Homs, le 21 février. Le quartier de Baba Amro vit sous les bombes depuis près de 3 semaines.
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«Baba Amr ainsi qu’une partie du quartier d’Inchaat sont bombardés depuis 6 heures du matin et des tirs de mortier sont tombés sur Khaldiyé», alerte Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Il n’y a plus aucune communication possible. Tout le réseau est coupé. «Aujourd’hui, nous n’arrivons pas à joindre les militants, ni via Skype (téléphone par internet), ni via Thuraya (téléphone satellitaire)», se désespère un militant rebelle. «Plus les condamnations internationales se succèdent, plus le bombardement s’intensifie. Nous lançons un dernier cri de détresse. Les gens, s’ils ne sont pas tués par les bombardements, vont mourir de faim et de soif», supplie-t-il encore.
La communauté internationale veut instaurer une trêve
Ce 20e jour de bombardements intervient au lendemain de la mort des deux journalistes occidentaux, l’Américaine Marie Colvin et le Français Rémi Ochlik, photographe à l’agence IP3 Press. Pour l’OSDH, il n’y a pas de doute : la maison qui servait de centre de presse aux journalistes a été délibérément visée par l’armée. «Nous sommes sûrs que le centre de presse a été visé car il y a eu 11 obus au total qui sont tombés sur et autour du bâtiment. Les forces du régime ont localisé le bâtiment en captant le signal de transmission des téléphones des journalistes», affirme son porte-parole.
Lors d’un déplacement de campagne à Tourcoing (Nord), Nicolas Sarkozy a qualifié le pilonnage du centre de presse «d’assassinat» et assure que les coupables de la mort des deux reporters «devront rendre des comptes».
La communauté internationale, elle, cherche toujours à instaurer une trêve pour tenter d’acheminer une aide humanitaire d’urgence, notamment vers Baba Amr où des milliers d’habitants bloqués font face une situation de plus en plus difficile.
VIDEO. Des images postées le 22 février, présentées comme des bombardements à Homs
VIDEO. Un père pleure son fils (attention certaines images qui peuvent choquer)
Parmi les rescapés de l’attaque du centre de presse, la journaliste du Figaro Edith Bouvier, qui souffre de graves blessures aux jambes. «Il semble qu’elle souffre de fractures avec déplacements», explique un responsable du Figaro en contact avec les services du ministère des Affaires étrangères et la Croix-Rouge. Son état nécessite une intervention chirurgicale d’urgence.
Mort du citoyen-journaliste de Homs
Rami al-Sayyed, le citoyen journaliste tué mardi à Homs, a été salué comme «l’oeil de la révolution» par l’opposition syrienne pour sa couverture de l’offensive du régime syrien contre la ville rebelle. Agé de 26 ans et père d’une fille d’un an et demi, il a été tué mardi soir par un obus tombé sur sa voiture alors qu’il transportait des blessés vers l’hôpital de campagne de Baba Amr. «Il n’est pas mort sur le coup, il a eu une hémorragie pendant deux heures et demie, puis il a succombé», a expliqué un de ses amis, Hadi Abdallah, un militant local.
Rami al-Sayyed était présenté comme le «pilier des militants» qui ont filmé les événements à Baba Amr, a rappelé Hadi Abdallah. «Aujourd’hui, il n’y a pas d’images diffusées en direct de Baba Amr, parce qu’il n’y a plus Rami», a-t-il insisté.
LeParisien.fr


