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Besançon – Assises du Doubs 13 ans de réclusion pour la mère infanticide

La défense a fait comprendre aux jurés que Stella Bruckner n’était pas dans un état normal ce 12 août 2011 quand elle a étouffé sa fille avec un oreiller. Eux ont presque suivi les réquisitions de l’avocat général.

Photo HD L’avocat général, Margaret Parietti, avait requis quinze années de réclusion criminelle. Photo Ludovic LAUDE

Elisa, 1,05 m, 15 kilos est invisible. Pas de famille sur le banc de la partie civile pour rendre compte de ses jeux, de ses sourires, de ses caprices. Sa mère est dans le box des accusés. Son père n’a pas su tenir le rôle. Elle est partie sans bruit, étouffée sous un oreiller par Stella Bruckner, sa mère, le 12 août 2011 ; 30 secondes d’agonie à se débattre, à chercher de l’air, puis la mort. L’association La Voix de l’enfant, symboliquement, comble ce vide désespérant. Me Roth-Muller et l’avocat général, Margaret Parietti, partagent la même analyse du mobile du meurtre : la mère a voulu se débarrasser de sa fille pour vivre en couple tranquillement. Comme elle a mis à la porte son fils quand il a eu 18 ans. Sa stratégie a tenu 3 ans, jusqu’à ce que l’enquête démontre le meurtre. « Elle avait conscience de donner la mort », soutiennent-elles. La partie civile admet des manquements du côté de l’administration. Tous les signaux étaient au rouge depuis 2008.

« Elle l’a tuée pour la protéger »

Le père, abusé et abuseur, veut savoir s’il pourrait s’en prendre à Elisa. La mère supplie l’antenne Enfance Ado de lui retirer la petite. Intuitivement, elle sait qu’elle représente un danger pour sa fille. Une psychologue rédige un signalement : Elisa est en danger de mort psychique. Mais le juge n’ordonne pas qu’on retire l’enfant à sa famille. Il considère qu’un suivi suffit. Or, pendant 4 mois, le dossier dort dans les méandres de l’institution judiciaire. La famille est prise en charge pendant un mois et demi. Et les derniers rapports concluent à une situation apaisée. « Tout ce qui devait être fait a été fait », martèle l’avocat général.

Au contraire, pour la défense, « c’est une évidence : il y a une responsabilité institutionnelle. En 1997, l’institution lui a retiré ses 2 enfants car des voix lui ordonnaient d’étrangler son fils. On a pris en compte sa maladie, eux sont encore vivants ». Pour Me Pichoff, Stella Bruckner est psychotique, pas besoin d’être expert pour se rendre compte de ses défaillances, l’ATSEM de la maternelle a relaté avec bon sens les limites de la mère, les difficultés d’Elisa, petit oiseau perdu en classe toute cette année scolaire 2011. « Stella Bruckner est prisonnière de la maladie mentale depuis longtemps. Violée et séquestrée par son père, abusée par sa sœur, elle vit avec un compagnon violeur et abusé, son fils a été violé… Sa fille sera violée, dans sa tête malade, c’est une fatalité insupportable. Elle l’a tuée pour la protéger. Et vous pensez que ce comportement n’est pas pathologique ? », s’étonne l’avocat.

Les jurés, convaincus, reconnaissent l’altération du discernement ce soir d’août 2011 et la condamnent à treize ans de réclusion criminelle. Elle encourait la perpétuité. « La prison n’est pas un médicament, elle ne la réparera pas », avait pourtant prévenu l’avocat. La semaine prochaine, Elisa aurait eu 10 ans. Son père ira, seul, déposer des fleurs sur sa tombe.

Catherine CHAILLET

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