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Pourquoi le Livret A pourrait rapporter plus dès le 1er août

© Fournis par BFMNews La nouvelle formule de calcul du taux de livret d’épargne préféré des Français devrait aboutir à une hausse de 0,75 à 1%. Ce serait la première fois depuis 2011. Mais le gouverneur de la Banque de France risque de déroger à cette nouvelle règle.

C’est un dilemme cornélien que doit affronter François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Ce jeudi, l’Insee a publié pour l’inflation hors tabac pour le mois de juin (0,7%). Il s’agit du dernier élément manquant pour appliquer la nouvelle formule de calcul de la rémunération du livret A, mise en place à l’automne 2016 par la Banque de France.

Cette nouvelle formule appliquée pour la première fois, permet d’aboutir un chiffre de 1% (voir détails en encadré). Il s’agirait d’une première hausse du taux du livret d’épargne préféré des Français depuis 2011. Elle surviendrait le 1er août prochain.

Mais pour le moment il s’agit d’une possibilité et non d’une certitude. En effet, François Villeroy de Galhau a la possibilité de déroger à la formule. Il doit alors soumettre une proposition au ministre de l’Économie qui peut l’accepter ou la refuser.

La logique financière

Toute la question est de savoir si le gouverneur de la Banque de France va proposer de maintenir le taux à 0,75%. « Économiquement et financièrement tout pousse à déroger à la formule et à maintenir le taux, après il s’agit de la première application de la formule, et cela pourrait être l’occasion de faire un geste auprès des épargnants », explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

En effet, le taux du livret d’épargne est de plus en plus déconnecté des taux de marché. C’est ce constat qui avait d’ailleurs incité la Banque de France à modifier la formule de calcul.

Pour bien comprendre le problème, il convient de rappeler que les deux-tiers de la collecte du livret A sont centralisés par la Caisse des Dépôts (le tiers restant va aux banques) qui l’utilise ensuite pour financer le logement social en octroyant des prêts aux organismes HLM.

Coût pour les finances publiques et les offices HLM

La Caisse des Dépôt doit de son côté rémunérer les banques à hauteur de 0,3% des fonds qu’elles collectent. Dans le même temps « la Caisse se finance en plaçant pour environ la moitié de la collecte sur des bons du trésor et des obligations d’état. Or les bons du trésor ont un rendement négatif et celle des obligations se situe autour de 0,7-0,8% », explique Philippe Crevel. Autrement dit plus la rémunération du livret A s’écarte des taux du marché, plus le livret A coûte de l’argent aux finances publiques.

Cet écart « fragilise les équilibres financiers de la direction du Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations, avec un impact potentiel important sur les finances publiques, de l’ordre de plusieurs milliards d’euros », expliquait ainsi Bercy à l’automne dernier.

Le coût est aussi lourd pour les organismes HLM dont les charges d’intérêts sont indexées sur le taux du livret A. L’Union social pour l’Habitat indiquait en juillet 2016 qu’une différence de 0,25% leur coûtait 250 millions d’euros d’intérêts supplémentaires. Par ailleurs, le livret A étant défiscalisé, l’absence d’imposition des intérêts constituent une niche fiscale qui constitue un coût pour les finances publiques (272 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2017) qui s’alourdit avec une hausse du taux.

L’autre problème vient de la concurrence avec les produits des banques. « Une hausse du livret A pénalise par ricochet les livrets bancaires dont la rémunération moyenne est de 0,3%. Et ces intérêts sont en plus fiscalisés », développe Philippe Crevel.

Reste l’argument massue qui pourrait faire pencher la balance de l’autre côté: satisfaire l’épargnant qui a, en fait perdu de l’argent depuis le début de l’année. « Avec une inflation autour de 1,1% au début de l’année et un taux à 0,75%, ils ont, en termes réels, perdu de l’argent », rappelle Philippe Crevel.

La balle est désormais dans le camp de François Villeroy de Galhau. Sa décision devrait être connue ce jeudi en fin d’après-midi.

La nouvelle formule du livret A: 

Cette formule se calcule en prenant l’inflation lissée sur six mois (une moyenne arithmétique de l’inflation annuelle de janvier à juin) auquel on ajoute 0,25%. Mais ce « bonus » de 25 points disparaît si l’écart entre le taux d’inflation lissé sur six mois et les taux monétaires (Eonia, Euribor) est lui-même supérieur à 0,25%. Or à l’heure actuelle ces taux sont largement négatifs (-0,33%), ce qui fait que cet écart est largement atteint. Au final, donc, le taux du Livret A, selon la formule, serait de 1%.

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