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Retour sur le plan fiscal de Trump: bâclé, incohérent, impopulaire

Plan, ou exercice improvisé? Le programme massif de baisses d’impôt présenté mercredi par Donald Trump, qui coûterait 7 à 8.000 milliards de dollars sur 10 ans, est  bâclé, non financé et n’a aucune chance d’être adopté en l’état. N’est pas Reagan qui veut.

Donald Trump le 28 avril 2017: Afp/Saul Loeb

© Afp/Saul Loeb Afp/Saul Loeb Le seul point commun avec les années 80 ? Arthur Laffer, économiste auteur de la célèbre courbe « montrant » que les baisses d’impôt étaient payées par la croissance qu’elles généraient, soutient avec autant d’enthousiasme le plan Trump que le plan Reagan, 26 ans plus tôt.

Pour le reste… C’est peu dire que le plan fiscal de Donald Trump n’a pas enflammé la droite ni les marchés. Le Dow Jones a même réussi l’exploit de clôturer en baisse, le 26 avril, alors que le Président venait de lancer un plan de baisse d’impôts de 7 à 8.000 milliards de dollars sur dix ans (qui compte, à ce niveau…)! Et les ténors du parti républicain ont poliment accueilli pour ce qu’il est, une proposition aux allures de plan écrit à la hâte sur un coin de nappe – plus précisément, un document en 19 « puces » tenant sur une seule page.

Comment parler d’un « plan », encore plus d’un « programme »? L’initiative ressemblait plus à un effort de dernière minute pour éviter que Donald Trump n’atteigne le cap des symbolique des 100 jours avec un bilan quasi-nul. Mais même dans cet esprit, l’improvisation et les incohérences du plan ont surpris les commentateurs.

Trump a renoncé à rallier la moindre voix démocrate, comprenant que l’opposition n’était pas prête à lui faire le moindre cadeau. Les démocrates ont même trouvé un argument diabolique: avant de pouvoir voter sur des mesures fiscales, ils veulent savoir comment elles affecteraient les finances du Président, donc refusent de voter quoi que ce soit tant qu’il n’aura pas publié ses déclarations d’impôt.

Un plan tiré par les cheveux et pas financé

Du coup, le plan présidentiel doit faire le plein des voix de droite. Problème: une grosse frange des républicains est obsédée par les déficits et la dette publique, et voir le « King of Debt » (surnom donné à Trump) proposer à tous les Américains de raser gratis sans proposer de recettes ou baisses de dépenses correspondantes, est à leurs yeux un anathème.

– Le « dynamic scoring » (évaluation budgétaire intégrant le bénéfice fiscal d’une croissance accélérée grâce aux baisses d’impôt) est tellement tiré par les cheveux que même les économistes républicains purs et durs le reconnaissent: il n’est pas financé.

– Le plan est supposé profiter aux classes moyennes et ne pas favoriser les plus riches: « : “Dans les faits, la baisse d’impôt ne sera pas une baisse pour les riches », a promis le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin… avant de rétropédaler quelques heures plus tard. Il ne peut « pas offrir de garantie » à la classe moyenne, et pour la neutralité fiscale concernant le plus riches il ne s’agit plus d’une promesse mais d’un « objectif »…

En réalité, le « plan » Trump favorise massivement les plus fortunés. Il est similaire au plan qu’avait défendu le candidat Trump, qui permettait aux 1% de ménages les plus riches d’économiser 317.000 dollars par an (un ménage « moyen » devant se contenter d’un misérable 1.100 dollars).

Problème, là encore: ce genre de cadeau n’est pas du tout populaire. Selon un sondage Gallup, 15% d’Américains estiment que les riches paient trop d’impôt, et 61%, qu’ils n’en paient pas assez. Même les sondés républicains sont de cet avis (à 45%).

La porte ouverte à tous les abus

Même en acceptant tous ces défauts, le « plan » a un autre inconvénient: il est tellement bâclé qu’il en est incohérent. Par exemple, il bénéficierait massivement aux entités « pass-through » (entreprises à propriétaire unique, partenariats, sociétés à responsabilité limitée, etc.), qui permettent aux gérants de hedge funds, par exemple, d’être taxés comme des entreprises et non des particuliers. Cette échappatoire, qui bénéficierait à la Trump Organization, serait la porte ouverte à tous les abus et manœuvres d’évasion fiscale.

Bref, la copie est à revoir. La Maison Blanche l’assume en partie, expliquant qu’il s’agit seulement d’une position de départ dans une longue négociation. Et il ne fait pas de doute qu’un grand nombre de républicains sont alléchés par la perspective de baisses d’impôt indolores, tels des ours attirés par le miel.

Mais une réforme fiscale est une partie infiniment complexe de mikado, politiquement très délicate à accomplir. Sous cet angle, le « plan » improvisé de Trump n’est qu’un très, très lointain cousin de la réforme audacieuse, mais calculée au millimètre, de Ronald Reagan

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