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Pourquoi Trump n’arrive pas à se débarrasser de l’Obamacare

La promesse phare de Donald Trump de supprimer la réforme de l’assurance santé de son prédécesseur s’annonce comme un vrai chemin de croix pour son administration et le parti républicain.

La promesse phare de Donald Trump de supprimer la réforme de l'assurance santé de son prédécesseur s’annonce comme un vrai chemin de croix pour son administration et le parti républicain.

© Reuters La promesse phare de Donald Trump de supprimer la réforme de l’assurance santé de son prédécesseur s’annonce comme un vrai chemin de croix pour son administration et le parti républicain. « Je dirais que la seule chose plus difficile que la paix entre Israël et les Palestiniens est la réforme de la santé. » C’est ainsi que Donald Trump a décrit aux journalistes du New York Times sa douloureuse expérience de tentative d’abrogation de l’Obamacare. Il faut dire que la réforme de la santé d’Obama lui donne du fil à retordre. En mai dernier, son abrogation semblait pourtant en bonne voie. La Chambre des représentants avait voté par 217 voix contre 213 pour l’abrogation de l’Obamacare et son remplacement partiel. Mais au Sénat, le vote s’annonce plus compliqué. Un premier plan de remplacement, jugé trop brutal, a été rejeté en mars. Jeudi dernier, les sénateurs républicains ont présenté une nouvelle mouture de la réforme. Elle doit être votée fin août, après la pause estivale.

Un texte emblématique de l’ère Obama

  • La loi sur la protection des patients et les soins abordables, surnommée Obamacare, promulguée le 23 mars 2010, a été le fruit d’une longue bataille au Parlement. Elle permet de couvrir les 53 millions d’Américains jusque là dépourvus de couverture maladie. L’Obamacare vient en renfort d’un autre projet emblématique en matière de santé : Medicaid, créé en 1965, qui distribue des subventions fédérales aux plus pauvres.
  • La réforme oblige les assureurs à ne plus faire varier les prix selon les antécédents médicaux des patients, mais permet aussi aux enfants de profiter de l’assurance maladie de leurs parents jusqu’à leur 26 ans. Avec l’Obamacare, les assureurs doivent aussi couvrir certains services qu’ils pouvaient jusque là refuser, comme l’hospitalisation. Enfin, Medicare, réservé aux plus de 65 ans, aux personnes handicapées ou avec une insuffisance rénale, permet de subventionner les soins de ce public par l’intermédiaire des caisses fédérales.
  • En contrepartie, chaque Américain a le devoir de s’assurer. Il s’agit de la partie de la réforme la plus impopulaire chez les républicains. Le parti conservateur voit en cette obligation – sanctionnée par une amende de 695 dollars – un impôt qui ne dit pas son nom. Les personnes en bonne santé financent donc une partie de l’assurance maladie des plus souffrants.

Une réforme qui paralyse l’administration Trump

  • « Repeal and Replace » : deux mots essentiels de la campagne Trump, pour présenter l’une de ces promesses les plus emblématiques : abroger et remplacer l’Obamacare. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté globale de dilapider l’héritage du président précédent mais aussi de répondre à la grogne des républicains, selon qui le dispositif est trop onéreux.
  • En dehors des « executive orders », ces ordres signés de la main du président, aucune réforme, aucune loi n’a été votée depuis le début du mandat Trump. Six mois de présidence au mandat bien maigre, que le président souhaitait marquer d’une victoire avec la suppression de l’une des plus symboliques réformes d’Obama. Le Parlement immobilisé par la réforme de la santé, l’administration Trump vit un double échec. D’abord ne pas arriver à passer une « Trumpcare » ; ensuite, ne pas parvenir à avancer dans d’autres réformes, alors que la Chambre et le Sénat sont tous les deux aux mains des Républicains. Le débat sur l’Obamacare s’enlise tant que l’administration Trump n’a pas encore pu soumettre au vote la réforme fiscale, que le président envisageait de présenter au Parlement d’ici l’été. Après l’échec du premier vote, au Sénat, plusieurs républicains s’étaient inquiétés : « Si nous ne passons pas l’Obamacare, je ne pense pas que nous pourrons tomber d’accord pour le budget de 2018 », avait expliqué Chris Collins, député républicain de l’état de New York.
  • Cette impossibilité de légiférer pourrait devenir un vrai boulet pour le clan républicain. L’Etat bloqué, les budgets de la défense encore non votés, les républicains pourraient être dans une situation très inconfortable à la rentrée. Et les élections de mi-mandat arrivent en novembre 2018.

Les républicains divisés sur l’Obamacare

  • Les Républicains sont divisés. Ils contrôlent Chambre comme le Sénat mais les différentes factions au sein du parti les empêchent de trouver un accord. Bien qu’ayant la majorité au Sénat, ils ne peuvent pas se permettre de ne pas présenter un front uni pour supprimer la réforme face au bloc démocrate. Or, une dizaine de Républicains ont de vrais problèmes avec l’abrogation de l’Obamacare. Jeudi dernier, trois sénateurs républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre le nouveau plan de remplacement présenté par le président de leur groupe, Mitch McConnel.
  • Les républicains frondeurs sont eux-mêmes divisés en deux camps : le premier groupe, formé par des républicains plus modérés, se battent pour Medicaid. Ils sont inquiets des conséquences qu’aurait la suppression de cette partie de l’Obamacare pour les habitants de leurs Etats. Le deuxième groupe rassemble les plus grands conservateurs, qui eux veulent supprimer le plus possible de la réforme de la santé actuelle.
  • C’est le cas que craignent le plus les sénateurs démocrates : une réforme qui abrogerait totalement l’assurance maladie, privant 20 millions de personnes de toute couverture médicale. Une démarche contraire à ce qu’a promis Donald Trump pendant la campagne, quand il assurait qu’aucun Américain ne serait sans protection. Mais désormais, Donald Trump semble presque prêt à l’abroger à tout prix : « Si les sénateurs républicains sont incapables de passer ce sur quoi ils sont en train de travailler maintenant, ils devraient immédiatement la SUPPRIMER et la REMPLACER plus à une date ultérieure! », a-t-il tweeté fin juin.
  • If Republican Senators are unable to pass what they are working on now, they should immediately REPEAL, and then REPLACE at a later date!

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