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Archive for juin 2017

 

Le milliardaire américain Warren Buffett va encaisser une plus-value de 12 milliards de dollars pour un investissement effectué en 2011 dans Bank of America, plongée alors dans la crise des crédits immobiliers à risque « subprime ».

Warren Buffett encaisse une plus-value de 12 mds USD

© Fournis par http://www.challenges.fr Warren Buffett encaisse une plus-value de 12 mds USD Le milliardaire américain Warren Buffett va encaisser une plus-value de 12 milliards de dollars pour un investissement effectué en 2011 dans Bank of America, plongée alors dans la crise des crédits immobiliers à risque « subprime ».

A l’époque, M. Buffett, un des investisseurs les plus admirés au monde, avait acquis 700.000 titres préférentiels au prix de 7,14 dollars l’unité, indique-t-il vendredi dans un communiqué succinct, annonçant qu’il va exercer ses droits, c’est-à-dire acquérir concrètement ces actions. Or l’action Bank of America valait jeudi soir 24,32 dollars, ce qui valorise les titres de M. Buffett à 17 milliards et lui permet de réaliser une plus-value de 12 milliards de dollars.

Premier actionnaire de Wells Fargo

Cette décision intervient au moment où la banque de Charlotte (Caroline du nord) a annoncé augmenter son dividende trimestriel à 48 cents le titre, après avoir passé haut la main les tests de résistance de la banque centrale (Fed). M. Buffett a toujours répété qu’il exercerait ses droits quand le dividende de l’établissement atteindrait ces niveaux.

Le « sage d’Omaha » va également devenir le premier actionnaire de l’établissement, deuxième banque américaine par actifs, dépassant le fonds Vanguard, qui détient actuellement 6,6% de l’entreprise, soit 652.000 titres, selon FactSet.

Warren Buffett est également le premier actionnaire de Wells Fargo, la troisième banque américaine par actifs, qui essaie actuellement de réparer sa réputation, ternie par l’ouverture de deux millions de comptes fictifs au nom de clients sans leur autorisation. A Wall Street, le titre Bank of America gagnait 0,90% à 24,54 dollars vers 12H40 GMT dans les échanges électroniques de pré-séance

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Montpellier pleure Louis Nicollin. Décédé ce jeudi à 74 ans, des suites d’un arrêt cardiaque, le président du MHSC a droit à une pluie d’hommages de la part du monde du foot et de personnalités d’horizons divers. Philippe Saurel, maire de Montpellier, a d’ailleurs indiqué sur RMC que le futur stade de la ville, dont la livraison est espérée en 2022, sera baptisé Louis Nicollin.

© Fournis par BFMNews « J’ai décidé de construire un nouveau stade de foot pour la ville de Montpellier, car celui de La Mosson est en terrain inondable, et nous lui donnerons le nom de Louis Nicollin, a déclaré Philippe Saurel. La première pierre, que je devais poser avec lui en 2019 lors du Mondial féminin, je la poserai tout seul mais le stade portera son nom. »

« Une figure emblématique pour la ville »

« Les Montpelliérains sont très tristes, poursuit le maire de la cité héraultaise. Louis Nicollin était une figure emblématique pour la ville, et aussi au niveau national. C’était un homme généreux, passionné, qui se donnait sans compter pour son équipe de foot et le sport en général. Tous les Montpelliérains, et je partage leur peine, sont extrêmement tristes. »

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Rescapée de la Shoah, européenne convaincue, l’ancienne ministre de la Santé, qui fit voter la légalisation de l’avortement, est décédée à l’âge de 89 ans.

Simone Veil en avril 2005. © Fournis par Libération Simone Veil en avril 2005. Une image ou plutôt des images de Simone Veil. Ses yeux, éblouissants, bleus comme le ciel. Ses colères qui explosaient, aussi brutales qu’inattendues. Son émotion à l’Assemblée quand des députés l’injuriaient lors de la loi sur l’IVG en 1974. Ou encore cette silhouette si fragile qui lui ressemblait si peu, là, debout, immobile, entraînée par son mari, le regard dévoré par la maladie. Elle était là, pour saluer les manifestants qui défilaient contre le Mariage pour tous : ce fut l’une de ses dernières sorties publiques.

Simone Veil, ce sont des mots, aussi, qu’elle nous tenait en 1995, il y a plus de vingt ans : alors ministre des Affaires sociales du gouvernement Balladur ; elle était en voyage officiel à Beyrouth. «Vous savez, malgré un destin difficile, je suis, je reste toujours optimiste. La vie m’a appris qu’avec le temps, le progrès l’emporte toujours. C’est long, c’est lent, mais en définitive, je fais confiance.» Propos apparemment banals, propos qui pourraient paraître naïfs s’ils venaient de quelqu’un d’autre. Simone Veil est ainsi.

Par un curieux hasard du calendrier, Simone Veil s’était trouvée quelques jours plus tôt à Auschwitz où elle dirigeait la délégation française aux cérémonies de commémoration de la libération du camp. Un camp où elle-même a été déportée. «Aujourd’hui, nous disait-elle, je ne suis pas émue. Il n’y a plus la boue, il n’y a plus le froid. Il n’y a plus surtout cette odeur. Le camp, c’était une odeur, tout le temps.»

Ce vendredi 26 janvier 1995, il faisait froid, un vent glacial. Dans le haut du camp de Birkenau, beaucoup de monde. Une quarantaine de délégations étrangères. Simone Veil avait pris le bras de son fils qui l’accompagnait aux cérémonies. Et tous les deux s’étaient dirigés vers un des baraquements, marron et gris. Elle y est restée quelques minutes.

«C’est celui-là le baraquement où j’étais, nous dira-t-elle un peu plus tard. J’en suis sûre, avec ma sœur et ma mère, juste en bas du crématoire. A l’intérieur, ça n’a pas changé ; les deux endroits pour la kapo et la sous-kapo. Un poêle. Et puis au fond, tout du long, les couches de bois où on dormait, entassées. Je voulais les lui montrer.» Elle a ajouté : «Pendant toute la cérémonie de commémoration, il y avait quelque chose qui m’intriguait. J’ai eu, toute la matinée, comme tout le monde, un peu froid aux pieds, alors qu’il ne faisait pourtant pas très froid. Et je me demandais comment on avait pu résister à tant de froid. Jusqu’à -30°… Je n’arrive pas à me souvenir comment on faisait. On n’avait rien. Est-ce qu’on se mettait du papier sur le corps ? Ou bien des vieux sacs de plâtre ? Pendant toute la cérémonie, j’essayais de m’en souvenir, et je n’arrivais pas.»

Simone Veil est dans le présent, toujours. Femme exceptionnelle, adorée des Français, à l’image si pure. Simone Veil la déportée, Simone Veil la combattante de l’IVG, Simone Veil l’Européenne. Toujours la même. Un roc. Elle disait encore : «Je crois, toujours, que cela sert à quelque chose de se battre. Et quoi qu’on dise, l’humanité, aujourd’hui, est plus supportable qu’hier.» Et ajoutant : «On me reproche d’être autoritaire. Mais les regrets que j’ai, c’est de ne pas m’être battu assez sur tel ou tel sujet.»

PARIS, FRANCE - 12 FEVRIER: Close up Simone Veil le l2 février 1987 à Paris, France. © Micheline PELLETIER PARIS, FRANCE – 12 FEVRIER: Close up Simone Veil le l2 février 1987 à Paris, France.

En février 1987, à Paris. Photo Micheline Pelletier. Gamma

L’enfance et la déportation

Sa vie ? C’est celle d’une famille du siècle dernier. Une famille, car on ne peut comprendre le saisissant parcours de cette femme hors pair, si on laisse de côté sa mère, son enfance heureuse, cette vie forte et belle. Sa mère Yvonne qui ressemblait «à Greta Garbo»,«une femme exceptionnelle». Son père, André Jacob, est un brillant architecte, prix de Rome. C’est une famille bourgeoise, aisée. Ils vivent tous à Nice.

En 1924, le père a décidé de s’installer sur la Méditerranée, convaincu que le marché immobilier lui offrirait plus de perspectives. Et sa femme a beau adorer Paris, elle l’a suivi. Simone Veil dit garder un souvenir «délicieux» de sa toute enfance. «Je suis beaucoup moins douce, beaucoup moins conciliante, beaucoup moins facile que maman», précisait-elle. «Maman n’a pas travaillé, sous la pression de mon père et malgré des études de chimie qui la passionnaient. Elle ne pensait jamais à elle, abandonnant l’idée d’une vie personnelle pour tout donner à ses enfants, à son mari.» 

Quatre enfants en l’espace de cinq ans. Simone, est la dernière, la plus jeune, la plus insoumise. Et l’aînée Madeleine, quatre ans de plus, a toujours eu pour mission de remplacer sa mère quand celle-ci n’était pas là. Simone est une enfant, rebelle, aimante, heureuse comme tout. «Un jour j’ai demandé à mon père si cela l’ennuyait si j’épousais un non juif, il m’avait dit que j’épouserais qui je veux.» Elle aimait ce père, qui était aussi autoritaire. «Je n’aimais pas l’idée qu’il impose ses goûts à maman, ce sentiment de dépendance cela m’exaspérait !»

Chez eux, la religion n’existait pas vraiment, c’était une vieille famille juive installée en France depuis des générations. Et c’est une famille où tout bascule à l’orée de la vie. Simone n’a que 16 ans lorsqu’elle est arrêtée avec sa mère et Milou, sa sœur Denise étant déportée à Ravensbruck comme résistante. C’est Jean d’Ormesson qui raconte cette scène, lorsqu’il tient le discours de récipiendaire de Simone Veil à l’Académie française, en mars 2010.

«Le 29 mars 44, vous passez à Nice les épreuves du baccalauréat, avancées de trois mois par crainte d’un débarquement allié dans le sud de la France. Le lendemain 30 mars, en deux endroits différents, par un effroyable concours de circonstances, votre mère, votre sœur Milou, votre frère Jean et vous-mêmes êtes arrêtés par les Allemands.» Après avoir transité huit jours, le 15 avril 1944, Simone Veil, sa sœur et leur mère arrivent sur la rampe d’accès du camp d’Auschwitz-Birkenau. Elle a 16 ans, elle est belle comme tout, de longs cheveux noirs.

«Un voisin de calvaire lui conseille immédiatement de dire qu’elle a 18 ans. La nuit même de cette arrivée, selon la règle du camp, elle s’appellera désormais Sarah et sur son bras est tatoué le numéro 78651», raconte Jean d’Ormesson qui poursuit : «En janvier 45, l’avancée des troupes soviétiques fait que son groupe est envoyé à Dora, après un voyage effroyable, puis le groupe se rend à Bergen-Belsen. Sa mère, épuisée, mourra du typhus le 13 mars, et un mois plus tard, soit un an presque jour pour jour, les troupes anglaises entrent à Bergen-Belsen.»

Sa beauté, dira Simone Veil, l’a protégée. «J’ai été protégée par une femme kapo, qui m’a dit : tu es trop jolie pour mourir ici, et elle m’a envoyé avec ma mère et ma sœur, dans un camp voisin au régime moins dur.» C’est sa mère, toujours sa mère, qui la soutenait. «Je ne sais comment elle a trouvé la force de faire la marche de 70 km dans la neige, dévastée, malade d’un typhus… Le sens moral, je crois que c’est ce qui était le plus important pour mes parents.»

La rencontre avec Antoine

A peine de retour, c’est la vie qui reprend, comme un courant d’eau que l’on ne peut arrêter. Quoiqu’il arrive, Simone Veil est debout. Ses parents sont morts, son frère aussi. Elle commence Sciences Po. Antoine Veil ? C’est une rencontre, scellée dans l’ombre de la rue Saint-Guillaume où ils font tous les deux Sciences Po «en copiant un peu l’un sur l’autre». Ils sont amoureux, très amoureux. Et leur union démarre sous des auspices un brin bourgeois.

Mariage à 19 et 20 ans, enfant l’année suivante. Et entre eux, la répartition des tâches est alors classique ; à lui les responsabilités professionnelles, à elle les fourneaux. Simone veut pourtant travailler, «le legs le plus important que ma mère m’ait confié», glisse-t-elle. Antoine refuse. Dans un portrait à Libération, il raconte : «J’appartiens à une génération macho où les bourgeoises convenables restaient à la maison.»

Simone veut être avocate. «Pas question», lui dit Antoine. A force de prises de bec et de disputes, elle décroche l’autorisation de devenir magistrate : «Ça correspondait plus à la vision du monde d’Antoine», commentera-t-elle. Quand on aborde cette époque, Simone Veil lève les yeux au ciel et lâche, avec tendresse : «J’ai dû me battre.» Antoine Veil ajoutera, bon prince : «Je suis un macho qui s’est soigné, un macho guéri, j’ai complètement changé.»

Après lui avoir donné trois fils, Simone a donc la permission de devenir magistrate. Elle occupe un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice, où elle s’occupe des affaires judiciaires, qu’elle délaisse en 1964 pour les affaires civiles. En 1970, elle  devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Mais c’est toujours Antoine qui est la personnalité publique, la plus voyante. Il milite, elle non. Et si dans le couple, l’un doit faire une carrière politique, c’est bien Antoine, et non Simone, qui devra la mener.

Par un concours de circonstances, tout va permuter. Simone Veil est repérée puis promue par Valéry Giscard d’Estaing comme ministre de la Santé, sur les conseils de Jacques Chirac. Antoine Veil, alors conseiller de Paris, accepte. Et se replie sur le monde des affaires. «Quand j’ai vu qu’elle allait évoluer en Formule 1, je suis retourné au fond de la classe. Je ne voulais pas jouer les Poulidor», reconnaissait-il avec humour. «J’ai quand même fait de la politique à travers le club Vauban, un club de réflexion.»

Le combat pour le droit à l’avortement

La voilà donc au gouvernement, en 1974. Giscard est président, mais elle n’a pas voté pour lui. Chirac ? Elle apprécie l’homme, mais pas le politique, et pourtant elle devient sa ministre de la Santé. Simone, la rebelle, est ravie de ce pied de nez inattendu, mais elle pense que «ça ne durera que quelques semaines», le temps de «balancer une énorme gaffe». En fait de gaffe, elle ne tarde pas à faire ses preuves et «perce», comme dira son mari, sur un thème qui marquera sa vie.

C’était, en effet, une promesse du candidat Giscard : dépénaliser l’avortement, et a priori ce devait être au garde des Sceaux de défendre le projet. Mais Jean Lecanuet y est défavorable. Et c’est la ministre de la Santé qui monte à la tribune. Un combat pénible où elle subira les pires injures d’une droite antisémite, mais un combat aussi magnifique qui marquera les esprits.

«Si j’en ressens de la fierté ? Non, mais je ressens une grande satisfaction, parce que c’était important pour les femmes, et parce que ce problème me tenait à cœur depuis longtemps», dira-t-elle plus tard. Et aujourd’hui encore, elle avoue sa surprise : «La constance de la reconnaissance à mon égard pour cette loi m’étonne toujours, et je continue de penser que la loi Neuwirth autorisant la pilule est beaucoup plus importante.»

Bien sûr, dans ce combat législatif, il y a eu cette forte image, revue mille fois où elle avait le visage perdu dans les mains, et tout le monde ajoutant qu’elle pleurait : «Eh bien non, nous dira-t-elle, je n’ai pas le souvenir d’avoir pleuré, il devait être 3 heures du matin, mon geste indique que j’étais fatiguée mais je ne pleurais pas.» Puis : «La dernière nuit du débat, Jacques Chirac a souhaité venir à l’Assemblée pour me soutenir. Je lui ai dit que ce n’était pas la peine. A 3h30, le texte était voté par 284 voix contre 189. Je suis rentrée chez moi en traversant la place du Palais Bourbon, où des égreneurs de chapelets m’attendaient pour me couvrir d’insultes, et à la maison j’ai trouvé une énorme gerbe de fleurs.» Simone Veil avait gagné.

«Vous êtes féministe ?», lui demandera la journaliste Annick Cojean, pour expliquer ce combat : «Je ne suis pas une militante dans l’âme, mais je me sens féministe, très solidaire des femmes quelles qu’elles soient… Je me sens plus en sécurité avec des femmes, peut-être est-ce dû à la déportation ? Au camp, leur aide était désintéressée, généreuse, pas celle des hommes. Et la résistance du sexe dit faible y était aussi plus grande.»

Simone Veil, née Jacob, le 13 juillet 1927 à Nice. Femme politique française. En 1975, Simone Veil, ministre de la santé, fait adopter par le parlement français la loi Veil légalisant l&squot;avortement en France. Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979, elle est repartie "comme tout le monde "non pas en voiture officielle mais dans la,petite Fiat de son fils. © Philippe Ledru / akg-images Simone Veil, née Jacob, le 13 juillet 1927 à Nice. Femme politique française. En 1975, Simone Veil, ministre de la santé, fait adopter par le parlement français la loi Veil légalisant l&squot;avortement en France. Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979, elle est repartie « comme tout le monde « non pas en voiture officielle mais dans la,petite Fiat de son fils.

Simone Veil se rend aux urnes en Fiat 500, le 10 Juin 1979. Photo Philippe Ledru. AKG-Images

L’Europe 

Dans les années 70 et 80, pointe, alors, son deuxième défi : participer à l’idéal européen qui commence à prendre forme. «Au cours du XXe siècle, dira-t-elle souvent, l’Europe a entraîné à deux reprises le monde entier dans la guerre. Elle doit désormais incarner la paix.» C’est un combat qui lui colle à la peau : l’Europe. A la demande de Valéry Giscard d’Estaing, alors président, elle conduit la liste Union pour la démocratie française (UDF) aux élections européennes de 1979, les premières au suffrage universel. Et en juillet 1979, elle accède à la présidence du premier parlement européen.

Au début de l’année 1982, elle est sollicitée pour briguer un second mandat, mais ne bénéficiant pas du soutien des députés RPR, elle retire sa candidature. «Nous vivions dans les balbutiements d’une Europe enthousiasmante», racontera Jacques Delors, élu en même temps qu’elle au Parlement européen. «Simone Veil, pendant sa présidence, a fait preuve d’une qualité rare : le discernement.»

Simone Veil n’est pas une intellectuelle, ni une oratrice hors pair. Parfois même, elle peut ennuyer, parlant plat. Mais on l’écoute. C’est elle, car c’est toujours une position qu’elle tient, une attitude qu’elle impose. Sur l’IVG comme sur l’Europe, elle convainc. Elle n’impose pas par ses mots, mais par sa présence. Elle est là, comme un roc, comme une preuve que l’on peut résister aux vents mauvais et aux marées qui engloutissent un temps la terre. Elle est là. Avec son caractère entier, parfois de mauvaise foi, toujours direct, capable de sermonner vertement un journaliste pour la bêtise de ses propos.

«Mon premier réflexe est toujours de dire non», reconnaît-elle. Il n’empêche, elle est un visage. Et une attitude. Simone Veil est, alors, très présente. Elle aime aussi être mondaine, on la voit souvent sortir souvent aux soirées de gala. Elle reconnaît avoir un caractère difficile, les idées tenaces, la rancune aussi. Ainsi contre François Bayrou qu’elle a toujours méprisé, détestant le rôle de petit marquis qu’il a eu lors de sa campagne européenne, où il était son directeur de campagne. «Il est capable d’énoncer avec la même assurance une chose et son contraire, uniquement préoccupé de son propre avenir.»

C’est ainsi, Simone Veil aime, ou déteste, sans partage ni nuance. «Quand Simone a décidé de quelque chose, on peut venir avec tout un bataillon, on ne le fera pas changer d’avis», témoigne Marek Halter. Simone Veil trouve, ainsi, tout à fait inexacte l’analyse d’Hannah Arendt sur le procès Eichmann. Elle va trouver «insoutenable»,«inimaginable», et «injuste» la proposition de Sarkozy, en 2008, qui veut que tout enfant de CM2 se voie confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah.

Mais c’est la même qui, dans les années 90, alors que le sida faisait des ravages dans les services hospitaliers, se fait simple bénévole, à l’hôpital Broussais, où elle participe à la consultation de nuit. Présente, toujours présente. Simone Veil a gagné le doit d’être inclassable. Elle se prendra d’affection pour Rachida Dati, «une perle». De Sarkozy, elle dira toujours : «Je lui garde amitié et confiance», disant aimer son «tempérament de combattant».

Toutefois, cela ne l’empêchera pas de critiquer l’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP, préférant un ministère «de l’Immigration et de l’Intégration». Il n’empêche, elle lui restera fidèle : «Ce qui compte pour moi, c’est que les gens soient fiables et qu’ils aient du cœur.» En mars 1998, elle est nommée au Conseil Constitutionnel, jusqu’en mars 2007. On l’entend peu, mais elle sortira de son devoir de réserve en 2005, «pour appeler à voter oui au référendum sur la Constitution européenne». Toujours l’Europe.

Les honneurs

Puis peu à peu, elle quitte la vie publique. Mais jamais complètement. Elle est une icône, la personnalité politique préférée des français. Le 11 janvier 2008, le président de la République, Nicolas Sarkozy, annonce qu’il l’a chargée de «mener un grand débat national pour définir les nouveaux principes fondamentaux nécessaires à notre temps, les inscrire dans le préambule de la Constitution», nommant la «diversité» qui «ne peut pas se faire sur une base ethnique».

Elle multiplie les rôles honorifiques, mais la Shoah est toujours présente dans sa vie de femme publique. De 2000 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est par la suite présidente d’honneur. Les honneurs ne lui déplaisent pas. Le 1er janvier 2009, elle est promue directement à la distinction de Grand officier de la Légion d’honneur. Puis élue à l’Académie française en 2010. Elle continue. Et le 25 novembre 2012, elle prend symboliquement la première carte adhérente de l’UDI, ce nouveau parti centriste, une carte au nom de Simone Veil.

Ces dernières années, son regard, peu à peu, va disparaître. Vide, comme absent. Elle est malade, de cette maladie que l’on dit du XXIe siècle. Terrible, et cela lui va si mal. Elle qui aime tant sortir, parler, elle ne peut ni l’un ni l’autre. Son visage se fige. Elle continue, pourtant, à voir régulièrement, sa vieille amie de camp, Marceline Loridan-Ivens.

En avril 2013, son mari meurt dans la nuit à 86 ans… «C’était un couple exceptionnel, raconte celle-ci. Vous savez les vieux couples, soit ils deviennent aigris, soit exceptionnels. A sa mort, Simone se retrouve si seule.» Marceline Loridan-Ivens a un an de plus que Simone. «On a été dans le même train, puis au camp, on dormait face à face, dans le bloc 9. J’étais là quand la kapo lui a dit : « Toi, tu es trop belle pour mourir. »» Puis : «Dans le monde d’aujourd’hui, elle a pris des risques.»

Elle raconte, encore, ses retrouvailles avec Simone : «Je l’ai retrouvée, par hasard, dans une rue de Paris, en 1956, elle promenait deux enfants. On se voyait, se téléphonait souvent, on se s’est jamais perdues de vue. Elle a toujours été avec moi très protectrice.» Simone ? «Son image est plus forte que les médias, le mythe est plus fort. C’est vrai, aujourd’hui, c’est injuste de la voir comme elle est, malade.» Puis : «Mais vous savez il faut lutter pour garder son humanité.»

Lire :

Simone Veil, un Destin, par Maurice Szafran, Flammarion, 1994

Une vie, par Simone Veil, Stock,‎ 2007

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AUSSI SUR MSN : PUREPEOPLE

Simone Veil : Mort à 89 ans de l’ancienne ministre et icône politique

Simone Veil : Mort à 89 ans de l'ancienne ministre et icône politique: Simone Veil - Obsèques de Antoine Veil au cimetière du Montparnasse à Paris, le 15 avril 2013 Simone Veil : Mort à 89 ans de l’ancienne ministre et icône politique

 

 

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La dénomination du nouveau groupe PS à l’Assemblée rompt avec une habitude vieille comme la Cinquième République.

Le Parisien: Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Olivier Faure le 22 juin à Paris.

© (AFP/GEOFFROY VAN DER HASSELT.) Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale Olivier Faure le 22 juin à Paris.

Le président demeure, l’entité change. Réélu à la tête des députés PS à l’Assemblée, Olivier Faure a dévoilé mardi le nouveau nom du groupe d’une trentaine de parlementaires qu’il s’apprête à diriger : «Nouvelle Gauche». Une dénomination qui, pour la première fois depuis 1958, ne fait pas référence au socialisme.

«Suite à un vote de notre groupe parlementaire ce (mardi) matin, nous avons choisi de nous nommer groupe Nouvelle Gauche», a annoncé Olivier Faure, lors d’une conférence de presse. Le qualificatif «socialiste» ne sera désormais présent que dans «la déclaration politique du groupe». «Nous sommes socialistes, nous sommes écologistes, nous sommes démocrates, nous sommes républicains, nous sommes progressistes et nous pouvions avoir cette addition» dans le nom, a expliqué le député de Seine-et-Marne.

Alors pourquoi effacer une référence utilisée tout au long des 14 précédentes législatures de la Vème République ? Olivier Faure avance deux raisons, dont une peut paraître fantasque : «Nous avons cherché à vous simplifier la tâche, pour la presse écrite et aussi pour la presse audiovisuelle.» Le groupe présidé par Olivier Faure et, avant lui, par Bruno Le Roux s’appelait «Socialiste, écologiste et républicain». La quête d’acronymes s’est révélée infructueuse.

«Ouverture» ou manque de cap ?

«Nous avons choisi de nous appeler plus simplement groupe de la Nouvelle Gauche avec l’idée à la fois de rappeler ce que nous sommes. Nous croyons au clivage gauche-droite et donc nous sommes la gauche, et en même temps, nous croyons aussi à sa nécessité de se rénover, de se refonder», a poursuivi Olivier Faure. Bien que le président du groupe ait insisté sur sa nécessaire «ouverture», «Nouvelle Gauche» ne comprend plus que des… socialistes, les députés divers gauche et radicaux se réunissant autour d’un groupe «progressiste», voire rejoignant La République en marche.

Loin d’incarner un nouveau projet, le changement de nom témoigne, selon le politologue Gérard Grunberg, d’un évident manque de cap : «Cela traduit avant tout la conscience que quelque chose est mort. Le choix d’un nouveau nom, « Nouvelle gauche », ne cache pas les désaccords des socialistes quant à ce qu’il faut mettre derrière.»

«Il y a cette idée sous-jacente d’une nouvelle union de la gauche avec la gauche de la gauche, comme l’a porté Benoît Hamon. Il faut cependant rappeler que la gauche, sans Macron, est très minoritaire. Elle n’a pesé que 20 % aux dernières législatives. Elle pesait plus du double lors du congrès des socialistes à Epinay en 1971. Si le PS est moribond, son ancien allié EELV est bel et bien mort. On ne voit pas comment les socialistes pourraient dessiner cette union de la gauche, ils n’ont plus d’alliés et Mélenchon leur crache à la figure», affirme Gérard Grunberg qui voit dans la décision des socialistes un aveu : «Par ce changement de nom, ils reconnaissent eux-mêmes que le parti d’Epinay est mort.»

Un air de déjà-vu

La nouvelle appellation du groupe n’a elle-même rien de neuf et est associée à des personnalités qui ont échoué. A Benoît Hamon, tout d’abord. Le candidat malheureux à la présidentielle 2017, qui n’a recueilli que 6,36 % des voix au premier tour, a été le chantre de la rénovation du Parti socialiste dans les années 1990 et 2000. En 1993, il avait co-fondé un courant au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) baptisé «Nouvelle Gauche», qui participera plus tard à la création du Nouveau Parti socialiste.

Quant à Jean-Christophe Cambadélis, qui vient de quitter la direction du PS, il avait publié en 1996 un livre intitulé «Pour une nouvelle gauche». Il y était déjà question de recomposition et de «renaissance»…

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Article général Pour des articles plus généraux, voir Parlement français et Assemblée nationale (France).
Président de l’Assemblée nationale
Image illustrative de l'article Liste des présidents de l'Assemblée nationale française et des chambres assimilées
Logo de l’Assemblée nationale.

Image illustrative de l'article Liste des présidents de l'Assemblée nationale française et des chambres assimilées
Titulaire actuel
François de Rugy
depuis le 27 juin 2017

Création Constitution française du 4 octobre 1958
Mandant Députés français
Premier titulaire Jacques Chaban-Delmas
Résidence officielle Hôtel de Lassay (Paris)
Site internet http://www.assemblee-nationale.fr/presidence [archive]

Cet article dresse la liste des présidents de l’Assemblée nationale française et chambres assimilées.

1789-1795

Directoire (1795-1799)

Consulat et Premier Empire (1800–1814)

Présidents du Corps législ

Président début fin
Jean-Baptiste Perrin des Vosges 1er janvier 1800 21 janvier 1800
Jean-Pierre Duval 21 janvier 1800 5 février 1800
Henri Jean-Baptiste Grégoire 5 février 1800 20 février 1800
Jean-Baptiste Girot-Pouzol 20 février 1800 7 mars 1800
Claude-Pierre de Delay d’Agier 7 mars 1800 22 mars 1800
Isaac Tarteyron 22 mars 1800 31 mars 1800
Pierre-Jacques-Samuel Chatry-Lafosse 22 novembre 1800 7 décembre 1800
Alexis Pison du Galland 7 décembre 1800 22 décembre 1800
Antoine Bourg-Laprade 22 décembre 1800 6 janvier 1801
Jean-Jacques Bréard 6 janvier 1801 21 janvier 1801
Jean-François Rossée 21 janvier 1801 5 février 1801
Jacques Poisson de Coudreville 5 février 1801 20 février 1801
Jean-Baptiste Leclerc du Maine-et-Loire 20 février 1801 7 mars 1801
François-Joseph Lefebvre-Cayet 7 mars 1801 21 mars 1801
Charles-François Dupuis 22 novembre 1801 7 décembre 1801
Jean-François Barailon 7 décembre 1801 22 décembre 1801
Pierre-Louis Lefebvre-Laroche 22 décembre 1801 6 janvier 1802
Nicolas-Bernard Belzais-Courménil 6 janvier 1802 21 janvier 1802
Joseph Pemartin 21 janvier 1802 5 février 1802
Denis Couzard 5 février 1802 20 février 1802
Louis Ramond de Carbonnières 20 février 1802 7 mars 1802
Jacques Devismes 7 mars 1802 22 mars 1802
Jean-François Joseph Marcorelle 5 avril 1802 21 avril 1802
François Lobjoy 21 avril 1802 6. Mai 1802
Pierre-Antoine Rabaut-Dupuis 6. Mai 1802 20. Mai 1802
François-Pascal Delattre 21 février 1803 7 mars 1803
Jean-François Méric 7 mars 1803 22 mars 1803
Jean-Louis Girod de l’Ain 22 mars 1803 6 avril 1803
Marie-Félix Faulcon 6 avril 1803 21 avril 1803
Vincent-Marie Viénot-Vaublanc 21 avril 1803 7 mai 1803
François Lagrange 7 mai 1803 21 mai 1803
Jérôme Reynaud de Lascours 21 mai 1803 28 mai 1803

Empire[modifier | modifier le code]

Président début fin
Louis de Fontanes 10 janvier 1804 24 janvier 1810
Pierre de Montesquiou-Fezensac 24 janvier 1810 23 novembre 1813
Claude Ambroise Régnier 23 novembre 1813 4 juin 1814

Restauration (1814-1830)[

Première restauration[modifier | modifier le code]

Présidents de la Chambre des députés des départements :

Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Président de la Chambre des représentants :

Seconde restauration[modifier | modifier le code]

Présidents de la Chambre des députés des départements :

Nom Dates du mandat Notes
Joseph-Henri-Joachim Lainé Joseph Henri Joachim Lainé.JPG 12/10/1815 05/09/1816 2e mandat après l’interruption des cent jours. Ministre de l’Intérieur entre 1816 et 1818, pair de France, sans jamais cesser de faire paraître en lui le partisan de la liberté constitutionnelle. C’est lui qui dit, en 1830, à l’occasion des ordonnances : « Les rois s’en vont ! ». Nommé par ordonnance (mais non élu) membre de l’Académie française en 1816.
Étienne-Denis Pasquier Étienne-Denis Pasquier.jpg 12/11/1816 13/11/1817 Nommé ministre de la Justice. Il sera ensuite président de la Chambre des pairs en 1830, il reçoit le titre et les honneurs de chancelier de France par le roi Louis-Philippe, le 27 mai 1837. Il est le dernier chancelier de France[1]. Élu à l’Académie française en 1842. Grand-oncle de Gaston d’Audiffret-Pasquier qu’il adopte.
Hercule de Serre Pierre, comte de SERRE (1776-1824).jpg 13/11/1817 11/12/1818 Nommé ministre de la Justice.
Auguste Ravez Kinson - Portrait du comte Ravez.jpg 11/12/1818 05/11/1827 Président durant près de neuf ans.
Pierre-Paul Royer-Collard Pierre-Paul Royer-Collard.jpg 25/02/1828 16/05/1830 Élu à l’Académie française en 1827.

Monarchie de Juillet (1830-1848)

Présidents de la Chambre des députés :

Nom Dates du mandat Notes
1 Casimir Perier Desnos - Casimir Pierre Perier.jpg 6 août 1830 21 août 1830 Grand père de Jean Casimir-Perier.
2 Jacques Laffitte Jacques Laffitte.jpg 21 août 1830 11 novembre 1830 Nommé le 2 novembre 1830 à la présidence du Conseil
3 Casimir Perier Desnos - Casimir Pierre Perier.jpg 11 novembre 1830 31 mai 1831 2e mandat. Nommé le 13 mars 1831 à la présidence du Conseil
4 Louis Girod de l’Ain Girod de l'Ain.jpg 1er août 1831 28 avril 1832 Nommé Vice-président du Conseil d’État.
5 André-Marie Dupin Dupin, Procureur général à la Cour de cassation.JPG 29 avril 1832 2 février 1839 Procureur général près la Cour de cassation de 1830 à 1852 et de 1857 à 1865. Il est élu à l’Académie française en 1832.
6 Hippolyte Passy Passy, Hippolyte.jpg 16 avril 1839 24 décembre 1839 Ministre des Finances le 12 mai 1839 jusqu’au 1er mars 1840 puis du 20 décembre 1848 jusqu’au 31 octobre 1849
7 Paul-Jean Sauzet Paul Jean Pierre Sauzet.jpg 24 décembre 1839 24 février 1848 Son embonpoint lui valut le surnom de « poire molle »

Deuxième République (1848-1851)

Nom Dates du mandat Assemblée nationale Tendance politique Notes
1 Philippe Buchez Philippe Buchez by Charles Bour.jpg 5 mai 1848 5 juin 1848 Constituante Républicain catholique social Peu présent et très critiqué pour son manque de fermeté face aux révolutionnaires qui s’introduisirent à l’Assemblée et tentèrent de la renverser lors de la manifestation du 15 mai 1848, il fut évincé au profit de Sénard.
2 Antoine Sénard Antoine Sénard.jpg 5 juin 1848 29 juin 1848 Constituante Républicain modéré Bénéficiant d’une réputation d’autorité et de fermeté (il a réussi à réprimer une émeute à Rouen), il fut élu pour remplacer Buchez. Après les Journées de Juin, il fut nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement du général Cavaignac.
3 Alexandre Marie Pierre Alexandre Thomas Amable Marie de Saint-Georges (1848).jpg 29 juin 1848 19 juillet 1848 Constituante Républicain modéré Initiateur de la décision de fermeture des ateliers nationaux (décision qui a entraîné les Journées de Juin), il apparaissait comme le digne héritier de Sénard par son absence de complaisance à l’égard de l’extrême-gauche. Peu de temps après son élection à la présidence de l’Assemblée, il entra à son tour au sein du gouvernement Cavaignac avec le portefeuille de la Justice.
4 Armand Marrast Marrast, Armand.jpg 19 juillet 1848 26 mai 1849 Constituante Républicain modéré Après avoir été le rapporteur la commission chargée de rédiger une Constitution, il proclama celle-ci le 19 novembre 1848. Le mois suivant, il proclama l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République et lui fit prêter serment. Son mandat prit fin avec l’élection de la nouvelle Assemblée, législative.
5 André-Marie Dupin Dupin, André.jpg 1er juin 1849 2 décembre 1851 Législative Conservateur, orléaniste 2e mandat. Élu à la présidence par une nouvelle majorité conservatrice composée de républicains modérés et de monarchistes orléanistes, il ne s’opposa que mollement au coup d’État du 2 décembre 1851 qui mit fin à l’existence de l’Assemblée législative. Procureur général près la Cour de cassation de 1830 à 1852 puis de 1857 à 1865.

Second Empire (1852-1870)

Nom Dates du mandat Parti ou idéologie politique Notes
Présidents du Corps législatif
1 Adolphe Billault Billault, Adolphe - 1.jpg 9 mars 1852 12 novembre 1854 Une statue lui fut érigée à Nantes le 15 septembre 1867 mais retirée après la chute du Second Empire 1872
2 Charles Auguste, duc de Morny Duc-de-Morny-02.jpg 12 novembre 1854 10 mars 1865 Petit-fils naturel de Talleyrand, Demi-frère de Napoléon III. Décédé en fonction.
3 Comte Alexandre Walewski AlexandreWalewski.jpg 11 mars 1865 29 mars 1867 Fils naturel de Napoléon Ier.
4 Eugène Schneider Schneider, Eugène.jpg 2 avril 1867 4 septembre 1870 Fondateur de la dynastie des maîtres des forges du Creusot.

Troisième République (1870-1940)

Nom Dates du mandat Parti ou idéologie politique Notes
Présidents de l’Assemblée nationale
1 Jules Grévy Jules grevy.jpg 16 février 1871 2 avril 1873 Modéré, Gauche républicaine Candidat à l’élection présidentielle du 24 mai 1873 face à Patrice de Mac-Mahon qui est élu.
2 Louis Buffet Buffet.jpg 4 avril 1873 2 mars 1875 Monarchiste modéré Nommé le 10 mars 1875 à la vice-présidence du Conseil
3 Gaston d’Audiffret-Pasquier[2] Gaston d'Audiffret-Pasquier.jpg 15 mars 1875 6 mars 1876 Monarchiste modéré Petit-neveu du Duc Étienne-Denis Pasquier. Élu président du Sénat en 1876. Il est élu à l’Académie française en 1878.
Présidents de la Chambre des députés
4 Jules Grévy Jules grevy.jpg 13 mars 1876 30 janvier 1879 Modéré, Gauche républicaine 2e mandat. Élu à la Présidence de la République
5 Léon Gambetta LéonGambetta.jpg 31 janvier 1879 27 octobre 1881 Union républicaine Plus jeune président de l’Assemblée (41 ans). Nommé le 14 novembre 1881 à la présidence du Conseil
6 Henri Brisson Henri Brisson.jpg 3 novembre 1881 6 avril 1885 Gauche radicale Nommé le 6 avril 1885 à la présidence du Conseil
7 Charles Floquet Floquet.jpg 8 avril 1885 3 avril 1888 Gauche radicale Nommé le 3 avril 1888 à la présidence du Conseil
8 Jules Méline Jules Méline 1898.jpg 4 avril 1888 11 novembre 1889 Modéré, Union des gauches Il sera président du Conseil du 28 avril 1896 au 15 juillet 1899 et candidat à l’élection présidentielle du 18 janvier 1899 face à Émile Loubet qui est élu.
9 Charles Floquet Floquet.jpg 16 novembre 1889 10 janvier 1893 Gauche radicale 2e mandat. Impliqué dans le scandale de Panama.
10 Jean Casimir-Perier Jean Casimir-Perier.jpg 10 janvier 1893 3 décembre 1893 Modéré, Union des gauches puis Républicains de gouvernement Nommé le 03 décembre 1893 à la présidence du Conseil. Petit fils de Casimir Perier.
11 Charles Dupuy Dupuy.jpg 5 décembre 1893 30 mai 1894 Modéré, Républicains de gouvernement Nommé le 30 mai 1894 à la présidence du Conseil. Candidat à l’élection présidentielle du 25 juin 1894 face à Henri Brisson et Jean Casimir-Perier qui est élu.
12 Jean Casimir-Perier Jean Casimir-Perier.jpg 2 juin 1894 27 juin 1894 Modéré, Républicains de gouvernement 2e mandat. Élu à la présidence de la République
13 Auguste Burdeau Auguste Burdeau, philosophe et homme politique.jpg 5 juillet 1894 12 décembre 1894 Modéré, Républicains de gouvernement Décédé en fonction
14 Henri Brisson Henri Brisson.jpg 18 décembre 1894 31 mai 1898 Gauche progressiste 2e mandat. En 1885, 1887, 1894 et 1895, il fut candidat à l’élection présidentielle, où il échoua de peu à sa dernière tentative, face à Félix Faure. Nommé le 28 juin 1898 à la présidence du Conseil
15 Paul Deschanel Paul Deschanel 03.jpg 13 juin 1898 31 mai 1902 Républicains progressistes puis Alliance démocratique Il est élu à l’Académie française en 1899.
16 Léon Bourgeois Picture of Léon Bourgeois.jpg 10 juin 1902 12 janvier 1904 Radical Lauréat du Prix Nobel de la Paix de 1920 et président du Sénat du 14 janvier 1920 au 16 février 1923.
17 Henri Brisson Henri Brisson.jpg 12 janvier 1904 10 janvier 1905 Radical 3e mandat.
18 Paul Doumer Paul Doumer.jpg 10 janvier 1905 31 mai 1906 Radical Candidat à l’élection présidentielle du 17 janvier 1906 face à Armand Fallières qui est élu. Il est président du Sénat du 14 janvier 1927 au 11 juin 1931 puis élu à la présidence de la République.
19 Henri Brisson Henri Brisson.jpg 8 juin 1906 13 avril 1912 Radical 4e mandat, il décède en fonction après avoir exercé la présidence durant 13 ans et 7 mois en quatre fois.
20 Paul Deschanel Paul Deschanel 03.jpg 23 mai 1912 10 février 1920 Alliance démocratique 2e mandat. Élu à la présidence de la République
21 Raoul Péret Raoul Péret 01.jpg 12 février 1920 31 mai 1924 Alliance démocratique
22 Paul Painlevé Paul Painlevé 1923.jpg 9 juin 1924 21 avril 1925 Parti républicain-socialiste Candidat à l’élection présidentielle du 11 juin 1924 face à Gaston Doumergue qui est élu. Nommé le 17 avril 1925 à la présidence du Conseil.
23 Édouard Herriot Édouard Herriot 01.jpg 22 avril 1925 20 juillet 1926 Radical Nommé le 19 juillet 1926 à la présidence du Conseil
24 Raoul Péret Raoul Péret 01.jpg 22 juillet 1926 10 janvier 1927 Parti républicain-socialiste 2e mandat. Mis en cause et acquitté dans l’affaire Oustric en 1931.
25 Fernand Bouisson Fernand Bouisson 1931.jpg 11 janvier 1927 31 mai 1936 Parti républicain-socialiste Président du Conseil du 1er au 7 juin 1935. Candidat à l’élection présidentielle du 5 avril 1939 (Albert Lebrun est réélu).
26 Édouard Herriot[3] Édouard Herriot 01.jpg 4 juin 1936 9 juillet 1940 Radical 2e mandat. Candidat à l’élection présidentielle du 5 avril 1939 (Albert Lebrun est réélu).

Institutions provisoires de la Libération

Président de l’Assemblée consultative provisoire :

Présidents de l’Assemblée nationale constituante (voir Gouvernement provisoire de la République française) :

  • 8 novembre 1945 – 22 janvier 1946 : Félix Gouin, nommé à la présidence du Gouvernement provisoire de la République
  • 31 janvier 1946 – 27 novembre 1946 : Vincent Auriol[4]

Quatrième République (1946-1958)

Présidents de l’Assemblée nationale :

Nom Dates du mandat Parti Notes
1 Vincent Auriol VincentAuriol.png 3 décembre 1946 20 janvier 1947 SFIO Élu à la présidence de la République
2 Édouard Herriot Édouard Herriot 01.jpg 21 janvier 1947 11 janvier 1954 Radical 3e mandat. A été président de l’Assemblée durant 12 ans en trois fois. Président d’honneur de l’Assemblée nationale. Il est élu à l’Académie française en 1946.
3 André Le Troquer Sin foto.svg 12 janvier 1954 10 janvier 1955 SFIO
4 Pierre Schneiter Sin foto.svg 11 janvier 1955 2 décembre 1955 MRP Assemblée nationale dissoute
5 André Le Troquer Sin foto.svg 24 janvier 1956 4 octobre 1958 SFIO 2e mandat.

Cinquième République (depuis 1958)

Nom
(Circonscription)
Dates du mandat Parti Législature (élection) Notes
1 Jacques Chaban-Delmas-1.jpg Jacques Chaban-Delmas
Gironde (2e circonscription)
9 décembre 1958 20 juin 1969 UNR Ire (1958) Il quitte ses fonctions après avoir été nommé Premier ministre par le président de la République Georges Pompidou.
UNR-UDT IIe (1962)
UD-Ve IIIe (1967)
UDR IVe (1968)
2 AchillePeretti.jpg Achille Peretti
Hauts-de-Seine (6e circonscription)
25 juin 1969 1er avril 1973 UDR Il est nommé, par son successeur, Edgar Faure, au Conseil constitutionnel en 1977.
3 Edgar Faure.jpg Edgar Faure
Doubs (3e circonscription)
2 avril 1973 2 avril 1978 UDR
RPR
Ve (1973) Ce fut le dernier poste d’envergure nationale qu’il occupa après avoir été notamment plusieurs fois ministres sous la IVe et la Ve République et président du Conseil (1952 puis 1955-1956). Il est élu à l’Académie française en 1978.
4 Jacques Chaban-Delmas.jpg Jacques Chaban-Delmas
Gironde (2e circonscription)
3 avril 1978 22 mai 1981 RPR VIe (1978) 2e mandat. Après avoir été candidat à l’élection présidentielle de 1974, un renversement d’alliances et l’appui du président Valéry Giscard d’Estaing permet à Chaban-Delmas de récupérer la présidence de l’Assemblée nationale. Il est le premier président de l’Assemblée nationale élu pour un nouveau mandat au « perchoir » sous la Ve République.
5 Louis MERMAZ.jpg Louis Mermaz
Isère (5e circonscription)
2 juillet 1981 1er avril 1986 PS VIIe (1981) Il est le premier socialiste sous la Ve République à accéder à la présidence de l’Assemblée nationale.
6 Jacques Chaban-Delmas.jpg Jacques Chaban-Delmas
Gironde (proportionnelle)
2 avril 1986 14 mai 1988 RPR VIIIe (1986) 3e mandat. Il est le premier président d’une Assemblée dont la majorité politique est opposée au président de la République, François Mitterrand (PS). Le 12 novembre 1996, il est nommé président d’honneur de l’Assemblée nationale, par le président de l’Assemblée, Philippe Séguin. Au total, Chaban-Delmas fut président de la Chambre basse du Parlement durant 16 ans en trois fois.
7 Laurent Fabius - Royal & Zapatero's meeting in Toulouse for the 2007 French presidential election 0538 2007-04-19.jpg Laurent Fabius
Seine-Maritime (4e circonscription)
23 juin 1988 21 janvier 1992 PS IXe (1988) Plus jeune président de l’Assemblée (41 ans, 10 mois et 3 jours) après Léon Gambetta. Il quitte le « perchoir » en 1992 pour devenir Premier secrétaire du Parti socialiste.
8 Emmanuelli.jpg Henri Emmanuelli
Landes (3e circonscription)
22 janvier 1992 1er avril 1993 PS Il est ensuite Premier secrétaire du Parti socialiste du 19 juin 1994 au 14 octobre 1995.
9 Philippe Seguin 2005.jpg Philippe Séguin
Vosges (1re circonscription)
2 avril 1993 21 avril 1997 RPR Xe (1993) Il est le président de l’Assemblée nationale sous deux présidents de la République, François Mitterrand (PS) et Jacques Chirac (RPR). Il est ensuite président du Rassemblement pour la République du 6 juillet 1997 au 16 avril 1999 puis Premier président de la Cour des comptes de 2004 à 2010, date de son décès.
10 Fabius 4 février 2013.jpg Laurent Fabius
Seine-Maritime (4e circonscription)
12 juin 1997 28 mars 2000 PS XIe (1997) 2e mandat. Il démissionne en 2000 lorsqu’il est nommé ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016, il est nommé président du Conseil constitutionnel par le président de la République François Hollande.
11 Raymondforni.jpeg Raymond Forni
Territoire-de-Belfort (1re circonscription)
29 mars 2000 18 juin 2002 PS Vice-président de l’Assemblée nationale de 1991 à 1993 et de 1998 à 2000. Il est ensuite président du conseil régional de Franche-Comté de 2004 à 2008, date de son décès.
12 Jldebre2012.jpg Jean-Louis Debré
Eure (1re circonscription)
25 juin 2002 4 mars 2007 UMP XIIe (2002) Il est nommé président du Conseil constitutionnel par le président de la République Jacques Chirac. Il fait installer le drapeau français derrière le « perchoir », une première dans l’histoire du Palais Bourbon.
13 Patrick Ollier.jpg Patrick Ollier
Hauts-de-Seine (7e circonscription)
7 mars 2007 19 juin 2007 UMP Il effectue le plus court mandat d’un président de l’Assemblée nationale sous la Cinquième République : 104 jours, soit trois mois et demi. Il est le seul à n’avoir présidé aucune séance à l’exception de celle qui a vu son élection, le 7 mars 2007, la dernière de la législature. Il est élu président de la Métropole du Grand Paris en 2016.
14 BernardAccoyer2.jpg Bernard Accoyer
Haute-Savoie (1re circonscription)
26 juin 2007 19 juin 2012 UMP XIIIe (2007) Il fait installer derrière le « perchoir » le drapeau européen à côté du drapeau français, malgré l’opposition des députés souverainistes UMP et PS. Il est ensuite secrétaire général du parti Les Républicains à partir du 29 novembre 2016.
15 Claude Bartolone.jpg Claude Bartolone
Seine-Saint-Denis (9e circonscription)
26 juin 2012 20 juin 2017 PS XIVe (2012) Il est élu à la suite de la victoire de François Hollande. Après sa défaite aux Élections régionales de 2015 en Île-de-France il remet sa démission au président du groupe socialiste comme prévu en cas de victoire mais il est reconduit dans ses fonctions de président de l’assemblée.
16 François De Rugy - Assemblée Nationale - 20111025-02.jpg François de Rugy
Loire-Atlantique (1re circonscription)
27 juin 2017 en fonction LREM XVe (2017) 3e vice-président de l’Assemblée nationale entre 2016 et 2017, durant la XIVe législature

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Nathalie Kosciusko-Morizet, le 17 juin 2016, à Paris

© Fournis par AFP Nathalie Kosciusko-Morizet, le 17 juin 2016, à Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé mardi à l’AFP qu’elle ne se représentait pas à la présidence du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, en suggérant la possibilité que soit constitué un deuxième groupe.

L’ancien ministre qui dirigeait l’opposition à la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a « décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat » de présidente du groupe, qui était remis en jeu le 5 juillet. La députée sortante de l’Essonne a été battue aux dernières législatives à Paris par un candidat de la République en Marche.

Selon son entourage, Nathalie Kosciusko-Morizet qui « souhaite prendre du recul », estime « que compte-tenu des divergences profondes et de l’absence de solidarité entre ses membres, le maintien d’un groupe unique de la droite parisienne n’a plus de sens ».

La « faillite du système installé et défendu bec et ongles par les barons de la vieille droite parisienne est manifeste », ajoute encore l’entourage de l’ex-candidate à la primaire de la droite et du centre.

NKM avait affronté Mme Hidalgo aux municipales de 2014 et dirigeait depuis le groupe Les Républicains, tiraillé par de nombreuses tensions qui se sont encore aggravées ces derniers temps après la déroute des législatives.

La présidence du groupe LR au Conseil de Paris est remise statutairement en jeu le 5 juillet.

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A ce jour, n’est officiellement candidat que l’élu du XVeme arrondissement François-David Cravenne

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Alain Senderens devant son restaurant le 27 septembre 2002

© Fournis par AFP Alain Senderens devant son restaurant le 27 septembre 2002

« Un visionnaire », « l’un des plus grands »: le monde de la gastronomie rendait hommage mardi à Alain Senderens, après la disparition de ce grand nom de la Nouvelle cuisine, qui a formé plusieurs générations de chefs.

Le cuisinier est mort dimanche à l’âge de 77 ans et sera incinéré mercredi en Corrèze où il était installé, a indiqué à l’AFP sa femme, Eventhia Senderens.

De nombreux chefs ont réagi des quatre coins du globe en apprenant la disparition de ce champion des accords mets-vins, très tôt passionné par les cuisines du monde.

Paul Bocuse et sa brigade ont salué sur Twitter la mémoire de « l’un des plus grands de la gastronomie française », l’Américain Thomas Keller « un grand chef », le Danois René Redzepi une source « d’inspiration, une personne toujours élégante et classe ».

– ‘Honneur de la France’ –

« Ce cuisinier était l’honneur de la France, un visionnaire, qui a révolutionné la cuisine française avec son collègue Michel Guérard », a déclaré Paul-François Vranken, PDG du groupe Vranken-Pommery et propriétaire du Lucas Carton, qui s’est dit « très ému ».

Alain Senderens, décédé à 77 ans, aura travaillé jusqu’en juillet 2014 dans ce restaurant de la place de la Madeleine, qu’il avait repris en 1985. Il y avait obtenu trois étoiles, avant de les rendre en 2005 à la surprise générale, pour « supprimer le tralala et les chichis ».

– ‘Un compagnon qui s’en va’ –

Michel Guérard, l’un des principaux chefs de file avec Alain Senderens, Paul Bocuse, Alain Chapel et Pierre Troisgros du mouvement de la Nouvelle cuisine dans les années 1970, s’est dit « effondré » par la disparition d' »un vrai ami ».

« C’est un compagnon de plus qui s’en va. J’aurais aimé qu’il reste là un peu plus longtemps », a déclaré le chef du restaurant triplement étoilé Les Prés d’Eugénie, dans les Landes.

« Tous les deux, nous mettions un point d’honneur à ne jamais copier l’autre. A celui qui avait l’idée, on disait, bravo, je regrette de ne pas l’avoir eue avant toi, mais on se respectait d’une manière suprême, c’était un code de bonne conduite auquel on n’a jamais dérogé. »

« La Nouvelle cuisine française, c’était une armée de copains qui avaient du talent mais ne se prenaient pas au sérieux et vivaient joyeusement leur métier », a rappelé Michel Guérard, 84 ans, à propos de ce mouvement qui a révolutionné la cuisine en l’épurant et l’allégeant.

– ‘Un Monsieur’ –

« C’était un Monsieur, et on l’appelait Monsieur », a raconté Christopher Hache, 35 ans, chef des cuisines de l’Hôtel de Crillon, qui a travaillé aux côtés d’Alain Senderens de 2004 à 2006 au Lucas Carton, où il a été chef de partie rôtisseur puis sous-chef.

« C’était des moments très intenses, très durs, mais tous ceux qui ont fait l’école Senderens sont aujourd’hui de grands chefs. Il nous a transmis énormément de choses. »

« Il s’est beaucoup inspiré des cuisines du monde, que ce soit les sauces thaï, les cuissons à l’étouffée », a-t-il rappelé. « Et il avait ce regard en plus sur le vin. Au Lucas Carton il mettait toujours en avant le vin. Il nous disait: un vin, on ne peut pas le changer, par contre ce plat, il faudrait changer ceci, modifier cela. Il avait cette capacité à créer des accords assez exceptionnels. »

« Le canard Apicius était l’emblème de la maison. On le pochait dans un bouillon épicé, il était ensuite rôti entier, on le glaçait avec un miel épicé », dit M. Hache qui se « rappelle du dernier service trois étoiles comme si c’était hier. On avait fait un sacré menu! »

– ‘Un poète’ –

« On a perdu l’une des plus belles mains de la cuisine française. C’était la précision, la justesse, l’originalité, la créativité. J’avais en face de moi un peintre, un poète », a réagi Alain Passard, 60 ans, qui a travaillé à ses côtés de 1977 à 1979, rue de Varenne, à l’Archestrate. Passard rachètera ensuite le restaurant de son maître, rebaptisé l’Arpège (trois étoiles Michelin).

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