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L’élection présidentielle veut-elle vraiment de François Bayrou ?

L’élection présidentielle veut-elle vraiment de François Bayrou ?

Paul LaubacherIl y a 3 heures
François Bayrou lors de la clôture des universités de rentrée du MoDem, le 25 septembre 2016.
© Copyright 2017, L’Obs François Bayrou lors de la clôture des universités de rentrée du MoDem, le 25 septembre 2016. François Bayrou sera-t-il candidat ? Le maire de Pau se fait désirer auprès des Français. Peut-être un peu trop.

A trop se faire désirer, on finit par se faire oublier. La proverbe va à la perfection au dernier homme que l’élection présidentielle n’attend plus. François Bayrou sera-t-il candidat ? Le maire de Pau laisse les Français dans le doute. Peut-être un peu trop. Il s’est donné un nouvel ultimatum : ce lundi 20 février, il dira s’il y va ou pas.

Jean Lassalle, député centriste non-inscrit, qui a quitté le MoDem en 2016, et candidat à l’élection présidentielle, croit avoir la réponse :

« François Bayrou sera candidat, moi je le sais depuis le premier jour. Il ne me l’a pas dit, mais on se connaît, c’est dans son ADN. Il veut être président de la République, il sera candidat et moi aussi, et c’est la grandeur qu’il reste de notre démocratie que de choisir ».

La garde rapprochée du président du Modem veut, elle aussi, y croire. « François sera candidat à la présidentielle, sauf si Juppé y va… C’est la seule chose qui peut le retenir », fait valoir un grognard du Modem dans les téléphones rouges de « l’Obs ». Le « plan B » comme Alain Juppé s’éloigne au fur et à mesure que François Fillon persiste. Mais l’élection présidentielle veut-elle de François Bayrou ?

Le poids de Bayrou

L’hypothèse d’une candidature de François Bayrou pèse aujourd’hui peu. Le président du MoDem est crédité de 6% d’intentions de vote, selon la dernière vague de sondage de la grande enquête Cevipof-Ipsos Sopra Steria pour « Le Monde », diffusée jeudi 16 février. Elle porte sur un vaste échantillon de 15.874 électeurs potentiels.

François Bayrou prend des voix un peu partout :

– 3 points à Emmanuel Macron, qui passe de 23% d’intentions de vote à 20

– 1 point à François Fillon, qui récolterait alors 17,5%

– 1 point à Marine Le Pen, qui plafonnerait à 25%, toujours en tête

– Enfin, il prendre 0,5 point à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon

Autant dire que les Français n’attendent pas particulièrement le Béarnais, qui a déjà trois candidatures à l’investiture suprême dans les pattes. En 2002, François Bayrou arrive en quatrième position du premier tour de scrutin, avec 6,84 %. En 2007, le centriste se fait une place : obtient 18,57 % des suffrages. En 2012, le président du MoDem termine avec 9,13 % des voix.

Cette année, la place est en réalité déjà prise par Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie fait dans l’hyper centrisme et occupe l’espace qu’aurait pu prendre François Bayrou.

« Vous voyez bien que c’est une évidence »

Mais depuis la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, il menace. Notamment le candidat de la droite décomplexée, fragilisé par les soupçons d’emplois fictifs qu’auraient bénéficié ses proches, qu’il critique sans merci.

Le 15 février dernier, invité de l’émission « Questions d’info » LCP/ »Le Monde »/AFP/FranceInfo, il disait encore ne pas voir « où mène le choix de l’obstination » de François Fillon.

« Cette campagne est pour François Fillon à mes yeux impossible à faire. Quand bien même il y aurait cette espèce de miracle électoral et qu’il remporterait cette élection, comment gouvernerait-il ? Cette cascade de révélations, elle porte atteinte bien sûr à ceux qui en sont frappés, à leur parti et à leur camp, mais aussi, selon moi, à la totalité de la démocratie française ».

Des mots durs que l’ancien soutien d’Alain Juppé à la primaire de la droite lance à tout bout de champ. Et cela fait un certain temps que le maire de Pau sait qu’il ne soutiendra pas François Fillon :

« Vous voyez bien que c’est une évidence depuis déjà longtemps, depuis l’annonce de son programme ».

Le président du MoDem, qui ne cesse de dénoncer le programme de François Fillon comme « brutal », réclame presque chaque jour son retrait. Parfois, il va même plus loin et accuse le champion de la droite d’être « sous l’influence des puissances d’argent ».

« Le Canard enchaîné » s’était pourtant fait l’écho, fin décembre, d’un marché que le centriste aurait passé avec Fillon lorsqu’ils se sont vus en tête-à-tête le 6 décembre dernier : l’obtention d’un certain nombre de circonscriptions contre son renoncement à briguer l’Elysée ou la promesse de son ralliement entre les deux tours, après avoir facilité l’élimination d’Emmanuel Macron. « Purement et simplement de l’intox », jurait à « l’Obs » le Béarnais.

La séduction de Macron

Alors, François Bayrou continue de parler, affirme-t-il. Mais à qui ? « Avec tout le monde », y compris avec Emmanuel Macron : « Je l’ai rencontré au mois de juillet. Je parle avec tout le monde, je parle avec tous les responsables du pays, ceux avec qui je ne parle pas, c’est soit que je suis en confrontation absolue avec eux, soit qu’ils ne le souhaitent pas ». Et de lâcher :

« J’ai dit depuis le début que j’étais pour discuter et dialoguer avec tout le monde. Et j’aurais discuté et dialogué avec le candidat de la droite s’il avait choisi un programme différent du sien ».

Et pourtant tout ne s’est pas bien passé entre le marcheur et le Béarnais. Lors d’un discret dîner en tête-à-tête, l’ex-ministre de l’Economie a déployé tout son charme face au patron du MoDem. En vain.

Ce dernier n’apprécie pas du tout l’incursion sur ses plates-bandes de cet « hologramme » qui se revendique ni de droite ni de gauche. François Bayrou a jugé qu’à 38 ans, son interlocuteur n’avait tout simplement pas l’étoffe d’un présidentiable.

Macron-Bayrou : tentative de séduction ratée

2017 sera pour François Bayrou l’année de la dernière chance. Le maire de Pau est de nouveau face à son destin. Mais, à 65 ans, la vie politique pourrait aussi être derrière lui. Il pourrait se souvenir de Jacques Delors.

Lui aussi avait hésité de long mois, avant de renoncer un soir de décembre 1994. Il confiera plus tard, dans un livre intitulé « L’homme qui ne voulait pas être roi » : « C’était franchement – même si je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement – renoncer à la politique ». Et donc, de prendre sa retraite. François Bayrou y est-il prêt ?

Paul Laubacher

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