Rémi Ochlik et Marie Colvin, morts à Homs le mercredi 22 février 2012.
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Le journaliste français Jean-Pierre Perrin (Libération), qui était encore la semaine dernière au côté de Marie Colvin à Homs, raconte également au Telegraph, qu’ils avaient déjà eu vent de ces menaces. «Il y a quelques jours, nous avons été invités à quitter la ville d’urgence. On nous a dit que si l’armée syrienne nous trouvait, elle nous tuerait. J’ai alors quitté la ville avec Marie, mais elle a fait marche arrière quand elle a vu que la grande offensive n’avait pas encore eu lieu», détaille le reporter de Libération.
Quelques heures avant sa mort, Marie Colvin, qui avait perdu un oeil lors d’un reportage au Sri Lanka en 2001 et portait depuis un bandeau noir, témoignait encore sur la BBC et la chaîne américaine CNN de l’horreur des massacres qui se produisaient sous ses yeux.
«Aujourd’hui, j’ai vu un bébé mourir. Absolument terrible. Il avait seulement deux ans et s’est fait tirer dessus. Le docteur a dit qu’il ne pouvait rien faire. Et ce genre d’événements revient quotidiennement. Ici, personne ne comprend pourquoi la communauté internationale ne fait rien», témoigne pour la dernière fois, Marie Colvin.
VIDEO. Le dernier reportage de la journaliste avant sa mort (Attention, certaines images peuvent heurter les personnes sensibles)
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Syrie : les deux journalistes auraient été tués délibérément
Publié le 22.02.2012, 10h15 | Mise à jour : 20h06
Rémi Ochlik et Marie Colvin, morts à Homs le mercredi 22 février 2012.
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Rémi Ochlik et Marie Colvin, les deux journalistes occidentaux tués mercredi matin en Syrie à Homs dans le bombardement de leur centre de presse, auraient été délibérément visés par le régime syrien, révèle le quotidien anglais The Telegraph. SUR LE MÊME SUJET
Syrie: explosions «terrifiantes» à Homs, toutes les communications coupéesVIDEO. L’appel à l’aide de la reporter Edith Bouvier sur YoutubeLe journal raconte que dans une conversation radio interceptée par les services de renseignements libanais, des officiers de l’armée syrienne ont donné l’ordre de «tuer n’importe quel journaliste qui mis le pied sur le sol syrien».
Le journaliste français Jean-Pierre Perrin (Libération), qui était encore la semaine dernière au côté de Marie Colvin à Homs, raconte également au Telegraph, qu’ils avaient déjà eu vent de ces menaces. «Il y a quelques jours, nous avons été invités à quitter la ville d’urgence. On nous a dit que si l’armée syrienne nous trouvait, elle nous tuerait. J’ai alors quitté la ville avec Marie, mais elle a fait marche arrière quand elle a vu que la grande offensive n’avait pas encore eu lieu», détaille le reporter de Libération.
Quelques heures avant sa mort, Marie Colvin, qui avait perdu un oeil lors d’un reportage au Sri Lanka en 2001 et portait depuis un bandeau noir, témoignait encore sur la BBC et la chaîne américaine CNN de l’horreur des massacres qui se produisaient sous ses yeux.
«Aujourd’hui, j’ai vu un bébé mourir. Absolument terrible. Il avait seulement deux ans et s’est fait tirer dessus. Le docteur a dit qu’il ne pouvait rien faire. Et ce genre d’événements revient quotidiennement. Ici, personne ne comprend pourquoi la communauté internationale ne fait rien», témoigne pour la dernière fois, Marie Colvin.
VIDEO. Le dernier reportage de la journaliste avant sa mort (Attention, certaines images peuvent heurter les personnes sensibles)
Pour Jean-Pierre Perrin, pas de doute. Le régime de Bachar al-Assad connaissait bien l’existence de ce centre de presse, d’où les journalistes envoyaient leurs sujets. «Les Syriens savaient que, s’ils le détruisaient, il n’y aurait plus d’informations sortant de Homs», dénonce encore le journaliste français au Telegraph.
Dans la soirée, le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé est allé dans ce sens. Au cours d’un point presse, il a accusé le gouvernement syrien d’être «responsable et comptable de la mort des journalistes».
«La France tient les autorités syriennes responsables et comptables de la mort des deux journalistes tués à Homs.
Damas nous doit une réponse», a exigé Alain Juppé.
Le ministre syrien de l’Information, Adnane Mahmoud, lui, assure au contraire que les autorités de Damas n’étaient «pas au courant» de la présence à Homs de ces journalistes.
Rémi Ochlik, un photographe de guerre aguerri
Avec Marie Colvin, le photographe français Rémi Ochlik, 28 ans est lui aussi tombé sous les bombardements. Plus jeune que la journaliste américaine mais tout aussi aguerri, Ochlik avait couvert les évènements en Haïti et au Congo, ou plus récemment les révolutions en Egypte ou en Libye.
Un travail qui lui avait valu plusieurs récompenses. Jeune prodige du photojournalisme, Rémi était aussi l’un des co-fondateurs de l’agence photo française IP3 Press.
Il était retourné seul la semaine dernière en Syrie, où il décrivait encore mardi soir une «situation incroyablement tendue et désespérée» dans un mail adressé au rédacteur en chef photo de Paris Match.
«Il n’était pas pour nous à Homs, il est reparti là-bas comme indépendant, explique Guillaume Clavières, rédacteur en chef photo de l’hebdomadaire. Il était parti il y a quinze jours en Syrie avec l’un de nos reporters, Alfred de Montesquiou, mais on les a fait rentrer la semaine dernière. Rémi est reparti tout seul ».
«Ils ont été poursuivis alors qu’ils essayaient d’échapper aux bombardements»
Dans la matinée, François Hollande a fait part dans un communiqué de sa «très grande émotion» à l’annonce de la mort du jeune photographe. «Cette disparition me touche d’autant plus que Rémi Ochlik, qui était accrédité auprès de la campagne, était encore parmi nous il y a quelques jours», a déclaré le candidat socialiste à la présidentielle.
A l’ouverture de la séance, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer a lui aussi tenu à rendre hommage à Rémi Ochlik, «souvent ici dans cet hémicycle pour suivre nos travaux».
«C’est absolument bouleversant. C’est terrible, confie pour sa part, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Ils ont en plus été poursuivis alors qu’ils essayaient d’échapper aux bombardements».
Mercredi matin, un obus est tombé sur la maison où se trouvaient Marie Colvin et Rémi Ochlik. Des roquettes les auraient ensuite frappés alors qu’ils tentaient de fuir. D’autres journalistes, dont la Française Edith Bouvier, reporter au Figaro, présents dans l’immeuble au moment de l’attaque, ont été légèrement blessés. Dans une vidéo diffusée mercredi après-midi sur Youtube, on voit la journaliste du Figaro au côté d’un confrère, Paul Conroy, prise en charge dans un hôpital de Baba Amr à Homs.
Gilles Jacquier tué à Homs le 11 janvier
Les événements de la matinée portent désormais à trois le nombres de reporters morts en Syrie depuis le début de la révolte contre le pouvoir syrien. Le 11 janvier dernier, le grand reporter français Gilles Jacquier avait trouvé la mort à Homs lors d’un voyage autorisé par les autorités. Les circonstances de ce décès demeurent toujours floues.
Au total, plus de 7 600 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis mars 2011, selon un décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme. Parmi eux, des centaines de personnes ont péri dans le bombardement incessant de plusieurs quartiers de Homs, assiégés et coupés du monde.
Sarkozy : «Ce régime doit partir»
Nicolas Sarkozy a réagi mercredi à la mort en Syrie des deux journalistes, alors qu’il s’apprêtait à rencontrer les parlementaires de la majorité près de son QG de campagne, dans le XVe arrondissement. «Ca montre combien la liberté d’informer est importante et combien le métier de journaliste peut être difficile et dangereux.» Le président-candidat a ajouté : «Ca montre que maintenant ça suffit, ce régime doit partir il n’y a aucune raison que les Syriens n’aient pas le droit de vivre leur vie, de choisir leur destin librement».
LeParisien.fr


