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Samia Ghali : «Les candidats ont peur de parler de la banlieue»

 

La sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône Samia Ghali.
© JOEL SAGET La sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône Samia Ghali.

L’élue marseillaise déplore l’absence totale des questions relatives à la banlieue et aux habitants des quartiers en difficulté dans la campagne présidentielle.

La sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali n’est pas contente. Elle estime que la banlieue est la grande absente de la présidentielle. Du coup, elle à écrit un courrier aux candidats avant la venue d’Emmanuel Macron à Marseille (lire à la fin de l’interview).

Samia Ghali, vous avez interpellé les candidats à la présidentielle avec un courrier, je crois que vous êtes un peu fâchée…

Fâchée, je ne sais pas, mais on passe notre temps à parler de la famille Fillon. Et pendant ce temps, on laisse de côté un tas de sujets importants, notamment la vie et les habitants des quartiers. On ne peut allumer la lumière à chaque fois qu’il y a un drame, comme l’affaire Théo, s’indigner et éteindre la lumière en attendant le prochain drame.

L’absence des politiques au sujet des banlieues vous surprend ?

Non, et c’est pour cette raison que je me suis décidée à écrire. Dans les quartiers, à Marseille, les habitants ont le sentiment à raison d’être à l’écart, ils me le disent tous les jours. Ils ne savent pas s’ils vont se rendre au bureau de vote car personne ne s’intéresse à leur vie, à leurs difficultés et à la vie de leurs enfants. Vous trouvez normal, vous, qu’un jeune ne quitte pas son quartier de toute l’année, que les gens ne partent plus en vacances et que personne ne se demande pourquoi ?

Donc quand Emmanuel Macron dit que les jeunes sont assignés à résidence, vous êtes d’accord avec lui ?

Oui, il a raison. Les quartiers sont des prisons à ciel ouvert.

Vous en voulez particulièrement aux candidats de gauche ?

Oui, car ils refusent de parler des banlieues par peur de faire monter le vote Front national. Ils manquent de courage politique. Alors qu’au contraire, il ne faut pas esquiver les problèmes. Il faut les poser sur la table et trouver des solutions. Car en attendant, c’est le FN qui en parle, pas forcément de la bonne manière et qui fait des gros scores dans les quartiers.

A trois semaines du premier tour, vous pensez que les candidats vont trouver un moment pour parler des quartiers ?

Je l’espère. Ils parlent de tout et n’importe quoi, ils peuvent bien trouver un moment pour en parler. Je trouve même qu’on leur a laissé assez de temps pour y réfléchir.

A titre personnel, vous avez trouvé votre candidat ?

Non, pas pour l’instant. Mais je ne pense pas que ça sera Benoît [Hamon] car il est contre la légalisation du cannabis.

Ce samedi, Macron tient un meeting à Marseille. Peut-être qu’il parlera des quartiers… Y serez-vous ?

Non, sinon tout le monde va penser que je soutiens Macron.

En même temps, si vous ne soutenez pas Hamon, il ne reste plus grand monde…

[Rires] Oui, c’est vrai, vu comme ça…

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