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Présidentielle : quatre questions qui se posent avant le second tour

 

Aucun des deux candidats qualifiés n’a été soutenu par un parti dit de « gouvernement ».

© Fournis par Francetv info La présidentielle de toutes les incertitudes. Après une campagne rythmée par les scandales liés notamment aux affaires Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés pour le second tour, dimanche 23 avril.

Ce résultat sonne comme un désaveu pour les deux grands partis de gouvernement, le PS et Les Républicains, qui ont porté depuis plus de trente-cinq ans leurs candidats à l’Elysée. Franceinfo tente de répondre aux questions qui se posent avant ce second tour inédit.

Y a-t-il toujours un « front républicain » face au FN ?

Arrivée en deuxième position derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen réitère la performance de son père lors de la présidentielle de 2002 en se qualifiant pour le second tour. Mais, alors que l’ensemble de classe politique française avait clairement appelé à voter pour Jacques Chirac il y a quinze ans, l’élan n’est pas le même cette année.

Le candidat socialiste, Benoît Hamon (6,3%), a appelé dès dimanche soir, sans ambiguïté, à faire battre la candidate du FN.

Le candidat Les Républicains, François Fillon, arrivé en troisième position avec 20% des voix, a, lui aussi, été extrêmement clair, lors de son discours : « Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron. » La position de son parti l’est moins. A la sortie d’un bureau politique organisé lundi soir, la formation de droite a appelé à « voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de la présidentielle ». Pour autant, le communiqué ne mentionne à aucun moment le nom d’Emmanuel Macron, une partie des membres du bureau politique s’y étant fermement opposés, indique Le JDD.

Déçu par sa quatrième place (19,6%), le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a refusé de donner une consigne de vote à ses électeurs, tout comme Jean Lassalle (1,2%), François Asselineau (0,9%), et Jacques Cheminade (0,18%). L e candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou, n’appelle pas non plus à voter Emmanuel Macron, même pour « rejeter le danger mortel pour tout progrès social » représenté selon lui par le FN.Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) a annoncé qu’elle voterait « blanc ». Enfin, à droite, le candidat de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan (4,7%) a fait savoir qu’il donnerait sa consigne de vote « en début de semaine ».

Les consignes de vote vont-elles être suivies ?

A priori, oui. La stratégie du front républicain avait bien fonctionné lors des dernières élections régionales, en décembre 2015. Pour éviter toute victoire des candidats soutenus par le Front national, le PS s’était retiré au second tour au profit des Républicains, assurant la victoire à Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France (57,8%) et à Christian Estrosi en Provence-Alpes-Côte d’Azur (54,78%). Le Front national n’avait remporté aucune région.

Pour l’instant, Emmanuel Macron est donné largement gagnant, avec de bons reports. Il obtiendrait ainsi 62% des suffrages au second tour contre 38% pour son adversaire, à en croire l’enquête Ipsos/Sopra Steria publiée dimanche à l’issue du premier tour.

Selon ce sondage, 62% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 79% de ceux de Benoît Hamon se reporteraient sur l’ex-ministre de l’Economie au second tour (contre 9% et 4% sur Marine Le Pen, le reste ne s’exprimant pas). Néanmoins, seuls 48% des électeurs de François Fillon opteraient pour Emmanuel Macron au second tour, contre 33% pour Marine Le Pen.

Le second tour est-il déjà plié ?

Marine Le Pen entend bien contredire les sondages qui l’annoncent battue. En visite à Rouvroy, dans le Nord-Pas-de-Calais, lundi, elle a raillé « le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut » et qui « essaie de se coaliser autour de monsieur Macron ». « J’ai presque envie de dire tant mieux ! », a-t-elle lancé.

A l’image de Donald Trump aux Etats-Unis, la candidate FN peut-elle accéder à l’Elysée après avoir entonné les mêmes critiques contre les immigrés, les intellectuels ou les médias ? Ce n’est pas exclu, tant « la sociologie sème le doute » sur une victoire d’Emmanuel Macron, explique le journaliste Eric Dupin sur Slate. Ce fin connaisseur des sondages se demande si le cœur de cible de l’électorat du candidat d’En marche !, « aisé, éduqué et urbain », est vraiment majoritaire en France.

Emmanuel Rivière, sondeur chez Kantar Sofres, assure aussi à franceinfo qu’Emmanuel Macron « a plein de manières de mettre son avantage en péril. La première est peut-être de donner le sentiment que la victoire est trop facile, et qu’il peut enjamber le second tour. » Au soir du premier tour, le discours d’Emmanuel Macron s’est en effet apparenté à une célébration de victoire. Et son dîner polémique à La Rotonde organisé dans la foulée, a laissé des traces.

Serge Galam n’élimine pas, lui non plus, l’hypothèse de l’élection de Marine Le Pen. Ce politologue « spécialiste des systèmes désordonnés » a expliquéà franceinfo que le nombre d’électeurs se disant prêts à voter contre le Front national serait probablement moins important que prévu. Emmanuel Macron « désactive des électeurs potentiels », détaille-t-il, tandis que l’électorat frontiste est particulièrement décidé.

Que va-t-il se passer lors des législatives ?

C’est l’autre scrutin à suspense. « Depuis la réforme du quinquennat de 2002, souligne Madani Cheurfa, secrétaire général du Centre de recherches politiques de Sciences Po, les législatives sont une élection de confirmation qui coïncide avec la présidentielle. Il s’agit de réduire la possibilité de cohabitation. » L’idée est de donner très vite une majorité de même couleur au président, qui peut ainsi appliquer son programme.

Mais cette formule sera-t-elle applicable en 2017 ? Que va-t-il se passer, alors que ni Emmanuel Macron, avec son tout nouveau parti En marche !, ni Marine Le Pen, avec le Front national, ne semblent en mesure de rassembler plus de 50% des députés à l’Assemblée ?

« Aucun des deux candidats ne dispose d’une majorité préfabriquée. C’est totalement nouveau. » – Madani Cheurfa, enseignant à Sciences Po à France Info

Pour Madani Cheurfa, on risque donc d’aller vers une « majorité composite », qui conduirait le ou la futur(e) président(e) à gouverner « de façon différente ». Il rappelle qu’il existe un précédent : « Michel Rocard, nommé en 1988 Premier ministre par François Mitterrand, avait été contraint de composer avec des ministres de centre-droit » dans un gouvernement d’ouverture. Et de préciser : « En cas de majorité composite, il faudra nommer un Premier ministre consensuel pour des majorités de circonstance. »

Et en cas de blocage ? Il restera au président ou à la présidente la possibilité soit de gouverner un temps par ordonnances, soit de dissoudre l’Assemblée pour tenter à nouveau de se trouver une majorité. Mais une chose est sûre, conclut Madani Cheurfa : « On va vers l’absence de certitude telle qu’on la connaissait avant. »

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