la protection des mineurs, dans lesquels j’inclus bien évidemment le parquet», parlant d’un «échec éminemment douloureux pour nous».
Les associations de défense des enfants, parties civiles au procès, ont affirmé que Marina aurait pu être sauvée de ses parents bourreaux si les administrations et institutions chargées de la protection de l’enfance avaient mieux joué leur rôle.
L’association La Voix de l’Enfant va «déposer plainte contre X» pour non assistance à personne en danger, à l’issue du procès, a d’ailleurs indiqué lundi lors de sa plaidoirie l’avocat de l’association, Me Francis Szpiner.

                    LeParisien.fr  avec AFP

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Marina : les parents reconnus responsables par les psychiatres

Le Point.fr-

 

Le couple comparaît devant la cour d’assises de la Sarthe pour le meurtre à l’été 2009 de sa fille de 8 ans.

Les psychiatres qui ont examiné les parents de Marina, morte à 8 ans à l’été 2009 sous les coups du couple, ont estimé jeudi, devant la cour d’assises de la Sarthe, que ni l’un ni l’autre ne souffraient d’altération du discernement au moment des faits. En dépit de « perturbations graves de la personnalité », le père, Éric Sabatier, ne présentait « pas d’altération du discernement au moment des faits », a affirmé le psychiatre Philippe Baize. « Il pense avoir toujours fait au mieux pour protéger sa fille (…) et il dit qu’il ne se pardonnerait jamais » ce qu’il lui a fait subir. « Il se désigne comme victime de sa femme. Il dit qu’il aurait dû s’interposer, mais avoir été pris dans un engrenage », a expliqué le psychiatre.

De son côté, Jean-Yves Cozic, qui a examiné la mère de Marina, Virginie Darras, a également déclaré qu’elle ne souffrait d' »aucun trouble psychique ou psychologique altérant le discernement », mais qu’il avait décelé chez elle « des éléments d’immaturité ainsi qu’une quête affective importante ». Pour la naissance de Marina, Virginie Darras avait, dans un premier temps, accouché sous X avant de revenir sur sa décision. Auparavant, l’éducatrice qui suit les enfants du couple a expliqué devant la cour leurs difficultés à revenir à une vie normale. « Eux aussi ont été victimes, pas de maltraitance, mais d’un système qui leur a volé leur enfance (…), ils ne s’autorisaient pas à être victimes », a-t-elle dit. « Pour eux, les règles d’une famille, c’était ce qu’ils avaient vécu. »

« Papa est un monstre »

Interrogé par les parties civiles sur ses actes et sur ses enfants, Éric Sabatier a répondu : « Ce qu’on peut leur dire, c’est que papa est un monstre. J’ai même pas le droit de demander pardon. Je veux que personne me pardonne. C’est impardonnable ce que j’ai fait. » « Je ne sais pas comment je suis devenu ce mec que je ne supporte plus, a-t-il poursuivi. Quand je pense à ce qu’ont vécu mes enfants, j’ai envie de mettre fin à mes jours, tout de suite. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour comprendre. »

Le matin, Jean Plessis, le psychologue qui suit Éric Sabatier, avait affirmé que « Marina avait absorbé le conflit du couple ». La fillette « était le symptôme du couple qui n’a pas fonctionné », avait estimé l’expert devant la cour. En fin d’après-midi, l’audience se poursuivait par l’audition des gendarmes qui ont mené l’enquête et procédé aux premières gardes à vue. Éric Sabatier et Virginie Darras, âgés de 40 et 33 ans, parents de cinq enfants en commun (dont Marina et une petite fille née en prison), comparaissent depuis le 11 juin pour actes de tortures et de barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné la mort. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

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Marina est morte à la suite d’un très violent coup à la tête et d’asphyxies

Par LEXPRESS.fr

 

Marina est morte à la suite d'un très violent coup à la tête et d'asphyxiesMEURTRE DE MARINA – Au 7e jour du procès, l’experte en anatomopathologie a exposé ses conclusions sur les causes de la mort de Marina Sabatier.

AFP/Gendarmerie Nationale

Le père de la fillette lui aurait donné une claque d’une telle violence que sa tête a heurté le bord de la baignoire, provoquant un hématome sous-dural. Ce sera cet hématome, cumulé aux scènes d’asphyxie en plongeant la tête de la petite fille sous l’eau, le tout aggravé par l’hypothermie, qui vont causer sa mort.

Un coup à la tête et des asphyxies. C’est ainsi qu’une experte en anatomopathologie a retracé ce mercredi devant la cour d’assises de la Sarthe les causes du décès de Marina.

Marina a eu un stress intense depuis le milieu d’après-midi », a expliqué l’experte, Caroline Rambaud, d’après l’analyse des résidus alimentaires retrouvés dans son estomac et ses poumons. « La digestion s’arrête dès qu’il y a un stress important de l’organisme », a-t-elle précisé au 7e jour du procès des parents de la fillette morte dans la nuit du 6 au 7 août 2009 à l’âge de huit ans.

Eric Sabatier et Virginie Darras, âgés de 40 et 33 ans, comparaissent depuis le 11 juin pour actes de tortures et de barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné la mort. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

Une mort d’une grande violence

Le soir, nue et placée dans un bain froid, la fillette entre autres coups a reçu de son père une claque assez forte pour projeter sa tête sur le rebord de la baignoire et y faire un éclat, provoquant un « hématome sous-dural aigü ». Ce sera cet hématome, cumulé aux scènes d’asphyxie en plongeant la tête de la petite fille sous l’eau à plusieurs reprises, le tout aggravé par l’hypothermie, qui vont causer sa mort, selon l’experte.

L’enfant est morte de « l’aspiration massive de matériel alimentaire », les restes de son dernier repas, celui du midi du 6 août, lors d’un coma dû au choc sur la tête et d’un « oedème pulmonaire majeur » consécutif aux scènes d’asphyxie, a-t-elle dit.

Marina avait prévenu sa mère de son mal de tête

Selon elle la fillette est décédée « après 4h du matin » le 7 août. Sa mère dit avoir découvert son corps sans vie vers 8h dans le sous-sol où elle a dormi après avoir été rouée de coups la veille, et laissée là vers 1h du matin, nue.

Avant que sa mère ne remonte du sous-sol, Marina lui avait dit avoir « mal à la tête ». « Elle devait avoir très mal à la tête », a considéré la spécialiste. « Manifestement cette petite fille était douée d’une résistance considérable », a-t-elle ajouté.

Avec

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Procès – « Des fois Marina dormait dans le sous-sol »

Le Point.fr-

 

 

 

Les parents de la petite Marina, morte sous leurs coups en 2009, comparaissent depuis le 11 juin devant les assises de la Sarthe.

  • ParAlexandre Borde

Le frère aîné de Marina, morte à 8 ans pendant l’été 2009 sous les coups de ses parents, a expliqué en visioconférence devant la cour d’assises de la Sarthe que Marina était battue, mais pas les autres enfants, au septième jour du procès. « Mon beau-père et ma mère, ils battaient souvent Marina, nous on n’était jamais battus », a résumé le frère aîné, âgé de 13 ans, issu d’une première union de Virginie Darras et baptisé « Aurélien » pour respecter l’anonymat.

Le témoignage commence, le garçon est hésitant. La mère regarde ses pieds alors qu’Éric Sabatier fixe l’écran des yeux. À l’école, pour expliquer les absences répétées de Marina, il disait que c’était « soit parce qu’elle était tombée, soit qu’elle était malade ». Son beau-père et sa mère lui avaient expliqué qu' »il fallait que je dise ça pour pas dire que Marina était battue ». Il a ainsi menti à plusieurs reprises, notamment pour dire que « Marina mangeait comme nous », alors que la petite, qui volait de la nourriture à l’école, était souvent privée de repas.

Scotch

Parfois, pendant les repas, « Marina était dans sa chambre ou souvent au coin ». Au coin, elle pouvait rester « une après-midi », « sans bouger ». « Je savais pas si c’était normal ou quoi, elle était toute nue des fois », raconte-t-il. « Des fois elle devait manger des restes, ou ce qu’elle vomissait », dit-il. « Des fois Marina dormait dans le sous-sol », les douches et les bains froids, « ça arrivait souvent », confirmant les punitions telles que « des claques, des coups de pied, des coups de ceinture, des coups de poing. Elle avait du Scotch sur elle quand elle était au coin, sur ses mains et aussi une fois sur sa bouche parce qu’elle pleurait ».

Éric Sabatier et Virginie Darras, âgés de 40 et 33 ans, parents de cinq enfants en commun (dont Marina et une petite fille née en prison), comparaissent depuis le 11 juin pour actes de tortures et de barbarie sur mineure de moins de 15 ans ayant entraîné la mort. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

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Marina : la note qui accuse les services sociaux

Pascale Égré

                     A force de coups répétés pendant six ans, Marina, l’enfant au « doigt plié », aux cheveux clairsemés et à la démarche « en canard », a changé de visage. | (DR.)

C’est une note d’«observations» signée du cabinet Szpiner, avocat de l’association la Voix de l’enfant, adressée en juin 2011 au juge d’instruction en charge de l’affaire de Marina, 8 ans, enfant-martyr décédé en août 2009. Un an plus tard, ce document circule en marge du procès des parents de la fillette, Virginie Darras et Eric Sabatier, jugéspour «actes de torture et de barbarie» par les assises de la Sarthe depuis le 11 juin.

            Argumenté sur six pages, il pointe la responsabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du conseil général de la Sarthe, service chargé notamment «de la prévention des situations de danger à l’égard des mineurs».
«La responsabilité du Président du conseil général doit être recherchée»
«L’enquête a permis de démontrer que les services sociaux se sont rendus coupables de manquements graveset qu’une action efficace de leur part aurait été à même de prévenir ce drame», assène le conseil de cette association, l’une des quatre parties civiles aujourd’hui. Et d’émettre ce voeu qui restera sans suite: «La responsabilité du Président du conseil général doit être recherchée pour non assistance à personne en danger».

«Le péril était réel» et «ne pouvait être ignoré par le président du Conseil général», souligne la note, où figure la chronologie des différentes alertes. Le signalement au parquet de l’été 2008, étayé de cinq pages, où d’anciens instituteurs de Marina avaient consigné les marques sur l’enfant, a été classé sans suite en octobre.
«Le péril était imminent»
A deux reprises, en juin et septembre 2008, l’ASE est informée et prévient la PMI . Deux mois plus tard, d’autres professeurs alarmés par ses blessures continuent à tirer le signal d’alarme. «Le péril était imminent», poursuit la note, en rappelant que «dès le lendemain» de l’hospitalisation de Marina au Mans le 27 avril 2009 pour de graves blessures au pied, son instituteur avait alerté le conseil général. «(L’enfant) se plaint régulièrement de maux de tête, de ventre et à un comportement boulimique vis à vis de la nourriture, relevait le professeur dans ce courrier (…). Marina a confié des violences physiques le 16 mars: «Je sais pas ce qu’elle a maman ce matin, mais elle m’a tapé. Le lendemain: «maman m’a encore tapée ce matin»», rapportait-il.
Aide sociale à l’enfance (ASE) reste sans réaction

Le 6 mai, l’ASE répond qu’elle s’apprête à engager un «point sur la situation de Marina et l’aide susceptible d’être apportée à sa famille.» Le 26 mai, l’ASE reçoit une lettre du centre hospitalier du Mans. Y est mentionné que l’enfant présentait à son admission «plusieurs signes cliniques, lésions cutanées ou lésions osseuses qui pourraient être secondaires à une maltraitance ou négligence». «L’ASE a eu a plusieurs reprises l’occasion de réagir. Le président du conseil général aurait dû retirer Marina de son milieu familial», assène la note du cabinet Szpiner. En juin 2009, échanges de mail et visites d’assistantes sociales au domicile de Marina n’ont aucune suite. Le parquet n’est toujours pas saisi.

«Les 10 et 11 août 2009, les personnes du service de l’aide sociale à l’enfance continuaient (…) de s’échanger des mails». Le 19 août, nouvelle visite d’une assistante sociale chez les parents: «Marina n’a pas pu être rencontrée, elle était partie pour la journée dans un parc d’attraction en région parisienne avec son frère», écrit-elle dans son rapport. La fillette, dont le corps sera retrouvé le 9 septembre 2009 scellé dans un caisson, est sans doute déjà morte. Elle aurait succombé, selon les aveux du couple tortionnaire, dans la nuit du 6 au 7 août.

«On a fait notre travail dans le cadre réglementaire et législatif de nos missions», se sont justifiés, lundi devant la cour d’assises où ils témoignaient, les agents des services sociaux. Juste avant le procès, a révélé Ouest-France, dans une note de soutien à leur égard, le président du conseil général de la Sarthe, Jean-Marie Gevaux, rassurait ses troupes en des termes quasi identiques: «les professionnels ont agi comme ils devaient le faire en pareil cas, conformément aux cadres de la loi».

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La dernière journée de Marina, une suite de coups et de chutes

Delphine Perez avec AFP

                     Marina, morte après six ans de maltraitance, tortures et barbarie. Le procès de ses parents sen tient à la cour d’Assises du Mans jusqu’au 28 juin. | DR

«Bonne nuit maman à demain». Ce sont, selon sa mère, les dernières paroles de Marina avant qu’elle ne décède à l’âge de 8 ans après une longue soirée de coups, selon les parents dans la nuit du 6 au 7 août 2009, seule, nue et grelottant de froid dans le sous-sol de la maison familiale.                               
Mardi devant la cour d’assises de la Sarthe, les parents, qui comparaissent depuis le 11 juin pour actes de torture et barbarie ayant entraîné la mort, ont été interrogés sur la dernière journée de Marina qu’ils maltraitaient depuis qu’elle avait deux ans, présentant deux versions légèrement différentes.
Coups, bains glacés, vinaigre, moutarde et gros sel pour le dîner
Le père, Eric Sabatier, s’emporte sur les contradictions dans la version de la mère, Virginie Darras, qui, de sa voix basse et éraillée, maintient ses propos. Lui la regarde, hausse le ton pour avoir des explications. Elle, elle lui tourne le dos, fixant le président et les jurés, répondant d’une voix monocorde.
«Dans ma tête, le but c’était que moi je prenne le maximum pour que mon épouse puisse sortir le plus rapidement pour s’occuper des enfants», explique à la cour le père. Mais il s’estime depuis trahi par son épouse et a dévoilé mardi une chronologie très détaillée de la dernière journée de Marina.
Le 6 août le père dit qu’il rentre du travail et découvre Marina punie, «assise sur une chaise, nue, à faire des lignes». Il veut savoir pourquoi, la petite ne répond pas, «je lui met une gifle, elle se fait pipi dessus».
Dans la salle de bain il la plonge dans un bain froid et affirme qu’il lui parle «calmement». Elle ne répond pas, «je lui donne une claque tellement forte qu’elle cogne contre la baignoire, et en cognant il y a un impact sur le bord».
«A ce moment là je suis vraiment énervé». Il lui plonge la tête sous l’eau. Sa femme qui donne à manger aux autres enfants dans la véranda entre dans la salle de bain, met une gifle à Marina. La fillette aurait expliqué son comportement «pour embêter maman». La mère lui met à son tour la tête sous l’eau.
«Cassé par l’alcool»
La fillette sort du bain et fait caca sur le tapis de bain. Ils la lavent à nouveau à l’eau froide. La fillette ressort du bain, glisse sur le sol et se cogne la tête à deux reprises, selon la mère.
Les autres enfants du couple sont déjà couchés, il est plus de 23 heures. Marina sort enfin de la salle de bain. Sa mère lui donne à boire «un verre à moutarde de vinaigre», puis «une cuillère à soupe de gros sel», raconte le père. «Pour l’écoeurer», selon la mère.
La soirée est entrecoupée de pauses pendant lesquelles les parents discutent. Et boivent surtout, sans manger.
Ils emmènent la fillette dormir au sous-sol. Marina a le visage rougi de coups, elle est nue et grelottante.
«Bon ça va elle est pas morte»
La mère redescend plus tard: Marina a fait à nouveau ses besoins sur elle. Elle va la laver dans une douche au sous-sol.
Eric Sabatier va pousser la fillette qui va se cogner la tête contre une étagère. «Je m’accroupis, elle est un peu groggy ». La mère lance «Bon ça va elle est pas morte», selon lui.
La mère va alors lui donner «un coup de raclette sur les abdos, la petite vole jusqu’au mur», selon le père. Ils la laissent en bas «allongée, en position du foetus», et remontent. Lui se dit «cassé par l’alcool».
La mère redescend une dernière fois. La fillette lui dit qu’elle a «mal à la tête» et dit «bonne nuit maman à demain». Dans la nuit Marina va décéder.
«Elle est morte de quoi Marina ?», interroge le président : «de violences, de tortures», lâche la mère dans un sanglot

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Marina : les services sociaux sur la sellette

Au fil du procès des parents bourreaux jugés pour maltraitance mortelle transparaissent  les défaillances d’autres adultes. Cet après-midi, l’aide sociale à l’enfance devra s’expliquer.

              Pascale ÉGRÉ

                     A force de coups répétés pendant six ans, Marina, l’enfant au « doigt plié », aux cheveux clairsemés et à la démarche « en canard », a changé de visage. | (DR.)

                Il y a ceux, une poignée, qui confessent leurs remords — les mêmes souvent qui ont en vain alerté. Et puis les plus nombreux, qui cachent leur malaise de n’avoir « rien deviné » du martyre de l’enfant. Instituteurs, directeurs d’école, médecins scolaires, gendarmes ou personnels de l’hôpital du Mans, où Marina, 8 ans, est soignée deux mois avant de mourir à l’été 2009, défilent à la barre.

            Au fil des témoignages de ces professionnels devant la cour d’assises de la Sarthe, où les parents comparaissent depuis le 11 juin pour actes de torture et de barbarie, grandit l’idée, insupportable, qu’il s’en est fallu d’un rien pour que l’enfant n’échappe à ce tragique destin. Un rien? Un coup de fil en plus, un protocole qu’on aurait pu accélérer, un mensonge détecté ou une négligence évitée…
Cet après-midi, alors que s’ouvre la deuxième semaine du procès des parents bourreaux, Virginie Darras et Eric Sabatier, 33 ans et 40 ans, les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du conseil général de la Sarthe doivent être entendus. Ils forment le dernier « maillon faible », selon le terme des avocats des associations parties civiles, d’une chaîne d’institutions défaillantes.
Une fillette « à la tête de boxeur »
Les deux dernières années de la vie de Marina, les violences qu’elle subit s’accélèrent. Face aux premières alertes en 2006 puis 2007, les mensonges des parents s’intensifient. Tard scolarisée, cette petite fille « à la tête de boxeur » et à la taille « très inférieure à la normale » a un physique qui éveille les soupçons. A une première convocation, l’enfant est amenée « avec bonnet et écharpe, le visage couvert d’une épaisse couche de crème », relate l’institutrice de Parennes. « Conjonctivite, maladie immuno-défensive », justifie le couple. Avisée, le médecin scolaire du secteur nie avoir entendu parler d’une « marque énorme dans le dos » que les professeurs ont pourtant rapportée. « Quand je l’ai vue, elle n’avait pas de bleus sur le visage », balaye-t-elle.
En juin 2008, autre école — les parents déménageront quatre autres fois avant le drame. Traces violettes autour du cou, ecchymoses… Cette fois, les instituteurs, la directrice et le médecin déclenchent un signalement judiciaire. Le légiste qui examine la fillette conclut à une « suspicion de maltraitance ». Marina, auditionnée, se tait. « Cette affaire a-t-elle vraiment été prise au sérieux par la brigade? » tanne le président Roucou face au jeune gendarme qui a clos le dossier… avant que le parquet n’en fasse autant en classant sans suite en octobre 2008.
Avril 2009, encore une autre école. Marina arrive chancelante. Aux pieds, « des plaies horribles, comme des brûlures de cigarettes », relatent, encore choqués, ceux qui les ont vues. « Elle a marché plusieurs heures sur le carrelage rugueux avec son cartable dans le dos. J’y retournais pour lui dire de se relever et de continuer », sanglote aujourd’hui la mère. « Des chaussures trop petites », avait affirmé le couple à l’époque. Fin mai, après un mois d’hôpital, Marina, guérie, est rendue à ses parents. Ni le signalement à l’ASE ni le « suivi rapproché » décidés par une seconde pédiatre n’empêcheront sa mort après d’ultimes sévices, deux mois plus tard, un soir d’août.

Le Parisien

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