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Archive for the ‘Histoire de Charles Ceccaldi-Raynaud’ Category

La véritable force commence par la sagesse

 

 

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Jouis toujours du présent avec discernement, ainsi le passé te sera un beau souvenir et l’avenir ne sera pas un épouvantail.

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Ordre d’arrestation de Charles Ceccaldi-Raynaud émis par le Colonel Godard

September 5, 2012 by MSM

Pour avoir été partisan de l’indépendance de l’Algérie, Charles Ceccaldi-Raynaud a fait l’objet d’un ordre d’arrestation du Colonel Godard.  Ci-dessous extrait de son livre.    

“J‘avais fait paraître gratuitement, comme c’était la règle, dans l’Echo d’Alger, un bref communiqué, annonçant ma réunion à 18 heures avec Charles Hernu, Député nouvellement élu.

Nous arrivons à trois. Hernu, un adjoint au Maire d’Alger, Monsieur Arnold, et moi, SFIO.

Surprise. Dans l’écho d’Alger du matin, Hernu et moi sommes en première page.

Nous arrivons devant la salle de réunion. Il y a plus de deux mille personnes. C’est la première grande réunion depuis longtemps. La seconde sera pour Guy Mollet, le 06 février. Quelle idée saugrenue de venir à Alger un 06 février, qui rappelle le 06 février 1934, suivi d’une riposte républicaine du 20 février!

Nous traversons la salle. Nous sommes trois. Arrivés à l’estrade, devant le bureau, nous ne sommes plus que deux. Monsieur Arnold a fait demi-tour. Des huées couvrent nos voix. Une pluie de projectiles nous est lancée. Nous ne pouvons pas nous faire entendre. Deux mille voix contre deux. Je parviens à crier :

-«  Si vous voulez combattre les totalitaires, n’utilisez pas leurs méthodes ».

Un ordre du Gouvernement Général, nous fait évacuer dans une ruelle. Au loin, nous entendons la Marseillaise.

Le 13 mai, j’appréciai la situation à 19 heures. Le Colonel Godard est sur le balcon. Avec le Colonel Trinquier, avec le Colonel Argoud, avec le futur Colonel Aussaresses.

Le 19 mai, le colonel Godard, est nommé chef de toutes les forces de police et de sécurité de l’Algérie. Evidemment, il a le commandement de la milice privée.

J‘explique à mon épouse qu’il faut quitter notre domicile et nous cacher. Le lendemain, nous revenons à la maison à 20 heures.

Ma femme emploie, à temps complet, une femme musulmane. Je demande à l’employée musulmane, qui dort à la maison et qui est à moitié endormie, si quelqu’un m’a demandé dans la journée. Non, dit-elle, rien à signaler.

Le lendemain, vers 6 heures, elle dit à mon épouse :

-« Que m’a-t-il demandé cette nuit ton mari? » Elle ajoute :

-« Un capitaine et 3 soldats sont venus le demander, il venait de partir».

J’ai eu vite fait de quitter les lieux. A 6H30, le commando s’installe chez moi, place de l’empereur, plusieurs parachutistes se relaient jour et nuit au pied de l’immeuble où j’habite, et sur le toit de l’immeuble d’en face.

Le Colonel Godard, installé dans ses nouvelles fonctions, donne l’ordre à tous les Généraux d’Algérie, et à tous les chefs de police, de m’appréhender et de me conduire dans le camp militaire, Alger SAHEL d’où on revient. Ou pas.

Tous les Préfets, sauf celui d’Alger, acquis au coup d’état, sont assignés à résidence dans des chambres d’ hôtel. Pour moi c’est le camp Alger SAHEL qui est prévu.

Il n’existe aucun moyen de quitter l’Algérie. Peut-être par la mer, si le navire n’est pas fouillé. Mon épouse entre en relation avec le syndicat FO des PTT. On imagine  qu’on pourrait m’habiller en facteur, me transporter sur le port au milieu de faux collègues d’un moment, non informés de ce que nous faisons. Il faut aussi porter de lourds sacs postaux à monter sur le bateau.

On me propose une date et un rendez-vous à la grande poste. Pure folie. Je propose le jour de l’arrivée du Général de Gaulle à Alger, le 04 juin 1958, et rendez-vous dans la ruelle où je sauterai par la fenêtre du local où je suis réfugié.

Les dames qui sont autour de moi taillent l’uniforme de postier à ma mesure. Sur le port, pas un policier. Tout Alger attend de Gaulle sur le forum.

Les matelots me conduisent dans une cabine. Ils me disent de fermer la cabine à clef. S’il n’y a pas de fouille, je suis sauvé. Si il y a des fouilles, je suis perdu.

Le cargo doit partir à 8 heures. Il partira à midi. On frappe à la porte. Je ne respire plus.

Pour le cas où je serais appréhendé, j’ai rédigé pour un ami, qui ne quittera le port qu’après le départ du cargo, un communiqué, qui annonce à la presse, l’arrestation du secrétaire fédéral de la SFIO à Alger, le jour où de Gaulle y arrive.

Il y a 16 passagers. Malgré l’avis négatif des matelots, je me libère de mes habits de postier, je me mêle à eux. Je déjeune et je dîne avec eux. Toute la journée la présence annoncée des socialistes et de Phimlin dans le gouvernement de Gaulle, jette ces 16 personnes dans l’incompréhension, la confusion et la colère.

De Gaulle n’a pas dit « Algérie française » à Alger. Il ne le dira qu’à Mostaganem, 4 jours plus tard, la vieille de son retour en France.

Le bateau où j’ai rejoint ma cabine parvient à Marseille. Je demande aux matelots, comment ils comptent me conduire à terre. Ils répondent :

-« Nous avons traité pour vous conduire à Marseille, vous y êtes ». L’un d’eux me demande :

-«  pourquoi es-tu en fuite? »

Je réponds :

-« parce que je suis socialiste et que je n’adhère pas à l’Algérie française. »

C’est trop tard.

Il me répond :

-« Tu fais partie de ceux qui refusent l’unité?  C ‘est bien fait pour toi ».

Une personne à terre emprunte l’échelle et arrive sur le bateau. Elle crie :

-«  les passagers à gauche, et l’équipage à droite ».

En pareille circonstance, il faut décider en quelques secondes qui engagent une vie. L’équipage commence à descendre. Je me jette parmi eux. La caquette de facteur est cachée dans la veste. La veste est sous mon bras. En bas de la passerelle, un visage m’examine avec suspicion. Je suis déjà dans un taxi.

Le chauffeur s’étonne:

-« Vous descendez du bateau? Où sont vos bagages? » Je réponds :

-« Un décret vient d’interdire aux passagers d’emmener avec eux leurs bagages »

Il me dit :

-« je pars prévenir mon syndicat ».

Le plus angoissant s’est écoulé la veille, entre sept heures et midi quand le cargo est immobile.

Je me suis souvenu, de Gallieni disant « je ne peux rien faire de plus, donnez moi un livre ». J’en trouve un dans la cabine. Le hublot m’attire. Le bateau longe le bord. Je me dis que : “Que c’était beau l’Algérie!”

Un autre souvenir douloureux accompagnera toujours mon angoisse quand je pense à ces évènements incertains, c’est le drame de la famille de William Levy. Le fils tué par le FLN, le père tué par l’OAS.”

Charles Ceccaldi-Raynaud

Sur la même période et du même auteur : Alger la blanche, la ville de Camus http://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/06/22/alger-la-blanche-la-ville-de-camus/

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